Le duanju, romanisation du terme mandarin (duǎnjù en pinyin), littéralement « courte pièce de théâtre », est un format de production cinématographique originaire de Chine correspondant à une fiction sérielle courte conçue pour un visionnage vertical sur smartphone.

Ce genre, également désigné par les termes micro-drama, short drama, mini drama, microfiction ou fiction verticale mobile, se caractérise par des épisodes très courts, souvent d’une à trois minutes, et une narration rythmée destinée à capter rapidement l’attention du spectateur.

Format

Conçues avant tout pour les plateformes mobiles, beaucoup de duanju sont produites directement au format vertical afin de faciliter le visionnage sur smartphone. Elles sont optimisées pour répondre aux usages fragmentés d'un public à la recherche de contenus courts à consommer rapidement. En raison de leur brièveté et de leur conception pensée pour le mobile, les duanju sont parfois appelées short dramas, vertical dramas, micro-dramas ou mobile dramas dans les pays anglophones. Certaines de ces séries sont également adaptées en jeux narratifs interactifs.

Sur le plan narratif, les duanju reposent majoritairement sur une structure feuilletonnante, dans laquelle une intrigue continue se développe d'un épisode à l'autre afin d'inciter le spectateur à poursuivre son visionnage. Les épisodes se concluent fréquemment par un cliffhanger, destiné à favoriser l'enchaînement immédiat de l'épisode suivant. Les formats anthologiques, où chaque épisode raconte une histoire indépendante, demeurent marginaux. Les duanju sont ainsi rarement construits autour d'une succession de récits thématiques autonomes, privilégiant au contraire une intrigue unique développée sur l'ensemble de la série.

On peut rapprocher ces mini-séries chinoises des feuilletons, bien que leur rythme narratif soit nettement plus rapide et intense.

Émergence et développement en Chine Le duanju trouve son origine dans les fictions en ligne chinoises apparues vers 2002, publiées par épisodes sur des plateformes comme Qidian, avec un modèle économique à la carte ou par abonnement.

En 2013, les premières fictions duanju au format vidéo apparaissent sur Youku Tudou.

À partir de 2018, leur diffusion se développe sur des applications mobiles verticales comme Douyin (version chinoise de TikTok), ReelShort, DramaBox, GoodShort et Kuaishou.

Entre 2020 et 2022, le format se professionnalise : tournages accélérés (souvent en moins de deux semaines), format vertical 9:16, budgets allégés, et monétisation par modèles freemium ou paiement à l’épisode. Contrairement à la majorité des contenus publiés sur des applications comme TikTok, les duanju sont produits de manière professionnelle, et non générés par les utilisateurs. Les sociétés de production chinoises engagent des acteurs et des équipes techniques professionnelles pour tourner et monter ces séries. Les duanju adoptent généralement un modèle freemium : quelques épisodes sont disponibles gratuitement, puis la série est monétisée via différents moyens, notamment la vidéo à la demande ou l’abonnement.

En 2023, l’audience mondiale du duanju est estimée à environ 1,6 milliard de spectateurs.

En 2024, le marché des duanju en Chine a dépassé celui du cinéma national, avec plus de 50 milliards de yuans (environ 7 milliards USD) contre 47 milliards. Le secteur aurait généré plus de 600 000 emplois. Les duanju représentent ainsi l’un des secteurs les plus dynamiques de l’industrie du divertissement en Chine.

En 2025, le journal britannique The Guardian a mis en avant le succès croissant des duanju. L’article mentionne également que cette tendance pourrait représenter un marché de plus de 14 milliards de dollars d’ici 2027.

Expansion internationale À partir de 2023, les duanju ont commencé à se diffuser largement hors de Chine grâce à des plateformes comme ReelShort, DramaBox, ShortMax ou GoodShort. En 2025, le marché mondial du secteur a atteint 11 milliards de dollars, dont près de 1,9 milliard hors de Chine.

France Au printemps 2023, la première série française au format duanju, Les Aventures avec ma voisine, est publiée sur Facebook sur la page de Guillaume Sanjorge, où elle cumule plusieurs centaines de milliers de vues avant d’être diffusée sur une plateforme asiatique.

En , plusieurs médias français (France Inter, France Info, Midi Libre et Courrier International) présentent l’application ReelShort comme le « TikTok des séries ».

En , le journal Le Monde décrit l’arrivée en France des séries courtes verticales, diffusées principalement via l’application ReelShort, et souligne leur succès croissant auprès du jeune public.

Depuis 2025, la plateforme asiatique Stardust TV commence à s’étendre en France. Parmi ses nouveaux contenus figure la série verticale française Les Aventures avec ma voisine (Next Door Adventure), produite par Guillaume Sanjorge, première série française diffusée sur une plateforme asiatique dédiée à la fiction mobile verticale.

En , Gaëtan Bruel, président du CNC, évoque pour la première fois le format à l'occasion d'un déplacement en Asie.

En , la journaliste Jade Hin-Cellura du magazine Géo consacre un article à l’engouement d’Hollywood pour les mini-feuilletons chinois et met en avant le duanju comme un format en pleine expansion. Le quotidien canadien La Presse publie un article de Mathieu Perreault sur l'essor du format duanju en France, dans lequel le producteur Guillaume Sanjorge estime que ce format pourrait se développer en Occident malgré la prédominance actuelle des productions chinoises.

En , lors du Festival de la Fiction de La Rochelle, le président du CNC, Gaëtan Bruel, a qualifié le micro-drama de « parfait contre-exemple » de ce que la France devrait défendre. Cette position, perçue comme hostile au format, a été reprise et parfois partagée par plusieurs médias français dans des articles au ton critique. Ces réactions ont été désignées par duanju.news sous le terme de « duanjuphobie ». Le producteur français Guillaume Sanjorge défend une lecture plus volontariste du phénomène. Dans un entretien accordé au media professionnel Ecran Total, il estime que la France pourrait devenir « championne d’Europe » si elle parvient à structurer une filière de production et de distribution adaptée à ces nouveaux formats.

Le même mois, Ouest-France et Novo19 consacrent un reportage vidéo aux coulisses du tournage d’une série française au format duanju produite par Guillaume Sanjorge, illustrant l’émergence de ce format narratif mobile en France.

En avril 2026, Un reportage du média public France Info, signé par la journaliste Julie Marie-Leconte, aborde l’adaptation des formats audiovisuels à la baisse de l’attention des spectateurs ; Jérôme Chouraqui, président du Media Club, y indique que les plateformes incitent les scénaristes à concevoir des contenus plus courts et immédiatement engageants, tandis que Guillaume Sanjorge y défend les Duanju comme une alternative plus qualitative aux contenus diffusés sur les réseaux sociaux et invite comédiens et réalisateurs à s’investir dans ce format, notamment pour en accompagner la montée en qualité.

En mai 2026, la série Roi Gandolfi (King Gandolfi) de Guillaume Sanjorge avec Jean Pierre Castaldi, Michel La Rosa, Marthe Villalonga, Cyrille Etesse, Anthony Joubert, Laurent Artufel devient l’une des premières séries au format Duanju projetées à Toulon, dans le cadre du programme MEDSERIES consacré aux séries audiovisuelles liées au patrimoine méditerranéen et aux territoires de Provence.

En juin 2026, la chaîne d'information française BFM TV consacre un reportage au phénomène des duanju en France et à l'international. Le sujet présente des interviews réalisées en Chine lors du Global Traffic Conference de Shenzhen ainsi qu'une immersion sur le tournage d'une série verticale française produite par Guillaume Sanjorge. Quelques jours plus tard, BFM Tech publie un premier article consacré à l'essor mondial des micro-dramas, établissant notamment un parallèle entre leurs mécanismes de suspense et les premières planches d’Astérix publiées sous forme de feuilleton dans Pilote. Un deuxième article est consacré aux stéréotypes véhiculés par certaines productions. Guillaume Sanjorge y distingue le marché intérieur chinois des contenus exportés vers l'Occident et évoque la régulation chinoise du secteur. L'article est illustré par une photographie de la série française Roi Gandolfi, avec Jean-Pierre Castaldi et Jordan De Luxe. Un autre article traite de l'émergence d'une filière française du micro-drama. Guillaume Sanjorge y revient sur les débuts du format en France, alors que presque personne n'en parlait encore, ainsi que sur le déploiement des sites Duanju.fr (France), Duanju.es (Espagne), Duanju.it (Italie) et d'autres déclinaisons internationales dédiées au secteur. Il estime que la France et l'Europe disposent encore d'une opportunité pour structurer leur propre écosystème de production et de diffusion avant que le marché ne soit dominé par les plateformes étrangères. L'article est illustré par des photographies des séries françaises Ambre, Les aventures avec ma voisine et La Minute des Frangins.

Le même mois, le magazine culturel français Télérama publie un dossier consacré à l'essor des duanju et aux débats qu'ils suscitent dans l'industrie audiovisuelle. Interrogé dans ce cadre, le producteur Guillaume Sanjorge défend une vision plus diversifiée du format, appelle les artistes et les créateurs à s'en emparer et présente les fictions verticales comme une évolution des usages mobiles offrant une alternative plus narrative aux vidéos courtes des réseaux sociaux.

En juillet 2026, L'Express cite le producteur français Guillaume Sanjorge parmi les pionniers européens du duanju. Dans une analyse consacrée au développement mondial du micro-drama et à l'essor de la production assistée par intelligence artificielle, le magazine évoque son positionnement sur ce marché émergent aux côtés du studio allemand Black Forest, tout en soulignant les spécificités du modèle économique du micro-drama par rapport à celui de la fiction française traditionnelle.

Évènements en France

Le a lieu la première projection publique en France de séries au format duanju, organisée par l’association Studio Phocéen à Paris'.

Le , l’association Studio Phocéen organise à Paris une rencontre réunissant des créateurs, producteurs et comédiens autour du développement du format. Le producteur Jean-François Fonlupt ainsi que les acteurs Michel La Rosa, Jean-Louis Barcelona et Magali Semetys figurent parmi les intervenants.

Le , le médiaClub International organise à l'EICAR une table ronde consacrée au format, avec la participation de Bo Zhang et de Guillaume Sanjorge. La rencontre porte sur l’essor international du format, ses modèles de production et de monétisation, ainsi que sur ses perspectives en France.

Le , le format duanju fait l'objet d'une rencontre professionnelle lors du festival Les Hérault du Cinéma et de la Télé, organisé au Palais des Congrès du Cap d'Agde. Cette intervention, animée par Guillaume Sanjorge, est consacrée au développement international des séries courtes et réunit notamment une représentante de Guang Hua Cultures et Media (GHCM), groupe médiatique chinois implanté en Europe. La rencontre figure au programme officiel de la 23e édition du festival. L'information a également été relayée par plusieurs médias chinois.

Le , le format duanju intègre pour la première fois le programme officiel du MIPCOM, principal marché international des contenus audiovisuels organisé à Cannes. L'édition 2026 inaugure le Microdrama & Vertical Content Programme, consacré aux contenus verticaux, avec des conférences, des rencontres professionnelles et un sommet international réunissant les principaux acteurs du secteur.

Allemagne