Catherine Anselm Gleason, née le à Rochester (New-York), et morte le dans la même ville, est une ingénieure et femme d'affaires américaine connue pour ses réalisations dans le domaine de l'ingénierie mécanique, la construction de maisons abordables en béton et pour sa philanthropie. Elle est une ardente défenseuse du droit de vote des femmes.

Dès son plus jeune âge, elle occupe plusieurs fonctions au sein de l'entreprise familiale à Rochester, dans l'État de New York, puis met à profit son expérience pour entamer une carrière fructueuse dans la finance et la construction. Grâce à une combinaison d'éducation formelle et d'expérience professionnelle au sein de l'entreprise Gleason Works, elle est reconnue en tant qu'ingénieur et est élue à l'American Society of Mechanical Engineers en 1914 et à l'.

Kate Gleason est à l'origine de la création du au Rochester Institute of Technology.

Biographie Jeunesse et formation gauche|vignette|275x275px|La famille Gleason, de gauche à droite: James, Ellen (McDermott), Eleanor, William (assis), Andrew et Kate. Catherine "Kate" Anselm Gleason est née le à Rochester, dans l'État de New York. Ses parents, William Gleason et Ellen McDermott sont émigrants d'Irlande. Elle a un demi-frère Thomas Francis (1856-1876), deux frères James Emmett (1868-1964), Andrew Chace (1872-1952) et une sœur Eleanor (1881-1967). William est propriétaire d'une entreprise de machines-outils, Gleason Tool Company, plus tard appelée Gleason Works. En 1874, il met au point une machine permettant de raboter automatiquement les engrenages coniques, et Gleason Works devient une importante entreprise de taillage d'engrenages. En 1876, lorsque Kate a , son demi-frère Thomas meurt de la fièvre typhoïde à l'âge de , ce qui cause des difficultés à la fois à la famille et à l'entreprise, où il assistait son père William. Peu après, elle commence à travailler pour son père afin de remplacer Thomas et devient comptable pour l'entreprise. gauche|vignette|200x200px|Ouvriers devant Gleason Workers en 1886. Kate Gleason, debout à droite. En 1884, à l'âge de , Gleason s'inscrit au programme d'arts mécaniques de l'Université Cornell, devenant ainsi la première femme à suivre le programme d'ingénierie de l'université. Elle n'est pas en mesure de terminer ses études à Cornell en raison de nouveaux problèmes à l'usine Gleason. William a engagé un homme pour la remplacer mais l'entreprise commence à connaître des difficultés financières et il ne peut plus se permettre de payer son remplaçant. Avant la fin de la première année et à la demande de son père, elle retourne à Rochester. Elle n'a jamais pu reprendre des études à temps plein pour obtenir un diplôme, mais grâce à la formation et à l'auto-apprentissage, elle obtient le titre d'ingénieur et est reconnue pour ses réalisations. Elle poursuit ses études à temps partiel au Sibley College of Mechanical Engineering and Mechanic Arts et au Mechanics Institute (rebaptisé plus tard Rochester Institute of Technology).

Carrière L'entreprise familiale : Gleason Works vignette|Entrée principale de Gleason Works à Rochester, à New York. Gleason reprend son travail chez Gleason Works et accède rapidement à de nouvelles fonctions. Elle est nommée secrétaire et trésorière de l'entreprise malgré ses compétences en mécanique et devient également vendeuse itinérante. La demande d'engrenages monte en flèche dans les années 1890 avec le début de la fabrication de bicyclettes et d'automobiles. En 1893, elle effectue une tournée en Europe, Angleterre, Écosse, France et Allemagne, pour développer les activités de l'entreprise, une première tentative de mondialisation de la part d'un fabricant américain, et réussit à trouver plusieurs nouveaux clients à l'étranger. Elle effectue un second voyage en Europe pour représenter l'entreprise à l'Exposition universelle de Paris en 1900. À long terme, les ventes internationales devient une composante importante du chiffre d'affaires de l'entreprise. En 1997, près des trois quarts des ventes de l'entreprise se font à l’internationale.

Dans ses mémoires, décrit Gleason comme suit :

Outre ses connaissances approfondies, Gleason attribue son succès dans la vente à son caractère unique dans une profession dominée par les hommes :

Après son premier voyage en Europe, Gleason commence à faire attention à sa tenue vestimentaire et à ses habitudes en public. Elle choisit des tenues extrêmement féminines, utilise son sens de l'humour pour charmer les clients et va jusqu'à prendre des cours de chant pour s'entraîner à la tonalité idéale. Elle prétend que les clients se souviennent des années plus tard d'une robe ou d'un chapeau qu'elle portait lors d'une vente. Son frère, James Gleason, plus tard PDG de Gleason Corporation, attribue la majeure partie de l'expansion mondiale de la société à son travail de représentante. Une idée fausse est née selon laquelle c'est elle, et non son père, qui a inventé la raboteuse à biseau de la société, et que l'idée était venue par sa connaissance Henry Ford.

vignette|Machine à tailler les engrenages de Gleason Works (1907-1910). Musée de la machine-outil Yamazaki Mazak (2019). L'expansion de la société nécessite des installations plus grandes et la famille déménage son usine de à University Avenue entre 1904 et 1911. Gleason fait modeler la nouvelle fonderie sur le modèle de la cathédrale de Pise afin de créer un grand espace intérieur pour les ponts roulants. Pendant cette période, elle construit également une maison pour elle-même sur East Avenue, qu'elle nomme Clones, d'après la ville d'origine de sa mère Ellen.

En raison de conflits avec ses jeunes frères, Gleason quitte l'entreprise Gleason Works en 1913.

Entrepreneuse et constructions immobilières Elle rejoint Ingle Machine Company en , date à laquelle elle est nommée administratrice judiciaire de la société, l'une des premières femmes à être nommée à un tel poste par un tribunal des faillites américain. Sous sa direction, la société redevient rentable et rembourse ses dettes impayées. La société est restituée à ses actionnaires avant la fin de l'année 1915. En elle est la première femme élue à la Chambre du commerce de Rochester. En 1918, Gleason est nommée présidente de la First National Bank of East Rochester lorsque le président précédent démissionne pour servir son pays lors de la Première guerre mondiale. Au sein de la banque, elle s'occupe principalement de projets immobiliers et de construction. Elle participe au lancement de huit entreprises. En 1917, à l'ouest de la limite de East Rochester, elle construit le terrain de golf de neuf trous de Genendewah , aujourd'hui disparu, sur Roosevelt road et dont les membres construiront plus tard le Monroe Golf Club.

Gleason fonde la Northway Trailercar Company, située au 143 Boulevard, East Rochester, New York en 1916. La société succède à la Rochester Trailer Company. Une publicité de montre que la société propose un ensemble de chariots et remorques pour le camping, le transport de marchandises et de bétails, pour les plombiers, etc.

Elle fait don d'un terrain au milieu d'East Rochester pour la création d'un parc et, avec l'aide des ouvriers de l'entreprise de son père, elle nettoie la propriété et aménage la zone pour en faire le premier parc de la ville, le Edmund Lyon Park avec un kiosque à musique, inauguré en 1916 et qui existe toujours.

Première dame du béton ou l'innovation pour des maisons abordables pour US dollars Ses expériences avec les employés des entreprises manufacturières et financières l’amène à s'intéresser à la manière de fournir des logements à bas prix aux travailleurs. S'appuyant sur ses compétences en ingénierie, elle conçoit de nouveaux modèles de logements abordables en béton grâce à une nouvelle méthode de coulage qu'elle met au point. Entre 1919 et 1925 Gleason construit dans deux lotissements de East Rochester, Concrest et Marigold Gardens, où elle expérimente le béton pour construire des maisons ignifugées à un prix abordable, en utilisant sa méthode de coulage et des méthodes de production de masse apprises chez Gleason Works. Les maisons sont vendues à un prix ne dépassant pas US dollars. Elle décrit ses méthodes dans un article qu'elle écrit pour un magazine spécialisé, Concrete, en 1922, intitulé et lors d'une convention de l'(ACI) en 1922. Ses innovations lui valent d'être plus connue comme la première dame du béton que comme simple entrepreneuse d'affaires. Ses conceptions deviennent un modèle pour les développements de futurs lotissements.

Les maisons sont construites avec des murs et des planchers en béton armé, des toits en bois, des garages encastrés, des bibliothèques, des armoires de cuisine et d'autres équipements très modernes pour l'époque. Ces maisons sont remarquables non seulement parce qu'elles sont construites par l'une des premières femmes entrepreneurs en béton et membres de l'ACI, mais aussi parce qu'elles ont survécu pendant plus de avec un minimum de réparations. vignette|Château de Septmonts. Dans les années 1920, Gleason quitte Rochester pour faire des affaires en France, en Californie et en Caroline du Sud. Elle achète et reconstruit le château de Septmonts en France et construit une bibliothèque et un cinéma dans la ville pour commémorer le American Expeditionary Forces. À cette époque, elle parcourt également la Californie pour étudier les bâtiments en pisé. En 1924, elle est consultée par la ville de Berkeley, en Californie, pour l'aider à reconstruire après un incendie. À la fin des années 1920, elle commence à construire d'autres bâtiments en béton coulé à Sausalito, en Californie, mais le projet ne rencontre pas le même succès que ses bâtiments de Rochester. Dans sa résidence d'hiver de Beaufort, en Caroline du Sud, elle projette de construire une communauté d'appartements-jardins pour les artistes et les écrivains, mais seulement dix de ces maisons sont achevées au moment de sa mort. Le complexe est achevé par sa sœur Eleanor et inauguré plus tard en 1933.

Engagement pour le suffrage féminin et philanthropie La famille Gleason est amie de Susan B. Anthony, une autre habitante de Rochester, qui donna à Kate des conseils sur les affaires et la publicité. Gleason accueillit Anthony pour son anniversaire en 1906, peu avant sa mort. Gleason fut par la suite une fervente partisane du droit de vote des femmes. En 1912, elle fait une promesse de don de US dollars à la National American Woman Suffrage Association, l'une des plus importantes promesses de don reçue par l'association. De nombreux écrits personnels de Gleason témoignent de sa contribution et de celle de son père à la cause du suffrage féminin. Gleason considère le mariage comme un obstacle à sa vie professionnelle et elle ne s'est jamais mariée et n'a jamais eu d'enfant.

Dans les années 1920, Gleason poursuit un certain nombre d'activités philanthropiques, faisant d'importantes donations à des orphelinats, des bibliothèques et des écoles. En 1929, elle fait don d'une grande propriété à l'Institut de technologie de Rochester.

Reconnaissance En 1913, Gleason est la première femme élue membre du en Allemagne. En 1914, elle est élue unanimement et devient la première femme membre de l'American Society of Mechanical Engineers, suivie peu après par . Gleason représente la société à la Conférence mondiale sur l'énergie en Allemagne en 1930. Pour son travail dans le domaine de la construction, elle devient également la première femme membre de l'. vignette|267x267px|Le Kate Glason Mémorial à East Rochester.

Mort Gleason meurt le à l'âge de d'une pneumonie et est inhumée au de Rochester. Elle lègue US dollars de son patrimoine de US dollars à des médecins et à des institutions de la région de Rochester, avec une attention particulière pour le Rochester Institute of Technology et pour la bibliothèque publique de Rochester qui baptise son auditorium principal en l'honneur de la chef d'entreprise et philanthrope, mais aussi des parcs.