L'hôpital Saint-Vincent-de-Paul est un ancien hôpital de l'AP-HP, situé aux de l'avenue Denfert-Rochereau dans le quartier du Montparnasse, au nord du de Paris. L'établissement est, depuis la fin de l'année 2011, désaffecté, puis progressivement réutilisé en centre d'hébergement..
Anciennement dénommé « Hospice des Enfants-Assistés », l'établissement porte son nom actuel depuis 1942 en hommage au prêtre Vincent de Paul, fondateur de la congrégation des Filles de la charité de Saint Vincent de Paul et qui œuvra tout au long de sa vie pour soulager la misère matérielle et morale.
La structure, même après sa fermeture, a longtemps été associée à l'hôpital Cochin au sein du groupe hospitalier Cochin – Saint-Vincent-de-Paul, qui fait partie du groupement hospitalier universitaire ouest. L'établissement a présenté de nombreux services liés à la prise en charge sanitaire des enfants, notamment d'orthodontie-occlusodontie et de chirurgie, mais aussi une maternité.
À sa création, l'hôpital fut dénommé et placé sous la protection de saint Vincent de Paul, le prêtre landais qui fut canonisé par Clément XIISaint Vincent de Paul : sa vie, son temps, ses œuvres, son influence, volume 4 - Michel Ulysse Maynard (404 et suivantes). et institué « patron de toutes les œuvres charitables ». par le pape Léon XIII.
Entre 2015 et 2020, un modèle d'urbanisme transitoire, dénommé Les Grands Voisins, s'installe progressivement sur le site de , dans l'attente de la restructuration complète de l'ancien hôpital en « nouvel éco-quartier ». Ce dispositif quitte les lieux en .
Selon le Conseil de Paris, gestionnaire du site et du lancement de ce nouveau quartier, certains bâtiments seront conservés, dont notamment l'entrée et la façade monumentale longeant l'avenue Denfert-Rochereau.
Histoire L'hospice fondé par saint Vincent-de-Paul
vignette|left|Portrait de saint Vincent de Paul. L'hospice des Enfants-Trouvés est fondé par le religieux lazariste Vincent de Paul en 1638. D'abord installé près de la porte Saint-Victor, il est transféré par la suite au château de Bicêtre, puis près de l'enclos Saint-Lazare, enfin rue du Faubourg-Saint-Antoine.. En 1648, il convoque une assemblée de dames charitables et prenant la parole, il rappelle que l'œuvre avait déjà sauvé six cents enfants mais que les ressources manquaient pour poursuivre l’œuvre entreprise. Ses paroles, assez pathétiques, semblent avoir été assez convaincantes, car le jour même l'hôpital des Enfants-Trouvés de Paris reçut les capitaux nécessaires pour poursuivre sa tâche et sa mission protectrice. Un autre établissement est fondé vers 1672 sur le parvis Notre-Dame.
Après la Révolution française, l'hospice de l'île de la Cité est abandonné. Les bâtiments furent, par la suite, occupés par les services administratifs de l'assistance publique, avant d'être démoli dans les années 1870 pour étendre le parvis Notre-Dame. Celui du faubourg Saint-Antoine, qui devient l'hospice des orphelins, est conservé pour accueillir les enfants de à ans. Il devient en 1880 l'hôpital Armand-Trousseau. Il est transféré sur son site actuel en 1901 et les anciens locaux sont rasés.
L'hôpital Saint-Vincent-de-Paul vignette|Deux sœurs de la Charité Saint-Vincent de-Paul, tableau de 1859 d'Henriette Browne. vignette|« Monuments aux enfants morts » de l'établissement. Création
La loi du 27 frimaire an V, correspondant au , réorganise l'accueil des enfants abandonnés. En 1800, sous le Consulat, les anciens locaux de l'institution de l'Oratoire situé au rue d'Enfer (future avenue Denfert-Rochereau), accueillent un nouvel hôpital pour enfants trouvés. La chapelle de la Trinité est un bâtiment datant de 1655 préservé de cette institution.
Durant tout le et jusqu'aux années 1960, la congrégation de sœurs de Saint Vincent de Paul ont été des auxiliaires de santé dans cet hôpital et hospice, d'abord de façon presque exclusive, puis à partir des années 1920, elles furent progressivement remplacées par des infirmières et des aides soignantes laïques, agents de la fonction publique.
Le « tour d'abandon » Un tour d'abandon (équivalent de la « boîte à bébés » dans d'autres pays), lieu aménagé en alcôve, où les mères peuvent déposer de manière anonyme leurs bébés, existait à l'entrée de l'hospice Saint-Vincent-de-Paul. Il est utilisé durant tout le , mais ce système de dépôt n'existe plus en France..
Ce petit espace se situe entre la porte condamnée de la chapelle de l'Oratoire, encore visible en 2018 et la grille de l'ancien foyer, sous la forme d'un espace d'environ deux mètres. La porte du tour d'abandon se trouve à droite, là où un mur se substitue à la grille..
La maternité Pinard thumb|upright=0.5|gauche|Adolphe Pinard, photographié par Pierre Petit (avant 1910). Cette maternité, créée en 1934, est définitivement fermée à la fin de l'année 2011.. Elle portait le nom du professeur Adolphe Pinard, père de l'organisation de la puériculture en France.
La première maternité a été conçue par l’architecte Félix Debat (1867-1938) et se composait de trois ailes disposées autour d’une cour centrale, dotées de planchers de béton armé et habillées de briques jaunes. La première de ces ailes était située face à l’ancien noviciat de l’Oratoire. En 1969, afin de répondre aux besoins du site, un centre d’accueil est inauguré. Le nouvel immeuble, conçu par l’architecte Georges Mathy, relie alors les deux ailes du bâtiment Pinard, fermant ainsi la cour sur quatre côtés..
Le groupe hospitalier L'hôpital de La Roche-Guyon, situé dans le Val-d'Oise, est rattaché administrativement depuis 1971 à l’hôpital Saint-Vincent de Paul. Le groupe hospitalier Saint-Vincent-de-Paul-La Roche-Guyon comprend dès lors que ces deux hôpitaux à vocation pédiatrique, l’hôpital de La Roche-Guyon accueillant uniquement des enfants polyhandicapés mentaux et des enfants déclarés « psychotiques », correspondant, de nos jours à des cas d'autisme infantilesite de l'AP-HP, page sur l'hôpital de la Roche-Guyon, consulté le 17 août 2018.
En 1999, l'AP-HP rattache les deux établissement à l'hôpital Cochin et crée le groupe hospitalier Cochin-Saint-Vincent-de-Paul-La Roche-Guyon..
« L'affaire des fœtus » Le , de nombreux articles de presse (parus notamment dans Le Figaro, Libération et Le ParisienSite Le parisien, page sur « l'affaire des fœtus ») rapportent que de nombreux fœtus humains étaient conservés dans des conditions anormales dans le laboratoire d'histologie et de fœtopathologie de l'hôpital (c'est-à-dire conservés depuis de nombreuses années pour des raisons inconnues et non scientifiques).
Le chiffre officiel est de fœtus conservés, très certainement, depuis la fin des années 1970.
L'enquête menée par la direction de l'AP-HP permet de faire apparaître différents dysfonctionnements : tout d'abord, des conditions de conservation douteuses au regard des pratiques professionnelles, ensuite des carences dans la tenue des archives qui empêchèrent la traçabilité des opérations et enfin l'absence de maîtrise dans l'organisation du système de conservation..
La direction de l'AP-HP fit paraître un communiqué à la suite de cette affaire et s'engagea à mener une plus grande vigilance vis-à-vis de l'organisation des services d'anatomo-pathologie généralement chargés de l'organisation de la conservation des corps dans les hôpitaux.
La chambre mortuaire de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul fut fermée et l'ensemble de son activité transférée vers la chambre mortuaire de l’hôpital Cochin. Des blâmes furent émis à l'égard de responsables médicaux, dont le Alain Pompidou.Cabinet de Xavier Bertrand, ministre de la santé et des solidarités Affaire de la chambre mortuaire de l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul(cf.Archive wixi), communiqué, Paris, 2 août 2006, tandis que le directeur de l'hôpital est sanctionné par un avertissement de la direction générale de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris.
L'affaire du 24 décembre 2008 vignette|La chapelle de la Très-Sainte-Trinité-et-de-l'Enfant-Jésus de l'hôpital. La veille de Noël, un jeune garçon, prénommé Ilyès, est décédé dans un service de l'hôpital, victime, selon les premiers témoignages, d'une erreur de perfusion. Le garçonnet, hospitalisé pour une angine dans le service de pédiatrie, aurait reçu par erreur une perfusion mortelle de chlorure de magnésium. Il décédera d'un arrêt cardiaque. L'infirmière, professionnelle expérimentée, très choquée, a reconnu son erreur. Elle a été mise en examen pour homicide involontaire. Les premières constatations de l'enquête sembleraient indiquer une erreur de livraison. Les parents ont porté plainte.
Un audit sur le circuit du médicament, réalisé dès novembre et , avait mis en évidence des non-conformités, qui ne se trouvaient pas toutes corrigées au moment du drame.. Le , le pharmacien-chef de l'hôpital Cochin est mis en examen..
Le procès a lieu en septembre et devant le tribunal correctionnel de Paris.. Le , le Parquet requiert une amende de contre l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris et six mois de prison avec sursis contre l'infirmière et le cadre de santé, laissant la situation du pharmacien à l'appréciation du tribunal.. Le , le tribunal condamne les trois professionnels de santé à un an de prison avec sursis et l'AP-HP à d'amende..
La fermeture progressive de l'hôpital Depuis 2004, des rumeurs, plus tard reprises par les syndicats, puis ensuite confirmées par la direction de l'AP-HP annoncent que l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul doit fermer et ses services déplacés vers d'autres établissements (notamment l'hôpital Cochin ou l'hôpital Necker-Enfants malades, très proche).
Tout d'abord, il fut prévu d'y installer le nouveau palais de justice de Paris mais, après une longue attente, le gouvernement français décide de lancer ce projet dans le .
Le à , les urgences pédiatriques et le bloc opératoire ferment définitivement, tandis que la pédiatrie-générale cesse son activité dès le dimanche suivant. Certains services spécialisés — chirurgie orthopédique, anesthésie-réanimation, et consultation d'ophtalmologie — sont transférés à la fin de la semaine. Les services de pédiatrie et d'endocrinologie-neurologie rejoignent alors l’Hôpital Necker-Enfants malades ()...
Fin 2011, à la suite de l’ouverture de la nouvelle maternité de Port-Royal, c’est au tour de la maternité Pinard de fermer ses portes. Le service des admissions et toutes les activités de la maternité sont transférés à l’hôpital Cochin - Port-Royal, situé dans le même arrondissement.
La ville de Paris prévoit de réaménager l'ensemble de l'établissement pour aménager un écoquartier d'ici 2017, mais qui entraîneront de nombreuses contestations et par conséquent des retards dans sa mise en place..
L'établissement abrita jusqu'en . une collecte fixe de l'établissement français du sang (EFS).
Avenir et reconversion de l'ancien hôpital Les « Grands Voisins » vignette|redresse|gauche|Les Grands Voisins. En vertu de l'accord donné par l’Assistance publique - Hôpitaux de Paris (AP-HP), de 2011 à fin 2017, des bâtiments de l'ancien hôpital sont confiés à l'association Aurore pour y implanter des centres d’hébergement d’urgence dans ce premier bâtiment, les autres locaux hébergeant des services associatifsSite de libération, article sur "les vies multiples de l'hôpital Saint-Vincent-de-Paul.
En , la ZAC de Saint-Vincent-de-Paul a été créée à la suite d'une délibération du Conseil de Paris. Durant cette même séance, le conseil a également décidé de concéder l’aménagement de cette ZAC à la Société publique locale d’aménagement Paris Batignolles Aménagement dans le cadre d’une concession d’aménagement.