La crise indo-pakistanaise de 2025 survient à la suite de l'attentat de Pahalgam le , une attaque terroriste islamiste dans la vallée de Baisaran au Jammu-et-Cachemire, territoire sous administration indienne situé à la frontière entre l'Inde et le Pakistan. Au cours de cet attentat, au moins sont tués et plus d'une vingtaine sont blessés. Le Front de résistance, une branche du groupe islamiste Lashkar-e-Taiba (basé au Pakistan), revendique la responsabilité de l'attentat.. Des escarmouches armées sont signalées le long de la ligne de contrôle à partir du , faisant craindre une nouvelle escalade entre les deux voisins dotés de l'arme nucléaire.

Ces affrontements sont suivis d'une crise diplomatique entre les deux pays, l'Inde accusant le Pakistan d'avoir commandité l'attaque. En conséquence, l'Inde initie l'expulsion des diplomates pakistanais et le retrait de ses propres diplomates, suspend les visas, ferme ses frontières et se retire du traité des eaux de l'Indus. Le Pakistan, qui nie les allégations, met en place des restrictions commerciales, ferme son espace aérien et des passages frontaliers et annonce suspendre l'accord de Shimla.. Le (CCS) exhorte ses citoyens à ne pas se rendre au Pakistan tout en appelant ceux qui s'y trouvent à écourter leur voyage..

Entre le et le , les deux pays se livrent à de violents accrochages, notamment des tirs transfrontaliers et des tirs d'artillerie. Dans la nuit du au , l'Inde mène une série de frappes de missiles contre plusieurs cibles situées au Pakistan et au Cachemire sous administration pakistanaise, dans le cadre de l’. Selon les autorités indiennes, ces frappes visent des infrastructures liées à des groupes armés accusés d’être responsables de l’attentat de Pahalgam. En réponse, le Pakistan déclare avoir abattu plusieurs avions indiens et endommagé des infrastructures indiennes, l'armée pakistanaise lançant une frappe de drones et de missiles sur plusieurs villes indiennes, dont Amritsar, aggravant les tensions entre les deux pays. De nombreuses campagnes de désinformation sont menées dans les médias des deux pays à la suite de cette escalade.

Les hostilités militaires se poursuivent jusqu’à la mise en place d'un cessez-le-feu le .

Contexte

Attentat de Pahalgam Le , un attentat terroriste dans la vallée de Baisaran, près de Pahalgam, dans le district d'Anantnag, au Jammu-et-Cachemire sous administration indienne, provoque la mort d'au moins 28 touristes et en blesse plus de 20 autres. Selon des témoignages oculaires fournis aux médias indiens, les assaillants auraient interrogé leurs victimes potentielles sur leur appartenance religieuse avant d'ouvrir le feu, ciblant spécifiquement les non-musulmans.

L'attaque est l'une des plus meurtrières commise contre des civils indiens dans la région depuis 2000. Le Front de résistance (TRF), considéré comme une émanation du groupe terroriste Lashkar-e-Taiba, basé au Pakistan, revendique initialement sa responsabilité. Selon eux, l'attaque s'opposait à la politique du gouvernement indien autorisant les citoyens indiens à vivre et travailler au Cachemire, entraînant l'installation de populations non locales dans la région. Quatre jours plus tard, celui-ci revient sur sa revendication.

Conflit du Cachemire

Le conflit du Cachemire est un différend territorial portant sur la région du Cachemire, opposant principalement l’Inde et le Pakistan, mais impliquant également la Chine dans sa partie nord-est. Ce conflit a débuté à la suite de la partition de l'Inde en 1947, lorsque les deux nouveaux États ont revendiqué la souveraineté sur l’ensemble de l’ancien État princier du Jammu-et-Cachemire.

Ce différend territorial a conduit à plusieurs conflits majeurs dans la région, notamment la première guerre indo-pakistanaise (1947), la deuxième guerre indo-pakistanaise (1965), la troisième guerre indo-pakistanaise (1971), le conflit de Kargil (1999), la confrontation indo-pakistanaise de 2001-2002, la confrontation indo-pakistanaise de 2019 ainsi qu’à de nombreux affrontements armés et une militarisation prolongée de la région.

Autres incidents précurseurs Une insurrection armée islamiste au Jammu-et-Cachemire démarre à la fin des années 1980, entraînant l' de la région. L'insurrection se poursuit depuis.

Crise diplomatique Dans la nuit du , le secrétaire d'État indien aux Affaires étrangères, Vikram Misri, tient une conférence de presse spéciale après une réunion avec le CCS. Il annonce la suspension temporaire du traité des eaux de l'Indus avec le Pakistan, avec effet immédiat, jusqu'à ce que celui-ci cesse de soutenir le terrorisme transfrontalier. Il annonce également la fermeture du poste de contrôle à la frontière d'Attari-Wagah, une interdiction de voyager pour tous les ressortissants pakistanais en Inde dans le cadre du programme d'exemption de visa de la SAARC et l'annulation de tous les visas précédemment délivrés. En outre, les conseillers militaires pakistanais du haut-commissariat du Pakistan en Inde sont expulsés, leurs homologues indiens à Islamabad retirés, et les effectifs du haut-commissariat indien à Islamabad réduits de 55 à un minimum de 30 personnes. Les postes de ces conseillers militaires sont considérés comme supprimés.

Le ministère pakistanais des Affaires étrangères présente ses condoléances aux familles des victimes, et son ministre de la Défense Khawaja Asif rejette tout implication du Pakistan dans ces événements. Cependant, dans une interview accordée à Sky News, en réponse aux allégations de terrorisme, le ministre Asif déclare que le Pakistan s'était engagé dans ce type d'activité sous la direction des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de l'Occident depuis trois décennies.

Le Pakistan réagit à la suspension du traité en la qualifiant d’inappropriée et manquant de sérieux. Celui-ci avertit également l'Inde d'une riposte globale en réponse aux actions annoncées par le gouvernement indien à la suite de l'incident, déclarant en outre que toute action affectant les ressources en eau sera considérée comme un acte de guerre. Le , le Pakistan suspend les visas délivrés aux ressortissants indiens et ferme son espace aérien aux avions indiens, expulse les diplomates indiens et demande aux conseillers militaires indiens de quitter le pays au plus tard le . Cependant, le demeure ouvert aux pèlerins sikhs. Le Pakistan interrompt tout commerce avec l’Inde et suspend en représailles l’accord de Shimla le . La cérémonie frontalière entre Attari et Wagah est également réduite et la poignée de main symbolique n’a pas eu lieu. Les familles transfrontalières sont également impactées à la suite de leur révocation de leurs visas.

Escalade

Premier face-à-face Les forces aériennes pakistanaises et indiennes effectuent des vols intensifs à proximité de la ligne de contrôle. Un soldat de la force de sécurité des frontières indiennes appartenant au de la BSF est capturé par des Rangers pakistanais après être entré accidentellement sur le territoire pakistanais à la frontière de Firozpur... Le , le XV corps indien signale avoir déjoué une tentative d'infiltration d'insurgés près d' au cours duquel deux insurgés sont tués.

Entre le 24 et le , les armées indienne et pakistanaise se livrent à des escarmouches et échangent des tirs d'armes légères. Selon certaines informations, l'armée pakistanaise aurait procédé à des « tirs d'armes légères non provoqués » dans divers secteurs le long de la ligne de contrôle. Selon les déclarations de l'armée indienne, ses forces ont répondu « de manière appropriée par des tirs d'armes légères ». Selon un responsable pakistanais de l'Azad Cachemire, des échanges de tirs ont eu lieu le long de la ligne de contrôle, plus précisément dans la , sans faire de victimes civiles. L'armée pakistanaise déclare avoir abattu deux drones quadricoptères militaires indiens le long de la ligne de démarcation, dans le secteur de Satwal et dans le secteur de , dans le district de . Le , selon le ministre pakistanais de la Défense Asif, une attaque des forces armées indiennes est « imminente ». Le lendemain, le Premier ministre indien Modi rencontre le ministre de la Défense Rajnath Singh, le conseiller à la sécurité nationale Ajit Doval et les chefs des forces armées indiennes. Le , le Pakistan affirme disposer de « renseignements crédibles » selon lesquels l'Inde lancera une action militaire dans les prochaines heures. Le , selon le ministre de l'Intérieur indien, Amit Shah, aucun terroriste impliqué dans l'attaque ne sera épargné par l'Inde.

Le , l'inde rapporte qu'un soldat des Rangers pakistanais a été capturé par les force de sécurité des frontières après avoir traversé la frontière avec l'Inde.

Le , le ministère de l'Intérieur indien annonce la mise en place d'une « défense civile efficace en cas d'attaque hostile » le dans sept États. Les derniers exercices de ce type menés par l'Inde remontent à 1971. Selon certaines sources, ces exercices comprennent l'activation des sirènes d'alerte aérienne, la formation des civils à la défense civile et la mise en place de plans d'évacuation.

Inondations volontaires Après la suspension du traité sur les eaux de l'Indus de 1960 le , des rapports locaux font surface en provenance de Muzaffarabad au Pakistan les 26 et , indiquant que l'Inde aurait déversé de l'eau du barrage d'Uri dans la rivière Jhelum sans préavis, provoquant des inondations, des niveaux d'eau élevés et la panique des habitants des environs. D'autres rapports indiquent une forte baisse du niveau d'eau de la rivière Chenab à Sialkot, au Pakistan, des images satellite montrant un assèchement important de son lit. Le , l'Inde ferme le barrage de Baglihar sur la Chenab et prévoit une mesure similaire concernant le barrage de Kishanganga sur la Neelum.

Opérations militaires

Opération Sindoor

Dans la nuit du 6 au , l’Inde annonce avoir mené des frappes de missiles dans le cadre de l’ (en hindi ), visant neuf sites situés au Pakistan. Selon les autorités indiennes, ces frappes ciblent des « infrastructures terroristes » identifiées comme étant à l’origine d’attaques dirigées contre le territoire indien. Parmi les sites visés figure la mosquée Subhan, à Bahawalpur, que les services de renseignement indiens associent à des groupes proches du mouvement islamiste Lashkar-e-Taiba. Le gouvernement indien décrit l’opération comme « ciblée » et « mesurée », et affirme qu’aucune installation militaire pakistanaise n’est touchée. Il souligne également avoir fait preuve d’« une retenue considérable » dans le choix des cibles et dans la méthode d’exécution. Selon les premières informations, des pertes civiles sont rapportées du côté pakistanais. Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, affirme que l’Inde a « visé de multiples cibles, toutes civiles ». Le Pakistan aurait réagi à cette frappe de missiles par des tirs d’artillerie en direction du territoire indien. L’armée indienne accuse alors le Pakistan de violer l’accord de cessez-le-feu en menant des tirs dans les secteurs de Bhimber Gali et de Poonch-Rajauri, dans la région du Cachemire indien. Le Pakistan convoque son Comité de la sécurité nationale.

Pendant la nuit du , les autorités pakistanaises dénombrent plusieurs drones indiens entrés dans leur l'espace aérien, dont 12 seront abattus. Selon le Pakistan, ces drones ont visé neuf localités différentes, dont les villes de Karachi et Lahore, l'un d'eux ayant frappé une installation militaire près de Lahore. En représailles, l'armée pakistanaise lance une frappe de drones et de missiles sur plusieurs villes indiennes, dont Amritsar, interceptée par le système de missiles S-400. En réponse, l'armée indienne mène des opérations et affirme avoir neutralisé les systèmes de défense aérienne de Lahore. De plus, les forces armées indiennes auraient été « contraintes de riposter pour mettre fin aux tirs de mortier et d'artillerie en provenance du Pakistan ».