Jean-Jacques Aillagon, né le à Metz (Moselle), est un dirigeant d'institutions culturelles, ancien ministre de la Culture et de la Communication de à .

Jean-Jacques Aillagon a été directeur des affaires culturelles de la mairie de Paris (1993-1996), président du centre Georges-Pompidou (1996-2002), président de TV5 Monde (2004-2005), et président de l'Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles (2007-2011).. Il est le conseiller des affaires culturelles de François Pinault, et directeur général de Pinault Collection depuis 2018.

Jean-Jacques Aillagon est l'artisan de la loi du relative au mécénat, aux associations et aux fondations, dite loi Aillagon. Il pilote la mise en autonomie des musées français, et mène une politique de décentralisation de la culture qui se concrétise avec la création du centre Pompidou-Metz et du Louvre-Lens.

Biographie Études

Jean-Jacques Aillagon passe une maîtrise d'histoire moderne à l'université de Toulouse et un diplôme d'études approfondies (DEA) en histoire de l'art de l'université Paris X-Nanterre avec un mémoire portant sur Viollet-le-Duc et l'enseignement de l'architecture, puis du CAPES d'histoire-géographie. De 1973 à 1976, il est enseignant en Corrèze, aux lycées d'Égletons et de TulleJean-Jacques Aillagon, ancien ministre de la culture et de la communication, Sciences Po Bordeaux, 20 octobre 2016.

Directeur des affaires culturelles

En 1976, il est détaché du ministère de l'Éducation nationale au ministère de la culture, où il est chargé de recherche au Centre d'études et de recherches architecturales (CERA). En 1977, il intègre l'École nationale supérieure des beaux-arts, en qualité de chef du service des archives de l'architecture. Après être passé chef du service des relations extérieures et des expositions, il est nommé sous-directeur chargé de l'action culturelle et scientifique en 1981. En 1982, il est nommé administrateur du musée national d'Art moderne au centre Georges-Pompidou .

En 1985, Jean-Jacques Aillagon devient adjoint au directeur des affaires culturelles de la Ville de Paris et directeur de l'Office d'information culturelle. En 1988, il est délégué général aux manifestations culturelles de la Ville de Paris. En 1990, il coordonne la célébration du centenaire de la naissance de Charles de GaulleAnge-Dominique BOUZET, https://www.liberation.fr/portrait/1995/05/02/jean-jacques-aillagon-etoile-montante-de-la-culture-en-chiraquiejean-jacques-aillagon-ni-enarque-ni-_133421, Libération, 2 mai 1995.

À partir de 1992, il est directeur général de la Vidéothèque de Paris. En 1993, il est nommé directeur des affaires culturelles de la Ville de Paris. En 1995, il est élu président de l'Association des directeurs des affaires culturelles des grandes villes de France, et nommé commissaire général de l'Année France-Égypte (1997-1998).

Président du centre Georges-Pompidou

Par décret du ., Jean-Jacques Aillagon est nommé président du centre national d'art et de culture Georges-Pompidou. Il est reconduit par décret du ., puis de nouveau le . (fonction quittée lors de sa nomination au gouvernement).

Il gère une campagne de rénovation du centre Georges-Pompidou (1997-2000), déployant un vaste programme hors-les-murs pour déplacer mais aussi exposer les œuvres lors des travaux (1998-1999: Rendez-vous, masterpieces from the Centre Pompidou au musée Solomon R. GuggenheimRendezvous: Masterpieces from the Centre Georges Pompidou and the Guggenheim Museums. Guggensheim.com.; 2000-2001 : Parade à Sao Paulo.). Cette configuration le pousse à développer un projet d'antennes régionales pour accroître la portée du musée parisien et décentraliser la culture en France, en commençant par la ville de MetzJean-Jacques Aillagon : "J'ai fait un rêve...", Le Point, .. Le centre Georges-Pompidou est alors le seul musée en France créée par une loi spéciale en 1974 qui lui permet de bénéficier d'une autonomie totale, une caractéristique qui inspirera la politique d'autonomisation des musées nationaux d'Aillagon durant son mandat de ministre de la Culture (2002-2004)..

Jean-Jacques Aillagon est chargé par le Premier ministre d'une mission de réflexion pour l'organisation de la célébration, par la France, de l'entrée dans le troisième millénaire. Par décret du , il est nommé président de la Mission 2000 en France. À ce titre, il crée l'Université de tous les savoirs au Conservatoire national des arts et métiers (ensemble de leçons magistrales à vocation encyclopédique dont il confie la programmation à Yves Michaud)..

Ministre de la Culture et de la Communication

De à , Jean-Jacques Aillagon est ministre de la Culture et de la Communication dans le premier et le gouvernement Raffarin II...

Jean-Jacques Aillagon mène une politique visant à favoriser l'autonomie des établissements publics relevant de son ministère. Il met en œuvre la loi du relatives aux musées de France. suivi du décret du .. Deux arrêtés du et du introduisent l’appellation « musée de France » à une trentaine de musées.. Les musées d'Orsay et Guimet sont érigés en établissements publics autonomes, tout comme celui du Louvre et de Versailles. Il annonce la création en du centre Pompidou-Metz, première pierre de sa politique de décentralisation de la culture, suivi du lancement du projet Louvre-Lens..

Jean-Jacques Aillagon propose et fait adopter la loi du relative au mécénat, aux associations et aux fondations, dite loi Aillagon., qui offre une réduction d'impôts (jusqu'à 90%) aux entreprises pour l'acquisition des biens mobiliers, œuvres d'art, collections ou archives déclarés « œuvres d'intérêt patrimonial majeur ». Il soutient le développement de la Fondation du patrimoine en obtenant que celle-ci bénéficie de la moitié des successions en déshérence.. En , il annonce le projet de regroupement du CNC, de la Cinémathèque française et de la BIFI au 51 rue de Bercy, et charge Serge Toubiana (rédacteur en chef des Cahiers du cinéma) d'une mission d'expertise.. En , Toubiana prend la tête de la Cinémathèque française et engage les projets voulus par le ministre de la Culture.

Jean-Jacques Aillagon est l'un des artisans de la convention sur la diversité culturelle avec Sheila Copps, ministre de la Culture du CanadaLa Convention sur la diversité culturelle : anatomie d'un succès diplomatique. Il signe le décret portant création d'un nouveau département du Louvre, le département des arts de l'Islam, et confie sa mise en place à Francis RichardChronologie sur le Musée du LouvreAn Essay; Islamic Art as a Mediator for Cultures in Confrontation.

À la demande de Jacques Chirac, il fixe la création d'un nouveau site des Archives nationales à Pierrefitte.. Il accepte la décentralisation du service de l'inventaire au bénéfice des régions, et charge une commission présidée par René Rémond de préparer le transfert aux collectivités territoriales, sur la base du volontariat, de monuments appartenant à l'État.. En 2003, il crée le Conseil national des parcs et jardins.. Il crée le label "Jardin remarquable" et lance les "Rendez-vous aux jardins"..

Jean-Jacques Aillagon fait adopter la loi du relative aux communications électroniques et aux services de communication audiovisuelleLoi n° 2004-669 du 9 juillet 2004 relative aux communications électroniques et aux services de communication audiovisuelle (1). qui offre un cadre favorable à la relance des chaînes locales de télévision. Il introduit un décret ouvrant graduellement la publicité audiovisuelle aux marques de la grande distribution et de la presse, un alignement avec les régulations européennesPub télé: l'ouverture à pas comptés. Il lance également le projet de transformation de la redevance audiovisuelle en impôt.. Il remet en cause les projets de France Télévisions sur le numérique terrestre, invitant le groupe public à approfondir les missions de service public des chaînes existantes. En , il dépose le projet de loi DADVSI qui revisite les termes des droits d'auteur, aussi un alignement sur les normes européennes..

En 2001, le déficit de l'assurance chômage des artistes atteint 739 millions d'euros pour bénéficiaires.. Il soutient la renégociation par les partenaires sociaux des annexes VIII et X de la convention de l'Unédic relatives au régime des intermittents du spectacle, que le gouvernement accepte d'agréer, mais qui suscite toutefois des remous.. De nombreux festivals d'été sont annulésJean-Jacques Aillagon, histoire d'une disgrâce, et l'actrice Agnès Jaoui fustige la position du ministre de la Culture lors de la cérémonie des César en ..

En , il est remplacé au poste de ministre de la Culture par Renaud Donnedieu de Vabres.

Président de TV5 Monde

Le , il est élu administrateur, puis président-directeur général, de la chaîne de télévision TV5.. Simultanément, il est nommé administrateur puis Président du Conseil d'administration de Canal France International, dont la direction exécutive est confiée à son Directeur général, Jean Mino. En , TV5 devient TV5 Monde.

Les grilles de programmes sont refondues, de nouvelles émissions sont lancées (émissions régionales selon zones géographiques internationales), et un nouvel habillage est introduit. L'information est placée au centre des programmes. Il confie à Bernard Cerquiglini la création de l'émission Merci Professeur ! pour renforcer la programmation sur la langue française..À la direction des programmes, il remplace Frédéric Mitterrand par Suzanne Laverdière, de nationalité canadienne.. Il procède à une nouvelle installation des locaux de la chaîne, de la rue Cognacq-Jay à l'avenue de Wagram..

Le , il annonce sa démission prochaine qui devient effective le mois suivant. En cause, un désaccord avec l'État sur l'augmentation des crédits de la chaîne, le financement de la chaîne par la redevance, sa diffusion sur la télévision numérique terrestre, et le lancement en parallèle de la Chaîne Française d'Information Internationale (CFII).

Président du château de Versailles

Le , Jean-Jacques Aillagon est nommé président de l'établissement public du musée et du domaine de Versailles. (reconduit en .). Il poursuit le vaste programme de restauration du patrimoine monumental du château de Versailles (Grand Versailles) qu’il avait initié en qualité de ministre de la Culture., dont la rénovation de la galerie des GlacesLa splendeur retrouvée de la galerie des Glaces, Vinci.com, 25 juin 2007, la restitution de la grille royale., la restauration de l’Opéra royal. et du Petit Trianon, la rénovation du Grand Commun., la reconstitution du bosquet des Trois-Fontaines, et la recréation du bosquet du Rond-Vert dont la conception est confiée à Louis Benech et Jean-Michel Othoniel., ainsi que de nombreuses acquisitions de pièces de mobilier..

En , il lance l'exposition de Jeff Koons dans le château de Versailles, en présentant dans les Grands Appartements, la galerie des Glaces et les jardins la première rétrospective consacrée à l'artiste américain en France.. En 2010, l’Établissement public du musée et du domaine de Versailles devient l’Établissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles.. Au cours de son mandat, il engage une décentralisation à Arras qui donne lieu à une convention entre Arras et le château signée en et qui constitue la décentralisation d’un musée parisien après le centre Pompidou-Metz et Louvre-Lens..

En , Jean-Jacques Aillagon, qui a atteint, à 65 ans, l'âge officiel de la retraite dans le service public, quitte la présidence du château de Versailles. Il est remplacé par Catherine Pégard, conseillère de Nicolas Sarkozy.