Éditions universitaires de Dijon (« EUD ») est une maison d’édition fondée en 1928 par l’université de Dijon (aujourd’hui Université Bourgogne Europe). Le service des presses universitaires est né avec la création de la collection des « Publications de l’Université de Dijon » durant l'entre-deux-guerres, période propice à une reprise en main de l’édition par les universitaires. En 2022, elle a adopté la chaîne d’édition structurée Métopes pour la production multisupport de ses ouvrages imprimés et numériques. Outre le catalogue en ligne, EUD est présente sur les plateformes OpenEdition Books, Cairn, Preo, Persée, et les publications sont diffusées par l’Association française des presses d’université (AFPU Diffusion).
Histoire Éditions universitaires de Dijon, ou EUD, structure éditoriale de l’Université Bourgogne Europe, fait partie des premières presses universitaires françaises fondées au début du XXe siècle, avec les Publications de l’université de Provence et les Presses universitaires de Strasbourg.
Prémices de l’activité éditoriale (1891-1914) alt=Couverture du premier numéro de la Revue bourguignonne de l'enseignement supérieur|vignette|248x248px|Premier numéro (1891) de la Revue bourguignonne de l'enseignement supérieur À l’origine des EUD se trouve la Revue bourguignonne de l’enseignement supérieur (1891-1902), qui devient la Revue bourguignonne (1903-1914).
Revue bourguignonne de l’enseignement supérieur (1891) L’objectif de cette revue trimestrielle est de fournir aux facultés dijonnaises « un recueil qui [serve] d’organe à leur action scientifique et [fasse] peu à peu ressortir l’unité de leur vie collective ». Comme le service de presses universitaires qui lui succède, la revue fait connaître les recherches en cours dans toutes les disciplines au sein de l’université de Dijon durant vingt-quatre années. Le titre cesse de paraître à la veille de la Première Guerre mondiale « à la fois du fait de la pénurie de papier, de la mobilisation et de la suspension des subventions en raison de l’économie de guerre ». Ernest Champeaux, professeur d’histoire du droit, cherche dès 1919 à la relancer « car il considère cette revue comme le reflet des activités de la recherche dijonnaise et un moyen de valoriser l’université à l’échelle locale et internationale ».
La volonté de fonder des presses universitaires à but non lucratif, sur le modèle des universités anglo-saxonnes, favorise dans la France d’après-guerre une reprise en main de l’édition et de la diffusion des travaux scientifiques par les universitaires.
Naissance du service des presses (1928)
En 1928, le projet renaît sous la forme d’une collection d’ouvrages : les « Publications de l’Université de Dijon » ou « PUD ».
« Publications de l’Université de Dijon » alt=Couverture du premier numéro des Publications de l'université de Dijon|vignette|Premier numéro (1928) des « Publications de l'Université de Dijon » ou PUD|209x209px Cette nouvelle collection se compose de « fascicules, d’un volume inégal, [qui] contiendront chacun une ou plusieurs études rédigées par des professeurs des diverses Écoles ou Facultés. Ils toucheront donc aux domaines variés de l’activité scientifique qui sont l’objet d’un enseignement à Dijon ». Ainsi, le premier numéro, intitulé « Mélanges », accueille cinq travaux reflétant cette volonté, dont les auteurs sont Augustin Boutaric (physicien et chimiste), Georges Connes (spécialiste de littérature anglaise et américaine), Pierre Petot (historien du droit), Louis Stouff (historien du droit).
Le service des presses universitaires qui s’est constitué autour de cette publication adopte plus tardivement l’intitulé actuel, « Éditions universitaires de Dijon », à la suite du rassemblement sous cette nouvelle dénomination de la collection initiale « PUD » avec d'autres collections et périodiques édités par ailleurs au sein de l'établissement. On le voit mentionné pour la première fois sur la couverture du fascicule n° 62 de 1985.
« Publications de l’Université de Bourgogne » alt=Couverture du premier numéro de la collection portant la nouvelle appellation Publications de l'université de Bourgogne.|vignette|Premier numéro (1987) sous la nouvelle appellation « Publications de l'Université de Bourgogne » ou PUB|228x228px Le titre de la collection évolue près de soixante ans après sa création, en écho au changement de nom de l’université de Dijon, devenu université de Bourgogne. La transition entre les deux appellations, PUD et PUB, s'étend sur deux ans, au détriment du fascicule n° 63 daté de 1986, dont la couverture et la page de titre ne mentionnent aucune collection. C’est sur le fascicule n° 64, en 1987, qu'apparaît la nouvelle appellation « Publications de l’Université de Bourgogne », associée à la maison d'édition.
En 2000, cette collection unique cède la place à plusieurs collections thématiques et disciplinaires.
À cette époque, les presses universitaires dijonnaises sont « réparties dans 3 bureaux pleins de livres » dans le bâtiment Droit et Lettres de l’université. Elles sont associées en 2010 au pôle culture. Enfin, en 2011, elles emménagent dans les locaux tout juste inaugurés de la Maison des sciences de l’hommeMaison des Sciences sociales et des humanités, depuis janvier 2025, sur le campus universitaire Montmuzard de Dijon.
Quelques étapes (1928-2022)
À sa création, le service de publication est dirigé par les membres du comité de rédaction des « Publications de l’Université de Dijon ».
« Depuis la fondation jusqu’à la fin des années 1970, les titres se succèdent, numérotés, tous d’aspects semblables, austères et volumineux ». Jean Bart, professeur à la faculté de droit et de science politique de l’université de Dijon, prend la direction du service en 1979. Il « modernise une première fois la présentation des couvertures. Et c’est en 2000, sous l’influence de Carole Durix, qu’apparaissent [...] les couvertures illustrées et la répartition des titres en collections ». En 2005, Jacques Poirier s’interroge sur l’édition électronique : « S’il est clair que les revues universitaires sont menacées, et que l’édition électronique, la diffusion en ligne sont une alternative, encore reste-t-il à trouver une logique économique, une articulation entre le gratuit et le payant ». La commercialisation d’ouvrages numériques au sein de l’université de Bourgogne démarre huit ans plus tard, impulsée par Hervé Duchêne. Près de 1 100 ouvrages sont ainsi distribués entre 2013 et 2024, au format Kindle sur Amazon et au format epub sur l’Apple Store. Dès 2022, une collaboration débute avec la Maison des sciences de l’homme de Dijon pour une édition numérique et ouvertePoster « Les Éditions universitaires de Dijon : la transition numérique ouverte de presses bientôt centenaires ». Colloque Les presses universitaires et l'édition numérique ouverte : bilan et perspectives, Nov 2024, Dijon, France. ⟨hal-04802569⟩. Les EUD, sous la direction de Marie-Ange Fougère, mettent en œuvre les dispositions adoptées par l’établissement universitaire dans sa feuille de route « science ouverte ».
Organisation
Direction des presses
Sous la responsabilité du président de l’université, membre de droit du comité éditorial, Éditions universitaires de Dijon est un service commun qui contribue à la diffusion et à la valorisation de la recherche.
1928 à 1979 : direction du service des presses assurée par les membres du comité de rédaction des « Publications de l’Université de Dijon », notamment Augustin Boutaric, Georges Connes, Pierre Petot, Louis Stouff, etc. 1979 à 2000 : Jean Bart 2000 à 2005 : Carole Durix 2005 à 2012 : Jacques Poirier 2013 à 2020 : Hervé Duchêne Depuis 2021 : Marie-Ange FougèreNommée à compter du 9 mars 2021 (lire en ligne, consulté le 10 novembre 2025)
Comité éditorial
Les choix éditoriaux des EUD sont décidés par un comité éditorial rassemblant plus d’une vingtaine de personnes. Il se réunit quatre fois par an sous la gouvernance du président de l’université et de la direction des presses, tous deux membres de droit. Ce comité se compose principalement de représentants de laboratoires de sciences humaines et sociales. Il accueille aussi des représentants d’organismes extérieurs jouant un rôle dans la diffusion du savoir et de la culture en Bourgogne Franche-Comté : les Presses universitaires de Franche-Comté (PUFC), le Centre régional du livre (CRL), la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC), la librairie Grangier et la bibliothèque municipale de DijonDétail du comité éditorial des EUD sur OpenEdition Books (lire en ligne, consulté le 10 novembre 2025). Champs disciplinaires
Les disciplines abordées sont essentiellement issues des sciences humaines et sociales, même si la maison d’édition est également ouverte aux sciences et techniques comme en témoigne la collection « Sciences » avec les titres suivants : Les Merveilles de l’évolution, 2002 ; Traitements de surface et nouveaux matériaux, 2007 ; Odeurs et émotions, 2013 ; La saga du resvératrol, 2025 ; etc.
Les principales thématiques couvertes, déclinées sur le site de l’éditeur sont les suivantes : archéologie ; architecture et urbanisme ; arts et histoire de l’art ; cinéma ; critique littéraire ; droit ; économie ; gestion ; sciences politiques ; études théâtrales ; gastronomie ; géographie et voyages ; histoire ; langues et civilisations étrangères ; linguistique et stylistique ; littérature ; musicologie ; pédagogie ; philosophie ; sciences ; sciences et technologies de l’information et de la communication ; sciences sociales ; sociologie ; sciences de l’éducation ; techniques et technologies ; vigne et vin.
Diffusion
Les presses universitaires disposent d’un catalogue éditeur sur leur site internet, où sont commercialisés tous les ouvrages parus depuis 1928. Elles disposent par ailleurs d’un site éditeur sur OpenEdition Books où sont consultables en accès ouvert tous les ouvrages récents parus au format numérique. Ceux-ci sont également commercialisés au format epub ou pdf, notamment auprès des bibliothèques universitaires. Toutes les publications sont diffusées par l’Association française des presses d’université (AFPU Diffusion), dont la mission est la diffusion en librairie de livres et de revues d’éditeurs universitaires en sciences humaines et sociales.
Patrimoine imprimé La maison d’édition publie en moyenne une quarantaine d’ouvrages chaque année, principalement au sein de collections relevant du domaine des sciences humaines et sociales, à l'exception de la collection « Sciences ». Elle collabore également à la publication et à la diffusion de revues.
Publications en série
Collections En 2000, la collection unique « Publications de l’Université de Bourgogne » cède la place à plusieurs collections thématiques et disciplinaires listées ci-dessous par ordre chronologique de création.
« Publications de l’Université de Dijon », devenues « Publications de l’Université de Bourgogne » à partir de 1987 (ISSN 0223-3762), 1928 à 2001 ; « Kaléidoscopes » (ISSN 1283-2138), 1997 à 2012 ; « U21 » (ISSN 1624-2289), 2000 ; « Écritures » (ISSN 1630-0858), 2001 ; « Institutions » (ISSN 1628-5417), 2001 ; « Sociétés » (ISSN 1628-5409), 2001 ; « Sciences » (ISSN 1637-8210), 2002 ; « Langages » (ISSN 1762-1720), 2003 ; « Art, archéologie et patrimoine » (ISSN 1768-1936), 2004 ; « Sources » (ISSN 1772-4872), 2005 ; « Corpus des œuvres de philosophie en langue française » (ISSN 0765-4685), 2008 à 2011 ; « Histoire et philosophie des sciences» (ISSN 1966-799X), 2008 ; « U-Cultures » (ISSN 2103-4869), 2009 ; « Histoires » (ISSN 2269-8000), 2013 ; « Jeunesse » (ISSN 2276-1969), 2014 ; « Essais » (ISSN 2491-0570), 2015 ; « Héritages » (ISSN 2429-9138), 2015 à 2016 ; « Cahiers Frédéric Dard » (ISSN 2555-2244), 2017 ; « Archives » (ISSN 2610-2293), 2018 ; « Musiques » (ISSN 2607-7302), 2018 ; « Jazz Album » (E-ISSN 3073-5092), 2024.
Revues