Première consultation est le premier album studio du rappeur français Doc Gynéco, sorti le .

C'est avec cet album que le rappeur se fait connaître auprès du grand public. Certifié double disque de platineCertifications SNEP., il s'est écoulé à plus d'un million d'exemplaires et devient l'un des albums de hip-hop les plus vendus en France..

Peu attiré par le son des boîtes à rythmes, ordinairement utilisées dans le rap français, Doc Gynéco impose à sa maison de disques que les compositions musicales de ses chansons soient majoritairement jouées par de vrais instruments. C'est donc dans un studio de Los Angeles (Californie), sous la direction du producteur et ingénieur du son américain Ken Kessie, que l'album est enregistré par des musiciens de studio professionnels. L'album fait notamment participer Passi et le rappeur latino-américain El Maestro.

Le style musical de Première consultation innove grâce à une sonorité pop, funk et soul, très influencé par le G-funk californien de Dr. Dre (cf. The Chronic). Le flow mélodieux de Doc Gynéco, presque chanté, le rapproche de la variété française (ce qu'il revendique par ailleurs sur le morceau Classez-moi dans la variet) et soutient des textes aux thèmes urbains et aux références populaires, abordés entre humour, légère provocation et désenchantement.

Avec des titres comme Viens voir le docteur, Nirvana, Né ici ou encore Dans ma rue, Première consultation est considéré comme un classique et l'un des meilleurs albums du rap français.

Présentation Doc Gynéco peint une galerie de portraits, de lieux et personnages, attitudes et événements, qui crient leur vérité. Il imposait d'emblée un personnage hâbleur, cynique, gentiment sauvageon, obsédé sexuel, macho et romantique à la fois, jamais dupe des codes qu'il décrit et dont l'auditeur sent bien qu'il les a éprouvés. De Nirvana à Vanessa, il joue avec les conventions et la bienséance, de Né ici à Dans ma rue, il dessine un tableau fidèle des lieux où il a vécu et qui vont devenir, dans le même temps, l'objet de toutes les fixations.

La sortie de l'album rencontre quelques controverses dès le début. Le premier single, Viens voir le docteur, est évoqué, accusant Doc Gynéco et Virgin de chercher à produire un tube commercial. Par ailleurs, le titre Dans ma rue suscite une polémique, la LICRA portant plainte en raison de l'utilisation du terme « youpin ». La chaîne de télévision M6 refuse de diffuser le clip de Nirvana en raison de son thème central, le suicide. En revanche, Canal+ et Nova Mag lui apportent leur soutien et le mettent en avant. Vanessa Paradis, bien que peu enthousiaste à l'égard de la chanson Vanessa, n'en interdit pas la diffusion mais refuse toute promotion aux côtés de Doc Gynéco. En revanche, avec Né ici, titre plus consensuel, les ventes s'envolent...

Doc Gynéco adopte une expression naturelle, s'éloignant des voix stéréotypées de certains groupes de rap qui, à l'époque, pouvaient réfuter le grand public dans un genre encore émergent en France. L'album se distingue également par l'utilisation majoritaire d'instruments réels, une approche peu courante dans le rap, surtout à cette période.

L'enregistrement final diffère considérablement de la maquette, tant sur le plan instrumental que vocal, ce dernier étant davantage rappé. Un seul titre de la maquette, Histoire d'un mec, n'est pas retenu pour l'album pour des raisons inconnues. Il restera inédit pendant vingt ans avant de sortir en single lors de la réédition anniversaire. Cependant, un extrait de son deuxième couplet réapparaît dans No se vende la calle, tandis que son refrain est réutilisé en 2005 pour Le temps passe, chanson interprétée par le Ministère A.M.E.R. (dont Doc Gynéco fut l'un des membres les plus notoires) et Johnny Hallyday. Ce refrain s'inspire du célèbre Non, je ne regrette rien d'Édith Piaf.

Crédits

Chanteurs, rappeurs et chœurs Passi en duo sur Est-ce que ça le fait ? Atlantique sur Les Filles du moove (c'est la compagne de Philippe Ascoli, directeur artistique cité dans Histoire d'un mec) El Maestro en duo sur No se vende la calle (ce dernier étant une rencontre hasardeuse du Doc faite à Los Angeles pendant la période d'enregistrement du disque). Nancy Fletcher, la « voix funérale » de Nirvana. Elle fut choriste pour Big Daddy Kane, Snoop Dogg et Tha Dogg Pound entre autres. Elle fait également les chœurs sur les morceaux Né ici et Les filles du moove. Karl et Said, les chœurs pendant les refrains sur Viens voir le docteur. Assia en chœurs sur Ma salope à moi. Jeanie Tracy en chœurs sur Première consultation. Nabila Mokeddem, la voix féminine du refrain de Classez-moi dans la variet.

Musiciens Basse : Nathaniel Phillips, James Wirrick Claviers, synthétiseurs : Ken Kessie, Keith Lewis, James Wirrick, Ronnie King, Paul Taylor, Michael Notfleet Guitare électrique : Marlon McClain, Micael Sene Percussions, programmations, batterie : Luis Conte, Ken Kessie Trombone : Nick Lane Saxophone, flûte : Gary Herbig Trompette : Greg Adams Equipe technique et production Directeur artistique : Thierry PlanellePremière consultation a été enregistré à Los Angeles, sous la houlette de Thierry Planelle, alors directeur artistique de Virgin France. La maquette a été produite par Mariano Beuve (1962-2009) le 30 octobre 1995 au Studio Adès (54 Rue Saint-Lazare à Paris). Producteur : Ken KessieBien qu'il reste évasif dans son autobiographie (Un homme nature) sur le sujet de leur rencontre, l'album de Doc Gynéco a été produit par Ken Kessie (mort en 2012), ingénieur son installé en Californie, qui a collaboré avec divers artistes comme Whitney Houston, En Vogue, Sylvester, Tower of Power, Herbie Hancock ou encore Brownstone. Graphiste : Paul Ritter Coordinateurs : Laurence Fumet, Maureen Droney Conception : Vincent Bergerat Ingénieurs du son : Ken Kessie, Tulio Torrinello Mixage : Bernie Grundman, Ken Kessie Photographe : Nicolas Kidiroglou Auteurs : Alexis Ouzani (Nirvana, Passement de jambes, Vanessa et Histoire d'un mec.), Sodi (Si tu crois que je pèze), Passi (Vanessa), Bruno Beausir (Vanessa) et Doc Gynéco.

Explication de quelques titres Viens voir le docteur Dans Viens voir le docteur, Doc Gynéco s'adresse aux jeunes filles qui découvrent la sexualité et à la femme qui s'ennuie avec son ami plus intéressé par l'alcool, le football à la télé, et la pétanque. Il les invite à venir le voir pour une première consultation. De nombreuses références aux séries télés sont dans la chanson : la série américaine Beverly Hills 90210 à travers ses personnages (Brenda et son petit ami Dylan)Pour rappel le Ministère AMER avait parodié le logo de la série avec l'album 95200 en 1994., et des séries françaises pour ado de AB Productions : Hélène et les Garçons (paroles : « Tu seras Hélène et je serai tous les garçons »), Le Miel et les Abeilles (« Je serai l’abeille qui va lécher ton miel »), Premiers Baisers (« Je te ferai ton premier baiser »), Les Filles d'à côté (« Mais ne sois pas fâchée contre les filles d’à côté »), Classe Mannequin (« Qui dans leur classe de mannequin veulent m’attirer »). Le chanteur fait également référence à des magazines pour ado : OK! (« Pour te conseiller, je suis OK »), PodiumMagazine qui a appartenu à Claude François. (« Monte sur mon podium »), Bravo Girls !. Doc Gynéco, grand fan de football, cite encore, comme dans Passement de Jambes plusieurs joueurs et clubs : George Weah, David Ginola, le PSG et l'OM. Il y a par ailleurs un jeu de mots avec « Ma fleur de mâle » pour Les Fleurs du mal de Charles Baudelaire.

Dans ma rue Ode à son quartier de la Porte de la Chapelle dans le de Paris. Il le décrit comme glauque, sale, malfamé et l'appelle sa banlieue. Le récit se situe rue de la Chapelle et dans sa continuité rue Marx-Dormoy. Le tableau : 8.6 (bière forte) et joint, prostituées crackées et policiers ripoux (et cocus), commerçants juifs et chinois, clochards et toxicomanes, facteurs commis de proxénète et fous armés, vols et viols, kebab périmé et épicier hors de prix (la nuit), pigeons, vomi, seringues. Il compare son quartier aux pub Benetton car dans sa rue aussi les gens ont toutes les couleurs en ajoutant qu'il faut être trilingue pour communiquer. Le métro Porte de la Chapelle est bien terminus à l'époque comme il le dit. Les magasins Ed se nomment aujourd'hui DIA. Doc Gynéco habitait le d'une tour de porte de la Chapelle. En outro High From The Chronic (Slowed) par Bass Fraternity de 1995 est repris. Sur la version maquette il y a ce passage : Mon n'y touche pas je l'aime, mon n'y touche pas je l'aime, par à-coups.

Nirvana Titre sur le thème du suicide comme l'avait déjà abordé NTM avec le single J'appuie sur la gâchette en 1993. Il exprime sa lassitude de la vie causée par le monde qui change ou par sa notoriété et ses inconvénients, qui provoque en lui le désir d'atteindre le Nirvana, allusion à Kurt Cobain chanteur du groupe Nirvana suicidé en 1994. La drogue qui permet d'échapper à la réalité est citée à plusieurs reprises, le cannabis : « la boulette à effriter, les feuilles OCB, les gros bang » ; la cocaïne : « me doper à la Diego Maradona » ; l'alcool : « le douze ans d'âge », mais aussi avec en citant la chanson Le monde est stone (sur le suicide également) ou quand il dit « pris dans la fonce-dé ». Il cite plusieurs suicidés célèbres : les acteurs Patrick Dewaere (1982) et Marilyn Monroe (1962), le clown Achille Zavatta (1993), le politicien Pierre Bérégovoy (1993), mais également Ayrton Senna (accident mortel avec sa Formule 1 en 1994) ou les dieux Allah, Krishna, Bouddha, Jehovah. Il parle de ses baskets Puma portées sur la pochette du disque. Deux chansons citées : Flirt avec le meurtre du Ministère A.M.E.R. qui traite de la perte de contrôle de soi-même (sur l'album 95200 en 1994) et la comptine Un, deux, trois, nous irons au bois revisitée. La mannequin Brandi Quinones qu'il dit être sa petite amie dans le texte deviendra un temps sa compagne en 2009. Sur la maquette le refrain est rappé alors que sur la version album il est chanté.

Passement de jambes Métaphore du rap par le football. Plusieurs joueurs, clubs, et éléments du milieu footballistique sont cités directement ou indirectement. Les joueurs : Bebeto, Dino Zoff, Michel Platini, Basile Boli, Karl-Heinz Rummenigge, Eric Cantona, Jean-Pierre Papin, « le lion indomptable » (Roger Milla), « le Kaiser » (Franz Beckenbauer), « le Roi » (Pelé), « je marque de la main » (Maradona, en référence à son but de la main lors de la Coupe du monde de football 1986). Les clubs : « Virgin AC » (Milan AC), « Les Verts » (AS Saint-Étienne). Les stades : le « Parc des Princes », « Guadalajara » (Stade Jalisco où la France a battu le Brésil lors de la Coupe du monde de football 1986). Des marques de sport : « Umbro Gyneco » (avec le mot « Umbro » qui est l'anagramme de « Bruno » à une lettre près), Diadora et aussi la boisson favorite de Jean-Pierre Papin : le Cacolac. Des chansons de supporters : Le Feu, Oh Ah Cantona. Les dessins animés : Mark Landers, Olive et Tom. Un jeu vidéo : Kick Off. L'affaire VA-OM : « J'ai des millions de francs cachés dans mon jardin ».

Né ici