Un vaccin contre les infections à papillomavirus humain est un vaccin dont le but est de prévenir les infections dues aux souches sexuellement transmissibles du virus papillomavirus humain (HPV) responsable de plusieurs types de cancers et contre lesquelles l'utilisation du préservatif ne protège pas assezStop HPV - Les papillomavirus humains - « Le préservatif ne protège pas efficacement des HPV, mais reste nécessaire contre les autres Infections Sexuellement Transmissibles (IST). », consulté le 8 septembre 2024. Ces infections, très répandues, sont généralement bénignes , et disparaissent spontanément mais, dans certains cas, peuvent réapparaître tout au long de la vie une fois la personne infectée.. Lorsqu'elles persistent, elles sont responsables de cancers dans environ 5 % des cas. Le papillomavirus est en effet un agent nécessaire pour déclencher plus de 9 cas sur 10 de cancer du col de l’utérus, mais il est aussi responsable de cancers du vagin et de la vulve, de l'anus, du pénis et de certains cancers de la gorge. Au total, les cancers dus au HPV ne touchent pas que les femmes, plus de 4 sur 10 surviennent chez les hommes.. Au niveau mondial, les HPV sont responsables de 5 à 10% des cancers.

Trois types de vaccins sont commercialisés. Le vaccin quadrivalent (Gardasil), est dirigé contre les papillomavirus de génotypes 6, 11, 16 et 18. Le vaccin bivalent (Cervarix) est dirigé contre les génotypes 16 et 18. En 2018, s'est ajouté un vaccin nonavalent (Gardasil 9, génotypes 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58).

Cette vaccination est recommandée par les autorités de santé de 71 pays en complément au dépistage dans le but de faire baisser le risque du cancer du col de l'utérus dus aux génotypes 16 et 18, qui sont parmi les causes connues les plus fréquentes des lésions précancéreuses du col utérin (les génotypes 6 et 11 n'entraînent pas de telles lésions). Le risque d'apparition de condylomes génitaux (lésions bénignes) est également réduit par le vaccin quadrivalent (les génotypes 6 et 11 sont responsables d'environ 90 % de ces affections).

En matière épidémiologique, les résultats d’une méta-analyse sur 60 millions de sujets avec un suivi jusqu'à 8 ans post-vaccination parue en montrent l’impact des programmes de vaccination contre l’HPV sur les infections à HPV, notamment les néoplasies intra épithéliales du col utérin chez les jeunes filles et les jeunes femmes, avec une baisse du taux d'incidence de respectivement 31 et 51 %. En France, en matière d'innocuité, le rapport bénéfice risque est jugé favorable, sans empêcher des controverses et des réticences à son utilisation.

La vaccination contre le papillomavirus humain est une prévention primaire du cancer de col de l'utérus. La vaccination par le vaccin nonavalent pourrait réduire de 85 à 90 % le nombre de cancers du col de l’utérus à un horizon de 100 ans. Les vaccins ne couvrant pas tous les papillomavirus oncogènes, et ne concernant qu'une minorité de femmes, le dépistage des infections doit être maintenu. La vaccination empêche l'infection mais ne se substitue pas au dépistage d'une infection déjà présente.

Historique La recherche qui a conduit à la mise au point du vaccin a débuté dans les années 1980 au sein des universités américaines des universités de Rochester et de Georgetown.

En 1991, deux chercheurs de l'Université du Queensland à Brisbane en Australie trouvent le moyen de former des particules non infectieuses appelées virus-like particles (VLPs), ressemblant au virus et capables d'activer une réponse du système immunitaire.

En 1993, un laboratoire du National Cancer Institute aux États-Unis parvient à concevoir de telles particules d'après le génotype 16 du virus, ce qui ouvre la piste à la création du vaccin, mais débouche également sur des querelles concernant la propriété intellectuelle de la découverte..

Le , la mise sur le marché du vaccin Gardasil de Merck & Co. est approuvée aux États-Unis par la FDA pour un usage auprès des jeunes filles et des femmes de 9 à 26 ans.

Le , le Gardasil est approuvé par la Commission européenne pour un usage dans l'Union Européenne auprès des personnes de sexe féminin de 9 à 26 ans..

Cibles de la vaccination La vaccination des jeunes filles avant le début de l’activité sexuelle est considérée par l'OMS comme une intervention de prévention primaire importante dans un programme complet de lutte contre le cancer du col de l’utérus. Les vaccins ne traitent pas les infections à VPH et les maladies associées au VPH préexistantes, c’est pourquoi il est recommandé de vacciner les jeunes filles avant qu’elles ne commencent à avoir une activité sexuelle. La quantité d’anticorps produits après la vaccination contre le VPH est plus importante chez les jeunes filles âgées de moins de 15 ans que chez les jeunes filles et jeunes femmes âgées de 15 ans et plus.

La vaccination ne remplace pas les tests de dépistage de routine du cancer du col de l'utérus. « Étant donné qu'aucun vaccin n'est efficace à 100 %, que Gardasil ne protège pas contre les types de papillomavirus non contenus dans le vaccin ou contre des infections déjà existantes dues au papillomavirus, le dépistage en routine du cancer du col de l'utérus reste très important et doit se faire selon les recommandations locales »VIDAL 2008 Gardasil (R).

La vaccination peut être également proposée aux hommes jeunes, permettant de réduire très sensiblement la survenue de lésions dues au papillomavirus Food and Drug Administration, Male indication for Gardasil, 2009. Elle pourrait aussi contribuer à la diminution de la propagation du papillomavirus, et ainsi, indirectement, à la prévention du cancer du col utérin. La rentabilité estimée ne serait cependant pas très bonne (coût supplémentaire par cancer prévenu) Kim JJ, Goldie SJ, Cost-effectiveness analysis of including boys in a human papillomavirus (HPV) vaccination programme in the United States, BMJ, 2009;339:b3884. En France, les recommandations de vaccination ont été étendues aux garçons et jeunes hommes..

Types de vaccin et schéma vaccinal Tous les vaccins contre le HPV sont des vaccins inactivés. Il ne contiennent pas le virus mais des protéines du virus.

Les vaccins diffèrent suivant le nombre de génotypes ciblés du virus (nombre de valences). Ils peuvent être ainsi bivalents, contre les types 16 et 18 (vaccin Cervarix) ou quadrivalents contre les types 6, 11, 16 et 18 (vaccin Gardasil). Un vaccin 9-valent, contre les types 6, 11, 16, 18, 31, 33, 45, 52 et 58 est commercialisé depuis 2018., après des phases de testJoura EA, Giuliano AR, Iversen OE et al. A 9-valent HPV vaccine against infection and intraepithelial neoplasia in women, N Engl J Med, 2015;372:711-723. Ce dernier serait actif sur les génotypes provoquant près de 90 % des cancers du col utérin contre 70 % pour le vaccin quadrivalentSerrano B, Alemany L, Tous S et al. Potential impact of a nine-valent vaccine in human papillomavirus related cervical disease, Infect Agent Cancer, 2012;7:38-38.

Comme l'immunité acquise est moins importante chez les jeunes filles de 15 ans ou plus, deux injections sont suffisantes avant 15 ans et trois sont nécessaires après cet âge.

Le vaccin nonavalent est le vaccin recommandé par la HAS en pour les garçons, avec de 11 à , 3 doses de 15 à et pour les hommes ayant des relations avec des hommes jusqu'à . Il doit être conservé au réfrigérateur entre +2 et +8 °C et ne doit surtout pas être congelé ni même en contact pour un court instant avec de la glace. Le vaccin est administré par voie intramusculaire. Le don du sang est autorisé après la vaccination..

Les conditions de conservation du vaccin posent un problème logistique pour les pays à faible ou moyen revenu national brut.

Types de vaccin Tous les vaccins existent sous forme de seringue prête à l'emploi ou à préparer.

Vaccin bivalent (Cervarix) 1 dose (0,5 ml) contient environ : Protéine L1 de Papillomavirus Humain de type 16, 20 microgrammes Protéine L1 de Papillomavirus Humain de type 18, 20 microgrammes Protéine L1 sous la forme de pseudo particules virales non infectieuses produites par la technique de l’ADN recombinant, adsorbé sur hydroxyde d'aluminium hydraté avec adjuvant AS04 (contenant du 3-O-desacyl-4′-monophosphosphoryl lipide A)..

Ce vaccin a une plus grande capacité que le Gardasil à induire une protection croisée vis-à-vis des HPV oncogènes autres que les HPV 16 et 18.

Vaccin tétravalent Gardasil Ce vaccin est constitué de pseudo-particules virales (VLP) qui induisent une réponse immunitaire..

Protéine L1 de Papillomavirus Humain de type 6, 20 microgrammes Protéine L1 de Papillomavirus Humain de type 11, 40 microgrammes Protéine L1 de Papillomavirus Humain de type 16, 40 microgrammes Protéine L1 de Papillomavirus Humain de type 18, 20 microgrammes Protéine L1 sous la forme de pseudo-particules virales obtenues sur cellules de levure (Saccharomyces cerevisiae CANADE 3C-5 (souche 1895)) par la technologie de l'ADN recombinant, adsorbée sur sulfate d'hydroxyphosphate d'aluminium amorphe (Al: 225 microgrammes) comme adjuvant.

Silgard C'est aussi un vaccin contre le papillomavirus humain [types 6, 11, 16, 18] (recombinant, adsorbé). Il est indisponible sur le marché européen.

Vaccin nonavalent (Gardasil9) Il contient des antigènes contre 5 HPV supplémentaires par rapport au Gardasil : 31, 33, 45, 52 et 58 (impliqués dans 5 à 20 % des cancers ano-génitaux), l'efficacité vaccinale de GARDASIL 9 a été de 97,4 % soit une réduction absolue de 0,2 pour 100 personnes-années vis-à-vis des lésions de haut grade (anciennement nommées CIN 2/3) chez les femmes âgées de 16 à 26 ans non infectées par un HPV lors de la vaccination. Il donne des réactions locales plus fréquentes que les vaccins tétra et bivalent dont la majorité sont bénignes et transitoires : douleur au site d'injection (83 %), céphalées (13 %), fièvre (6 %) et nausées (3 %)..

Schémas vaccinaux Lorsqu'un schéma vaccinal a été initié avec l'un des vaccins, il est recommandé de continuer avec le même, en l'absence de données d'interchangeabilité. Il existe deux schémas vaccinaux: un schéma à deux doses et un schéma à trois doses.

Une étude de portant sur 67000 jeunes filles ayant reçu une, deux ou trois doses montre une protection équivalente de ce vaccin contre l'apparition de lésions -précancéreuses. Si cette étude était confirmée elle pourrait aboutir à une injection unique.

Schéma à deux doses (0-6) Concerne les jeunes filles ou garçons de 14 ans ou moins. +Tranche d'âgeIntervalle minimum entre les 2 injectionsIntervalle maximum entre les 2 injectionsAutres recommandationsOMS9-135 mois12-15 moisSi deuxième injection avant 5 mois, passer au schéma à trois dosesGardasil9-135 mois12 moisSi deuxième injection avant 5 mois, passer au schéma à trois dosesGardasil99-145 mois12 moisSi deuxième injection avant 5 mois, passer au schéma à trois dosesCervarix

Schéma à trois doses (0-2-6) Concerne les jeunes filles et garçons de 15 ans ou plus, les jeunes filles immunodéprimés ou porteuses du VIH quel que soit leur âge. Tranche d'âgeIntervalle minimum pour la seconde doseIntervalle minimum pour la troisième dose après la secondeAutres recommandationsOMS15 ans +2 mois3 moisGardasil14 ans +2 mois3 moisFaire les 3 injections en un anGardasil914 ans +2 mois3 moisFaire les 3 injections en un anCervarix

Durée de la protection La durée de protection par les trois vaccins sur le marché n'est pas connue à ce jour. Des études de suivi de personnes vaccinées (non immunodéprimées, non porteuses du VIH) montrent toutefois une durée d'efficacité minimale de 10 ans pour le vaccin quadrivalent, de plus de 9 ans pour le vaccin bivalent, et de 5 ans pour le vaccin nonavalent.

De ce fait, il n’y a actuellement pas de recommandation concernant des doses de rappel, d'autant que le rapport coût/efficacité ne serait favorable dans les pays à hauts revenus que pour une protection inférieure à 10 ans.