Florence Wallace Pomeroy, née Wallace Legge, vicomtesse Harberton, née le à Belfast et morte le à South Kensington, est une militante essentiellement féministe et une cycliste britannique. Elle s'implique en particulier dans la réforme vestimentaire pour permettre aux femmes de porter des vêtements qui les laissent libres de leurs mouvements et ne nuisent pas à leur santé, et est une pionnière de leur participation sportive. Elle s'engage également en faveur du droit de vote des femmes et de l'égalité complète des droits civiques et civils entre les sexes.
Biographie Florence Wallace Legge est née à Malone House, à Belfast, le . Elle est la fille du riche propriétaire terrien William Wallace Legge (décédé en 1868), magistrat et Deputy Lieutenant du comté d'Antrim, et de son épouse, Eleanor Wilkie Forster.
Elle épouse James Spencer Pomeroy (1836–1912) le . Il devient le vicomte Harberton en 1862, elle prend donc le titre de vicomtesse.
Ils ont quatre enfants : Aline Florence, Hilda Evelyn, Ernest Arthur George (1867–1944, vicomte) et Ralph Legge (1869–1956, vicomte).
La richesse, la position, le réseau social et un mari partageant les mêmes idées qu'elle, permettent à Florence Wallace Pomeroy de bénéficier de libertés vestimentaires et d’opinion dont la plupart de ses contemporaines ne bénéficient pas. Elle utilise ces avantages pour soutenir sans relâche la réforme vestimentaire et les droits des femmes.
Elle fonde la Société pour une tenue vestimentaire rationnelle en 1881 et en devient la présidente en 1883. Cette association s'inscrit dans le mouvement de réforme vestimentaire, appelé Victorian Dress Reform au Royaume-Uni. Elle rejette les vêtements qui déforment la silhouette, entravent les mouvements du corps ou nuisent de quelque manière que ce soit à la santé. Elle vise particulièrement le port de corsets trop serrés, de chaussures à talons hauts, de jupes trop lourdes ... Elle proteste aussi contre les crinolines qu'elle juge laides et déformantes… La mode de l'époque comprend en effet des cols hauts et rigides, des tournures et des crinolines, rembourrées et doublées de baleines. Les vêtements sont encombrants et lourds. Robes et jupes traînent par terre, se déchirent, se salissent et font souvent trébucher les femmes. La Rational Dress Society veut que chacun et chacune soit habillé sainement, confortablement et élégamment, et que chacun recherche ce qui favorise le confort et la beauté dans sa tenue, par devoir envers soi-même et envers autrui.
Lors d'une conférence donnée en 1887 à Westminster Hall, Florence Harberton décrie l'opinion d'un médecin selon laquelle la santé et le côté pratique sont sans importance pour les vêtements féminins, . Elle fustige les créateurs masculins : . Les femmes qui succombent aux modes changeantes sont tout aussi critiquées : .
En tant que présidente de la Rational Dress Society, Florence Harberton doit essuyer les critiques et les attaques les plus virulentes de la part d'hommes de l'aristocratie anglaise, qui l'accusent de vouloir habiller les femmes comme des hommes et attaquent sa mode sous prétexte qu'elle réactualiserait celle de l'Antiquité grecque. Lady Haberton se défend de ces attaques dans ses articles de presse.
En 1893, elle participe au Congrès mondial des organisations représentatives des femmes. Elle fait partie du comité organisateur et présente une contribution intitulée Dress Reform and Its Necessity.
Florence Harberton est une cycliste passionnée. Elle pratique le cyclisme vêtue d'une jupe courte portée sur un pantalon volumineux, les knickerbockers. Lorsque l'auberge Hautboy refuse de la servir, craignant que sa tenue n'offusque et ne fasse fuir les autres consommateurs, elle lui intente un procès, qu'elle perd sous prétexte que l'aubergiste lui avait proposé d'occuper une salle séparée. Le lui apporte son soutien et retire son agrément à l'auberge. Le journal The Cheltenham Chronicle écrit, en que Lady Harberton a eu . Cet incident, très médiatisé, encourage de nombreuses femmes à adopter la pratique du cyclisme..
Florence Harberton dérange en promouvant la jupe courte confortable et pratique et plus encore les bas fermés qui permettent aux femmes d'être actives et modernes. En 1893, Florence Harberton est à la tête de la Short Skirt League (Ligue de la jupe courte) et, en 1898, elle est trésorière de la Rational Dress League.
En , elle accueille la première tentative de création d'un , dans sa maison de Londres. Faute de soutien suffisant dans ce contexte, le club n'est créé qu'en 1903.
Lors de l'essor du mouvement des suffragettes, Lady Haberton s'exprime en faveur des droits politiques des femmes dans des articles publiés dans le journal The Times. Dans ces articles, elle affirme que les femmes sont capables d'accomplir les mêmes activités et les mêmes exploits que les hommes, tant dans la vie quotidienne qu'à travers l'histoire.
Elle est connue comme ayant une personnalité dynamique. Elle est engagée dans les causes sociales et sanitaires et milite notamment pour diverses réformes visant à prévenir de la tuberculose.
Florence Harberton décède le à , South Kensington, à l'âge de 67 ans.
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