Poindimié (prononcé ; en langue paicî : Pwêêdi Wiimîâ et anciennement dénommé Ti Ouaka avant l'arrivée des premiers colons), est une commune française de Nouvelle-Calédonie, située sur la côte Est de la Grande Terre en Province Nord, à 309 km de Nouméa, et à environ 30 km de Touho (nord-ouest) et de Ponérihouen (sud-est). La côte ouest (Koné) est à une centaine de kilomètres par la route transversale.

La commune fait partie de l'aire coutumière Paici-Camuki. Géographie

Localisation Le territoire de la commune est limitrophe de ceux de 6 communes :

Poindimié se situe entre Ponérihouen (au sud) et Touho (au nord) à 310 kilomètres de Nouméa, sur la côte est de la Grande Terre.

Le village chef-lieu s'étale sur environ 4 km en bord de mer, le long de la Route territoriale 3 (RT 3) qui en constitue la rue principale et l'axe de communication majeur. Il est encadré par les tribus de Poindimié au nord-ouest et d'Ina à l'est. Il est ainsi placé en situation charnière entre les deux districts coutumiers qui divisent la commune : celui de Wagap (12 tribus) qui en constitue environ les deux-tiers nord, et celui de Bayes (9 tribus) au sud.  

Géologie et relief Le territoire de la commune est jalonné par trois vallées, d'orientations ouest-est, encaissées entre des lignes montagneuses de la Chaîne centrale : celle de la Tchamba au sud qui marque la limite avec Ponérihouen, celle de l'Amoa en son centre et celle de la Tiwaka au nord à la frontière avec Touho. Le point culminant de la commune est le Katalupaik, avec une altitude de 1 091 mètres.

Hydrographie

Climat

Paysages

Milieux naturels et biodiversité

Urbanisme

Typologie

Occupation des sols

Morphologie urbaine

Lieux-dits, hameaux et écart

Logement En 2019, selon l'ISEE, la commune de Poindimié compte au total ; 13,6 % de plus par rapport à 2014. Parmi eux, 85,6 % sont des résidences principales, 1,7 % des logements occasionnels, 4,9 % des résidences secondaires et 7,9 % des logements vacants. La part des ménages propriétaires de leur résidence principale s’élève à 80,3 %..

Planification de l'aménagement

Projets d'aménagement

Voies de communication et transports Transports en commun La commune est desservie par le réseau interurbain de Nouvelle-Calédonie (Raï).

Repères routiers nord-sud : RPN 3

vallée de la Tiwaka, route transversale RPN2 Koné-Tiwaka, vers Koné, par Pombeï (chutes), Bopope (Pwôpwôp), Netchaot, Poindah, Goro... Pwèéö, nombreuses aires aménagées entretenues, Wagap, cocoteraie, vallée, Saint-Denis, mangrove, RM65 vers Tutuli, vallée de l'Amoa, Tié, ou Tyé : mission, église, presbytère, école, internat, boulangerie, grange, nakamal Lépispis, radeaux, ruines d'ancien barrage, Neaeue, Saint-Michel, Saint-Thomas, Sainte-Thérèse, Nécêti, route des Écoles, RM20, ou Tyé Tieti, plage, hôtels, Tieti Tera Beach Resort, pont, terrain de sport (face à la mer), salle omnisports, supérette, Gendarmerie Mobile, mairie, pont, Centre hospitalier Raymond Doui Niebayes, piscine municipale, marina Napetamwa, Négropo, Nage, mangrove, îlot Ena, Tabirama, Paaba, Wiido, Ometteux, vallée de la Tchamba et de la Névaho, Tiakan, forêt primaire, ponts, église Saint-Paul, la Napoémien, petites cascades, Tiakan, Néouta (Nawetaa), pont sur la Népoué, Ponérihouen

Repères routiers ouest-est : RPN 2, transversale Koné-Tiwaka

RT1 nord : Koné (Koohnê), sud : Pouembout (Pwèbuu), vallée de la Koné (route de Tiaoue (CéWé), Bako, Pelaoui, nord, vers Noëli (Näweèlé), Tiaoue (CéWé), sud : Poindah (Pwaadë), est : Putoé, nord, vers Naëmî, sud-est Netchaot (Hêcaalolè), au moins une aire aménagée avec point de vue, vallée de la Tiwaka, 3 sites de repos aménagées et entretenues, dont un avec rivière baignable, et A-Pwa-Pou-Jou, Bopope (Pwöpwöp), vallée de la Pwameju, Pombéi, sud : Tiwaka, RPN 3 nord : Kokengone, Koé, Touho, Hienghène... sud : Pweeo, Wagap, Poindimié, Ponérihouen, Canala...

Énergie

Risques naturels et technologiques Le territoire de la commune de Poindimié est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, canicule ou sécheresse), en particulier cyclonique, et sismique (sismicité faible).. Il est également exposé à un risque particulier : le risque de radon.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..

Risques naturels vignette|Le cyclone Beti le . Il a occasionné des rafales à à Poindimié. Poindimié est, comme tout le reste de la Nouvelle-Calédonie, soumise au risque de cyclone tropical. En effet, selon Météo-France Nouvelle Calédonie, l'archipel se trouve au sud de la zone cyclonique la plus active du bassin Pacifique Sud, et est le plus exposé de la région, surtout de décembre à avril. Le gouvernement de la collectivité et la sécurité civile indiquent que .

La commune est classée en zone de sismicité faible, avec une accélération maximale au rocher de 0,7 m/s. Cependant, .

Ses côtes sont aussi exposées aux tsunamis générés dans l'océan Pacifique et aux destructions provoquées par leurs forts courants. En cas d'alerte, les zones de moins de d'altitude sont évacuées.

Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune..

Risque particulier Dans plusieurs parties du territoire national, le radon, accumulé dans certains logements ou autres locaux, peut constituer une source significative d’exposition de la population aux rayonnements ionisants. Certaines communes de la province sont concernées par le risque radon à un niveau plus ou moins élevé. Selon la classification de 2018, la commune de Poindimié est classée en catégorie 3, à savoir zone à potentiel radon significatif, car des formations géologiques à teneurs en uranium probablement plus élevées se trouvent dans son périmètre..

Qualité de l'environnement

Toponymie Le nom en paicî de Poindimié signifie littéralement «le cadet des Wiimîâ », ou Wiimîâ est un nom de clan que Jean Guiart et d'autres ethnologues identifient comme une partie des Mèwimèa de Kouaoua, plus au sud, qui auraient migré vers le territoire de l'actuel Poindimié. Autrefois occupé par le Clan Wakan, présent sur la zone avant l'arrivée des premiers colons. Le territoire où il s'est établi allait de la pointe de Konkingone (Touho) vers la pointe de Paama (Paémwa en cèmuhî qui veut dire, ). Histoire

Époque précoloniale Des fouilles archéologiques effectuées en 1956 dans un dépôt de coquillages de la tribu de Bayes, au sud-est de le commune, ont révélé des preuves d'une occupation humaine vieille de près de deux millénaires.

1856 La première mission est fondée dans la région par les pères maristes à Wagap en 1856. Elle est plus tard, en 1877, déplacée sur la rive droite de l'Amoa, à Tyé. Le Vicariat de l'époque a été établi sur la-dite mission de Tyé par la grande chefferie Waka Amô, dirigée à l'époque par le grand chef Amô Apengou Emmanuel, sur un terrain appartenant au clan Waka Amô (dont fait partie la grande chefferie. Wagap accueille à la place des frères de l'Ordre cistercien de la stricte observance (« trappistes »), qui sont déplacés à la tribu de Tiwaka en 1889. Ce monastère est cependant fermé fin 1889. La Mission Catholique, sous les ordres de Emmanuel Vitte, évêque de Nouvelle-Calédonie, recherche un asile pour recueillir et isoler les prêtres condamnés et libérés. Elle achète les terrains (650 hectares, élargis à 800 hectares).

Les trappistes sont immédiatement relayés à Tiwaka par d'autres maristes, dont le père Stéphane Marie Berne (1856-1923), pour fonder l'« Œuvre (ou Asile) de Saint-Léonard » chargée de venir en aide aux forçats libérés. La mission de Tyé, avec son école pour Mélanésiens et son église inaugurée en 1899, acquiert une grande influence sur les populations locales de Poindimié. Elle introduit la culture du café, mais produit également des haricots, du maïs, du taro. De 1889 à 1920, 120 libérés sont recueillis, 12 dès 1889, pour une population moyenne de 60 à 90 asilés, avec construction progressives, en bois : cuisine, usine à café, boulangerie, hangars, ateliers (menuiserie, cordonnerie, forge, ferronnerie), bibliothèque, infirmerie, chapelle.

1864 Les premiers colons à réellement s'installer font partie des Créoles réunionnais arrivés en Nouvelle-Calédonie entre 1864 et 1880, à une époque où les Mascareignes entrent dans une période de crise économique, et notamment sucrière, en raison d'une succession de sécheresses et de maladies s'attaquant aux cannes à sucre. Appuyées par le gouverneur Charles Guillain, les familles viennent s'installer avec leurs « engagés », main d'œuvre de « Malbars » (en fait Indiens) ou de « Cafres » (descendants d'esclaves africains). Ils se répartissent sur de grandes propriétés à plusieurs endroits de l'île, notamment dans la vallée de la Tiwaka : Sicre de Fontbrune a quelque ha entre Koné et Tiwaka. Seulement, les invasions de sauterelles et l'insurrection kanak de 1878 d'Ataï met fin à l'exploitation de la canne à sucre, à l'exception de quelques producteurs comme les Gillot L'Étang à la Tiwaka par exemple. L'Asile Saint-Léonard de Tiwaka permet également de fixer dans la région des « Libérés » du bagne (et ce jusqu'au démantèlement des institutions de l'asile en 1920). Le domaine de Saint-Léonard de Tiwaka est revendu à messieurs Reuillard et Hervoüeth.

1894 Mais le véritable mouvement de peuplement européen se fait dans le cadre de la «colonisation Feillet» : le gouverneur Paul Feillet décide en 1894 de « fermer le robinet d'eau sale » de la colonisation pénale et de lancer une vaste campagne de propagande en Métropole pour attirer des colons et y développer la culture du café sur des petites propriétés (de 10 à 50 ha en règle générale). L'un des sites retenus pour cette implantation est la vallée d'Amoa.

En 1895, l'autorité coloniale annonce aux chefs d'Ina, de Tiéti et de Poindimié que leurs terres leur sont retirées pour y installer des agriculteurs européens (les populations mélanésiennes de ces trois tribus sont déplacées sur des terres de l'administration pénitentiaire). S'ensuit, entre 1896 et 1900, une période de vives tensions entre les Kanaks déplacés, soutenus par la mission de Tyé, Père François Vincent, (au problème foncier s'ajoute à partir de 1899 la question du paiement de la capitation). Parmi les familles de « colons Feillet » d'Amoa à avoir fait souche figurent, par exemple, les Claudel, Létocart, Nurdin ou Soury-Lavergne. Un centre villageois avait été prévu, et délimité, à Tiéti, mais il n'est jamais occupé, les colons préférant se répartir sur leurs terrains. L'espace de colonisation dans la vallée d'Amoa a ainsi rapidement augmenté à partir de la fin du : limité avant 1896 aux quelque 2 hectares détenus par la mission de Tyé depuis 1889, il passe à 183 ha attribués en 1899, 540 en 1901, 700 en 1904 et 788 à la fin de 1908. À cette date, une grande partie de la vallée aval de l'Amoa a été concédée à des colons. C'est l'affaire d'Ina.

Par la suite, le mouvement continue de manière plus ponctuelle, vers les ravins latéraux (1907-1925) puis l'amont (1926-1965) et enfin accaparement des interstices entre les parcelles éparses de l'amont (1965-1975), et la superficie totale des propriétés privées européennes passe à 964,5 ha en 1925, en 1945 et en 1965 pour culminer à ha en 1978.