Louis-Denis Le Camus (dit Le Camus-Choiseul) est un architecte français du , né vers 1720 et mort après 1786.

Biographie Élève de Jean-Charles Garnier d'IsleBase Cat'zArts, ENSBA. et de Jacques V Gabriel, Louis-Denis Le Camus concourut à six reprises au prix de Rome mais il n'obtint que le troisième prix en 1739 et le second en 1742. Il a pour condisciples François-Nicolas LancretHenry Lemonnier, Procès-verbaux de l'Académie royale d'architecture, 1671-1793, tome V 1727-1743, Édouard Champion, Paris, 1918, — (lire en ligne). ; il est encore élève en Henry Lemonnier, Procès-verbaux de l'Académie royale d'architecture, 1671-1793, tome VI 1744-1758, Édouard Champion, Paris, 1920, — (lire en ligne).

Il semble avoir vécu dans une relative obscurité jusqu'en 1760. Cependant, entre la fin 1752 et le début de l'année 1753, une affaire de lettre de change d'une valeur de entache la réputation de Le Camus et de son épouse, Marie-Madeleine Prieur, impliquant le frère cadet du premier, l'abbé Le Camus, originaire de Rouen, lesquels refusent de rembourser une partie du prêt au sieur Julien-Claude CouesnonMemoire pour Julien-Claude Couesnon, accusé & accusateur. Contre Louis-Denis Le Camus, accusateur..., Paris, Imprimerie Knapen, 1753, — lire en ligne.. Au début des années 1760, Le Camus est alors remarqué par Étienne François de Choiseul, devenu chef du gouvernement, et dont il devient l'architecte en titre. Selon Le Camus lui-même, ..

Le peintre Guillaume Voiriot présente le portrait de Le Camus au Salon de 1763, ce dernier s'en trouvant peu satisfait « Guillaume Voiriot », In: Neil Jeffares, Dictionary of pastellists before 1800, édition en ligne..

Il est nommé architecte-contrôleur des bâtiments de l'hôtel des Invalides le , succédant à cette charge à Pierre Contant d'IvryHistoire de l'Hôtel royal des Invalides depuis sa fondation jusqu'à nos jours, par Auguste Solard, Blois, C. Groubental, 1845, — sur Gallica.. À compter d'octobre suivant, il est chargé de la réfection du collège d'Amboise, grâce au duc de Choiseul, qui offrait les terrains manquantsMarguerite Coleman, Je visite Amboise, Tours, Arrault, 1933, — sur Gallica..

Le Colisée Grâce à la protection du duc de Choiseul, Le Camus est chargé d'édifier à Paris un établissement de plaisirs, proche dans l'esprit d'un vauxhall londonien, appelé Colisée, sur un terrain situé entre ce qui est aujourd'hui le rond-point des Champs-Élysées, l'avenue Matignon et la rue Jean-Mermoz. La construction fut financée par une compagnie dans laquelle Choiseul était intéressé au travers du prête-nom de « Corbie ».

Les travaux durèrent de 1769 au début de 1771 et le Colisée put ouvrir juste à temps pour le mariage du comte du Provence et de Marie-Joséphine de Savoie le . Après une faillite retentissante, l'établissement dut fermer ses portes en 1780. Le bruit avait alors couru que la construction, mal et trop rapidement exécutée et sur des fondations insuffisantes, menaçait de s'effondrer. En 1779, lorsque se répandit la rumeur de la fermeture imminente de cet établissement alors fortement délabré, et de son acquisition envisagée par le comte d’Artois en vue de la construction d'un palais, un rédacteur du Journal politique ou Gazette des Gazettes estima que Journal politique ou Gazette des Gazettes, année 1779, mai, Première Quinzaine, A. Bouillon, — (’’lire en ligne’’).

Les travaux au château de Chanteloup vignette| « La Pagode » (1775), fabrique édifiée dans le parc du château de Chanteloup. Le duc de Choiseul va l'employer ensuite dans son château de Chanteloup, en Touraine.

Le bâtiment avait été construit par Robert de Cotte ; Le Camus fut chargé de le moderniser en construisant deux longues ailes ornées de colonnades et terminées l'une par une chapelle et l'autre par un pavillon des bains. Il procéda également à des aménagements intérieurs, dessina de nouveaux parterres et construisit de vastes communs.

Après sa disgrâce en 1770, Choiseul reçut une nombreuse société à Chanteloup. Entre et 1778, Le Camus avait entrepris la construction d'une pagode, une fabrique, qui est le seul vestige qui subsiste de ce magnifique ensemble, détruit au ..

Le Théâtre-Italien Malgré le fiasco du Colisée (qui coûta plus de 2 millions de livres), la protection de Choiseul assura la poursuite de la carrière de Le Camus. En 1780, Choiseul, très endetté, propose de transformer une partie de son vaste jardin attenant à son hôtel particulier parisien en lotissement de rapports ; c'est cette propriété que Jean-Sylvain Cartaud avait bâtie pour Pierre Crozat, grand-père de l'épouse de Choiseul, Honorine du Châtel, rue de Richelieu, et dont les jardins s'étendaient jusqu'au boulevard des Italiens. En plus de Le Camus, il contacte Nicolas Lenoir, qu'il écarte bientôt. Le projet évolue. On décide de construire le nouveau Théâtre-Italien, la façade tournant le dos aux boulevards. Il fit accepter le projet de Le Camus assisté d'une société immobilière dirigée par Guillaume Reboul de Villeneuve. La salle de théâtre fut construite par Jean-François Heurtier et inaugurée le en présence de la reine, tandis que Le Camus édifiait le quartier avoisinant, ouvrant les rues de Choiseul, Favart, de Gramont, Grétry et Marivaux. Pour accroître le profit de l'opération en maximisant la densité des constructions, les rues sont étroites et les immeubles élevés, ce qui provoqua des critiques rapportées par les successeurs de Bachaumont : Richard Wittman Architecture, Print Culture and the Public Sphere in Eighteenth-Century France, Routledge, 2007, , ..

Après la mort du duc en 1785, le terrain fut vendu par de Choiseul au Roi qui le donna à la troupe des Comédiens italiens.

On perd ensuite la trace de Le Camus.

Références

Bibliographie Le Rouge, Description du Colisée élevé aux Champs-Élysées sur les dessins de M. Le Camus, Paris, 1771. Hans Ottomeyer, « Autobiographies d'architectes parisiens, 1759-1811 », In: Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de l'Île-de-France, 1971. .

Liens externes

Lecamus, Louis Denis Catégorie:Membre de l'Académie royale d'architecture