vignette|Blason de Saint-Malo, entouré des chiens du guet. vignette|Blason de Saint-Malo, entouré des chiens du guet, sur une plaque d'égout de la ville. vignette|Place du Guet à Saint-Malo, avec l'hôtel-restaurant Les Chiens du guet.
Les chiens du guet (du mot « guet », anciennement utilisé pour désigner une surveillance nocturne) étaient une meute de chiens de garde que l'on lâchait à la nuit tombée sur la grève entourant les remparts de Saint-Malo, afin d'en assurer la protection en dissuadant les puissances étrangères ennemies, les pirates et les corsaires, d'attaquer la ville ou de piller la cargaison des navires mouillant à ses abords (dans le port de la ville, dans les grèves du Sillon, des Talards, de Rocabay, des Sablons et de Solidor servant de chantiers navals, ou dans l'anse de Mer-Bonne, aux pieds du château protégeant la ville).. La tradition aurait été instituée au milieu du et aurait perduré jusqu'à la fin du .
Ils étaient lâchés durant la période du couvre-feu, lorsque les portes de la ville étaient fermées à . Les habitants étaient avertis le soir qu'ils devaient rentrer par Noguette (cloche annonçant la nuit, suspendue entre les deux tours de la Grand'Porte des remparts), et le matin qu'ils pouvaient sortir au son d'une trompette.
Description et historique
Afin de pourvoir aux frais d'entretien des chiens du guet, un impôt appelé « droit de chiennage » avait été institué. Des officiers municipaux appelés « chiennetiers » étaient chargés de les dresser, les nourrir, les lâcher au coucher du soleil, et les ramener quand le jour se levait..
Quant à leur race, il s'agissait vraisemblablement de dogues d'Angleterre. si l'on en croit le blasonnement qui les décrit .
Ils ont été instaurés en , et ont assuré leur fonction jusqu'au , date à laquelle, si l'on en croit la tradition locale, ils auraient dévoré deux jours plus tôt un officier de marine du nom de Jean-Baptiste Ansquer de Kerouartz, qui s'était attardé auprès de sa fiancée habitant le manoir de Beauregard, en Saint-Servan, et avait tenté de regagner la cité malouine.. À la suite de cet accident, la municipalité a donné l'ordre de les empoisonner mais a gardé la tradition de faire sonner symboliquement, à dix heures précises, la cloche Noguette qui a été placée en dans le clocher de la cathédrale Saint-Vincent.
Références aux chiens du guet
Ils ont donné leur nom à la rue et à la place du Guet, parce qu'elles se trouvent à proximité du Bastion de la Hollande. Une loge avait en effet été creusée sous ce dernier lors de sa construction en , afin d'accueillir le chenil où ils étaient tenus enfermés la journée (ils étaient auparavant logés près de la porte Saint-Thomas)..
De nos jours, l'hôtel-restaurant qui s'est installé au numéro 4 de cette place a choisi de se nommer Les Chiens du guet.. Son enseigne reprend la tête des dogues qui figure sur les armoiries adoptées en .
Les chiens malouins ont gardé une réputation de chiens dangereux même longtemps après la disparition des chiens du guet. Ainsi, à quelqu'un se rendant dans cette ville, il était d'usage de souhaiter « Bon voyage, Monsieur du Mollet », par allusion aux mollets, la partie de l'anatomie la plus exposée aux morsures de chiens.
Littérature
La marquise de Créquy relate dans ses Souvenirs, , , à propos de Thérèse Gillette Locquet de Grandville, née à Saint-Malo et épouse du maréchal de Broglie :
Chateaubriand, natif de Saint-Malo, fait aussi référence aux chiens du guet dans ses Mémoires d'outre-tombe, , :
Victor Hugo évoque également leur existence dans Les Travailleurs de la mer, , :
Enfin en , Saint-Malo est surnommée La Cité des dogues par Jean Failler. Le titre de ce roman policier., huitième tome des enquêtes de Mary Lester, est un jeu de mots sur la paronymie avec l'expression « la cité des doges », qui est une périphrase employée pour désigner une autre ville célèbre : Venise.
Héraldique Anciennes armes Parmi les différents sceaux que la ville de Saint-Malo a successivement adoptés, l'un aurait fait référence aux chiens du guet selon lArmorial breton publié par Guy Le Borgne en , qui blasonne son écu comme suit : ..
Mais dès sa période autonomiste de , la ville de Saint-Malo fait usage d'un blason avec une hermine, confirmé au .
Le blason avec le dogue figure notamment sur un timbre postal émis le , fruit de la collaboration entre les postes françaises et les postes canadiennes, à l'occasion du de la découverte du golfe du Saint-Laurent par le navigateur malouin Jacques Cartier..
Le blason était parfois accompagné d'une devise en latin, ., qui se trouvait à l'origine inscrite à l'entrée des demeures romaines pour mettre en garde les visiteurs contre la férocité du chien montant la garde. On trouve également le blason avec les couleurs inversées ().
Au Au , Robert Louis, artiste héraldiste auprès des services officiels de l'État français, dessine de nouvelles armoiries pour un certain nombre de communes, et notamment pour Saint-Malo. Il y intègre deux dogues dans les ornements extérieurs de l'écu, en tant que supports de ce dernier (qui reprend quant à lui l'hermine, motif apparaissant sur les autres blasons que Saint-Malo a arborés au cours de son histoire).
Ces nouvelles armoiries ont été adoptées par un arrêté municipal du ..
Les passages du blasonnement concernant les dogues sont les suivants :
Robert Louis en fait ce commentaire :
Ces nouvelles armes figurent notamment sur les plaques d'égout qui équipent les trottoirs de la ville ; elles ont été réalisées par la fonderie Sonofoque.
Références
Voir aussi Articles connexes Saint-Malo Chien de garde et Oies du Capitole et Lions de Délos
Bibliographie « Chiens du guet, à Saint-Malo » et « Femme enceinte sauvée des molosses », revue La France pittoresque, , .
Catégorie:Chien de garde Catégorie:Histoire de Saint-Malo