Le RAF Coastal Command est une formation de la Royal Air Force (RAF). Il est fondé en 1936, lorsque la RAF est restructurée en trois formations, le Fighter Command, le Bomber Command et le Coastal Command. Il joue un rôle important au cours de la Seconde Guerre mondiale. L'aviation maritime avait été négligée pendant l'entre-deux-guerres, en raison de désaccords entre la Royal Navy (RN) et la RAF sur la responsabilité, le rôle et les investissements de chacune des entités dans une puissance aérienne maritime.

Jusqu'en 1937, la principale préoccupation de l'Amirauté est le retour de la Fleet Air Arm au sein de la Royal Navy, tandis que la RAF donne la priorité au développement d'une force de bombardement pour assurer une fonction de dissuasion. En , A.V. Alexander, Premier Lord de l'Amirauté, qualifie le Coastal Command de « Service Cendrillon » (terme désignant un service peu financé). Peu après que la RAF Coastal Area soit élevée au rang de Coastal Command, son quartier général déménage de Lee-on-Solent à Northwood, au nord-ouest de Londres.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la contribution la plus importante du Coastal Command est la protection des convois alliés contre les attaques des sous-marins de la Kriegsmarine. Il protège également les navires alliés des attaques aériennes de la Luftwaffe. Les principales opérations du Coastal Command sont défensives, défendant les lignes de ravitaillement durant la bataille de l'Atlantique, ainsi que sur les théâtres de la Méditerranée, du Moyen-Orient et de l'Afrique. Il opère à partir de bases situées au Royaume-Uni, en Islande, à Gibraltar, en Union soviétique, en Afrique de l'Ouest et en Afrique du Nord. Il a également une capacité offensive : en mer du Nord, dans l'Arctique, en Méditerranée et dans la Baltique, des escadres d'assaut attaquent les navires allemands transportant du matériel de guerre de l'Italie vers l'Afrique du Nord et de la Scandinavie vers l'Allemagne.

En 1943, le Coastal Command reçoit enfin suffisamment d'avions à très longue portée (VLR) et ses opérations s'avèrent décisives dans la victoire sur les U-boat. Ces avions sont des Consolidated B-24 Liberator et, dès le début de l'année 1943, ceux-ci et d'autres appareils du Coastal Command sont équipés de radars centimétriques Mark III ASV, des grenades anti-sous-marine les plus récentes, y compris des torpilles à tête chercheuse, officiellement classées comme des mines Mark 24 et même des roquettes. Le Coastal Command combat du premier jour des hostilités jusqu'au dernier jour de la Seconde Guerre mondiale.

Durant le conflit, le Coastal Command effectue un million d'heures de vol, et détruit . Les pertes du Coastal Command s'élèvent à , toutes causes confondues. De 1940 à 1945, le Coastal Command coule de transport allemands et en endommage 134. Le tonnage total coulé s'élève à et endommagées. sont secourues par le Coastal Command, dont d'équipage alliés, d'équipage ennemis et n'appartenant pas à son corps d'équipage. du Coastal Command sont tués au combat.

Pendant la guerre froide, le Coastal Command se concentre sur les préparatifs de la lutte anti-sous-marine contre les flottes du pacte de Varsovie. En 1969, le Coastal Command est intégré au nouveau RAF Strike Command, qui absorbe également les anciens Bomber, Fighter et RAF Signals Command et qui absorbe ensuite l'Air Support Command, l'ancien RAF Transport Command.

Formation et délaissement vignette| Philip Joubert de la Ferté, l'air officer commanding en second du Coastal Command. de la Ferté se plaint continuellement de la façon dont le Coastal Command est négligé.|alt=Portrait noir et blanc d'un homme en uniforme de la RAF. En 1936, près de après la fin de la Première Guerre mondiale, la structure de commandement de la Royal Air Force connait un changement majeur. Plusieurs plans d'expansion se succédent à un rythme soutenu pour réarmer l'armée britannique face à la menace nazie, si bien que les formations « Area » s'appellent désormais « Command » (commandements). Les Fighter et Bomber Area deviennent Fighter et Bomber Command et le RAF Coastal Area est rebaptisé Coastal Command. Son quartier général est situé à Lee-on-the-Solent. L'air marshal Arthur Longmore, air officer commanding (AOC) de la RAF Coastal Area, supervise le changement de nom et transmet le commandement à l'air marshal Philip Joubert de la Ferté le . Il est organisé en trois groupes, suivant en cela l'organisation de la RAF stricto sensu.

En , la menace de l'Allemagne nazie donne lieu à une série de plans d'expansion qui portent le nombre de squadrons à 163 (conformément au plan d'expansion M, , le dernier avant le déclenchement de la guerre) et le nombre d'avions à 2549. Ce plan n'est néanmoins jamais entièrement mis en œuvre, et le plan F, et , est le seul à avoir été mené à son terme. Il amène à des avions modernes et prévoit des réserves suffisantes (75 %), mais là encore, les forces de bombardement en reçoivent pas loin de 50 %, avec une moyenne de 57 % pour l'ensemble des programmes. Les unités aériennes maritimes n'ont jamais représenté plus de 12 % de la force aérienne britannique. D'un effectif de seulement cinq squadrons avant l'expansion, dont quatre sont équipés d'hydravions, le nombre de squadrons maritimes passe à 18 en , avec un effectif de seulement . Environ 16 d'entre eux sont affectés à la défense des navires commerciaux, mais compte tenu de la politique d'Hugh Trenchard (toujours en vigueur après son départ à la retraite) consistant à développer des bombardiers pour l'armement maritime afin de soutenir l'offensive aérienne, la plupart ne sont pas des avions spécialisés dans la lutte anti-sous-marine (ASW), et le ministère de l'Air se désintéresse totalement de tout appareil n'entrant pas dans le cadre de la fonction de bombardier.

De la Ferté critique vivement l'attitude du ministère de l'Air à l'égard de son service. En 1937, plusieurs exercices sont menés par le Coastal Command en coopération avec des sous-marins contre la Home Fleet afin d'évaluer la défense de la flotte de surface contre les attaques sous-marines et aériennes. Cependant, malgré l'expérience de la Première Guerre mondiale, aucune attention n'est accordée au problème de l'attaque aérienne des sous-marins dans le cadre de la défense des navires commerciaux. En raison d'une confiance mal placée dans l'invention imparfaite de l'ASDIC, qui n'a jamais été destinée à détecter les sous-marins de surface, il semble que la Royal Navy ne considère plus les U-bootLes auteurs anglophones utilisent généralement la graphie U-boat(s). Les auteurs francophones hésitent entre la graphie anglophone et la graphie germanophone. Cet article conserve la graphie allemande, U-boot/U-boote. comme une menace pour les voies maritimes de la Grande-Bretagne. Le ministère de l'Air, désireux de se concentrer sur les forces aériennes stratégiques, ne conteste pas les conclusions de l'Amirauté et le Coastal Command ne reçoit aucune directive de la part du ministère de l'Air. Le salut pour les deux services est la construction du quartier général combiné qui permet une collaboration rapide dans les opérations maritimes. Il s'agit de l'une des rares réussites en matière d'organisation et de préparation avant le début de la guerre.

Lors de l'évaluation du rôle que le Coastal Command doit jouer en temps de guerre en 1937, l'AOC de l'époque, Frederick Bowhill, est informé par son officier supérieur de l'état-major de l'armée de l'air, l'air commodore Geoffrey Rhodes Bromet, que les deux autres commandements (Bomber et Fighter) ont des objectifs de mission clairs, alors que le Coastal Command n'a pas reçu de mandat précis. On suppose que le Coastal Command doit maintenir les communications maritimes ouvertes pour la navigation marchande et empêcher les raids maritimes sur les côtes et les ports britanniques. Aucun des deux hommes ne mentionne les U-Boot. Tous deux supposent apparemment que les avions et les navires de surface représentent la plus grande menace dans les eaux britanniques, suivant ainsi la ligne de conduite de l'Amirauté de l'époque selon laquelle les U-boot ne constituent plus une menace. Lorsque l'amiral Dudley Pound s'enquiert des moyens aériens pour la défense des échanges et du commerce, le Chief of the Air Staff, Cyril Newall, répond qu'il n'y a pas assez de « jam » (ressources) pour tout le monde et déclare qu'il est plus judicieux de risquer des pertes sur les routes commerciales que d'affaiblir la capacité de la RAF à protéger la Grande-Bretagne contre les attaques aériennes et à bombarder ses ennemis.

En , le directeur des opérations de l'époque, le group captain , se plaint que le rôle du Coastal Command en temps de guerre, à savoir le soutien de l'offensive des bombardiers et le soutien des forces navales le long du littoral britannique, est trop limité et risque de détourner le commandement de sa principale préoccupation : la lutte anti-sous-marine. En octobre, l'air vice-marshal Richard Peirse, chef adjoint de l'état-major de l'armée de l'air, confirme que le service n'a pas de rôle officiel à jouer et que ses unités ne sont pas réparties sur le territoire. Peirse revient sur la décision de faire du soutien aux bombardements stratégiques la fonction principale du Coastal Command. Cette fonction est remplacée par la défense commerciale. Le Coastal Command ne doit être utilisé à d'autres fins que si les routes commerciales subissent peu d'interférences et si l'intensité des attaques aériennes contre la Grande-Bretagne, ou des attaques aériennes contre des cibles ennemies, nécessite toutes les unités aériennes disponibles à ces fins. Cependant, en , les états-majors de la marine et de l'armée de l'air se réunissent à nouveau et changent la priorité en faveur de la reconnaissance de la mer du Nord. L'état-major de la marine insiste sur le fait que les navires commerciaux de surface représentent le plus grand danger et que les avions ne peuvent être décisifs que pour localiser les navires de guerre ennemis. La lutte anti-sous-marine reste en troisième position, après la coopération directe avec les flottes de surface. En , la situation est à nouveau modifiée et la lutte anti-sous-marine passe en deuxième position dans les priorités. En , elle devient la première priorité et le naufrage de l'Athenia en démontre que les U-boot sont une menace grandissante. Lorsque le Coastal Command entre en guerre, sa première tâche est de coopérer avec la marine pour empêcher les navires ennemis de s'échapper vers la mer du Nord et l'océan Atlantique. Ensuite, il doit fournir un soutien anti-sous-marin là où il le peut et quand il le peut. Ces mesures sont importantes, car elles indiquent que l'on est passé d'une reconnaissance passive des navires de guerre et des sous-marins ennemis à une directive active impliquant l'attaque des navires par les avions du Coastal Command.