Rolland-Michel BarrinOn trouve son prénom également orthographié Roland-Michel, , comte de La GalissonnièreOrthographié, La Galissonière ou La Galissonnière, né le à Rochefort, baptisé (Roland-Michel Barrin) le à Rochefort (Saint-Louis), décédé le à Nemours et inhumé le à Nemours (Saint-Jean-Baptiste), est un officier de marine, administrateur colonial et gentilhomme français des . Il est gouverneur intérimaire de la Nouvelle-France de 1747 à 1749.

Biographie Origines et famille 150px|thumb|Armes de la famille Barrin. Rolland-Michel Barrin est issu d'une famille noble, originaire de l'ancienne province du Bourbonnais, sur les bords de la Sioule, à Saint-Bonnet-de-Rochefort, dans l'actuel département de l'Allier.

Son père, Rolland Barrin, deuxième marquis de La Galissonnière (1646-1736), chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis, est lieutenant-général des armées navales de sa Majesté. Sa mère Catherine Begon/Bégon (Michel et Magdeleine Drouillon), est née le 9/ à Blois (Saint-Solenne) (Loir-et-Cher), décédée à 37 ans le à Rochefort, inhumée le dans l'église des Capucins à Rochefort. Le couple se marie à Rochefort (Saint-Louis), le 24 mai 1691, et de cette union naissent trois enfants : Roland-Michel Barrin, marié à Ardelay (aujourd'hui commune des Herbiers), le avec Marie-Catherine-Antoinette de Lauzon (+ Paris à 87 ans et 11 mois), fille de Charles de Lauzon, chevalier seigneur de la Gontrie et des Deffands et de Marie Guiraud (laquelle se remarie le même jour avec Roland Barrin)Annuaire départemental de la Société d'émulation de la Vendée, 1878, p. 222-225. Numérisé sur gallica.. Cette union reste sans descendance. Marie-Magdelaine Barrin, née et baptisée le à Rochefort (Saint-Louis), décédée le à Monnières (Sainte-Radegonde) (Loire-Atlantique); contrat de mariage du greffe Le Cartier à Poitiers (Vienne, 86194), avec Vincent Barrin des Ruilliers (François+, seigneur, chevalier & Catherine+ Mignot), seigneur et chevalier, né le à Saint-Bonnet-de-Rochefort (Allier), décédé le à Gannat (Allier); laquelle au décès de son frère Roland-Michel réunira les héritages des Barrin de la Galissonnière à ceux des Barrin des Ruilliers. Catherine Barrin, religieuse à Saintes.

Jeunesse et débuts dans la Marine royale Après des études au collège de Beauvais, à Paris, sous la conduite de Charles Rollin, au cours desquelles il montre son aptitude pour les mathématiques, comme son père et son grand-père maternel il veut servir dans la Marine royale.

La Galissonnière entre dans la compagnie des gardes de la Marine« C'est alors l'école où les jeunes nobles, souvent de provenance terrienne, viennent s'initier aux sciences théoriques de la navigation, et à celle des mathématiques, qui sont devenues nécessaires pour pratiquer la «navigation savante» qui à cette époque vient de voir le jour. » à RochefortSelon et , à Brest selon . le et effectue sa première campagne à bord du vaisseau Le Héros, qui transporte en 1711 des approvisionnements en Nouvelle-France. Il est promu enseigne de vaisseau à dix-neuf ans, le .

Avec le Traité d'Utrecht qui met fin à la guerre de Succession d'Espagne en 1713, la France est en « état de paix » relatif avec l'Angleterre. Toutefois, la Marine royale doit lutter contre les pirates ou corsaires barbaresques qui, sur de petits navires bien équipés, font régner leur loi et troublent le commerce maritime. Roland-Michel Barrin participe à la protection des convois qui reviennent des colonies des Antilles. Après son mariage en Poitou en 1713, Roland-Michel ré-embarque et revient à Québec sur le navire Le Français en 1716, puis en 1719 sur la flûte Le Dromadaire« Une flûte, est un bâtiment de fort tonnage, peu armé, chargé de transporter approvisionnements et munitions au service d'une escadre. Il fait faire des transformations pour améliorer l'habitabilité du navire. Mais c'est contre le règlement. Il se heurte à l'esprit de routine de ses chefs et a droit à un blâme. » .

Le ravitaillement de la Nouvelle-France thumb|Louisbourg dans les années 1730. La Galissonnière ravitaille la place qui défend l'entrée du Canada français. Il sert le plus souvent à Rochefort (où il habite) jusqu'en 1736, avec toutefois quelques embarquements qui le conduisirent au Canada, à l'île Royale (île du Cap-Breton), aux Antilles, en Méditerranée et le long des côtes d'Espagne. Nommé aide-major à Rochefort le , il opte le pour le service normal de lieutenant de vaisseau« Ce grade lui permet d'être «second officier» sur un vaisseau de ligne (jusqu'à 104 canons) ou de commander une frégate, navire de moindre importance. » . En 1732, il est officier sur Le Rubis et à bord de ce navire fait un nouveau voyage au Canada. Puis il embarque de nouveau sur Le Dromadaire, cette fois en qualité de commandant, en 1734 et 1735 pour une campagne « aux îles d'Amérique » (Antilles).

En 1737, il reçoit le commandement du Héros pour une nouvelle mission de transport vers la Nouvelle-France. Les puissantes protections familiales dont il bénéficieIl a la faveur du comte de Maurepas, ministre de la Marine, qui a bien connu son père. Le ministre apprécie les qualités du jeune officier et favorise son avancement., ainsi que ses mérites, lui valent d’être promu capitaine de vaisseau le et créé chevalier de Saint-Louis le suivant. En 1739, il transporte des approvisionnements à Louisbourg, sur l'île Royale, avec Le Rubis qu'il commande. L'année suivante, il sert en Méditerranée sur le vaisseau L’Espérance qui conduit à Constantinople le nouvel ambassadeur de France.

Missions en Méditerranée et commandement du port de Rochefort thumb|Protection du commerce. La Galissonnière participe activement aux missions d'escorte pendant la guerre de Succession d'Autriche.

De 1741 à 1743, il commande Le Tigre dans l'escadre du lieutenant général Court de La Bruyère, laquelle ne quitte pratiquement pas la rade de Toulon. En 1744, La Galissonnière se rend à Brest pour y commander La Gloire, un des dix-neuf vaisseaux de l'escadre du comte de Roquefeuil, celle-ci devait appuyer les tentatives de débarquement en Angleterre de Charles Édouard Stuart, dit le « Jeune Prétendant ».

Le la guerre de Succession d'Autriche est déclarée et le problème de la protection des bâtiments de commerce se pose d'autant plus. Roland-Michel Barrin qui a fait tout au long de sa carrière preuve de son habileté manœuvrière montre aussi des qualités d'organisateur. Le , La Galissonnière est nommé commissaire général d'artillerie à Rochefort et s’occupe, à ce titre, de la mise en état de défense des côtes d'Aunis et de Saintonge. Son rôle est d'impulser les travaux de l'arsenal et d'améliorer la puissance de feu des vaisseaux. Le «canon» a toujours été, et jusqu'à récemment, la « spécialité savante » de la marine française.

En , La Galissonnière reçoit le commandement du Juste, qui devait, en compagnie du , protéger les établissements et les navires de la Compagnie des Indes sur les côtes d'Afrique. Suivant les instructions ministérielles, les deux vaisseaux partent de l'île de Groix le , arrivent au Sénégal le et repartent le pour retrouver le , à Fernando de Noronha (au large du Brésil), trois bâtiments de la Compagnie, dont deux venaient de Chine. La Galissonnière repart le pour la Grenade, où il retrouve le Philibert, autre vaisseau de la Compagnie, et tous appareillent pour la France le , mais le Juste et le Sérieux arrivent seuls à Rochefort le , car ils avaient perdu de vue par gros temps, à l’est du banc de Terre-Neuve, leur convoi qui parvient cependant à Lorient sans encombre.

Sous la protection de Maurepas thumb|La bataille du cap Ortégal au cours de laquelle le marquis de La Jonquière est capturé (1747). Le ministre de la marine, Maurepas, lui propose la même année le poste de gouverneur de Saint-Domingue. Roland-Michel Barrin le refuse, ainsi que celui de gouverneur général de la Nouvelle-France, dans un premier temps. Face à ce refus, le marquis de La Jonquière est nommé gouverneur général de la Nouvelle-France pour remplacer Charles de la Boische, marquis de Beauharnois, le , mais sa participation à l'expédition du duc d'Anville en Acadie, sous les ordres de La Rochefoucauld, l'empêche de rejoindre aussitôt son poste et, lorsqu’il part pour Québec en , le convoi qu'il escorte est attaqué par une escadre anglaise supérieure et La Jonquière fait prisonnier (bataille du cap Ortégal).

Maurepas, ministre de la Marine et protecteur de La Galissonnière, insiste pour qu'il prenne le commandement de Québec en attendant la libération de La Jonquière, gouverneur en titre. C'est ainsi que, le , il est chargé des fonctions de commandant général en Nouvelle-France. Maurepas lui écrit le :

Gouverneur-général de la Nouvelle-France à titre provisoire

Roland-Michel Barrin accepte à contrecœur car il ne croit pas y être à sa place. Pour lui, sa vocation n'est pas de servir à terre mais sur mer. Finalement il doit céder. C'est le vaisseau Northumberland qui l'emmène à Québec où il débarque le .

La situation en Nouvelle-France est alors peu brillante. Depuis trois ans, la guerre de Succession d'Autriche a ébranlé l'économie fragile de la colonie. Comme Vaudreuil et Beauharnois avant lui, La Galissonnière s'aperçoit très vite de ses carences défensives. Il harcèle dès lors Paris, demandant des renforts, mais Maurepas lui répond qu'il n'a pas de troupes à lui accorder et que la colonie doit se suffire à elle-même. La Galissonnière demande également en vain à Maurepas d'envoyer des colons afin d'accélérer le peuplement, sans succès.

Sur le plan politique et militaire, il veille à ce que les Abénakis, des Indiens alliés, restent établis entre l'Acadie, devenue britannique, et la Nouvelle-France, afin que leur territoire serve de zone tampon. Il est le premier à concevoir l'idée de réunir la Nouvelle-France à la Louisiane par une ligne de postes qui suivrait la vallée de l'Ohio. Cet endroit deviendra plus tard une zone d'affrontements entre Français et Britanniques (et leurs alliés Iroquois). Il fait aussi construire le fort de La Présentation (aujourd'hui Ogdensburgh dans l'État de New-York) qui servira de poste de surveillance aux frontières. Il prépare une campagne pour reprendre l'Ontario aux Anglais. Dans ce but il fait établir des cartes de la région des Grands Lacs.

Il avait su se faire aimer des Indiens, et on rapporte que, eu égard à son apparence, Roland-Michel étant parait-il petit et contrefait, un chef indien lui aurait dit : « Faut-il que ton âme soit belle, pour que ton roi ait fait de toi le chef de son armée. »

Sur le plan économique, il veut favoriser l'implantation de manufactures d'étoffes de laine à Québec et Montréal mais la politique mercantiliste du ministre de la Marine l'empêche d'aller de l'avant dans ce projet. Il protège les institutions françaises implantées au Québec, et en particulier les institutions religieuses. Il veut également développer le commerce avec la France et tente de s'opposer à l'infiltration britannique… Mais quand le gouverneur Taffanel revient, il doit céder sa place en et rentre en France, déçu parce que mal suivi par une administration, à son goût trop parisienne et trop lointaine.

Retour dans la Royale et Guerre de Sept Ans

thumb|270px|left|Le Départ de la flotte française pour l'expédition de Port-Mahon le 10 avril 1756, par Nicolas Ozanne Le gouverneur demande son rappel qui est accepté en . Il sera regretté par les colons qui jugent qu'il a fait consciencieusement son travail. Il rentre en France en septembre après une rapide mission d'inspection à Louisbourg. Comme récompense, il est nommé chef d'escadre en 1750.