Fernand Jérôme Musso (dit Fernand Musso), né le à Cahors (Lot) et mort le à Nantes (Loire-Atlantique), est un haut fonctionnaire français, sous-préfet, directeur de cabinet de différents ministres, puis durant la Seconde Guerre mondiale préfet des Pyrénées-Orientales, puis de la Corrèze, puis du Jura et ensuite d'Indre-et-Loire.

À la Libération, il est mis en disponibilité sans traitement et révoqué le . Il est condamné par la cour de justice d’Angers à quatre années de prison pour collaboration et à cinq ans d'indignité nationale mais cette condamnation est réduite le et amnistiée en partie par la loi du . Il prend officiellement sa retraite le et se reconvertit comme agent commercial à Nantes. Biographie Fernand Musso, né le à Cahors (Lot), est le fils de François Musso et Hélène Marie Louise Musso. Son père est lieutenant au 7e de ligne et intendant militaire à NantesMusso (Fernand Jérôme). openedition.org.. Études Il fait ses études secondaires à Cahors puis à La Roche-sur-Yon (Vendée). Il étudie à la faculté de droit de Rennes (Ille-et-Vilaine). Il obtient son doctorat en droit en 1925.

Première Guerre mondiale En 1916, il s'engage dans l'armée française mais il est démobilisé pour raisons de santé.

Chef de cabinet de préfet du préfet Causel Le , il devient chef de cabinet de Pierre Charles Causel préfet de l'Hérault, puis le suit comme préfet de la Loire-Atlantique le , puis comme préfet du Pas-de-Calais. Sous-préfet Fernand Musso devient sous-préfet de Segré (Maine-et-Loire), du au , puis sous-préfet de Cholet (Maine-et-Loire) en , puis sous-préfet de Dinan (Côtes-d'Armor) du 15 movembre au .

Directeur de Cabinet ministeriel Le , il devient directeur de cabinet du ministre des Colonies, Georges Mandel, puis du ministre de la Marine Marchande, Louis de Chappedelaine, puis de nouveau ministre des Colonies, Georges Mandel du au . Préfet du Régime de Vichy Il devient préfet des Pyrénées-Orientales du au . Puis il devient préfet de la Corrèze du au , puis préfet du Jura du au et finalement préfet d'Indre-et-Loire du au . L'Affaire Schloss Après le décès d'Adolphe Schloss en 1910, la garde des œuvres revient à sa femme Mathilde. En 1938, à la mort de cette dernière, ce sont leurs enfants, Marguerite (1879-1959), Lucien, Henry et Juliette Schloss qui en héritent en indivis. Afin de protéger les tableaux, les enfants prennent durant l'été 1939 la décision de déplacer la collection au lieu-dit Le Chambon à Laguenne, non loin de Tulle, dans la propriété de la banque néerlandaise Jordan, qui y a fait bâtir des salles fortes en sous-sol du temps de l'invasion allemande de 1914« Laguenne. Hold-up nazi sur une fabuleuse collection », par Jean-Louis Mercier, en 4 parties, in La Montagne, du 2 janvier 2015 — d'après les Archives départementales de la Corrèze.. Par ailleurs, la société Adolphe Schloss et fils est placée sous le contrôle de l'administrateur judiciaire Alexandre-Paul Monnot des Angles, dès le mois de Annonce au Bulletin municipal officiel de la Ville de Paris, 8 décembre 1940, — sur Gallica., dans le cadre des lois sur le statut des Juifs du régime de Vichy.

Le , Fernand Musso donne l'autorisation à trois fonctionnaires de Vichy, dont Jean-François Lefranc Exposition : quand le malheur des juifs faisait la richesse des marchands d’art. emmanuelle-polack.com. Huguette Meunier. Marchands d'art sous l'occupation. lhistoire.fr. juillet-août 2019. Elle note que Jean-François Lefranc est mort au camp de Neuengamme en 1945., expert parisien en tableaux, nommé administrateur de biens juifs de haute valeur par Darquier de Pellepoix, commissaire général aux questions juives, de perquisitionner le domaine de Chambon. L'information avait été fournie aux autorités de Vichy par le chauffeur qui avait transporté les œuvres en 1939La Montagne (janvier 2015), Acte I, art. cit.. Musso et ses gendarmes tentent de retarder le départ des tableaux, qui sont enlevés par un Allemand et deux miliciens, appartenant à la Gestapo française de la rue Lauriston. Le , 56 caisses sont stockées dans une caserne allemande située à Limoges, puis dans les coffres de l'agence de la Banque de FranceLa Montagne (2015), Acte III, art. cit.. Cependant, Abel Bonnard finit par autoriser les autorités allemandes à les exporter vers Munich le : entre-temps, la collection transite par les coffres de la banque Dreyfus à Paris et Bonnard fait en sorte que le musée du Louvre préempte 49 tableaux. Finalement, 230 tableaux partent pour le musée Hitler et 22 pour les collections privées de Goering. Les tableaux restant furent vendus à un mystérieux marchands hollandais nommé Buittenweg, soit 32 toilesLa Montagne (2015), Acte IV, art. cit. The Schloss Collection. pilot-demo.jdcrp.org..

Château du Doux (Altillac) Dans le village d'Altillac, dans le département de la Corrèze (région Limousin), situé à 156 kilomètres au nord-est de Toulouse, un manoir de montagne sert de centre d'assignation à résidence, à la suite d'un décret du ministère de l'Intérieur de Vichy du prévoyant ce type de détention.

Le , la préfecture de la Corrèze, sur instruction du préfet de région de Limoges, Antoine Lemoine, et du sous-préfet de la Corrèze, Fernand Musso, réquisitionne ce lieu.

Le , Château-Doux accueille les premiers détenus pouvant s'acquitter des frais d'internement mais ils sont exorbitants. Le rabbin de Corrèze, David Feuerwerker, écrit au sous-préfet de Brive pour lui expliquer ce problème et suggére que l'Union Générale des Israélites de France (UGIF), soit chargée du site. En réponse, le sous-préfet recommande l'envoi immédiat d'un certain nombre de Juifs à Château-Doux.

Comme peu de détenus sont capables de payer les frais exorbitants, la préfecture de la Corrèze accepte, le , 60 Juifs étrangers originaires du département de la Haute-Vienne. Ce sont principalement des femmes ayant franchi la ligne de démarcation, parfois seules, parfois avec des enfants, ainsi que des personnes âgées.

En , le camp compte 28 détenus – 13 hommes, 11 femmes et 4 enfants – tous juifs, sauf deux. En , des Juifs « libérés de Gurs (Pyrénées-Atlantiques) sont admis à Château-Doux sur avis du préfet de Corrèze ». Le , le camp compte 45 locataires, dont 44 juifs. Ils proviennent du camp de Nexon (Haute-Vienne), des Groupements de Travailleurs Étrangers (GTE) de la région et du camp de Gurs (Pyrénées-Atlantiques). La majorité sont des étrangères malades de plus de 40 ans.

Les Juifs du centre de Château-Doux sont déportés à trois reprises en 1942 et 1943. En , 23 personnes sont arrêtées. D'autres déportations ont lieu au moins deux fois en 1943.

La surveillance est assurée par la gendarmerie locale. La préfecture veille à ce que tous les Juifs qui enfreignent le règlement de Château-Doux soient envoyés au camp de Nexon.

Selon Féla Kamras, née Smolinska, une Polonaise catholique, résidant à Château-Doux et dont le mari, juif, est détenu au camp de Beaune-la-Rolande, les conditions de vie sont mauvaises, il y aurait eu dix détenus par cellule.

Le centre cesse ses activités le Eliezer Schilt. CHÂTEAU-DOUX . Translated by Allison Vuillaumemuse.jhu.edu/document.. Menaces du Préfet Bien qu’ils s’exposent continuellement à l’exécution ou la déportation par leurs nombreuses activités, le rabbin de Brive, David Feuerwerker et son épouse Antoinette Feuerwerker, ne sont pas inquiétés, hormis une menace publique et demeurée sans suites d’internement à Egletons en par Fernand Musso, le préfet de la Corrèze. Révoqué et condamné pour collaboration Fernand Musso est arrêté, révoqué sans pension le , et condamné par la cour de justice d’Angers en à quatre années de prison pour collaboration Courrier du préfet au chef de la police allemande sur l'arrestation d'employés des chemins de fer, 5 août 1944. museedelaresistanceenligne.org. et à cinq ans d'indignité nationale Treillières. Après le raz de marée, P. Gauthier, 1980.. Sa condamnation par la cour de justice d'Angers est réduite le . Il est amnistié en partie par la loi du .

Retraite Il prend officiellement sa retraite le et devient un agent commercial à Nantes.

Famille Il épouse à Nantes, le , Jeanne Marguerite Marie Huon, veuve dont le fils deviendra chef de cabinet du préfet de Limoges. Ils ont un autre fils, qui deviendra agent commercial. Mort Il meurt le à Mauves-sur-Loire (Nantes) à l'âge de 93 ansMUSSO Fernand par Gérard Bonet. publicationsdelolivier.fr.. Honneurs Officier de la Légion d'honneur () Bibliographie

Notes et références

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