Danaé est un tableau réalisé par le peintre français Anne-Louis Girodet. De format vertical, cette huile sur toile représente Danaé, en extase, sous une pluie de présents envoyés par Zeus. Le tableau a été commandé en 1798 pour la décoration d'un hôtel particulier dans le quartier de la Chaussée d'Antin. Il est l’un des deux tableaux de Girodet représentant ce personnage de la mythologie grecque, l’autre étant Mademoiselle Lange en Danaé. L'œuvre est conservée au musée des Beaux-Arts de Leipzig, à Leipzig, en Allemagne.

Historique En 1798, Girodet reçut une commande pour une Danaé destinée à l’intérieur de l’hôtel particulier de Martin Michel Gaudin, alors en cours de réaménagement, situé rue du Mont-Blanc, dans le quartier de la Chaussée d’Antin.

Sous le Directoire, le quartier commença à attirer les membres d’une bourgeoisie nouvellement enrichie. Ces nouveaux résidents cherchèrent à s’associer au raffinement de l’Ancien Régime et commandèrent des œuvres faisant écho aux tendances décoratives antérieures. L’« hôtel Gaudin » présenta des intérieurs inspirés des palais pompéiens, conçus par Charles Percier et Pierre Fontaine, tous deux décorateurs renommés sous la Révolution et le Premier Empire.

De même que de nombreux tableaux conçus à des fins décoratives, Danaé ne fut pas exposée au Salon de 1799 et fut installée dans la demeure de Gaudin immédiatement après son achèvement. Girodet reçut six cents francs pour Danaé, somme considérée comme modeste pour l’artiste. Cette somme refléta la rémunération limitée dont disposaient les artistes sous le Directoire.

Après la vente de l’hôtel particulier par Gaudin, un autre propriétaire fit recouvrir d’une épaisse couche de peinture la nudité de Danaé. Ferdinand Lancrenon, élève de Girodet, identifia la retouche en 1810 et fit rapatrier le tableau dans l’atelier de l’artiste, où sa représentation originale fut restaurée.

Description Danaé se tient entièrement nue sur un lit couvert de fleurs, dans une pose de contrapposto. Son lit, caractéristique de l’esthétique pompéienne de Percier, est placé au sommet de la tour dans laquelle elle est retenue. La présence de lances de gardes (visibles à l’extrême droite, près de son mollet) suggère son emprisonnement. Les bras levés, dévoilant sa poitrine, elle lève les yeux, captivée par son propre reflet dans un miroir tenu par un putto.

La description du tableau par Pierre-Alexandre Coupin dans sa publication consacrée à Girodet (1829) a permis d’éclairer de nombreux éléments non conventionnels dans le traitement du sujet par l’artiste. Ces éléments expliquent que la figure a pu être interprétée comme une Vénus et le tableau confondu avec le portrait de Mademoiselle Lange à présent perdu que celle-ci a désavoué, conduisant l'artiste a créer Mademoiselle Lange en Danaé par vengeance. La copie de Danaé au musée Fabre de Montpellier est ainsi intitulée Mademoiselle Lange en Vénus.

Références

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