vignette|Symbole standard OTAN APP-6A d'un régiment d'infanterie.

Un régiment est une unité militaire dont l'effectif moyen varie habituellement entre , commandés par un officier supérieur du grade de colonel ou de lieutenant-colonel. L'appellation de régiment est surtout utilisée dans les forces terrestres mais parfois également dans certaines forces aériennes ou navales. La majorité des régiments appartiennent à une seule arme: régiments d'infanterie, du génie, de chars (ou régiments blindés), du train, etc. même s'il existe également des régiments interarmes.

Subdivisé en unités élémentaires appelées, suivant l'arme, compagnies, escadrons ou batteries, le régiment peut, suivant le pays ou l'époque, comporter également une subdivision intermédiaire appelée bataillon, escadron ou groupe d'escadronssuivant l'époque et le pays, le terme escadron peut désigner l'unité élémentaire elle-même ou un groupe d'unités élémentaires. C'est notamment le cas en France où un escadron a d'abord désigné une formation de cavalerie constituée de compagnies puis, à partir de 1815, la compagnie de cavalerie elle-même. On retrouve la même ambiguïté avec le mot , qui prend différentes significations dans les pays de langue anglaise. Par exemple, dans l’arme blindée britannique contemporaine, un squadron est une unité de la taille d’une compagnie (c'est-à-dire comparable à un escadron français) alors que dans l'arme blindée cavalerie américaine (qui ne constitue qu'une partie de l'arme blindée), c’est une unité de la taille du bataillon, comme c'était d'ailleurs le cas en France sous l'Ancien Régime (dans l'armée US, l’équivalent de l’escadron français est appelé troop, le reste de l'arme blindée comporte des companies)., groupe d'artillerie, etc.

Toujours en fonction du pays et de l'époque, le régiment peut constituer simultanément une formation administrative et une unité tactique destinée à la manœuvre, surtout dans les pays francophones, ou seulement une formation administrative, comme dans les pays anglophones. Dans ce dernier cas, l'unité tactique est généralement le bataillon.

L'échelon tactique supérieur au régiment (ou bataillon) est généralement une brigade.

France vignette|Organigramme du RC 80, modèle de régiment à 80 chars de combat utilisés dans l'arme blindée et cavalerie valable de la fin des années 1990 (3 au ) à 2009.

Accélérateur italien au tournant des et Par l'ordonnance du , le roi forme les "compagnies régionales", à l'origine de nos régiments. La décision est prise dans l'urgence de la lutte contre la puissance vénitienne, dans le cadre de la ligue de Cambrai, signé le . Loin de bénéficier du soutien promis par l'instigateur du pacte d'union, le pape , des autres protagonistes, à savoir l'Espagne du rusé Ferdinand d'Aragon et l'Empire de Maximilien, le Royaume de France prend seul l'initiative et remporte la victoire d'Agnadel, le , en partie grâce à ces compagnies régionales venues en renfortCette victoire est méconnue, car elle ne profite qu'au pape Jules II, qui s'efforce vite de créer la Sainte-ligue contre le souverain français..

Les guerres d'Italie, à partir de la fin du , ont marqué notre lexique militaire, notamment par l'adoption du terme infanterie, passé avant 1503 par le mot transitoire enffanterie au sens de troupes à pied, de l'ancien italien infanteriaInfanterie sur le TLFi ou Trésor de la Langue Française, mais aussi fantassin, dérivé de l'italien plus tardif "fanteria" au sens d'infanterie.. Mais , plusieurs décennies auparavant en assurant des revenus de lourdes contributions fiscales nécessaires à l'assurance de la solde, s'efforce déjà de garder une puissante armée permanente, regroupant des troupes mercenaires à pied et à cheval, cultivant diverses spécialités de guerre. Il réunit aussi en 1480 au Camp de Pont-de-l'Arche, entre Évreux et Rouen, des volontaires qui sont formés par des mercenaires suisses connus sous le nom de bandes suisses. Cinq bandes seront ainsi mises sur pied, confiées à des capitaines responsables devant la Justice royale: Normandie, Picardie, Piémont, Navarre et Champagne.

Les premiers régiments d'infanterie pérennes apparaissent ainsi au .

Ancien Régime Sous le règne de , la possession du drapeau blanc devint le privilège et la marque des corps permanents entretenus et payés sur l'ordinaire. Le nombre de ces régiments fut porté à douze le . Ces corps étaient: les Gardes Françaises, Colonel-Général, Champagne, Piémont, Navarre, Normandie, Bourbonnais, Béarn, Auvergne, Flandre et Guyenne. Les six premiers étaient les «vieux corps», les six autres étaient les « petits vieux ».

De 1610 à 1675, les régiments portèrent le nom de leurs colonels respectifs. La fonction de colonel et celles des capitaines commandant les compagnies étaient des charges vendues ou cédées par le roi à la noblesse. Un capitaine était dans la pratique militaire, assimilé et responsable des agissements de ces hommes, alors que les officiers supérieurs, en véritable financier ou ordonnateurs supérieurs, portaient le panache aristocratique.

Ces régiments, jusqu'en 1762, comprennent quatre bataillons de chacun dix-sept compagnies, et généralement une prévôté. Durant l'Ancien Régime, il était courant qu'après un conflit, les régiments soient licenciés à l'exception de la première compagnie. On disait alors que le régiment était réduit à la compagnie de mestre de camp.

À la suite du désastre de la Guerre de Sept Ans, le duc de Choiseul nouveau ministre de la guerre, réduit leur nombre, et en supprimant la vénalité de la charge de capitaine, réduit le nombre de compagnies à neuf par bataillon. En 1776, une nouvelle réforme dédouble les régiments existants qui ont maintenant deux bataillons. La réforme globale, entreprise au sein de l'armée française invente au terme d'une longue réflexion, souvent passée inaperçue, mais bien lisible dans les ministères, la Division militaire, unité autonome et mobile, structurée et durable, véritable force maniable par les généraux qui connaît un usage spectaculaire lors des guerres de la Révolution.

Un ordre de préséance existait entre les différents régiments de cette période, basé sur leur ancienneté ; on distingue : Les « vieux corps » : Les Gardes françaises dissoutes le , drapeau de couleur bleue avec le blason des rois de France, Le Régiment de Picardie qui prend le nom en 1780 de Régiment Colonel-Général, qui devient le RI en 1791, drapeau de couleur rouge, Régiment du Piémont, qui devient le RI en 1791, drapeau de couleur noire, Régiment de Navarre, qui devient le RI en 1791, drapeau de couleur marron (feuille morte), Régiment de Champagne, qui devient le RI en 1791, drapeau de couleur verte, Régiment de Normandie, qui devient le RI en 1791, drapeau de couleur jaune.

Les drapeaux des «vieux corps«comportaient une croix blanche indiquant qu'ils se battaient pour le roi de France. Les quatre carrés des côtés étaient de couleurs uniformes. Après la mort d'Henri IV en 1610, ces régiments furent entretenus par le roi de France de façon permanente.

Les « petits vieux » : Régiment de Bourbonnais, qui devient le RI en 1791, drapeau violet et bleu, Régiment de Béarn, qui devient le RI en 1791, drapeau violet et jaune, Régiment d'Auvergne, qui devient le RI en 1791, drapeau violet et noir, Régiment de Flandre, qui devient le RI en 1791, drapeau violet et orange, Régiment de Guyenne, qui devient le RI en 1791, drapeau violet et rouge.

Ces régiments « petits vieux » n'ont pas reçu des drapeaux unicolores comme les « vieux corps », leurs drapeaux étaient composés de deux couleurs, l'une étant le violet pris en raison du deuil suscité par la mort d'Henri IV en 1610.

Révolution et Premier Empire Par le décret du , par réaction à l'usage monarchique de nommer les régiments d'après leurs propriétaires, la Constituante substitue aux anciens noms des régiments un numéro d'ordre, basé sur l'ancienneté de celui-ci. Ainsi par l'ordonnance royale du celle-ci réorganise les corps d'infanterie de l'armée française en 101 régiments, dont 78 français, 12 allemands et irlandais et 11 régiments suisses.

En 1793, pour parfaire la fusion entre l'ex-armée royale et la garde nationale, issue de la levée en masse, on amalgame par la loi de la Convention Nationale du , à chaque bataillon des régiments blancs, deux bataillons bleus de volontaires, donnant naissance aux demi-brigades de première formation, que l'on confie aux chefs de brigades, issus du rang qui remplacent les officiers supérieurs, dont beaucoup ont émigré. La demi-brigade comporte en outre une compagnie d'artillerie volontaire de six pièces de 4 livres servies par 64 canonniers. Une loi du supprime la moitié de ces pièces.

En 1796, à la suite d'une refonte des effectifs du fait des combats et surtout de la désertion, on regroupe les demi-brigades de première formation dans de nouvelles demi-brigades dites de deuxième formation : d'infanterie de ligne qui s'articulent en deux bataillons de combat à sept compagnies de fusiliers et deux d'élite (grenadiers et voltigeurs), et un bataillon de dépôt pour former les nouvelles recrues à quatre compagnies. d'infanterie légère qui s'articulent en deux bataillons de combat à sept compagnies de chasseurs et deux d'élite (carabiniers et voltigeurs), et un bataillon de dépôt à quatre compagnies.

La loi du supprime définitivement l'artillerie régimentaire. Napoléon rétablit en 1803 les anciennes appellations de régiment et de colonel. Le décret impérial du fixe un nouveau règlement pour l'infanterie française et une nouvelle organisation pour le régiment d'infanterie, qui tente d'homogénéiser celle-ci. Dans la pratique, cette réforme ne put jamais être menée à terme et deux types d'unités coexistent jusqu'en 1814.

Le régiment d'infanterie, qu'il soit de ligne ou léger, doit comprendre : un état-major comprenant 1 colonel, 1 major, 4 chefs de bataillon, 5 adjudants-majors, 1 quartier-maître trésorier, 1 officier payeur, 1 porte-aigle, 1 chirurgien-major, 4 aides-chirurgiens, 5 sous-aides, 10 adjudants sous-officiers, un et porte-aigles, 1 tambour-major, 1 caporal tambour, 8 musiciens, 4 maîtres-ouvriers. quatre bataillons de guerre à six compagnies dont deux d'élite (grenadiers, ou carabiniers dans l’infanterie de ligne et voltigeurs) et quatre du centre (fusiliers dans l'infanterie de ligne et chasseurs dans l'infanterie légère). Chaque compagnie comprend 1 capitaine, 1 lieutenant, 1 sous-lieutenant, 1 sergent-major, 4 sergents, 1 caporal-fourrier, 8 caporaux, 121 hommes du rang et 2 tambours, soit 140 hommes. un bataillon de dépôt à quatre compagnies. L'effectif théorique est de dont 108 officiers.

Le Premier Consul prescrit, par décret du 1er vendémiaire (), une nouvelle réorganisation de l'armée révolutionnaire française ; cette troisième réorganisation de la période révolutionnaire est également connue sous les noms de réorganisation de 1803 ou réorganisation de l'an XII, afin de réorganiser l'infanterie. La demi-brigade prend le nom de régiment.

En 1809, pour essayer de compenser la diminution de valeur de la troupe, un nouveau décret organise une compagnie d'artillerie régimentaire à quatre pièces autrichiennes de 3 livres, 60 artilleurs et 60 hommes du train d'artillerie ; cette réforme, comme l'autre, fut appliquée de façon très inégale.

La campagne de Russie, par ses pertes effroyables, provoque l'apparition de vingt-et-un nouveaux régiments numérotés à partir du numéro 135 jusqu'au 156, issus des cohortes de la garde nationale et l'intégration anticipée des conscrits des classes 1813 et 1814, les Marie-Louises. Malgré leur bravoure et l'habileté de Napoléon , rien ne peut enrayer la marche des troupes de l'Europe coalisée et l'invasion de la France en 1814.