Les attaques de 2025 contre des prisons françaises sont une série d'actes de violence qui débutent le et s'étirent sur plusieurs jours, voyant différentes prisons, lieux et cibles liés au monde pénitentiaire en France être visés par des incendies de véhicules ou des tirs d'armes automatiques.
Les lieux visés sont l'École nationale d'administration pénitentiaire, les prisons de Toulon-La Farlède, de Nanterre, d'Aix-Luynes, de Valence, du sud-francilien et les logements sociaux occupés par les gardiens de prison à Marseille. En tout, sont incendiés et une quinzaine de balles tirées sur la porte de la prison de Toulon-La Farlède.
Des tags « DDPF » () sont réalisés lors de plusieurs attaques, et un groupe Telegram du même nom publie des messages pouvant s'apparenter à une revendication des attaques.
Au , sont recensés en France et sont mobilisés. Le , vingt-cinq personnes sont interpellées.
Prélude Quelques jours avant les attaques, un groupe Telegram est créé, nommé , pour . Dans ce canal, des messages et menaces contre les surveillants de prison et les autorités pénitentiaires françaises sont échangés ; on trouve par exemple ou encore . Dans ce groupe, les militants indiquent vouloir agir de la sorte en réponse à la surpopulation carcérale (131 % de places de prison) entre autres points. Ils soutiennent ne pas être des terroristes mais agir de la sorte pour défendre les droits de l'homme qui seraient menacés.
Déroulement
13-14 avril Sept véhicules sont incendiés sur le parking de l'École nationale d'administration pénitentiaire (Énap) à Agen en Lot-et-Garonne.. La même nuit, deux véhicules de surveillants sont incendiés au centre pénitentiaire du sud-francilien à Réau.. Un engin incendiaire est découvert dans l'enceinte de la maison d'arrêt de Châlons-en-Champagne, entraînant l'arrestation de quatre individus.
15 avril Vers du matin, plusieurs individus tirent sur la façade du centre pénitentiaire de Toulon-La Farlède, dans le Var.. Une des armes utilisée est une AK-47, qui loge une quinzaine de balles dans la façade avant que les assaillants ne parviennent à prendre la fuite.. Ils auraient été plusieurs dans une voiture à cette occasion.. Un grand sigle est retrouvé tagué sur l'entrée qu'utilisent les fourgons.
Les établissements de Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, d’Aix-Luynes, dans les Bouches-du-Rhône, de Villepinte en Seine-Saint-Denis, de Nîmes, et de Valence, dans la Drôme, sont touchés par des incendies de véhicules.. Des slogans anarchistes sont retrouvés sur certains sites.. L'inscription est taguée sur des voitures sur les parkings des prisons de Nîmes et de Luynes..
À Marseille, les véhicules de plusieurs surveillants sont incendiés sur le parking des logements sociaux qu'ils occupent et neuf voitures sont taguées du sigle . Le bilan complet, en plus des tirs sur la façade de la prison de Toulon-La Farlède, fait état de incendiés.
15-16 avril Vers du matin, trois véhicules sont incendiés près de la prison de Tarascon. Un autre véhicule appartenant à un surveillant de la prison d'Aix-Luynes est incendié devant le domicile de celui-ci. Des inscriptions sont taguées et un début d'incendie est observé dans le hall d'immeuble d'une surveillante pénitentiaire à Villenoy, en Seine-et-Marne..
16-17 avril La boîte aux lettres d'un agent pénitentiaire de la maison d'arrêt d'Amiens est dégradée et taguée. Un pneu de son véhicule est également crevé.
17-18 avril Une vingtaine de mortiers sont tirés en direction de la prison de Reims par un individu en trottinette. À Nevers, l'inscription "DDPF" est retrouvée dans la cellule d'un détenu ayant déclenché des "heurts".
18-19 avril À , en Haute-Garonne, trois véhicules sont incendiés devant le domicile d'un surveillant pénitentiaire. La même nuit, la prison de Laval est visée par des tirs de mortier.
20 avril Une voiture est retrouvée incendiée aux abords de la maison d'arrêt de Lyon-Corbas. Un tag est présent.
20-21 avril Plusieurs tirs par arme à feu et jets de cocktail Molotov visent des pavillons dans un lotissement à Villefontaine en Isère, où résident plusieurs agents pénitentiaires, non loin du centre pénitentiaire de Saint-Quentin-Fallavier. Des graffitis « DDPF » ainsi que le nom d'un agent ont également été tagués. Par erreur, les agresseurs ont en réalité ciblé le domicile d’un voisin, croyant viser celui de l’agent. Le nom tagué était celui d’une cadre de l'administration pénitentiaire de la zone...
La maison d'arrêt de Lyon-Corbas, déjà visée la veille, est prise pour cible. D’après le parquet de Lyon, deux véhicules sont incendiés . , ajoute le parquet..
Au centre pénitentiaire de Villefranche-sur-Saône, un véhicule appartenant à un surveillant pénitentiaire a été incendié sur le parking visiteur, mais aucune inscription n’a été constatée. De source proche de l’enquête, le surveillant visé à Villefranche-sur-Saône n’avait jusque-là pas été la cible de menaces personnelles. Il occupait un poste dit généraliste.
21-22 avril Dans la nuit du 21 au , des dégradations et incendies sont relevés dans l'Oise, le Calvados, le Rhône, en Loire-Atlantique, et en Isère..
À Caen (Calvados), cinq véhicules du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) ont été incendiés vers 3 heures du matin. Aucun tag n’a été relevé et aucune interpellation n’a eu lieu à ce stade, selon le parquet.
À Varces-Allières-et-Risset (Isère), trois personnes sont contrôlées avec un jerrican d’essence à proximité de la maison d’arrêt. L’un d’eux, un mineur sous contrôle judiciaire, est placé en retenue pour violation de ses obligations.
À Fresnes (Val-de-Marne), un agent pénitentiaire a été intimidé par cinq individus, dont l’un l’a menacé verbalement : « Surveillant, surveillant, tu as peur maintenant », tandis qu’un autre filmait la scène. Le surveillant aurait reconnu un ancien détenu parmi eux.
Dans l’Oise, au Mouy, des tags "DDPF" ("Défense des prisonniers français") ont été découverts sur un véhicule personnel d'un surveillant pénitentiaire. Dans le même département, à Hermes, le véhicule personnel et la boîte aux lettres d'une agente ont été tagués de l'inscription "DDPF". Des drones ont également survolé les établissements pénitentiaires de Lutterbach (Haut-Rhin), Lannemezan (Hautes-Pyrénées) et Saint-Quentin-Fallavier (Isère).
À Nantes, la maison d'arrêt est visée par un début d'incendie et des tags .
Le matin du mardi , un feu de détritus mineur est découvert à Villeurbanne au siège social d'une filiale de Vinci Construction. Cette tentative d'incendie est accompagnée de tags "DDPF" ainsi que d'une revendication sous ce même nom envoyée à la presse. Le style d'écriture de cette revendication, différant des autres communications attribuées au groupe ou mouvement "DDPF" et coïncidant avec un communiqué de soutien d'un site d'extrême gauche, conduit le journaliste Richard Schittly dans Le Monde à envisager une hypothétique aux attaques contre les prisons.
23-24 avril Le ministère de l'Intérieur dénombre à date du , soit 36 de plus que le nombre annoncé par Bruno Retailleau une journée plus tôt. Ces faits regrouperaient des . Néanmoins, à cette même date, le Pnat ne s'est saisi que des treize cas les plus graves tandis que le reste serait sous la responsabilité des parquets territoriaux. Les syndicats de l'administration pénitentiaire et Libération dénombrent quant à eux une trentaine de faits.
La nuit du au , des tirs de mortiers dirigés vers le ciel ont lieu devant la prison d'Aix-Luynes tandis que deux départs de feu mineurs sont relevés devant une prison de Marseille.
Dans la journée du , le tag "DDPF" a été retrouvé sur la boîte aux lettres d'un élève surveillant. Le même jour, la directrice adjointe de la maison d'arrêt de Saint-Malo est victime d'une intimidation à son domicile par un homme à moto.
24-25 avril Dans la nuit du au , une agente pénitentiaire de Toulouse est agressée à son domicile par deux individus cagoulés aux cris de . La même nuit, trois conteneurs de poubelles sont incendiés devant le domicile d'une agente de la prison d'Amiens qui avait déjà été ciblée par des tags siglés "DDPF" et la crevaison du pneu de sa voiture le . À Orvault, en Loire-Atlantique, le système de sécurité de la prison pour mineurs est victime d'un sabotage à du matin.
Dans la journée du , la voiture d'un magistrat de Montargis est aspergée d'une substance très corrosive larguée par un drone. Le procureur chargé de l'enquête évoque un lien possible avec les attaques visant les prisons, car le parking où stationnait le véhicule est aussi utilisé par les services pénitentiaires.
25-26 avril Le , un est découvert sur les quais de Bordeaux à proximité du pont de pierre, et revendiqué sous le nom DDPF par un communiqué menaçant envoyé à la presse locale.
6 mai Dans la nuit du au , vers du matin, la maison d’un couple de surveillants se trouvant dans la commune de Liancourt (Oise) est incendiée. ; en raison d'une forte odeur d'essence sur la façade qui laisse présumer qu'il s'agit d'un incendie volontaire, le parquet de Beauvais ouvre une enquête pour ..
24 mai Le , vers du matin, les forces de l’ordre ont été requises après la découverte d’un véhicule en feu, stationné devant un pavillon à Essey-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle). Le pavillon, voisin de celui d’un agent pénitentiaire, a été tagué de plusieurs tags « DZ MAFIA » et « DDPF » ; aucun blessé n'est à déplorer. Les auteurs se sont très probablement trompés de « cible », selon Le Parisien..
Enquête Le ministère de la Justice évoque des attaques ..
Le parquet national antiterroriste et la DGSI se saisissent de l'enquête.. Au départ de l'enquête, la piste du narcotrafic, mentionnée par Gérald Darmanin. s'oppose à celle d'un ou de groupes anarchistes..
Un premier membre éventuel, ancien détenu en semi-liberté soupçonné d'appartenir à la chaîne Telegram DDPF par les autorités françaises est arrêté le en Essonne.. Il est finalement relâché sans qu'aucune charge ne soit retenue contre lui.
Si la piste d'un groupe anarchiste est premièrement privilégiée par les autorités françaises., elle devient de plus en plus improbable, tandis que l'enquête s'oriente vers le narcotrafic, et en particulier l'organisation criminelle DZ Mafia.. Selon Le Canard enchaîné, le gouvernement français choisit d’ignorer la possibilité que des services secrets étrangers (russes ou algériens) aient soudoyé des narcotraficants pour ces actions..
Au , sont recensés en France et sont mobilisés.. Le , le ministère de l'Intérieur dénombre possiblement liés à cette vague d'attaques, tandis que Libération et les syndicats de la fonction pénitentiaire en dénombrent une trentaine.
Le , vingt-cinq personnes sont interpellées dans le cadre de la vaste enquête concernant ces attaques, qui implique plus de 200 enquêteurs.. La piste la plus sérieuse est celle d'attaques téléguidées par la criminalité organisée, et notamment par les narcotrafiquants. Des commanditaires présumés de ces attaques ont été interpellés directement depuis leur cellule., notamment un détenu de , Imran A., ancien tueur et gérant de point de deal de la DZ Mafia.. Celui-ci a reconnu la création du canal « Droit des prisonniers français » sur Telegram, mais en affirmant dans un premier temps qu’il voulait uniquement manifester son désaccord avec la nouvelle politique pénale de Gérald Darmanin, sans cautionner aucune violence. Une position qui a finalement évolué au cours des auditions, Imran A. se présentant comme un dans la vague d’agressions et de dégradation signées « DDPF », son rôle se limitant à être chargé de la médiatisation des actions par deux commanditaires dont le de DZ Mafia affirme ne connaître que les pseudos sur Signal, « Diego » et « Koala »..
Début , vingt-et-un suspects âgés de 15 à 37 ans sont mis en examen, dix-neuf suspects sont incarcérés et deux mineurs sont placés en centre éducatif fermé..
Recrutement des membres