Sibylle Gioe, née vers 1988 dans la région de Liège, est une avocate spécialisée dans le droit des étrangers, le droit des femmes, les discriminations, la démocratie et l'État de droit. Elle est présidente de la Ligue des droits humains depuis 2024.

Diplômes et formation Diplômée en droit de l'Université de Liège, elle est aussi titulaire d'un master complémentaire en droits de l’homme à l’UCLouvain, et autrice d'un mémoire sous la direction du Professeur Olivier De Schutter. Elle prête serment comme avocate au Barreau de Liège-Huy en 2011.

Carrière Dès le début de sa carrière d'avocate, Sibylle Gioe s'implique activement dans la vie du Barreau de Liège en intégrant successivement différentes commissions : la commission internationale, celle des libertés (qui s’occupe alors des questions de détention, ainsi que de droit pénal), la commission dédiée au droit des étrangers (qu’elle préside quelques années durant). Avec la commission des libertés, elle mène plusieurs actions sur la surpopulation carcérale en Belgique. En 2019, elle prend la vice-présidente de la nouvelle commission dédiée aux questions de genre.

Elle fonde un cabinet d'avocats dévolu à la défense des droits humains. Elle défend, au quotidien, les personnes migrantes, demandeuses d’asile et sans-papiers, lors de leurs différentes procédures.

Elle est également collaboratrice à l'Université de Liège.

Engagements Sibylle Gioe est membre de l'association Avocats Sans Frontière.

Entre 2017 et 2020, avocate volontaire, elle s’est rendue à trois reprises sur l’île de Lesbos, en Grèce, dans des camps créés par l’Union européenne où un nombre croissant de réfugiés sont en attente d’un droit d’asile. Avec l’association European Lawyers in Lesbos, elle défend des personnes qui arrivent dans le camp de Moria plusieurs années de suite.

En 2019, Sibylle Gioe lance un appel à toutes les juristes du monde pour porter secours à Nasrin Sotoudeh, une juriste iranienne engagée dans la cause féministe et condamnée à 38 ans de prison et 148 coups de fouet dans son pays pour avoir défendu les droits des femmes. Sibylle Gioe fonde, suite à cet appel, un collectif de femmes juristes belges qui lancent ensemble une campagne pour aider leur consœur iranienne. Elles proposent de prendre une partie de sa peine, de passer des jours en prison et recevoir des coups de fouet à sa place.

L'année suivante, en 2020, elle fait partie du collectif d’avocats belges ayant mené une grève de la faim en soutien à Ebru Timtik et Aytac Unsal, une consœur et un confrère turcs qui faisaient l’objet de poursuites judiciaires dans leur pays pour avoir défendu les droits humains.

Elle rejoint la Ligue des droits humains en 2018. En 2022, elle en assure la vice-présidence. Sibylle Gioe est élue présidente de la Ligue des droits humains en 2024 pour un mandat renouvelable de deux ans. Elle prend ainsi la succession d'Edgar Szoc.

Dans le rapport annuel de la Ligue en 2025, elle alerte sur un affaiblissement coordonné des piliers de la démocratie en Belgique : État de droit, droits humains et contre-pouvoirs. Elle pointe la responsabilité des politiques menées par le gouvernement Arizona, qui réduisent l’espace civique, stigmatisent les plus précaires et nourrissent une vision xénophobe. Sibylle Gioe a épluché pour le journal Le Soir, avec les politologues François Debras et Jean-Yves Camus, le programme du Vlaams Belang.

En 2023, Sibylle Gioe collabore avec l'Institut pour l'égalité des femmes et des hommes à la rédaction de la loi "Stop Féminicide", la première loi européenne reconnaissant les féminicides, votée en 2023 à l’unanimité par l’ensemble des partis, à l’exception de la N-VA.

Prix et récompenses En 2023, le gouvernement wallon met à l'honneur Sibylle Gioe parmi une vingtaine d'autres personnalités en tant qu'"Etincelles de Wallonie" dans le cadre du Mérite wallon.

Références

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