Le couronnement du roi et de la reine Marie de Roumanie se déroule dans la ville d'Alba Iulia le . Célébré en grande pompe, il symbolise l'unification de tous les Roumains au sein de la Grande Roumanie, elle-même née de la « Grande Union ».

Préparation de la cérémonie La commission pour l'organisation des célébrations du couronnement des souverains Le principe d'une cérémonie de couronnement du roi et de la reine Marie ayant été approuvé, le gouvernement roumain crée une Commission destinée à son organisation, en ..

Basée au ministère des Travaux publics, cette Commission reçoit pour directeur le général et ancien Premier ministre Constantin Coandă. Elle réunit, par ailleurs, le ministre des Finances Nicolae Titulescu, le ministre des Cultes et des Arts Octavian Goga, le métropolite et futur patriarche Miron Cristea, les historiens Nicolae Iorga et Alexandru Lăpedatu, le compositeur Georges Enesco, les peintres Costin Petrescu et Artur Verona, l'architecte Victor Stephănescu, ainsi que le maire d'Alba Iulia Aurel Sava.

Le choix d'Alba Iulia comme ville du couronnement Le choix du lieu du couronnement n'est en rien dû au hasard. La ville d'Alba Iulia est en effet celle où le roi est entré triomphalement le .. C'est également celle où plus de cent mille personnes ont acclamé l'union de la Transylvanie, du Banat, de la Crișana et du Maramureș à la Roumanie, le .

Dans un premier temps, il est envisagé que la cérémonie d'onction du souverain ait lieu à l'église Mihai Vodă de Bucarest et que le couronnement lui-même se déroule à Alba Iulia. Cependant, le roi à cette division. Nicolae Iorga propose alors d'édifier une nouvelle cathédrale à Alba Iulia, sous la direction de l'architecte Victor Stephănescu et du peintre Costin Petrescu, pour les décorations intérieures. Parallèlement, d'autres travaux sont entrepris à Alba Iulia et la Salle de l'Union est en partie réaménagée en vue de son utilisation pendant le couronnement.

La mise en place du protocole des cérémonies Le protocole du couronnement est imaginé par le métropolite et futur patriarche Miron Cristea. Pour ce faire, le prélat étudie nombre de chroniques et de gravures illustrant les couronnements des empereurs byzantins, et de rois de Hongrie.

Ayant trouvé le couronnement de trop sobre, en 1881, Miron Cristea cherche à mettre en œuvre une cérémonie beaucoup plus fastueuse, durant laquelle l'Église orthodoxe et le clergé joueraient un rôle primordial. Cependant, s'y oppose et exige la mise en place d'un couronnement plus simple et plus austère. Le souverain insiste, par exemple, pour être couronné avec la couronne de son prédécesseur, réalisée à partir de l'acier d'un canon turc capturé à Plevna en 1877.

La réalisation des regalia Désireux de ceindre la couronne d'acier réalisée pour le couronnement de son oncle, accepte néanmoins que celle-ci soit sertie de pierres précieuses symbolisant les nouvelles provinces du royaume de Roumanie, à savoir la Bessarabie, la Bucovine et la Transylvanie.

Une nouvelle couronne, inspirée des impératrices byzantines, est par contre conçue pour la reine Marie. L'or nécessaire à sa fabrication () est offert par le propriétaire d'une mine située dans les monts Apuseni et sa réalisation est confiée à la maison de joaillerie Falize, à Paris. Dessinée par la souveraine elle-même et beaucoup plus somptueuse que la couronne du roi, elle est ornée de rubis, d'opales, de turquoises et d'améthystes.

Frictions politiques L'organisation du couronnement donne lieu à des frictions politiques. Revenus au pouvoir en , Ion Brătianu et son Parti national-libéral cherchent à s'arroger les mérites de l'Union et du couronnement. Cette attitude soulève l'indignation de Iuliu Maniu, chef du Parti national roumain de Transylvanie, et de Ion Mihalache, dirigeant du Parti paysan, qui exigent l'organisation de célébrations moins orientées politiquement. N'ayant pas été écouté, Maniu refuse finalement de participer au couronnement.

Déroulement du couronnement

Cérémonie religieuse Le couronnement se déroule finalement le , sous une pluie fine et un ciel couvert. Le cortège royal arrive à la cathédrale d'Alba Iulia vers dix heures du matin. Après la consécration des regalia (couronnes et sceptre) par le métropolite Miron Cristea, la cérémonie commence. Suivant le modèle napoléonien, se couronne lui-même, avant de déposer la couronne sur la tête de son épouse..

Le maréchal Foch se tient à côté du roi au moment du sacre, afin de souligner le rôle essentiel joué par la France dans la construction de la Grande Roumanie. L'historien Jean-Noël Grandhomme y voit un parallèle avec Jeanne d'Arc accompagnant à Reims..

Acclamation des souverains sur le parvis de la cathédrale À l'issue de la cérémonie, les réjouissances se poursuivent sur le parvis de la cathédrale, sous les yeux de quelque .

Participants Outre les souverains roumains eux-mêmes, sont présents à la cérémonie :

Famille royale de Roumanie Le prince royal Carol et la princesse royale Hélène de Roumanie (fils et belle-fille des souverains) ; La prince Nicolas de Roumanie (fils des souverains) ; La princesse Ileana de Roumanie (fille des souverains).

Famille royale d'Espagne L'infant Alphonse et l'infante Béatrice, duc et duchesse de Galliera (beau-frère et sœur de la souveraine).

Famille royale de Grèce La reine Élisabeth de Grèce (fille des souverains).

Famille royale d'Italie Le prince Thomas, duc de Gênes.

Famille royale du Royaume-Uni Le prince Albert, duc d'York.

Famille royale de Yougoslavie La reine Marie de Yougoslavie (fille des souverains) ; Le prince Paul de Yougoslavie.

République française Le maréchal Foch ; Le maréchal Pétain ; Le général Weygand.

Commémorations du centenaire du couronnement en 2022 En 2022, la Banque nationale de Moldavie émet une pièce commémorative en argent d'une valeur de en l'honneur du centenaire du couronnement.. Parallèlement, la Poste moldave émet un timbre commémoratif pour l'événement..

Dans le même temps, la Banque nationale de Roumanie lance deux pièces commémoratives, en or et en argent, sur le thème du centenaire. tandis que la Maison de la monnaie de Roumanie émet une médaille commémorative en argent..

En octobre-, le complexe muséal Iulian Antonescu de Bacău, en Roumanie, présente une exposition en l'honneur du centenaire du couronnement.. Une autre exposition sur le même thème se tient, par ailleurs, aux Archives nationales, à Bucarest..

Bibliographie Ouvrage .

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Articles connexes

Mariage du diadoque Georges de Grèce et de la princesse Élisabeth de Roumanie Mariage du prince royal Carol de Roumanie et de la princesse Hélène de Grèce

Vidéo du couronnement .

Références

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