vignette|Landwehr prussienne en 1815. Les milices sont des forces de police ou des forces supplétives de l'armée.
Dans les pays de l'ex-bloc soviétique, la milice est l'organisation chargée du maintien de l'ordre public, l'équivalent de la police.
Le nom est donné aussi à des groupes de personnes créés ponctuellement pour maintenir l'ordre, notamment en cas de troubles civils, ou pour combattre.
Moyen Âge
Au Moyen Âge, les milices communales françaises se distinguèrent à la bataille de Bouvines, les milices communales flamandes à la bataille de Courtrai.
Milices Milice britannique Origines de la milice britannique
Les fondements de la milice en Angleterre remontent à l’ancienne obligation pour chaque homme libre de porter les armes suivant son rang social. Vers l’an 605, se développe l’institution du « fyrd » un genre de milice tribale qui demande à tous les hommes valides de faire du service militaire. Les sheriffs ou les Anciens procèdent à l’appel des miliciens. Des amendes sévères sont imposées aux nobles et aux serfs qui refusent de servir. Le fyrd est remplacé graduellement par l’assemblée des lords féodaux et leurs vassaux, puis, mis en veilleuse après la conquête normande de 1066.
À partir de 1181, avec l’« Assize of Arms » d’, les hommes libres doivent prouver annuellement qu’ils possèdent des armes. À compter de 1253, cette obligation s’étend également aux serfs qui représentent la classe socio-économique la plus basse. La milice anglaise repose sur le droit des nobles de s’équiper d’une force de défense personnelle qui peut être mise au service du roi. Elle est dirigée par la petite noblesse et la bourgeoisie montante. Dans chaque comté, quelques habitants reçoivent annuellement un entraînement militaire de quelques jours aux frais de la communauté. Avec une armée peu importante, la milice constitue un moyen de maintenir l’ordre. Son rôle est dichotomique : supplanter l’armée, en cas d’insubordination de celle-ci, ou l’aider dans les cas de manque d’effectifs. Les autorités préfèrent maintenir une milice plutôt qu’une armée régulière trop imposante, même si, à l’occasion, les miliciens se joignent aux émeutiers qu’ils sont supposés contrôler.
Évolution de l’institution
En 1585, compte sur près de lorsqu’elle passe en revue la milice qui a résisté à l’invasion de la flotte espagnole. Maintenue en alerte quelques années, la milice tombe en décadence au début du . Lors de la Révolution de 1649, elle sert les intérêts du Parlement et devient une milice politique. Après avoir renversé le roi, Oliver Cromwell modifie le fonctionnement de la milice. Des miliciens volontaires, contre rémunération, assistent à quatre entraînements annuels et combattent en cas de besoin. Avec la Restauration de 1660, le roi contrôle la milice et le service universel. Il nomme dans chaque comté des lords lieutenants qui attribuent des commissions d’officiers, lèvent les troupes et les dirigent au combat. Les officiers de ces unités sont des country gentlemen. Chaque unité de milice s’entraîne quatre jours par année. Pour assurer la rigueur des opérations, un sous-officier de l’armée régulière sert de muster master dans chaque comté. De temps à autre, on procède à la conscription de miliciens pour le service actif, généralement des individus moins fortunés, des sans-emploi ou des indigents. Les lois de milice de la Restauration limitent le pouvoir de la monarchie en confiant aux lords lieutenants les commissions d’officier et en soustrayant les miliciens à la loi militaire. Ceci rend difficile l’enrôlement pour plus d’un mois d’un régiment de milice et son déplacement au-delà des limites du comté, sauf lors d’invasion ou de rébellion.
Au début du , la question de la milice et sa réforme sont au cœur de la lutte politique britannique. Whigs et Tories s’affrontent, publiant chacun plusieurs pamphlets vantant ou contestant les avantages de la milice sur l’armée régulière. Un groupe de Whigs soutenait que : .
À cette idée, la cour oppose l’argument suivant : .
En 1750, Wiilliam Pitt, un Whig modéré, paie-maître général de l’armée et député, déclare à la Chambre des communes : . Peu après, certains Whigs prônent une approche moins stricte. Ils mettent en avant l’idée d’une défense basée sur les ressources humaines locales, une limite sur la durée de l’enrôlement dans l’armée régulière et l’augmentation des forces régulières par l’ajout d’une milice nationale. Grâce à des manœuvres politiques, William Pitt fait adopter la loi réformant la milice. Celle-ci devient essentiellement une deuxième armée régulière sans pour autant s’aliéner l’appui des Whigs et des Tories.
Divisions sociales de la milice
En 1756, William Pitt, devenu secrétaire à la guerre, propose une loi de milice qui divise la population masculine du pays en quatre catégories : « nobility, gentry, yeomanry and commonalty ». Les classes supérieures doivent s’armer afin de maintenir l’ordre sur les autres classes. Chez les jeunes hommes de la « commonalty », on tire au hasard pour s’entraîner un mois par année. De ce bassin, des recrues sont incorporées pour trois ans dans l’armée. Chaque comté fournit un nombre précis de recrues tirées au sort parmi les hommes valides de . Ils peuvent cependant présenter un remplaçant ou payer une amende de .
Les bataillons de milice regroupent de cinq à huit compagnies de milice sous le commandement d’un lieutenant-colonel ou d’un major. Un capitaine, un lieutenant et un enseigne dirigent une compagnie de 80 miliciens. Les officiers proviennent généralement de l’élite locale. De plus, ils doivent prononcer le serment du Test, freinant ainsi les aspirations des catholiques. Pour contrer un surplus d’officiers de milice, la loi de 1757 prévoit qu’un tiers des officiers doit se retirer dans un délai de quatre ans. Plusieurs hommes de qualité refusent de servir parce qu’en cas de guerre, ils ne pourront plus vaquer à leurs affaires. Sir Thomas Hatton soutient : . Selon John Cannon, l’apport militaire de la milice britannique est négligeable tout au long de son existence. Elle représente cependant une force constitutionnelle importante pour faire contrepoids au contrôle royal de l’armée régulière.
En Grande-Bretagne, du moins jusqu’au début du , la fonction de la milice est double. D’une part, elle doit aider l’armée régulière, forte mais politiquement instable. D’autre part, elle doit être prête à se battre contre cette même armée. Par la suite, la milice devient un enjeu politique entre les Whigs et les Tories. Le pouvoir local est très important dans le bon fonctionnement de l’institution. Les fonctions d’un individu à l’intérieur de la milice dépendent de sa classe sociale. Les membres de l’élite locale occupent les postes d’officiers tandis que les roturiers comblent les rangs des simples exécutants. Contrairement à la France, qui différencie la milice bourgeoise de la milice rurale. La Grande-Bretagne se contente d’avoir une milice sédentaire pour l’ensemble du pays de laquelle on incorpore des miliciens pour le service actif.
Après les guerres napoléoniennes, la milice est tombée en désuétude. La Milice a été réactivée par la loi sur la Milice de 1852 (15 & 16 Vict. c. 50), promulguée pendant une période de tension internationale. Elle devait être considérée comme une alternative à l'armée. La formation durait 56 jours au moment de l'engagement, puis les recrues retournaient à la vie civile mais se présentaient pour 21 à 28 jours de formation par an. La solde complète de l'armée pendant la formation et une provision financière par la suite complétaient utilement le salaire civil des hommes. Nombreux sont ceux qui considèrent le camp annuel comme l'équivalent d'un congé payé. La milice attire donc les ouvriers agricoles, les charpentiers, etc., des hommes qui exercent des professions occasionnelles et qui peuvent quitter leur emploi civil et le reprendre. La milice était également une source importante de recrues pour l'armée régulière, car les hommes y avaient goûté à la vie militaire. Jusqu'en 1852, la milice était une force entièrement composée d'infanterie, mais la loi sur la milice de 1852 a introduit des unités d'artillerie de milice dont le rôle était d'assurer les défenses côtières et les fortifications, soulageant ainsi l'artillerie royale pour le service actif.
La milice ne doit pas être confondue avec les unités de volontaires créées dans un élan d'enthousiasme au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. Contrairement à la Volunteer Force (plus tard connu comme Territorial Force) et à la Yeomanry cavalerie, les miliciens étaient considérées comme plutôt plébéiennes. Les corps de volontaires exigeaient cependant que les recrues financent leur propre équipement, ce qui excluait de fait les personnes à faibles revenus.
Une nouvelle législation permet à un plus grand nombre d'hommes de la milice d'entrer dans l'armée. En 1880, il est admis que la milice joue désormais le rôle d'un corps de recrutement. Il ne s'agit plus d'une armée de citoyens destinée à limiter la taille de l'armée régulière et à contenir le despotisme militaire.
Dans le cadre des Réformes Childers introduites par le secrétaire d'État à la guerre en 1881, les régiments d'infanterie de milice restants ont été redésignés comme bataillons numérotés de régiments de ligne, groupé par comté, prenant rang après les deux bataillons réguliers. En règle générale, un régiment anglais, gallois ou écossais compte deux bataillons de milice (le 3e et le 4e) et les régiments irlandais trois (numérotés 3e et 5e).
Special Reserve La milice a été transformée en réserve spéciale par les Réformes Haldane en 1908. Contrairement au soldat servant dans la milice, ceux qui servaient sous les conditions de service de la réserve spéciale avaient l'obligation de servir à l'étranger, comme le stipule le paragraphe 54. Les normes d'aptitude médicale étaient moins élevées que pour les recrues de l'infanterie régulière. La possibilité de s'enrôler dans l'armée sous les conditions du service régulier était facilitée par le paragraphe 38, l'une des conditions préalables étant que la recrue « remplisse les exigences physiques nécessaires ». Le remplacement de plusieurs semaines de formation préliminaire par six mois de formation à temps plein lors de l'enrôlement dans la réserve spéciale constitue un autre contraste. L'objectif de la réserve spéciale est de fournir des remplacements pour les unités du régiment à l'étranger, plutôt que d'opérer dans leurs propres formations autonomes.
La Réserve spéciale a repris sa désignation de milice en 1921, puis celle de Réserve supplémentaire en 1924, bien que les unités aient été effectivement placées en « animation suspendue » jusqu'à leur dissolution en 1953.
Milices de type britannique en Amérique du Nord Évolution de l’institution
Dans les colonies de la Nouvelle-Angleterre, le concept de milice apparaît assez tôt et assure la survie de la jeune colonie lors de conflits contre les Amérindiens. La première milice s’établit en Virginie, en 1632, et repose sur un recrutement local et de courtes périodes de service actif lors d’urgences. Tout homme capable de porter une arme doit l’apporter à l’église et s’exercer après le service religieux.
Dès 1645, au sein de la colonie de la baie du Massachusetts, quelques hommes furent sélectionnés parmi les troupes locales pour être prêts à un déploiement rapide. Les minutemen dont le nom deviendra célèbre un siècle plus tard étaient généralement choisis parmi les colons d'une même ville, ainsi il n'était pas rare pour eux de combattre aux côtés de cousins ou de beaux-frères.
En 1682, le colonel Thomas Dongan, lieutenant-gouverneur de New York, reçoit des ordres pour créer une milice :