La LEGO Thérapie (en anglais ) est une approche d’intervention éducative et thérapeutique utilisant les briques LEGO comme support de médiation pour favoriser le développement des compétences sociales, communicationnelles et cognitives. Elle est principalement utilisée auprès d’enfants et d’adolescents présentant des troubles du neurodéveloppement, notamment les troubles du spectre de l’autisme.
Développée dans les années 1990 par le neuropsychologue américain Daniel B. LeGoff, cette approche repose sur l’observation que certains enfants interagissent plus spontanément dans des activités de construction collaborative.
La LEGO Thérapie s’inscrit dans le champ des interventions médiatisées par le jeu et repose sur une structuration des interactions sociales, notamment à travers l’attribution de rôles complémentaires aux participants afin de favoriser la coopération, la communication et la résolution de problèmes.
Historique La méthode a été développée dans les années 1990 par le neuropsychologue pédiatrique américain Daniel LeGoff. Il observe que certains enfants atteints de trouble du spectre de l'autisme (TSA) interagissent spontanément lorsqu’ils manipulent des briques LEGO. Ce constat l'amène à formaliser un cadre d’intervention thérapeutique structuré autour de ce support ludique.
En 2008, la chercheuse britannique Gina Gomez de la Cuesta contribue à diffuser et structurer la méthode dans le contexte éducatif du Royaume-Uni. Elle coécrit avec LeGoff un manuel de référence qui popularise la méthode auprès des praticiens..
L’étude de LeGoff (2004) a démontré une amélioration significative des interactions sociales chez les enfants avec TSA. Owens (2008) ont également confirmé son efficacité dans des groupes d'enfants autistes.
Pratique contemporaine Les séances durent généralement entre et 1h30 et peuvent être conduites en petit groupe ou en individuel, selon les objectifs poursuivis. Les rôles classiques attribués aux participants (constructeur, ingénieur, fournisseur, inspecteur) permettent de structurer les échanges, d'encourager la coopération, et de renforcer l'attention conjointe. La rotation régulière des rôles contribue à développer la flexibilité cognitive, la prise d'initiative et le respect des consignes..
Recherches universitaires et thèses doctorales Depuis les travaux pionniers de LeGoff (2004), la LEGO Thérapie a fait l’objet de nombreuses recherches universitaires, principalement dans les pays anglo-saxons. Articles scientifiques, mémoires et thèses doctorales ont documenté son efficacité, ses modalités d’application et ses limites, en contexte scolaire, clinique ou institutionnel.
Aux États-Unis, LeGoff (2004), puis LeGoff et Sherman (2006), ont démontré les effets positifs de l’approche sur les compétences sociales et langagières d’enfants autistes, en s’appuyant sur des outils d’évaluation standardisés comme la VABS et la WISC-III..
Au Royaume-Uni, Owens et al. (2008) ont mené une étude comparative entre la LEGO Thérapie et le programme SULP, montrant une amélioration significative des interactions sociales dans le groupe LEGO..
Plusieurs travaux universitaires ont ensuite prolongé ces études : Pang (2010) a travaillé sur le langage expressif et réceptif dans une étude de cas ; Andras (2012) a mené une recherche qualitative sur l’appropriation de la méthode par des enfants TSA ; Barakova (2014) a expérimenté une approche combinée LEGO et robotique sociale ; Huskens (2014) a proposé une étude expérimentale autour des médiations robotisées.
Des thèses de doctorat ont approfondi ces perspectives : Brett (2013), à l’Arizona State University, a étudié l’effet de la LEGO Thérapie sur la socialisation et la motivation de jeunes avec TSA ; Boyne (2014), à la University of Birmingham, s’est penché sur la perception de l’inclusion scolaire par des enfants autistes ; Nguyen (2016), à Northcentral University, a mené une étude à mesures répétées sur 27 adolescents autistes, soulignant des gains en habiletés sociales adaptatives.. Yuk Fai Sam Cheng (2016), à la University of Hong Kong, a exploré les effets de la méthode sur la motivation sociale ; Boylan (2019), à Liberty University, s’est concentrée sur les fonctions exécutives à l’aide des outils BRIEF et NEPSY-II.. Blackshear-Ray (2020), à Capella University, a évalué la faisabilité et la mise en œuvre de la LEGO Thérapie dans les écoles élémentaires publiques aux États-Unis. Enfin, Chloe Schmidt-Dhonneur (2025) à l'Institut catholique de Paris, a analysé l’impact de la LEGO Thérapie sur la qualité de vie et les compétences psychosociales d’enfants avec TSA dans un contexte francophone..
Reconnaissance académique et colloques récents L’intérêt pour la LEGO Thérapie s’est élargi au champ académique, où la méthode fait désormais l’objet de communications lors de colloques scientifiques et professionnels en EuropeECGBL 2024. « A LEGO game to teach teamwork theories », conférence ECGBL, Aarhus, 3–4 octobre 2024..
En , une conférence animée par Chloé Schmidt-Dhonneur a été proposée lors de la 18ᵉ European Conference on Games Based Learning (ECGBL) à Aarhus (Danemark), intitulée "Impact of LEGO® Based Therapy on Skills Development and Quality of Life in People with Neurodevelopmental Disorders".. Cette même année, un atelier nommé “A LEGO game to teach teamwork theories”, animé par Ian Stewart (Université de Manchester), portait sur l’utilisation du jeu LEGO comme outil pédagogique pour développer les compétences collaboratives dans l’enseignement supérieur. Ce jeu, non digital, lui a valu le deuxième prix de sa catégorie..
Enfin, aux Conférences Jean Piaget, organisées à l’Université de Genève du 25 au , plusieurs communications ont exploré l’apprentissage par le jeu et les supports concrets dans la perspective piagétienne. L’usage du LEGO a été évoqué par Chloe Schmidt-Dhonneur comme outil de médiation favorisant l’abstraction progressive chez l’enfant...
Références
Voir aussi Autisme
Catégorie:Pédagogie Catégorie:Lego