Hans Günther est un anthropologue et raciologue allemand, né le à Fribourg-en-Brisgau (Grand-duché de Bade) où il est mort le .

Il a repris la théorie de Joseph Arthur de Gobineau sur l'inégalité des races. Il est l'un des plus célèbres raciologues du Troisième Reich.

Biographie Hans Friedrich Karl Günther naît à Fribourg-en-Brisgau en 1891. Il étudie la linguistique comparée et la littérature allemande (germanistique) à l'université de Fribourg, suit également des cours de zoologie et de géographie. Il assiste à des conférences données par l'anthropologue Eugen Fischer. En 1914, il est reçu docteur en philologie. Lors du déclenchement de la Grande Guerre, il se porte volontaire, mais est déclaré inapte. Il participe au conflit dans le cadre de la Croix-Rouge. Il se fait connaître par ses écrits sous la république de Weimar, rencontrant le succès dès la publication de son ouvrage La Raciologie du peuple allemand (Rassenkunde des deutschen Volkes) qui s'écoule à dès sa première édition (1922).

Reconnaissance universitaire

Il n'obtient de reconnaissance universitaire qu'après sa nomination à un poste d'enseignant à l'université d'Iéna en dépit des protestations du recteur et du Sénat de l'universitéMosse, 1966, .. Sans l'appui du NSDAP et de Wilhelm Frick devenu ministre de l'Intérieur et de l'Éducation du Land de Thuringe, Günther n'aurait pas obtenu ce posteDer Nationalsozialismus und die Antike / Johann Chapoutot. Aus dem Französischen von Walther Fekl. - Darmstadt : von Zabern, 2014, academia.edu, Informationsmittel (IFB)..

Une chaire de raciologie est alors créée pour lui : le , sa leçon inaugurale est suivie par de nombreuses personnalités du NSDAP, Hitler, Darré, Sauckel, Goering.

À partir de 1933, sa carrière universitaire connaît un essor fulgurant : en 1935, nommé professeur à l'université de Berlin, il se voit décerner par Alfred Rosenberg le prix de la science du NSDAP puis à celle de Fribourg en 1939. Par ailleurs, cette reconnaissance lui permet de former, et de soutenir un groupe de chercheurs qui valident ses théories dans le cadre des instituts de recherches de SS.

Carrière durant le Troisième Reich Proche du nazisme, il édite ses ouvrages dans la maison d'édition de Julius Friedrich Lehmann, éditeur de Munich membre du NSDAP depuis 1920, mais Günther n'adhère formellement à la NSDAP qu'en 1932. Au sein du parti, il est surnommé Rassengünther (« Günther-des-races »). Cette proximité avec le parti lui vaut non seulement une carrière universitaire, mais aussi l'obtention de nombreuses fonctions au sein du parti et de l'État (il est ainsi nommé au sein du comité d'experts pour la politique démographique et raciale en 1933) et des distinctions honorifiques (en 1935, il reçoit le prix du parti pour la science, puis la médaille Goethe pour la science, et, en 1941, il se voit remettre la Goldenes Parteiabzeichen de la NSDAP.

Günther est considéré comme un intellectuel représentatif de l'« aile droite » du national-socialisme, hostile aux tendances collectivistes du phénomène (illustrées par l'« aile gauche » de la NSDAP, menée par des personnalités comme Johann von Leers et les frères Otto et Gregor Strasser) et désireuse de mettre en relief les contenus « apolliniens » et aristocratiques, les idéaux d'ordre, de mesure et de maîtrise de l'héritage indo-européen.

Après 1945 En dépit de ses multiples écrits antisémites, il n'est emprisonné que trois années, la chambre de dénazification de Fribourg n'ayant pas retenu de faits contre lui.

Écarté en 1945, il continue à jouer un rôle significatif dans la formation des courants proches de la Nouvelle Droite française, l'annonce de son décès est d'ailleurs le fait de la revue de la Nouvelle Droite, Éléments.

Conceptions et idées Günther est l'un des plus ardents défenseurs de l'idée de race nordique, et non de la race aryenne. Ainsi, il s'attache dans ses écrits à rechercher les différentes origines possibles de la race aryenne et les raisons pour lesquelles une race peut être amenée à disparaître. Mais surtout, avant d'être l'un des théoriciens nordicistes, il est surtout un théoricien de la race indogermanique nordique.

Croyances religieuses Élevé dans la religion protestante, il quitte l'église protestante en 1925 et se rallie au mouvement néopaïen en 1935, en s'affiliant au mouvement de la foi allemande; sous l'influence de Rosenberg, il énonce ses affinités pour le paganisme Völkisch. De plus, s'il ne s'avoue païen qu'en 1935, ses écrits, et plus spécifiquement la Raciologie du peuple allemand, attestent d'un anti-christianisme latent, malgré la volonté de sa maison d'édition, Lehmann, de présenter ses thèses comme relevant uniquement du champ de la science.

Au début des années 1920, affichant ses croyances païennes, il est membre de la société de l'Edda, groupe païen croyant en la magie des runes ; il collabore régulièrement au journal de cette société, nommé (« Liberté allemande »), rebaptisé (« Liberté aryenne »). Par la suite, il adhère au Mouvement de la foi allemande de Jakob Hauer, soutenu par Alfred Rosenberg.

Jusqu'à la fin de sa vie, en 1968, il déclare adhérer au paganisme, dont il situe la source dans la paysannerie allemande, réaffirmant ainsi sa proximité avec Hitler et Darré.

Les races selon Hans Günther Selon Günther, fortement influencé par Gobineau, l'appartenance à une race se transmet de manière héréditaire et octroie à ses membres un certain nombre de caractères physiques et intellectuels héréditaires. Se présentant comme un anthroposociologue, il confère à la connaissance d'une hypothétique science de la race une importance capitale pour la compréhension des sciences humaines.

Durant les années 1920 et 1930, comme beaucoup d'autres théoriciens de la race, il propose une classification de l'humanité en races, organisées selon des critères d'implantation ou d'origine géographique. Chaque race serait dotée de caractères raciaux spécifiques, la race nordique devant combiner des capacités physiques et intellectuelles sans commune mesure avec les autres races. Cependant, selon lui, toutes les races présentes en Europe possèdent des caractéristiques communes, , mais dans des proportions variables selon le degré de mélanges raciaux.

Ces caractères raciaux assurent à ceux qui les possèdent des capacités physiques et intellectuelles plus grandes que celles de leurs contemporains, ces capacités permettant l'acquisition, sur de nombreuses générations, d'une plus grande « conscience raciale », voire d'une . Parmi ces caractéristiques, la forme des crânes constitue un marqueur physique à ne pas négliger, selon Günther.

Cependant, il développe aussi l'idée qu'un peuple est un mélange de races : comme tous les autres peuples, le peuple allemand est constitué d'un mélange d'apports raciaux de différentes origines ; cependant, se plaçant dans la lignée du Gobineau, et ne niant pas le métissage qui constitue la base du peuple allemand, il trouve cette idée néfaste pour l'Occident. Dans les années 1930, il se montre un fervent partisan de la mise en place de statistiques raciales, afin de déterminer la part de chaque race dans le peuple allemand. Reprenant ces thèses rencontrant un certain succès à l'époque, il affirme que les Étrusques sont originaires du Levant et, de ce fait, constituent un au cœur de l'Europe nordiqueIl appuie sa démonstration à la fois sur les écrits de Fritz Schachermeyr et sur une étude des fresques murales étrusques..

Günther affirme que le christianisme, en proclamant l’égalité de tous les hommes à l’image de Dieu, est le premier responsable du métissage : Labussière (2005), .. Dans les années 1950, Günther reprend la thèse du déclin de l'Europe, que la race nordique doit affronter.

Pour s'opposer à cette tendance, version raciste du déclinisme de Gobineau, il popularise l'idée de la nécessité d'une renordification du peuple allemand et des peuples européens, par une stricte sélection raciale, destinée à accroître la part du sang nordique au sein des peuples européens. Il envisage en réalité de modifier la composition raciale des peuples européens : il ne souhaite nullement revenir à une pureté raciale originelle, mais parvenir à une nouvelle race nordique, construite par une stricte politique eugéniste. Encourageant les mariages entre représentants de la race nordique, il épouse lui-même une Norvégienne.

Pour Günther, appuyé sur Jordanès, l'historien du peuple des Goths, la race nordique, héritière des cultures et de la spiritualité indo-germaniques de la Préhistoire, a pour origine géographique le Septentrion, voire le pôle Nord, dans la partie de l'Europe paléolithique non recouverte par les glaces, tout en s'opposant à l'hypothèse de l'origine indienne, donc asiatique, des Germains : en effet, il prend position dans les débats contre l'hypothèse d'une migration des élites indogermaniques depuis l'Asie vers l'Europe.

En effet, à ses yeux, rien de bon dans l'humanité ne peut être originaire du continent asiatique, s'opposant ainsi au mythe aryen, qui fait des Allemands les descendants d'une race dominante venue d'Asie.

Des théories en évolution Au fil des rééditions de son ouvrage la Raciologie du peuple allemand, il développe de nouvelles excroissances théoriques. Il crée ainsi une race dinarique, créée à partir de l'observation raciale des prisonniers alliés originaires des États balkaniques : cette race, protégée par la géographie particulière des Balkans, aurait su préserver sa particularité par d'habiles mélanges de sang.

À la suite de l'Anschluss, il affirme que la « composante du peuple allemand » vivant en Autriche, peut parfaitement s'intégrer au sein du schéma nazi ; de même, il crée une race est-baltique, issue de mélange entre la race nordique et la race ostique, caractérisée par de forts éléments raciaux asiatiques et mongols, des yeux et des cheveux foncés, et une race dalique, falique, cousine de la race nordique, caractérisée par unes silhouette épaisse, des cheveux blonds et des yeux bleus, dont les membres sont considérés comme des fossiles vivants, descendants directs de l'homme de Cro-Magnon. Ce mélange de races définit le peuple allemand comme un métissage de ces différentes races : au sein des individus coexisteraient des caractéristiques issus de ces dernières. Aux yeux de Günther et de ses équipes, seuls 6 % des Allemands sont de purs nordiques et 50 % de la population allemande au maximum porte en elle des composantes nordiques.

Il est ainsi amené à défendre, puis à faire valider d'un point de vue institutionnel, l'idée d'une élite germanique dans l'ensemble des civilisations antiques : les Grecs, les Celtes, les Italiques, ainsi que les Iraniens, les Indiens, les Afghans sont issus, au moins leurs élites, du Nord de l'Europe.

Réception et diffusion de ses idées Dans les années 1920, les ouvrages de Günther recueillent un certain succès auprès du public. Cependant, le monde universitaire est partagé sur les théories développées dans son ouvrage de 1925, l'Idée nordique ; parmi ses soutiens, Gustaf Kossinna se montre intéressé par ses théories, les reprend, mais les amende fortement.

En effet, le principal reproche adressé à cet auteur non issu du sérail universitaire est qu'il diffuse auprès de larges portions de la population allemande la thèse que le peuple allemand est lui aussi issu d'un mélange de races.

Durant le Troisième Reich À partir de 1933, puis surtout après la disparition de l'influence politique de la SA, la SS assure non seulement la réussite de sa carrière, mais aussi le succès de ses théories, érigées en dogmes par le régime : ainsi, en , le journal de la SS, Das Schwarze Korps reprend l'hypothèse nordiciste de Günther, en faisant du pôle Nord le lieu originel de la race nordique ; de même, la formation idéologique de l'Ordnungspolizei reprend ses idées à la lettre, en fixant le berceau géographique de la race nordique en Scandinavie et sur le pourtour de la mer Baltique.