Poya (prononcé ; Nèkö) est une commune française de Nouvelle-Calédonie, la seule de cette collectivité à être à cheval sur deux provinces : celles du Nord et du Sud, sur la RT1, à 210 km de Nouméa, et à 47 de Bourail au sud, et de 56 km de Pouembout au nord.

La commune fait partie de l'aire coutumière Paici-Camuky au nord et de l'aire coutumière Ajië-Aro au sud. Géographie et démographie

Localisation

gauche|vignette|Paysage agricole à PoyaPoya est située au centre de la côte ouest de la Grande Terre. Couvrant , elle est la septième commune néo-calédonienne par sa superficie et, peuplée de en 2019, la seizième par son nombre de résidents ; Poya est ainsi la neuvième municipalité la moins densément peuplée du Territoire (). Son territoire correspond exactement à celui du district coutumier de Muéo, qui comporte les six tribus de la commune. Coupée en deux par la frontière entre Provinces Nord et Sud, elle comprend : « Poya Nord » : regroupe la majeure partie de la commune (, soit légèrement plus des 2/3 de la superficie totale, ce qui en fait la grande commune de Province Nord sur 17) et l'immense majorité de sa population ( lors du recensement de 2014, soit 92,42 % du total des résidents, ce qui lui permet d'atteindre le des communes du Nord). Sa densité est alors légèrement inférieure à la moyenne provinciale, avec . La conurbation VKPP intègre cette partie. Outre le village centre de Poya (quelque 400 habitants autour de l'église paroissiale, de la mairie et de différents services dont la poste, la gendarmerie, deux épiceries et une école primaire), « Poya Nord » regroupe deux autres agglomérations et l'ensemble des six tribus du district de Muéo (toutes accessibles par des chemins ruraux ou routes communales non asphaltées, en 1996 elles regroupaient dont 944 appartenant à une tribu du district, 39 à un autre district et 14 non Kanaks Présentation du district de Muéo, ISEE) : Basse-Poya légèrement plus au nord, regroupe quelques habitations autour d'une station service, d'une épicerie et du carrefour entre la RT 1 (la route qui longe la quasi-totalité de la côte ouest de Nouméa à Koumac et sert de rue principale à Poya-Village et Basse-Poya) et la route montant vers la Chaîne centrale et certaines tribus, Népoui sur la côte et la presqu'île de Muéo à l'ouest : village minier d'environ (soit la plus forte concentration de population de la commune, et regroupe donc plusieurs services et commerces : poste, médecins, pharmacie, station service, quatre épiceries, une école maternelle et une élémentaire et une annexe du Collège de Koné) lié à l'exploitation par la SLN depuis 1969 du massif de Kopéto, c'est aujourd'hui un centre industrialo-portuaire relativement important pour la Province Nord avec le port minéralier de la SLN, le futur port en eau profonde et la centrale électrique à gaz. Plus puriethnique que les autres parties de la commune, l'essentiel des Calédoniens y sont installés.., les quatre tribus du district de Muéo rattachées à l'Aire coutumière Ajië-Aro dont : deux de langue ajië situées dans la Chaîne centrale à à l'est-nord-est de Poya-Village : Montfaoué ( en 1996 Portrait de la tribu de Montfaoué, ISEE, tribu catholique avec une église dédiée à St Michel, dotée d'une annexe de l'école de Poya-Village avec CP et CE1 et d'un point de lecture avec médiathèque.) et Ouendji ( en 1996, tribu protestante libre avec un temple Portrait de la tribu de Ouendji, ISEE), une tribu qui pratique, en plus de l’ajië, deux langues qui lui sont endémiques, l’arhö et l’arhâ : Nékliai-Kradji, au pied de la Chaîne centrale à au nord-nord-est de Poya-Village ( en 1996, ancien lieu d'une mission catholique dont il reste l'église Sainte-Thérèse et une école privée avec trois classes allant de CE2 au CM2, il existe aussi un culte protestant libre avec un temple et un pasteur Portrait de la tribu de Nékliai-Kradji, ISEE.), une parlant l’haeke, l'un des six dialectes de la région de Voh-Koné, la seule de la commune à être une tribu côtière située entre 10 et à l'ouest de Poya-Village : Népou ( en 1996, tribu protestante, tant calviniste que libre, avec un temple et deux pasteurs, un pour chaque culte Portrait de la tribu de Népou, ISEE, ses habitants sont essentiellement des pêcheurs et notamment de crabe.), les deux tribus du district de Muéo rattachées à l'Aire coutumière Paici-Camuki, situées dans la Chaîne centrale à la limite nord-est de la commune et parlant le paicî : Gohapin (la plus éloignée du village, à , mais aussi la plus peuplée des tribus de la commune et l'une des plus importantes du Territoire, avec 398 résidents en 1996, elle est catholique avec une chapelle et une école élémentaire privée Portrait de la tribu de Gohapin, ISEE et une publique plus récente.) et Nétéa (à au nord-est de Poya-Village, la moins peuplée des tribus de la commune avec en 1996, elle est aussi catholique avec une chapelle consacrée à Saint Joseph et un cimetière Portrait de la tribu de Nétéa, ISEE.) ; « Poya Sud » (aussi appelé « Moindah », car situé dans le bassin versant du fleuve du même nom) : avec un léger tiers du territoire communal (, soit le petit territoire communal de la province sur 14) et une population pratiquement inexistante mais en forte augmentation ( en 2004 mais 230 en 2014, soit seulement 7,58 % des résidents communaux et une population inférieure à celles de toutes les autres communes). Avec , c'est l'une des plus faibles densités du Territoire.

vignette|La Chaîne centrale à Poya. Poya Nord est dominée par le Massif de Boulinda dans la Chaîne centrale au nord-est, mais le point culminant se situe à Poya Sud, à d'altitude à la limite sud-est de la commune. Celle-ci est bordée au sud-est par Bourail en Province Sud et au nord-ouest par Pouembout en Province Nord et, de l'autre côté de la Chaîne centrale à l'est, par Houaïlou et Kouaoua, toutes deux situées en Province Nord.

Géologie et relief

Hydrographie

Climat

Paysages

Milieux naturels et biodiversité

Urbanisme

Typologie

Occupation des sols

Morphologie urbaine

Lieux-dits, hameaux et écart

Logement

Planification de l'aménagement

Projets d'aménagement

Voies de communication et transports

Transports en commun

Repères axe routier nord : RT1 Pouembout-Poya commune de Pouembout (Pwébuu) RPN2, vers la transversale ouest-est : Poindah (Pwaadë), Näèmî, Netchaot (Hêcaalolè), vallée de la Tiwaka, Touho, Poindimié, vers Pelaoui, vallée de Tia'oué, route transversale Pouembout-Poindimié : Netchaot, Bobeito, Bopope, Pombéï, vallée de la Tiwaka, siège de la Province Nord, Pouembout village, mairie, route et vallée de Tamaon, Paouta, massif de Kopéto, Forêt plate, plage de Franco, baie Blanche, Tarbeville plaine des Gaïacs, mémorial aux soldats anglo-saxons, route vers la plage de Pindaï, presqu'île, commune de Poya (Nékö) plage de Pindaï, vallée de la Népoui, contour routier du massif de Kopéto, Népoui, pôle industriel de la mine SLN Népuoi-Kopéto, port minéralier en eau profonde, aéroport, île Grimoult, baie de Nekoro, Meoui, Forêt Français, Massif du Boulinda, vers Népou (Nédjaara), île Béco, baie de Porwi, vallée vers Grotte d'Ado, Nétéa, Gohapin, Montfaoué, Basse-Poya, vallée vers Karadi, Nétéa, Golpin, grottes d'Adio, Néxawaa, réserve de faune de l'Aoupinié, vallée vers Ouendji, Poya,

Repères axe routier sud : RPN1 Poya-Bourail commune de Poya bourg de Poya, vallée de Boana Charda, Ouendji, Dent de Poya (1051 m), Montagne Maoya (1508 m), vers la pointe de Kuil, Beaupré, îlot Contrariété, élevage, aquaculture, Moindah, vallée, col du Bonhomme, commune de Bourail col des Citrons, No Bo, No Go, Gîte du Cap, ponts du Cap, du Carré, de la Baroua, de la Daoui, Réserve de faune et de flore de Nodéla, déchetterie, Gouaro Deva ou domaine de Déva, vallée Tabou, vallée des Cannes, Baie des Tortues, Nandaï (Rhawa), transversale RT3, Néméara, Pothé (Pötê), Azareu (Ayère), Ny (Nii), Bouriou (Bwiru), col des Roussettes, vers Houaïlou, Nékou (Néku), Trois Frères (Koumwa, 434 m), vallée de la Pouéo, RM6 : Pouéo, Bouirou (Bwiru), Bouindi Assala, centre-ville RM 35 : Le Sémaphore (Menyé), RM8 La Tarodière, Mouarapou, RM33 : Hippodrome de Téné, Casi Cayou, Me Reubwé (Mè Rè Ubwé), RP20 : Gouaro (Gwaro), Le Gabé, Néwatuu, Pöméa, Mé Pouémè, phare, Oua Koué, route des Nordistes, Forêt Plate, Néra, RM20 : La Roche Percée (Pû Yaxè), baie de Gouaro, plateau Vidoine, RP20 : plage de Poé, île Kouenra, îlots : Méjéno, Korragan, Méecie, Kia, Shark, RP20 : routes des Poteaux, marais, Domaine de Déva, pont, trou aux 6 Perruches, RM 21 et 22 : Nessadiou, Mé Saï, baie de Nessadiou (Nérhëë), pointe Bellenguez, île Verte (Mérere) (réserve marine), RM 9, 17 et 19 : Oua-Oué (Wawé), route historique Moméa-Boghen (Bogën), col, RM 41 : Nessadiou, cimetière Néo-Zélandais, Mosquée et cimetière des Arabes, vallée des Pastèques, vallée de la Source, Col des Arabes (Réuda), ferme aquacole, creek des Cascades, col Aymes, mont des Trois Ravines,

Énergie

Risques naturels et technologiques

Risques naturels

Risque particulier

Qualité de l'environnement

Toponymie

Histoire

Époque précoloniale

1857 vignette|Népouite de Poya – Muséum de Toulouse Cette région fait l'objet d'une première reconnaissance en , lors d'une tournée de la côte Ouest effectuée par le gouverneur Du Bouzet à bord du Styx. Toutefois, ne pouvant examiner le site de Poya, encombré par la mangrove, il se rabat sur celui de Muéo, d'un accès – une passe – plus aisé pour son navire. 1870 Au début des années 1870, et notablement grâce aux dispositions de l'arrêté sur les permis d'occupation sans limites de superficie, le front d'occupation se déplace rapidement vers le Nord de la côte ouest, atteignant alors la région de Poya, avec l'installation d'éleveurs comme le Réunionnais Routhier de Granval dès . En 1872, on compte une dizaine d'éleveurs dans la région s'étendant du Cap Goulvain à Poya. En 1873, un ancien gendarme, Henri Houdaille, s'établit à côté de la tribu de Nékliaï. Puis en 1876, le géomètre Neigre délimite les propriétés des éleveurs Chardar, Français (à l'origine du lieu-dit Forêt Français), Escande et Brun. À la veille de l'insurrection kanake de 1878, vingt-trois propriétaires occupent diverses superficies s'étendant de la rivière du Cap à celle de Népoui.

La région est durement touchée par l'insurrection. Le , la station Houdaille est attaquée et son propriétaire, Henri Houdaille, est assassiné par les Kanaks. Le même jour et le lendemain, d'autres stations voisines sont pillées et plusieurs colons ou gérants sont tués, en tout ; puis, à la mi-octobre a lieu l'assassinat de l'équipage de trois canots remontant la rivière de Poya (). Conséquence directe de ces massacres, la construction en 1879 de deux forts militaires dans la région, l'un à Poya, dans la mangrove, et l'autre à Muéo, sur une butte. 1880 Au début des années 1880, avec l'ouverture à la colonisation libre du centre agricole de Koné, la question de la création d'un nouveau centre ne se pose plus. La région de Poya, et plus certainement la zone de Muéo, est toutefois retenue par la Commission nommée le par le gouverneur Courbet, et chargée de choisir les terrains urbains destinés à former le domaine pénitentiaire, comme réserve pour l'avenir. Cependant, le Conseil privé du suivant délaisse la proposition : .