Les élections municipales de 2025 à Montréal avaient lieu le , dans le cadre des élections municipales tenues à l'échelle du Québec. Soraya Martinez Ferrada, cheffe d'Ensemble Montréal, remporte la mairie ainsi que la majorité au conseil municipal, après huit ans d'administration de Projet Montréal.

À cette occasion, les Montréalais ont élu un total de 103 représentants au moyen d’un scrutin uninominal majoritaire à un tour, soit 18 maires d’arrondissement, 46 conseillers municipaux et 38 conseillers d’arrondissement. Chaque électeur ne vote toutefois que pour les postes liés à son quartier, soit généralement trois ou quatre postes : le maire ou la mairesse de Montréal, le ou la maire d’arrondissement, un conseiller municipal, et, dans certains arrondissements, un conseiller d’arrondissement.

Au terme de deux mandats, la mairesse sortante Valérie Plante a confirmé qu’elle ne solliciterait pas un nouveau mandat en 2025. Son départ a entraîné une course à la direction au sein de son parti, Projet Montréal, à l’issue de laquelle Luc Rabouin, maire de l’arrondissement Le Plateau-Mont-Royal, a été désigné chef et candidat à la mairie. Du côté de l’opposition officielle au conseil municipal, Ensemble Montréal a choisi de couronner Soraya Martinez Ferrada, ancienne députée libérale fédérale de la circonscription d'Hochelaga, comme candidate à la mairie. Le conseiller municipal Craig Sauvé, chef du parti municipal Transition Montréal, ainsi que Jean-François Kacou, ancien directeur général d'Ensemble Montréal et chef de Futur Montréal, ont tous deux annoncé leur candidature à la mairie de Montréal.

Contexte

gauche|vignette|Hôtel de ville de Montréal. À la tête de la ville de Montréal depuis l'élection municipale de 2017, la mairesse Valérie Plante a été réélue lors de l'élection municipale de 2021 avec une plus grande majorité de voix face à son rival Denis Coderre d'Ensemble Montréal qui était revenu à la tête du parti en . Projet Montréal, le parti de la mairesse, a également augmenté sa majorité au conseil de ville de Montréal passant de 34 à 37 sièges après les élections de 2021.

Après sa tentative infructueuse de regagner la mairie, Denis Coderre annonce quitter Ensemble Montréal et la politique municipale après l'élection de 2021. Aref Salem, conseiller dans Saint-Laurent, devient chef de l'Opposition officielle et chef intérimaire d'Ensemble Montréal.

En , à un an de la campagne de 2025, la mairesse Valérie Plante annonce qu'elle ne briguera pas un autre mandat à la mairie de Montréal.

Projet Montréal entame une course à la chefferie qui se déroule de à . Cinq candidatures sont officiellement enregistrées : Luc Rabouin, Gracia Kasoki Katahwa, Laurence Lavigne Lalonde, Ericka Alneus et Guedwig Bernier. Le , Luc Rabouin, maire du Plateau-Mont-Royal et président du comité exécutif, est élu chef au quatrième tour avec 59,2 % des voix. Il devient le candidat désigné de Projet Montréal pour l’élection municipale de novembre 2025.

En , la député libérale Soraya Martinez Ferrada devient cheffe d’Ensemble Montréal et candidate à la mairie. En , elle démissionne de son siège de députée fédérale d'Hochelaga afin de se consacrer entièrement à la campagne municipale.

Les autres candidats qui ont l'intention de briguer la mairie sont Gilbert Thibodeau et son parti Action Montréal qui avait obtenu 1,03 % des voix en 2021, le conseiller municipal Craig Sauvé et sa nouvelle formation Transition Montréal, ainsi que Jean-François Kacou, ancien directeur général d'Ensemble Montréal et chef du nouveau parti Futur Montréal.

Campagne électorale La campagne électorale débute le en vue du scrutin le . Les équipes de bénévoles de Projet Montréal, Ensemble Montréal et Transition Montréal ont posé des centaines d'affiche dans la soirée du .

Enjeux politiques Logement et itinérance vignette|Campement d'une personne en situation d'itinérance sur la rue Sainte-Catherine Depuis 2021, la détérioration de l'accès au logement à Montréal est un facteur clé de l’augmentation de l'itinérance visible. La hausse moyenne des loyers d'environ 10 % par an depuis 2023, combinée à l'escalade des prix de l'immobilier et à un taux de vacance historiquement bas, exerce une pression financière croissante sur les ménages à faibles et moyens revenus. Cette situation entraîne une précarisation généralisée des conditions de vie, marquée par des évictions, des sacrifices sur les besoins essentiels et une ségrégation accrue dans plusieurs quartiers.

L'administration Plante établit en 2021 le Règlement pour une métropole mixte (RMM) afin de favoriser la construction de logements sociaux, abordables et familiaux. Fortement critiqué à la fois par les promoteurs immobiliers et le milieu communautaire, ce règlement est très faiblement suivi par les promoteurs qui préfèrent en majorité verser des compensations financières plutôt que se plier aux exigences de la ville.

Projet Montréal Dans le cadre de la campagne municipale de 2025, Projet Montréal, s'engage à renforcer l'offre de logements hors marché. Le parti propose la création d'un fonds municipal de garantie de 100 M$, destiné aux organismes à but non lucratif pour l'acquisition d'immeubles, avec un objectif de à soustraits à la spéculation. Projet Montréal promet également que l'Office municipal d'habitation de Montréal offrira un accompagnement systématique à toute personne évincée, afin de mieux protéger les ménages face aux pressions du marché locatif.

En , Luc Rabouin, s'engage à remplacer le Règlement pour une métropole mixte (RMM) dans les 100 premiers jours de son mandat. Il juge que le programme, qui impose aux promoteurs un minimum de 20 % de logements sociaux, abordables et familiaux, est trop « compliqué ». Il propose plutôt d'imposer un minimum de 20 % de logements hors marché pour les projets de 200 logements et plus, avec des cibles plus ambitieuses dans certaines zones névralgiques comme Bridge-Bonaventure, Namur-Hippodrome ou l'Îlot Voyageur. Rabouin s'est aussi engagé à mettre sur pied au moins de logements sociaux et transitoires pour sans-abri au cours du prochain mandat, dont 500 unités modulaires et 500 logements sociaux répartis sur l'île, accompagnés de services spécialisés.

Le , Rabouin annonce le fonds « Bâtissons Montréal », ouvert aux OBNL, particuliers, entreprises et fondations, visant 50 M$ d'ici 2029, ainsi qu'une taxe sur les logements vacants, un fonds de garantie de 100 M$ pour hors marché et la création de transitoires, pour un total de 500 M$.

Ensemble Montréal De son côté, Ensemble Montréal et sa cheffe Soraya Martinez Ferrada souhaitent abolir le Règlement pour une métropole mixte dès en le substituant à des incitatifs financiers et les partenariats avec des promoteurs privés et OBNL. Martinez Ferrada place la crise du juillet au cœur de ses priorités et promet un plan d'urgence pour éviter que des familles ne se retrouvent à l'hôtel. Le parti propose en parallèle de créer une banque de logements abordables en collaboration avec le milieu communautaire et de leur apporter un soutien renforcé, afin d'améliorer l'accès au logement pour les ménages vulnérables. Ensemble Montréal s'engage aussi à développer davantage de logements hors marché sur les terrains appartenant à la Ville afin d'élargir l'offre. En matière d'itinérance, Soraya Martinez dénonce la « concertation sans fin » et propose la création d'un Groupe d'intervention tactique en matière d'itinérance (GITI), réunissant Ville, Québec, Ottawa, Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et Société de transport de Montréal (STM), ainsi qu'un comité local de sécurité publique dirigé par le SPVM et composé de citoyens, d'organismes et d'arrondissements. Sa formation souhaite aussi instaurer une planification annuelle en itinérance. Son bras droit, Claude Pinard, accuse l'administration d'avoir brisé le lien de confiance avec les autres paliers de gouvernement.

Action Montréal Le programme d'Action Montréal, bien que critiqué pour certaines prises de position de son chef Gilbert Thibodeau, présente également des propositions concrètes en matière d'infrastructures et d'urbanisme. Le parti met notamment l'accent sur la réparation des routes, la reconfiguration des pistes cyclables et des espaces de stationnement, ainsi que sur une simplification des règles d'urbanisme pour favoriser la construction de logements. Ces mesures visent une cohabitation harmonieuse entre les différents usagers de la ville.

Thibodeau défend également le retrait de certaines pistes cyclables jugées nuisibles ou mal planifiées, en réponse aux préoccupations de commerçants et de résidents. Il s'est toutefois attiré des critiques en 2021 pour avoir qualifié l'itinérance de « choix de vie » et affirmé qu'il est « impossible de sortir les sans-abri de la rue ».

Transition Montréal Sur la question du logement, Craig Sauvé, chef de Transition Montréal, propose une taxe foncière progressive sur les résidences de luxe afin de financer des mesures contre l'itinérance et soutenir une politique de logement plus équitable. Il propose aussi d'investir 25 millions par année dans des programmes de prévention de la criminalité auprès des jeunes, et de créer une « unité de réponse civile » à la centrale 911, chargée de traiter les appels non criminels (santé mentale, chicanes, bruit). Transition Montréal veut également mettre fin aux interpellations policières, jugées discriminatoires.

Mobilité, circulation et voirie gauche|vignette|Réseau express vélo sur la rue Saint-Denis. Après l'effondrement des déplacements en 2020-2021 sous l'effet des mesures sanitaires de la pandémie de Covid-19, la circulation routière à Montréal s'est rétablie dès 2023, au point d'être au-dessus des niveaux pré-pandémiques. Sur le plan des infrastructures de transport routier, la fermeture partielle du pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine dans l'est de Montréal de 2022 à 2027 a été l'entrave la plus importante de la période. Sur le plan des infrastructures de transport en commun, Montréal a vu depuis 2021, la construction du Réseau express métropolitain et l'ouverture de son Antenne Sud (A1) le et le début des travaux sur le prolongement de la ligne bleu du Métro de Montréal vers Anjou. La Société de transport de Montréal connait depuis la pandémie une érosion de sa base tarifaire qui, combiné à la volonté du gouvernement du Québec de réduire graduellement son aide financière à l'Autorité régionale de transport métropolitain, a entraîné un déficit récurrent.

Depuis 2017, l'administration Plante a contribué à grandement étendre le réseau cyclable à Montréal autant en quantité, il est passé de 788 km à , qu'en qualité avec le développement du Réseau express vélo et l'ouverture de pistes cyclables hivernales, entre autres. L'expansion du réseau a amené une certaine opposition de la part de commerçants et de sociétés de développement commercial et des manifestations dans certains quartiers.

Si Projet Montréal et Luc Rabouin souhaite la poursuite de la bonification du réseau. Ensemble Montréal et sa cheffe Soraya Martinez Ferrada souhaitent auditer l'ensemble du réseau et à sécuriser ou retirer les segments jugés problématiques. À l’été 2025, elle évoque un moratoire sur les pistes cyclables pour prioriser les infrastructures essentielles. Le , dans un débat organisé par l'Institut du Nouveau Monde et Transition en commun, Soraya Martinez Ferrada se présente comme une « victime » de la polarisation entourant les pistes cyclables, déplorant l'impossibilité d'aborder sereinement la question sans être caricaturée comme « anti-vélo » ou « pro-auto ». Elle exprime aussi la volonté de audit complet du réseau cyclable de Montréal pour en assurer la sécurité si elle est élue à la mairie.