Thio (en langue Xârâcùù ou Xâragùrè (Borendy) : Tchô ou Cöö) est une commune française de Nouvelle-Calédonie située sur la côte Est de la Grande Terre, dans la Province Sud, à 120 km de Nouméa, entre Canala (46 km au nord-ouest) et Boulouparis (côte ouest, 47 km)
L'agglomération centrale comporte deux parties séparées par le fleuve Thio à son embouchure, Thio-Village (rive gauche, 677 habitants) et Thio-Mission (rive droite, 343 habitants). La commune comporte également 13 tribus.
La commune fait partie de l'aire coutumière Xârâcùù.
Géographie
Localisation Les communes voisines sont : côte est : Canala, Yaté, côte ouest : Païta, La Foa, Boulouparis.
Géologie et relief thumb|left|upright 1|Garniérite - Thio - Nouvelle-Calédonie Le point culminant de la commune est le pic Ningua dont la hauteur atteint mètres.
Hydrographie Thio est traversée par le fleuve du même nom, à l'embouchure duquel le village a été installé.
Climat
Paysages
Milieux naturels et biodiversité
La Côte oubliée Cette région s'étend sur quelques dizaines de kilomètres de littoral entre Thio et Yaté, sur , 1000 habitants, une zone refuge de la biodiversité, accessible presque uniquement par bateau, peu protégée, à forte pluviométrie, menacée par les feux (6000 hectares en 15 ans). Les districts coutumiers de Borendy et d'Unia ont signé en 2014 un moratoire pour deux ans au moins, qui gèle l'ouverture de piste(s) et la prospection minière, pour étudier les milieux naturels et les écosystèmes, mais aussi l'histoire des occupations humaines (particulièrement à Woen Wùù).
Le , la création du parc provincial de la Côte Oubliée est votée par les élus en assemblée de la province sud. La Côte Oubliée, qui borde le côté Est de la province Sud est désormais un parc naturel provincial. Un espace, situé entre les tribus d’Unia et de Thio Mission, de 98 000 hectares pour la partie terrestre et 29 000 hectares pour la partie marine, qui compte 98% d’espèces végétales endémiques, des centaines d’espèces rares ou menacées, un patrimoine culturel et immatériel précieux, et surtout la moitié des forêts humides de la Nouvelle-Calédonie. Un important foyer de biodiversité, déjà étudié par des scientifiques du Muséum national d’histoire naturelle notamment
40 % de la région est concernée par des titres de recherche minière appartenant à la plupart des mineurs de la Grande-Terre. Mais les coûts d'exploitation, dont l'accessibilité, restent élevés. L'extraction de nickel, cobalt, chrome, autrefois active (3 millions de mètres cubes de minerai en plus de cent ans) se réduit à la Ouinné. Et un projet de barrage hydroélectrique existe sur la Ouinné.
Une synthèse des connaissances est en cours, réalisée par l'Observatoire de l'environnement, l'Œil., de Saint-Gabriel au sud d'Unia. L'espace marin, riche et bien préservé, est assez bien renseigné, surtout dans les aires protégées (baie de Port-Bouquet, îlot Moindé-Ouémié). C'est d'ailleurs la seconde zone de concentration des baleines à bosse en période de reproduction (en Nouvelle-Calédonie, après le Grand Sud). (L'espace terrestre est encore peu observé, même dans les aires protégées (Mont Humbolt, Massif du Kouakoué, la Haute Pourina).
Urbanisme
Typologie
Occupation des sols
Morphologie urbaine
Lieux-dits, hameaux et écart
Logement
Planification de l'aménagement
Projets d'aménagement
Voies de communication et transports
Transports en commun La commune est desservie par le réseau interurbain de Nouvelle-Calédonie (Raï).
Transport fluviaux
Nord : repères, RP10 Thio - Canala RPN3
commune de Thio (Cöö) village de Thio, vallée, rive droite, vers le col de Nassirah (349 m), vers la côte ouest (Bouloupari, Nouméa) : ̆ pétroglyphes, Saint-Paul (Shao), Saint-Michel (Xûa-Bokéni), Saint-Pierre (Pwimuru), Saint-Maurice (RM13), Forêt de Saille, Pic Ningua, pont sur la Thio, îlot rocheux de Bota Méré, vallée, rive gauche, RM4, CR 11, CR 6 : vallée de la Fanama, Ouindo (Wiô), trou d'eau chaude, Thio, ville ancienne, phare, port, cimetière japonais, vieille fonderie Côô, Le Plateau, mine (visite écoresponsable), musée, circuit historique, RM3, Ouroué (Urué), ancienne fonderie, plage, CR 14, Route à horaire, unique en Grande -Terre, vallée de la Dothio, panorama, col de Petchicara (Petchekara), commune de Canala Koumendi, Tenda, Ného, Ouassé (Téê)(pétroglyphes), baie de Nakéty, vallée de la Nakéty, église, baie, plage, wharf, cascade de Ciu, tombe d'Éloi Machoro, îlot Nani, baie de Pain, presqu'île Bogota, plateau de Bogota, Ouassé (plage de sable noir), lac bleu ou lac noir, pétroglyphes, Gélima, chemin balisé de Haut-Gélima, Parahoui, vers Kuiné, Mia, plateau de Mia, tarodières irriguées, Canala, baie, aérodrome... commune de Kouaoua (Kaa Wi Paa)
Sud de Thio, RM2, RM8, puis la côte oubliée
commune de Thio (Cöö) vallée, rive gauche, RM4, CR 11, CR 6 : vallée de la Fanama, Ouindo (Wiô), trou d'eau chaude, pont sur la Thio, village de Thio, vallée, rive droite, vers le col de (Bouloupari, Nouméa) : Saint-Paul (Shao), Saint-Michel (Xûa-Bokéni), Saint-Pierre (Pwimuru), Saint-Maurice, Pic Ningua, Saint-Philipo I(Wenene), Saint-Philipo II, Thio-mission, église, Bota Méré, port minéralier, épave de La Joliette, pour la plongée, réserve botanique de la forêt de Saille, mont Cidoa (1354 m), mont Saint-Vincent (1441 m), Saint-Gabriel, îlot Kindé, pointe Mwara, plage blanche de sable blanc Moara, après le port de Thio-Mission, gérée par la tribu de Saint-Philippo, presqu'île de Nemméni, baie de Tamanou, Pointe Désiré, baie Parker, baie de Neuméni, rivière Boa Kore, rivière Tô De, vers le mont Cidoa, îlot Nemou / Nému, baie de Port-Bouquet, Anse Lémia, Saint-Roch, îlot Toupéti (Tupéti), Port-Bouquet (Nguré), Port-Bouquet (Nguré), baie, rivière Xwé Fachia, village de Mamié, Anse du Coëtlogon, Grand Borendi (Xöwi), Saint-Joseph (Nyiamia), Saint-Jean Baptiste (Méchô Kwé), vallée de la Camboui (Xwê Bwi), fin de la route, île Muru, Urû Rè Pê, réserve botanique du Mont Humboldt (sud, 1618 m), Peti Borendi (Wêchué), vallée de la Ngoi, village minier de N'goye, commune de Yaté : pistes baie de Kouakoué, Porc-épic de Kouakoué... baie de Ouinné, mont Dzumac, récif Kouanné, Port-Ounia, baie de Poco Mie, Unia, Chakéké, Yaté, lac de Yaté, Réserve naturelle de la Haute Pourina, Parc Provincial de la Rivière Bleue, les Bois du sud, Port-Boisé...
Énergie
Risques naturels et technologiques
Risques naturels
Risque particulier
Qualité de l'environnement
Toponymie
Histoire
Époque précoloniale
1868-1874 : Arrivée de la mission catholique Benjamin Balansa loue une partie de la vallée de Dothio.
Une mission catholique est créée sur la rive droite de l'embouchure de la Thio en 1868, par le père mariste Dominique Moris (1834-1907). Le premier chrétien originaire de Thio serait François Kamondi. La construction d'une église est lancée par le père Simonin en 1880, sur les plans du R.P. Vigouroux, et inaugurée en 1913. 1874-1885 : Premières mines et insurrections Mais l'histoire contemporaine de Thio est avant tout liée à celle de la mine, d'abord la mine Rose, sur le Plateau de Thio. Capitale du nickel à partir de 1875, elle est le premier site d'extraction de ce métal au monde, année de la découverte, (homologuée en 1876), de la garniérite (par Jules Garnier).
La Société Le Nickel (SLN) y est créée en 1880 par John Higginson et Jules Garnier notamment. Le port minéralier est installé à côté de la mission. Deux fonderies sont exploitées sur le territoire de la commune (avant que toutes les activités de transformation du nickel ne soient regroupés à l'usine de Doniambo à Nouméa) : Ouroué (1889-1891), Thio-Mission (1912-1930). Le siège social de la SLN est même, de manière éphémère, situé à Thio-Village de 1921 à 1923. En 1893, un chemin de fer de 8km relie le Pont du Père et le premier pont sur la Thio.
Elle reste encore aujourd'hui un haut lieu de l'exploitation de ce minerai par la SLN. Le journal La France australe la surnomme « Nickeltown », et le Bulletin de Commerce pour sa part l'appelle «Thio-les-Rothschild», du nom du principal actionnaire de la SLN à l'époque, la famille Rothschild.
Durant la grande révolte kanak de 1878, le chef Léopold, de la tribu catholique de Saint-Pierre ainsi qu'un Kanak nommé Humbert (également de cette tribu), sont des premiers chefs de l'insurrection, alors que le chef Philippo, de la tribu de Saint-Philippe refuse de se joindre aux insurgés.
1886-1900 : Création de la commission municipale et arrivée du bagne En 1886, la Commission Municipale de Thio est créée.
Considérée comme le centre économique et la plus riche commune de la Nouvelle-Calédonie jusque dans les années 1930, Thio dispose de plusieurs établissements hôteliers (par exemple l'hôtel Sigura), et même de courses hippiques réputées, qui vont durer jusqu'en 1933. Elle est régulièrement approvisionnée en biens de consommation et d’équipements que l’on ne trouve pas à Nouméa, par des navires venant directement d’Europe et d’Australie.
En 1888, le camp pénitentiaire de Thio se met en place, avec 350 condamnés au Plateau, et 93 à Ouroué. En 1893, ils sont 1500 à 2000 au Plateau. En 1896, ils sont 1000 à 1200, au milieu d'un personnel libre très nombreux.
L'apport de main-d'œuvre étrangère en fait un pôle particulièrement cosmopolite : coolie chinois, indiens (600) dès 1865, prisonniers du bagne après 1872, Chân đăng (Annamites ou vietnamiens à partir de 1891, plusieurs centaines dès 1891), Japonais débarqués du Hiroshima Maru en 1892 (avec un premier arrivage de 599, pour Meh, Toumourou et Pauline), Indonésiens (600 Javanais) à partir de 1895, puis des Réunionnais, Kanak locaux ou venus des Îles Loyauté qui vont être jusqu'à à Thio, Néo-Hébridais (clandestins en 1875-1880, puis autorisés dès 1893), voire d'autres migrants européens comme des Yougoslaves).
1930 La crise des années 1930, la baisse observée de la teneur en nickel du minerai extrait, les cantonnements en Australie ou les expulsions des Japonais durant la Seconde Guerre mondiale puis les indépendances successives de l'Indonésie en 1945-1949, du Viêt Nam en 1945-1954 et du Vanuatu en 1980 touchent Thio en la privant d'une partie de sa main-d'œuvre.
Ces travailleurs sont remplacés à partir des années 1950 par un nouvel apport de population, Wallisiens et Futuniens.
Le « Boom du Nickel » permet un renouveau momentané à la fin des années 1960 et au début des années 1970. À la même époque, les techniciens et ingénieurs de la SLN adaptent la technique du sondage carotté à la reconnaissance des gisements de nickel.
Thio est, de plus en plus, concurrencée par d'autres nouveaux centres miniers d'importance : Kouaoua, Koumac, Poum, Voh, Népoui (à Poya), Goro (à Yaté).
1980 Thio est ensuite, durant les années 1980, l'un des principaux foyers d'affrontements entre partisans et opposants à l'indépendance durant la période dite des « Événements ». La commune, du fait de sa forte proportion de non mélanésiens, est considérée comme un fief anti-indépendantiste (ou loyaliste). Son maire depuis 1971, Roger Galliot, ancienne figure du mouvement initialement autonomiste de l'Union calédonienne (UC), a quitté celui-ci en 1977 lorsque ce parti a officiellement pris position pour l'indépendance sous la conduite de Jean-Marie Tjibaou. Galliot s'est fait réélire à la tête de la commune en 1983 en adoptant une attitude de fermeté vis-à-vis des indépendantistes, et fonde en 1984 la section néo-calédonienne du Front national (FN).