La famille de Gaulmyn, anciennement Gaulmyn ou Gaulmin, est une famille subsistante de la noblesse française, établie en Bourbonnais, sur preuves de noblesse remontant à 1539. Ses principaux fiefs, paroisses ou communes d'implantation se situent dans la partie nord de l'ancien duché de Bourbonnais, correspondant aujourd'hui au département de l'Allier.
Elle a formé plusieurs branches, notamment celles de Montgeorges, de Laly, de Beauvoir et de La Goutte. La postérité actuelle descend de la branche de La Goutte.
Histoire Origines La famille est connue depuis Hugues Gaulmyn, sieur de Sauzay et de La Guyonnière en 1539Arnaud Clement, La Noblesse française, édition 2024, , .. Ses principaux fiefs, paroisses ou communes d'implantation se situent dans la partie nord de l'ancien duché de Bourbonnais, correspondant aujourd'hui au département de l'Allier.. La postérité actuelle descend de la branche de La Goutte.
Georges de Soultrait consacre une notice aux « de Gaulmin », forme également rencontrée pour cette famille, dans son Armorial du Bourbonnais. Il les rattache à plusieurs seigneuries du Bourbonnais, notamment La Goutte, Laly, Sauzay, La Guyonnière, Chastignoux et Saint-Pourçain-sur-Besbre, et donne pour armes : « d'azur, à trois glands d'or ».
Le , un arrêt du Conseil d'État maintient noble la famille. Le , des preuves de noblesse sont apportées pour les pages de la Petite Écurie, en 1771 pour l'admission aux Écoles royales et le pour l'admission à La Flèche.
Premiers fiefs de Sauzet et de La Guyonnière Hugues Gaulmyn, né vers 1490, est qualifié de « seigneur de Sauzay sur la paroisse de Deux-Chaises et de La Guyonnière sur la paroisse Saint-Sornin ». Il achète la maison et les domaines de La Guyonnière avec son épouse Simone Tridon vers 1545.
Le « lieu et maison noble de Sauzet » fait partie des de la châtellenie de Murat énumérés en 1569 par Nicolas de Nicolay dans sa Générale description du Bourbonnais. Il existait à Sauzet une motte seigneuriale, nivelée vers 1925 par le propriétaire de la parcelle. La maison de Sauzet est vendue par Nicolas Gaulmyn, arrière-petit-fils d’Hugues, en 1646, lorsqu'il s'installe avec son épouse au château de La Goutte. La Guyonnière reste jusqu'au dans la branche aînée de la famille, dite Gaulmyn de Montgeorges, dont les biens en Bourbonnais sont vendus en 1754.
Branches Formation des branches vignette|Extrait du Grand armorial de France d'Henri Jougla de Morenas (tome 4, début de la notice sur la famille de Gaulmyn). Hugues Gaulmyn et son épouse Simone Tridon ont une postérité par leur fils aîné Gilbert I. Ce dernier a deux fils : l’aîné, Gilbert II, donne naissance aux fondateurs des branches de Montgeorges et de La Goutte, tandis que son frère Jean I fonde la branche de Laly et de Beauvoir.
Branche de Montgeorges thumb|Gilbert Gaulmin (1585-1665). La branche de Montgeorges débute avec Gilbert Gaulmin (1585-1665), aîné de la famille à sa génération et fils aîné de Gilbert II. Avocat général au Grand Conseil, maître des requêtes, conseiller du roi en son Conseil d'État et privé, intendant de justice, police et finance en la généralité de Moulins, puis doyen des maîtres des requêtes, il participe aux luttes parlementaires de la Fronde en soutenant le cardinal Mazarin. Ses connaissances en latin, grec, hébreu, arabe, turc et persan, ainsi que ses travaux littéraires, juridiques et savants, en font une figure de l'érudition française du .
Gilbert Gaulmin intervient dans des procès de sorcellerie demeurés célèbres, dans lesquels ses connaissances sont requises pour distinguer le démoniaque de l'escroquerie. Il laisse plusieurs ouvrages, traductions commentées, manuscrits et poésies. Sa bibliothèque orientale est renommée ; la reine Christine de Suède souhaite l'acquérir, mais elle est finalement achetée par Louis XIV après la mort de son propriétaire. En 1613, Gilbert Gaulmin épouse Françoise Caillé, dont il a neuf enfants, puis Marie Charron en secondes noces en 1629. Avec cette seconde épouse, dont il n'a pas d'enfant, il achète en 1642 les seigneuries de Montgeorges, paroisse de Chavenon, et de Chastignoux, paroisse de Chappes, donnant à la branche aînée sa dénomination de « Gaulmyn de Montgeorges ».
Le seigneur de Montgeorges possède sur ses terres les droits de haute, moyenne et basse justice. L'aveu et dénombrement de la seigneurie donnés au roi en 1715 par Gilbert IV Gaulmyn, petit-fils du précédent, donne la description suivante de la seigneurie : .
À la mort de Gilbert Gaulmin en 1665, Montgeorges passe à son dernier fils François, dit « le comte de Montgeorges ». Officier supérieur des armées du roi, il reçoit en 1668 le commandement d'un régiment de cavalerie qui porte son nom, le régiment de Montgeorges. Cinq de ses cousins Gaulmyn servent dans ce régiment entre 1668 et 1675. François Gaulmyn meurt en 1675 à Strasbourg, célibataire, des suites d'une blessure au combat. Son nom est inscrit sur les murs de la galerie des Batailles du château de Versailles, table 9, avec ceux d'autres officiers du règne de Louis XIV.
Après lui, la seigneurie de Montgeorges passe à son frère Grégoire, seigneur de La Guyonnière, aumônier ordinaire du roi et prieur commendataire du Montet, mort en 1684. Montgeorges revient ensuite le à son neveu Gilbert IV, fils de Pierre de Gaulmyn, frère aîné de Grégoire et de François. Gilbert IV Gaulmyn reprend le titre de courtoisie de comte de Montgeorges, porté avant lui par son oncle François, et reçoit le commandement du régiment de Montgeorges à la mort de celui-ci en 1675.
Gilbert IV Gaulmyn est mentionné par Saint-Simon dans ses Mémoires, à propos de son aventure avec Madame Tiquet, épouse d'un conseiller au Parlement, condamnée en 1699 pour avoir tenté de faire assassiner son mari. Il épouse le Anne-Jeanne Auzanet et fait restaurer le château de Montgeorges.. Il meurt à Paris le , sans postérité.
Avec Gilbert IV s'éteint le nom de Gaulmyn de Montgeorges. La terre de Montgeorges se transmet ensuite dans la famille par les descendants de sa sœur Élisabeth, puis passe successivement à François de Montpellé et à Marie-Françoise Grouslart de Torcy, qui la vend en 1754 avec son mari Charles-Henri du Moncel de Lourailles.
Branches de Laly et de Beauvoir Jean I, fils cadet de Gilbert I, est qualifié de seigneur de Laly à son contrat de mariage du avec Louise d'Oultre. Il avait acheté le domaine de Laly, sur la paroisse du Montet, quelques années avant son mariage et fait édifier avec son épouse « la maison de Laly » entre 1606 et 1644.
Jean I, son fils Jean II et son petit-fils Jean III, successivement , habitent Laly en résidence secondaire. Jean III cède quelques domaines de Laly en 1699 pour achever l'acquisition de la seigneurie de Beauvoir à Saint-Pourçain-sur-Besbre, commencée par son père en 1683.
Dans la succession de Jean III, le château de Beauvoir revient à son fils Claude, qui forme la branche de Beauvoir. Gilbert, frère cadet de Claude, reçoit Laly ; sa branche est celle des derniers Gaulmyn de Laly. Elle conserve le fief jusqu'au par successions féminines. Le , les arrière-petits-enfants de Gilbert vendent « le château, ses étangs, la réserve et le domaine de Laly avec dépendances, fond de cheptel, glaces existant dans le salon du bas du château […] ».
La seigneurie de Beauvoir est érigée en comté par Louis XV en 1762 pour Claude-Sébastien Gaulmyn, fils de Claude. Soultrait mentionne cette érection en faveur de Claude-Sébastien Gaulmin et précise que l'enregistrement des lettres patentes de décembre 1762 était conservé aux archives de l'Allier. La notice Mérimée du château de Beauvoir signale également l'embellissement de la propriété en 1762 à l'occasion de son érection en comté..
Claude-Sébastien porte peu le titre de comte de Beauvoir et est rapidement connu sous celui de comte de Gaulmyn. Ses deux fils, derniers descendants masculins de la branche de Beauvoir, meurent sans postérité, respectivement en 1777 et en 1792, sur l'île de Saint-Domingue où ils possédaient une plantation. La terre de Beauvoir revient aux enfants de leur sœur Suzanne-Élisabeth, épouse du baron de Semur. Beauvoir demeure ensuite dans la famille par les Semur puis les Longeville, avant d'être vendu à la fin du .
Branche de La Goutte Le fondateur de cette branche, Nicolas Gaulmyn (1605-1683), seigneur de Sauzay, est un frère de Gilbert Gaulmin, auteur de la branche de Montgeorges. Il est maintenu dans son ancienne noblesse par arrêt du Conseil d'État du roi du et se marie deux fois.
En 1632, il épouse Gilberte de Ballorre, par contrat passé au « Châtel de La Goutte ». Gilberte est la fille de Gabriel de Ballorre, seigneur de La Goutte, et de Louise de Rochedagoux. Le , Gabriel de Ballorre, devenu aveugle, fait donation à sa fille et à son gendre de la seigneurie de La Goutte, « sous condition de la jouissance de deux chambres au château de La Goutte ». À la suite de cette donation, Nicolas et son épouse viennent habiter La Goutte, dont le nom devient celui de leur branche jusqu'à la Révolution.
De cette première union naissent dix enfants ; de l'aîné Gilbert descendent tous les Gaulmyn actuels. Après la mort de Gilberte de Ballorre en 1648, Nicolas Gaulmyn épouse l'année suivante Anne de Beaufort, dont il a au moins douze enfants. Anne de Beaufort apporte la propriété des Châtres, sur la paroisse de Chavenon, héritée de sa grand-mère maternelle Antoinette de Bonneau, née Aubert. Les deux propriétés de La Goutte et des Châtres sont réunies dans une même main en 1698 par Gilbert, petit-fils de Nicolas issu de sa première union. Avec son épouse Françoise Aymier, Gilbert quitte alors La Goutte pour s'installer aux Châtres.
Le , leur fils Marc-Antoine, demeurant en son château des Châtres, fait foi et hommage au roi de son fief et seigneurie de La Goutte, consistant notamment .
Les Châtres et La Goutte sont placés sous séquestre par la Nation en 1793, après la mort de Marc-Antoine Gaulmyn, ses deux fils Louis et Philippe ayant émigré en . La Goutte et Les Châtres sont vendus comme biens nationaux le . Camille Grégoire écrit à propos des Châtres : ..
L'épouse de Marc-Antoine, Marie-Françoise de Dreuille, est emprisonnée à Moulins dès la mort de son mari et n'est libérée qu'en , après la mort de Robespierre et la fin de la Terreur. À sa sortie de prison, elle se réfugie sur des terres héritées de son ascendance Dreuille, sur la paroisse d'Autry, au domaine des Milles, voisin du château d'Issards. Ce dernier appartenait à son frère François-Senetaire de Dreuille et avait été vendu nationalement à la suite de son départ en émigration.
Lorsque Philippe et Louis reviennent en Bourbonnais en 1801, après dix années d'exil et de combats dans l'armée des Princes et l'armée de Condé, ils rejoignent leur mère à Autry, dans sa maison des Milles. En 1826, les deux frères rachètent ensemble le château d'Issards et plusieurs terres voisines de l'ancienne propriété Dreuille, situées autour du château d'Issards et du domaine de Rimazoir. Philippe s'installe célibataire dans le vieux château d'Issards, tandis que Louis s'établit à Rimazoir, où il a fait construire deux ans plus tôt avec son épouse Geneviève du Peyroux de Salmagne le premier manoir de Rimazoir..
À son retour d'émigration, Philippe relève le titre de comte donné par lettres patentes de Louis XV en à son cousin Claude-Sébastien Gaulmyn de Beauvoir, dont les deux fils sont morts sans postérité en 1777 et 1792. Claude-Sébastien n'avait pas porté dans les faits le titre de comte de Beauvoir, mais celui de comte de Gaulmyn. Philippe et Louis étaient, au lendemain de la Révolution, les seuls hommes de la famille porteurs du nom.