Le est une journée commémorative célébrée dans la préfecture d’Okinawa au Japon le . Il s’agit d’une journée dédiée au souvenir des personnes décédées pendant la bataille d’Okinawa lors de la Seconde Guerre mondiale. La préfecture d’Okinawa et ses différentes municipalités considèrent le jour comme férié.

Historique En 1961, seize ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’ pétitionne le gouvernement des îles Ryūkyū pour la création d’un . Concernant le choix de la date, la demande mentionne que « le lieutenant-général Mitsuru Ushijima, commandant de la trente-deuxième armée, et le chef d’état-major Isamu Chō se sont suicidés le , entraînant la chute du quartier général de l’armée impériale japonaise, la fin de la lutte défensive des forces japonaises sur Okinawa et leur capitulation ».

L’assemblée législative du gouvernement des îles Ryūkyū entérine cette demande dans la et instaure le « jour du souvenir », non pas le 23 mais le , privilégiant la théorie selon laquelle Ushijima et Chō se sont suicidés le et non le 23. La « loi concernant les jours fériés de la population » est promulguée le , instaurant également les autres jours fériés du gouvernement des îles Ryūkyū.

En , lors de la vingt-huitième assemblée législative, une proposition d’amendement de la « loi concernant les jours fériés de la population » est examinée pour modifier le jour du souvenir au , se basant sur d'autres documents historiques qui placent le suicide des dirigeants de l’armée japonaise sur Okinawa à cette date.

Après la , l’ de 1974 précise que « le fait historique que notre préfecture a, lors de la Seconde Guerre mondiale, perdu un grand nombre de vies, de biens et de patrimoine culturel est à prendre avec le plus grand sérieux, et afin de s’assurer que les horreurs de la guerre ne se reproduisent pas, afin d’obtenir une paix éternelle qui est le plus grand désir de l’humanité et afin de réconforter les âmes des personnes qui sont décédées pendant la guerre », le est instauré comme « jour du souvenir ».

Par la suite, la et la qui se déroule le matin même de la cérémonie commémorative sont ajoutés à l’événement.

Dans un discours d’, le prince héritier au trône du chrysanthème Akihito déclare qu’il y a quatre jours que le Japon ne doit jamais oublier : « le jour de la capitulation, le jour du bombardement atomique d’Hiroshima, le jour du bombardement atomique de Nagasaki et la fin de la bataille d’Okinawa le  ». Ces quatre jours sont présentés sur le site web de l’agence impériale sous le nom des « quatre jours à ne jamais oublier » afin d'être transmis aux futurs empereurs.

Date choisie La date choisie est celle de la fin de la bataille d’Okinawa. Le gouvernement des îles Ryūkyū a modifié la date du au en 1965. La bataille d’Okinawa débute officiellement le avec le débarquement des troupes américaines sur l’île d’Okinawa et il est généralement admis qu’elle se termine le jour du suicide du commandant de la trente-deuxième armée japonaise, Mitsuru Ushijima. Ce jour est soit le , soit le 23. Aucune n’a été validée avec certitude, mais il a été décidé que le jour du souvenir se situerait le .

Cependant, le choix de cet événement comme fin officielle de la bataille d’Okinawa est sujet à polémique : un grand nombre de troupes, inconscientes de la disparition de leur commandement, ont continué à se battre longtemps après. La ville d’Okinawa, bien que reconnaissant le jour du souvenir comme un jour férié, a instauré un le , qui est le jour de la signature de la reddition de l’armée japonaise. Il s’agit d’un jour commémoratif qui n’est pas férié.

Jour férié Historique Avant la rétrocession d’Okinawa au Japon en 1972, le jour du souvenir est un jour férié du gouvernement des îles Ryūkyu établi légalement en 1961. Avec la rétrocession au Japon, les jours fériés de la préfecture d’Okinawa s’alignent sur ceux du Japon et les lois du gouvernement des îles Ryūkyū sont abrogées, dont celle concernant l’établissement du jour du souvenir comme un jour férié.

En conséquence, en 1974, la préfecture d’Okinawa vote une ordonnance (ordonnance du ) pour établir le « jour du souvenir d’Okinawa » le . En 1991, la préfecture d’Okinawa et chaque municipalité, se basant sur la « loi sur les jours fériés » figurant dans la « loi sur l’autonomie locale » , paragraphe 2 alinea 3 instaure le jour du souvenir comme un jour chômé pour leurs institutions.

Adoption Actuellement le jour du souvenir est un jour chômé pour les organismes dépendants de la préfecture d’Okinawa (préfecture, écoles, hôpitaux, etc.) ou des municipalités de la préfecture (mairies, écoles, hôpitaux, etc.).

La loi prévoit d’en faire un jour férié pour les organismes dépendant des « organismes d’autorité locale », mais n’implique pas de « jour chômé de remplacement » lorsque le jour du souvenir tombe un dimanche. Certains organismes accordent toutefois ce jour chômé de remplacement lorsque c’est le cas.

Le jour du souvenir n’est pas inclus dans les « jours fériés » mentionnés sur les panneaux de signalisation routière qui dépendent de la législation nationale uniquement.

Les institutions nationales situées dans la préfecture d’Okinawa (dont les tribunaux), les entreprises privées, les écoles privées et les hôpitaux privés sont libres de décider individuellement d’en faire un jour chômé ou travaillé.

L’université des Ryūkyū, université nationale, et l’université internationale d'Okinawa, université privée, bien que non concernées par la législation locale, font du jour du souvenir un jour chômé.

Les institutions financières, qui fonctionnent généralement selon les standards nationaux, n’incluent pas le jour du souvenir dans leurs jours chômés.

Les services de transport peuvent assurer un service de jour de semaine ou de jour férié, certaines compagnies modifiant le parcours de leurs bus en raison de la fermeture des écoles et institutions publiques.

Dispute pour la suppression du jour férié L’augmentation des entreprises proposant deux jours chômés par semaine à partir des années 1980 a entraîné une réforme de la « loi sur les normes du travail » en 1988, et une révision de la « loi sur l’autonomie locale ». Afin d’harmoniser les jours fériés avec l’ensemble du Japon, une proposition de loi a été déposée le à l’assemblée préfectorale d’Okinawa pour « l’abrogation du jour du souvenir en tant que jour férié ». Cette proposition de loi est abondement discutée dans la presse locale, qui souligne que l’abrogation du jour du souvenir comme jour chômé « empêcherait les familles de participer aux cérémonies de commémoration ou aux manifestations pour la paix », « nierait les particularités régionales, piétinant la culture locale ». De nombreux organismes, dont le syndicat des fonctionnaires de la préfecture d’Okinawa, l’association des enseignants de la préfecture d’Okinawa, l’association des familles de victimes, de nombreux professeurs d’université engagés dans la promotion de la paix et de nombreux avocats ou membres de professions juridiques, ont fait valoir leur opposition à cette abrogation, avec l’organisation de nombreux symposiums dans toute la préfecture.

Bien que le gouverneur Junji Nishime tente de maintenir la loi d’abrogation, de nombreux membres de l’assemblée préfectorale se prononcent pour le maintien du jour férié et la loi ne parvient pas à être votée. En 1990, pour la première fois, l’assemblée préfectorale d’Okinawa menace de faire usage de son droit de retirer les lois proposées par le gouverneur, mais Nishime persiste à refuser de retirer sa demande d’abrogation. La même année, le Premier ministre japonais (Toshiki Kaifu) participe pour la première fois au service commémoratif pour tous les morts de la bataille d’Okinawa et se déclare favorable au maintien du jour du souvenir comme jour férié pour la préfecture d’Okinawa, ce qui entraîne le retrait de sa demande d’abrogation par Nishime.

En novembre de la même année, Nishime se représente au poste de gouverneur d’Okinawa et est défait par Masahide Ōta, professeur émérite de l’université des Ryūkyū. L’année suivante, le jour du souvenir d’Okinawa est confirmé comme jour férié dans le cadre de la nouvelle « loi sur l’autonomie locale » , paragraphe 1 et pour les institutions dépendantes de la préfecture d’Okinawa et des municipalités de la préfecture d’Okinawa. La plupart des entreprises okinawaïennes considèrent le jour du souvenir comme un jour férié, alors que les entreprises dont le siège est basé au Japon le considèrent comme un jour travaillé.

Service commémoratif pour tous les morts de la bataille d’Okinawa thumb|Pierre angulaire de la paix dans le parc quasi national d'Okinawa Senseki. Le se déroule chaque année le dans le parc quasi national d'Okinawa Senseki à Mabuni (Itoman). Il s’agit d’une cérémonie pour le réconfort des âmes des victimes de la bataille d’Okinawa.

Présentation À partir de 1962, l’année suivant l’instauration du jour du souvenir d’Okinawa comme un jour férié, le gouvernement des îles Ryūkyū organise une cérémonie du souvenir sur la colline de Mabuni dans le avec la participation de chaque municipalité, de l’, l’association pour la mémoire des morts de la bataille d'Okinawa, l’, l’, de chaque organe de presse écrite de la préfecture et des chaînes de radio et de télévision locales. thumb|Mémorial de la paix d’Okinawa. La cérémonie a ensuite été déplacée dans le , inauguré le dans le parc du même nom.

Le jour du service commémoratif, l’entrée du musée préfectoral mémorial de la paix d'Okinawa et celle du musée de la Paix Himeyuri sont gratuites.

Déroulement de la cérémonie La cérémonie se déroule selon le programme suivant :

Discours d’ouverture par le gouverneur adjoint d’Okinawa Discours pour la cérémonie par le président de l’assemblée préfectorale d’Okinawa Minute de silence (à midi, marquée par le déclenchement des sirènes d'alerte dans toute la préfecture) Mots de condoléances par le président de l’association des familles de victimes d’Okinawa Offrande de fleurs par tous les officiels présents Déclaration de paix par le gouverneur d’Okinawa Lecture du poème de la paix par son auteur (élève dans une des écoles de la préfecture) Discours par les invités (premier ministre japonais, président de la chambre des représentants, président de la chambre des conseillers) Discours de clôture par le gouverneur adjoint d’Okinawa

Retransmission Retransmission télévisée Lors d’un discours en , le prince héritier Akihito a exprimé un sentiment de malaise concernant le traitement médiatique de la cérémonie, qui n’était pas retransmise sur les chaînes nationales.

Le service commémoratif pour tous les morts de la bataille d’Okinawa a été retransmis en direct par la branche locale de la NHK, NHK Okinawa, jusqu’en 2007. Depuis 2008, la cérémonie est partiellement retransmise en directe sur la chaîne nationale, à la suite du journal de midi.

La plupart des chaînes privées locales proposent une retransmission partielle en direct ou une retransmission intégrale en direct sur Internet.

NHK : direct partiel : direct partiel  : direct partiel, direct complet sur leur chaîne Youtube  : direct partiel  : direct partiel, cette chaîne n’est pas diffusée dans la préfecture d’Okinawa

Retransmission radiophonique  : retransmission partielle en direct de 12:20 à 13:00 RBC iRadio : retransmission partielle en direct à partir de 11:55 (inclut la minute de silence)

Chronologie 1967 : Alors qu’Okinawa est toujours sous domination américaine, participation de cinq membres de la chambre des représentants (Takeo Kimura, Yoshio Katsuzawa, Ryōichi Oriono, Akira Nakano et Keishi Yasui) et quatre membres de la chambre des conseillers du Japon (Masatoshi Tokunaga, Yoichi Yamato, Junpachi Hōjō et Shigeo Fujimoto). 1990 : première participation d’un Premier ministre du Japon (Toshiki Kaifu). Le Premier ministre du Japon est généralement présent à la cérémonie à partir de cette date.