Armandi est le nom sous lequel est mentionné un artiste peintre actif dans le dernier quart du XIXᵉ siècle. Les informations disponibles à son sujet demeurent fragmentaires et reposent principalement sur des sources secondaires telles que des catalogues de ventes, des mentions dans la presse artistique et des documents d’état civil indirectement liés.
En l’état actuel des recherches, l’identité civile correspondant à cette signature n’est pas établie avec certitude. Des rapprochements généalogiques et contextuels ont conduit à envisager l’hypothèse d’une possible identification avec un artiste nommé Armand Eulalie Paul (1839-1896), sans que cette attribution puisse être considérée comme totalement démontrée.
Biographie Armandi est connu pour avoir signé ses œuvres « P. Armandi ». Selon les sources, il est parfois présenté comme d’origine italienne, notamment en Grande-Bretagne où le prénom « Polermo » lui est attribué, tandis qu’en France il est appelé « Paul » et considéré comme français. Cette divergence contribue au caractère énigmatique de sa biographie.
Il est généralement associé à l’École de Barbizon, mouvement artistique marqué par la peinture de paysages d’après nature, bien que certaines sources le rattachent plus largement à l’École française.
Ses œuvres, représentent principalement des paysages lacustres ou boisés, des scènes enneigées, des marines et des clairs de lune, ainsi que des portraits en pied d’inspiration espagnole. Certains de ces portraits — une huile sur toile et une aquarelle — s’inspirent de gravures sur bois réalisées vers 1870 par l’illustrateur allemand Joseph Watter.
L’artiste se fournissait en matériel auprès de commerces parisiens spécialisés, tels que Donnet (1868–1899), P. Gosset (1866-1878), G. Hennequin (1873–1906) et Félix Voisinot (1876–1881), ainsi que chez P. Sahut Succ. (1894-1896).
En avril 1880, deux paysages signés Armandi figurent dans la vente de la collection du prince Paul Pavlovitch Demidoff au Palais San Donato à Florence, mentionnés dans la seconde partie du catalogue des objets d’ameublement du rez-de-chaussée.
La même année, il participe au Salon de Versailles (27e édition), où il expose L’Été. Le catalogue de la Société des amis des arts de Seine-et-Oise mentionne également L’Automne et indique comme adresse « Paris, chez Eliot, avenue Trudaine », vraisemblablement en référence au galeriste Claude Eliot établi au 16, avenue Trudaine à Paris, qui œuvrait à la diffusion des œuvres de jeunes artistes et de « petits maîtres ».
Aux États-Unis, lors d’une vente successorale en 1882 après le décès du général Herman Uhl, Armandi est présenté comme élève de Charles Jacque : « Landscape and Sheep, Pupil of Chas. Jacque, Paris ».
Sa présence est également attestée à Vichy en 1883 et 1884, où il séjourne comme artiste-peintre venant de Paris.
Ses œuvres apparaissent par la suite à plusieurs reprises dans des ventes organisées à l’Hôtel Drouot entre 1886 et 1914 : Sous-bois, Deux pendants () ; Paysage de Normandie () ; Effet de neige () ; La Bûcheronne et Sous-bois () ; Retour de la Bûcheronne () ; Sous-bois () ; enfin Petit Port de pêche ().
En 1894, dans le Petit Marseillais son nom figure parmi les artistes sélectionnés lors de l'acquisition d'œuvres nécessaires à l'organisation de la tombola du Syndicat de la Presse marseillaise.
Il est enfin mentionné comme artiste-peintre domicilié au 41, rue des Abbesses dans des annuaires professionnels parisiens de 1895 à 1901.
Réception et collections Les œuvres d’Armandi sont présentes dès la fin du XIXᵉ siècle dans plusieurs collections privées et ventes internationales, notamment en Italie, aux États-Unis et au Royaume-Uni.
Florence (1880) : lors de la vente par Charles Pillet (commissaire-priseur) de la collection du prince Paul Pavlovitch Demidoff au palais de San Donato (12–), deux tableaux signés P. Armandi furent répertoriés au Salon Moiré. New York (fin XIXᵉ siècle) : le catalogue de la vente successorale du général américain Herman Uhl (Executor’s sale of fine modern oil paintings...) cite Armandi comme « pupil of Chas. Jacque ». Angleterre (XXᵉ siècle) : un tableau ayant appartenu à l’écrivain E. V. Lucas fut vendu chez Christie’s à Londres en 1919, puis acquis par le mécène J. G. Graves, qui en fit don en 1943 au Sheffield Galleries & Museums Trust, où il est conservé.
Œuvres répertoriées Plusieurs œuvres de l'artiste sont aujourd'hui conservées dans des collections publiques et référencées dans des bases de données muséales :
Stormy Weather, huile sur toile, collection Sheffield Galleries & Museums Trust. Marine au clair de lune, huile sur toile, musée des beaux-arts de Reims. Paysage de rivière, huile sur toile, collection de la ville de Fontainebleau. Moine portant du gibier, huile sur toile, musée de la mairie de Bourron-Marlotte.
Identité et hypothèses biographiques L’identité de l’artiste connu sous la signature P. Armandi demeure incertaine. Les sources archivistiques et artistiques attestent son activité durant le dernier quart du XIXᵉ siècle, mais les mentions directes sous ce seul nom restent limitées, suggérant l’usage d’un pseudonyme.
Les recoupements généalogiques et documentaires permettent toutefois d’avancer l’hypothèse selon laquelle Armandi pourrait correspondre au peintre Armand Eulalie Paul (1839-1896), dont le parcours familial et les usages onomastiques présentent plusieurs concordances avec les signatures et mentions relevées dans les archives artistiques.
Démarche de recherche et premiers recoupements Les premières pistes proviennent des mentions de « frères Armandi » dans la presse théâtrale parisienne entre 1876 et 1882, en lien avec des productions aux Folies-Bergère. Ces mentions renvoient à des collaborations notamment avec le maître de ballet Bertotto et le compositeur et chef d’orchestre Olivier Métra. Ces collaborations concernent au moins trois ballets : La Posada, Les Fiancés du Béarn (pour lequel l’un des deux frères Armandi a conçu les costumes), ainsi qu’Une Nuit vénitienne. Ces divertissements se produisent concomitamment ou en alternance avec ceux de la maitresse de ballet Mme Mariquita.
En 1882, un projet de revue déposé à l’Alcazar d’hiver mentionne le nom de Paul Armandi, aux côtés de MM. Gaston Clédat et Henri Norman.
En 1888, à la suite de la mort tragique de Philippe Félix Dupuis lors d’un duel avec le peintre et critique d’art Eugène Habert, une vente artistique est organisée à l’Hôtel Drouot au profit de sa veuve. Les tableaux et objets d’art sont recueillis chez Jules Plaçais, commissaire-priseur, et chez Paul Daguzan, expert (21, passage Saulnier).
L’année suivante, en 1889, à l’occasion du décès d’Olivier Métra, une souscription est ouverte pour financer la réalisation d’un monument funéraire. Parmi les contributeurs, la presse mentionne J.-Paul Daguzan et Armandi Daguzan dans un premier article, puis Paul et Armandi Daguzan dans un second.
L’étude de ces occurrences conduit à rapprocher le nom Armandi du patronyme Daguzan, notamment par la présence conjointe de Paul et d’Armandi Daguzan dans diverses notices et souscriptions artistiques de la fin du siècle.
Le cas de Paul Daguzan et de l’alias Daguzan Les recherches sur Paul Daguzan montrent que celui-ci en 1874 fut juridiquement reconnu sous le nom de Louis Joseph Paul, à la suite d’un jugement du Tribunal de commerce de la Seine. Ce choix d’alias apparaît lié au patronyme maternel, sa mère étant Marie Irma Victorine Daguzan, épouse du négociant Jean Joseph Auguste Cléobule Paul, originaires de Toulouse.
Lors de son mariage, en premières noces en 1876, à Paris avec Joséphine Maria Manuela Roca, née à Barcelone, l’acte mentionne comme témoin son frère Armand Paul, identifié comme artiste peintre domicilié au 77, faubourg Poissonnière. Ce document constitue un jalon central dans le rapprochement entre la famille Paul et l’artiste Armandi.
Identification d’Armand Paul L’état civil de Toulouse permet d’identifier le témoin mentionné comme Armand Eulalie Paul, fils des mêmes parents. Les archives parisiennes à travers différents actes d'état civil, font apparaître un individu utilisant des combinaisons de prénoms variables, tout en conservant systématiquement « Armand », ce qui tend à étayer l’hypothèse d’une continuité identitaire.
Plusieurs actes indiquent qu’il est marié depuis 1869 à Émilia Roca, également originaire de Barcelone, ce qui laisse supposer un séjour du couple en Espagne. Cette présence est corroborée par les actes de décès parisiens de deux de leurs filles — Télia Paul (âgée de deux ans en 1875) et Françoise Henriette Paul (âgée de six ans et demi en 1878) — toutes deux déclarées nées dans cette ville.
Usage du nom « Armandi » dans l’état civil Deux actes d’état civil datés de 1882 constituent des éléments particulièrement notables :
Armand Paul y est mentionné sous la forme « Armandi » ; sur l’un de ces documents, il appose la signature « Paul Armandi ».
Par ailleurs, entre 1880 et 1885, le couple est domicilié au 45, avenue de Clichy à Paris, adresse correspondant à la période d’activité artistique attribuée à Armandi.
Convergences artistiques et contextuelles Les rapprochements onomastiques sont renforcés par plusieurs indices matériels :
la découverte récente de deux tableaux, l’un signé « P. Daguzan », attribué à Léon-Victor Daguzan (1821–1911), l’autre portant la signature « P. Duguzan », dont la facture apparaît stylistiquement proche des œuvres signées P. Armandi ; l’implication de Paul Daguzan dans des événements artistiques, notamment lors d’une vente à l’Hôtel Drouot organisée après le décès de Philippe Félix Dupuis.
Ces éléments suggèrent l’existence possible d’un réseau familial et professionnel commun, au sein duquel l’usage de signatures variées aurait pu répondre à des pratiques d’atelier, de collaboration ou de stratégie commerciale.
Fin de vie et postérité Armand Eulalie Paul meurt à Paris en 1896, rue Marcadet. Il est inhumé au cimetière parisien de Saint-Ouen, aux côtés de l’un de ses fils jumeaux, Armand André.
Par ailleurs, le nom de Paul Armandi continue d’apparaître dans certains annuaires professionnels jusqu’au tournant du XXᵉ siècle, sans qu’il soit possible d’établir avec certitude s’il s’agit d’une simple survivance éditoriale ou de la mention d’un homonyme.
État de la question Au vu des recoupements généalogiques, onomastiques et contextuels disponibles, l’identification d’Armandi avec Armand Eulalie Paul apparaît comme une hypothèse étayée, sans toutefois pouvoir être considérée comme définitivement démontrée.
Des investigations complémentaires — notamment dans les archives théâtrales, les cercles montmartrois, les sociétés artistiques de l’époque et les registres d’ateliers — pourraient permettre d’en préciser la validité, en confirmant ou en infirmant cette attribution.
Notes et références
Annexes
Bibliographie Gutsche-Miller, Sarah. Parisian Music-Hall Ballet 1871–1913. University of Rochester Press, Rochester, USA, 2015. Langlois, Brice. Les sociétés d’encouragement aux Beaux-Arts en Touraine (1789–1914). Université de Tours, 2017.
Liens externes
Ressources relatives aux beaux-arts : Base de données Joconde sur la Plateforme populaire du patrimoine Collection Sheffield Galleries & Museums Trust VADS (Sheffield) : Stormy Weather Musée des beaux-arts de Reims : Marine au clair de lune Collection de la ville de Fontainebleau : Paysage de rivière Musée de la mairie de Bourron-Marlotte : Moine portant du gibier Association des Amis du Musée de la Mairie de Bourron-Marlotte : A/M B/M Notices d'autorité :
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