Rodrigo Paz Pereira, né le à Saint-Jacques-de-Compostelle (Galice, Espagne), est un homme politique bolivien, membre du Parti démocrate-chrétien. Fils de l'ancien président Jaime Paz Zamora, il est lui-même élu président de Bolivie lors des élections générales de 2025.
Originaire du département de Tarija, il occupe, au cours de sa carrière politique, les fonctions de député et de sénateur pour cette région et de maire de la capitale départementale, Tarija. Il est généralement considéré comme de centre droit.
Biographie Jeunesse Rodrigo Paz Pereira naît le à Saint-Jacques-de-Compostelle, en Galice (Espagne), de l'union de Carmen Pereira Carballo et de Jaime Paz Zamora, fondateur du Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) forcé à l'exil politique sous la dictature de Hugo Banzer Suárez., et qui deviendra président de la République de 1989 à 1993. Il est aussi le cousin de Víctor Paz Estenssoro, président de la Bolivie à trois reprises (1952-1956, 1960-1964 et 1985-1989).. Paz Pereira passera son enfance et son adolescence dans différents pays, au sein desquels il reçoit une éducation jésuite. Il se rend pour la première fois en Bolivie en 1982 lors du rétablissement de la démocratie dans le pays. Sa famille est originaire du département de Tarija, une région du sud du pays. Par la suite, il poursuit des études à l'Université américaine de Washington, d'où il sort diplômé en économie, relations internationales et gestion politique..
Avant la présidence Député Rodrigo Paz Pereira fait ses débuts dans la politique bolivienne en 2002 en étant élu à la Chambre des députés dans une circonscription du département de Tarija pour le Mouvement de la gauche révolutionnaire (MIR) de son père, un parti qui, malgré son nom, est idéologiquement social-démocrate et centriste. Il représente ce département jusqu'en 2010.
Maire de Tarija Lors des élections infranationales de 2010, il quitte le MIR et se joint à l'Union pour le renouvellement (UNIR), un autre parti centriste, et est élu conseiller municipal de la ville de Tarija, poste qui lui permettra d'être désigné président du conseil municipal de la ville. Lors des élections infranationales de 2015, il est élu maire de Tarija pour la bannière de l'UNIR.
En raison de la crise politique de 2019, les mandats des élus départementaux et municipaux sont prolongés pour une année au début de l'année 2020, Paz Pereira annonce cependant démissionner de son poste de maire le pour se présenter à l'Assemblée législative plurinationale à titre de sénateur. Le , sa démission est déclarée valide par le conseil municipal.
Sénateur gauche|vignette|351x351px|Portrait officiel de Paz Pereira en 2020 en tant que sénateur. À la suite des élections générales de 2020, Paz Pereira fait son entrée à la Chambre des sénateurs, chambre haute de l'Assemblée législative plurinationale, comme sénateur du département de Tarija pour la Communauté civique, coalition fondée par l'ancien président Carlos Mesa.
Élections générales de 2025 Rodrigo Paz est candidat à l'élection présidentielle bolivienne de 2025 pour le Parti démocrate-chrétien. Lors du scrutin, après une campagne populiste, il déjoue les sondages et arrive en première position. avec un peu plus de 31 % des voix. Il se qualifie pour le second tour face à l'ancien président Jorge Quiroga Ramírez. L'homme d'affaires Samuel Doria Medina, arrivé troisième, lui apporte son soutien. La gauche, très divisée, n'atteint pas le deuxième tour.
Durant sa campagne, menée avec une grande sobriété par rapport aux moyens déployés par Jorge Quiroga et Samuel Doria Medina, il se présente comme une figure alternative au système politique traditionnel. Sa stratégie de communication consistait à apparaître plus proche des gens ordinaires que des élites économiques. Il arrive ainsi à rallier une partie de l'électorat traditionnel du MAS, l'ancien parti au pouvoir, car il n'a pas l'image d'un opposant. Avec son slogan « Le capitalisme pour tous », il a aussi séduit la bourgeoisie aymara (l’ethnie majoritaire), qui a prospéré ces vingt dernières années.
Le , Rodrigo Paz remporte, avec près de 55 % des voix, le second tour de l'élection présidentielle face à Jorge Quiroga Ramírez, déjouant ainsi les sondages. Son élection est saluée par les États-Unis ; dans un communiqué, le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio félicite Rodrigo Paz, saluant « une occasion de transformation », après « deux décennies de mauvaise gestion ».
Président de la Bolivie Rodrigo Paz est investi président de l'État plurinational de Bolivie le en prêtant serment devant le Parlement, et succède à Luis Arce.
Son arrivée au pouvoir « signe le rétablissement d’un ordre politique plus classique » après près de vingt années de gouvernement socialiste. Présenté le , le gouvernement de Rodrigo Paz ne compte aucune figure issue des mouvements autochtones ou des organisations syndicales et paysannes. La plupart des ministres ont fait carrière dans des institutions financières internationales, des organismes de développement ou le secteur privé, et seuls trois sont des femmes. Des membres du parti Unité de Samuel Doria Medina, avec lequel il s'est allié, obtiennent plusieurs ministères stratégiques, tels que le ministère de la Présidence et le ministère de l'Économie et des Finances publiques. Le drapeau wiphala, emblème des peuples indigènes, est retiré de la façade du palais du gouvernement.
Le ministère de l’Environnement est dissous, soulevant les protestations de l’opposition et des organisations environnementales qui ont qualifié cette suppression d’« erreur historique ». Le , Rodrigo Paz renvoie du gouvernement son ministre de la Justice qui avait dissimulé avoir été condamné à trois ans de prison en 2015 pour corruption, ce qui le rendait inéligible à l'exercice d'une fonction publique. Il annonce alors la suppression du ministère de la Justice, qu'il qualifie de « ministère de la persécution et de l'injustice »..
Son début de mandat est marqué par d'importantes différences d'esprit avec son vice-président Edmand Lara, qui n'hésite pas à critiquer les actions du président Paz sur le réseau social TikTok, notamment la place que fait ce dernier à « la garde rapprochée de Doria Medina » au sein du gouvernement. Le , la porte-parole présidentielle blâme publiquement le fait que le vice-président ait été à l'extérieur du pays durant six de ses quatorze premiers jours dans ses nouvelles fonctions, absent pour sa participation à la COP30 et à la finale de la Coupe sudaméricaine.
L'ex-président Luis Arce est arrêté et placé en détention le au motif de « manquement aux devoirs » et de « conduite anti-économique ». Le gouvernement met en cause des transferts de fonds publics vers des comptes personnels de dirigeants syndicalistes paysans qui auraient été réalisés avec l'aval de Luis Arce lorsque celui-ci était ministre de l’Économie, tandis que les soutiens de l'ancien président dénoncent une arrestation politique et une attaque contre les politiques d'aides au développement qui ont profité aux populations indigènes. Le vice-président Edmand Lara affirme : « Nous l'avions dit : Luis Arce sera le premier à aller en prison. Et nous tenons parole. Tous ceux qui ont volé cette patrie rendront jusqu'au dernier centime ».
Le principal conseiller présidentiel, l'Argentin Fernando Cerimedo, est arrêté en août 2026 pour avoir supposément tenté de faire assassiner son ex-compagne.
Manifestations sociales de mai-juin 2026
Courant mai 2026, en réaction à sa suppression des subventions sur les carburants, il est confronté à des manifestations de plusieurs secteurs sociaux, incluant les ouvriers, les paysans, et les mineurs, qui réclament son départ du pouvoir et des mesures contre l’inflation, les pénuries d’essence et la dégradation des conditions de vie. Il annonce le 20 mai un prochain remaniement du gouvernement.. Le 24 mai, il annonce réduire son salaire de moitié, mais les manifestations se poursuivent.. Le 26 mai, la Chambre des députés abroge une loi adoptée en 2020 qui restreint le recours à l'état d'urgence, ce qui ouvre la voie à l'envoi de l'armée face aux manifestations.. Début juin, il est confronté à la démission du ministre de la Défense Raúl Marcelo Salinas et de la ministre de l'Éducation Beatriz Elene García.. Le 19 juin, après six semaines de blocage, un protocole d'accord a été signé avec la principale organisation syndicale, la Centrale ouvrière bolivienne (COB), mais la mobilisation continue et le Président décrète un état d’exception dans tout le pays.. L'armée et la police sont intervenues pour démanteler une cinquantaine de barrages, mettant un terme au mouvement. Quatorze personnes ont été tuées, au total, durant les protestations, qui constituent la plus grave crise sociale en Bolivie depuis les années 1980.
L'accord signé par la COB est interprété comme une défaite des mouvements paysans et ouvriers, qui n'ont rien obtenu de concret de la part du gouvernement et perdu le soutien d'une partie de la population à mesure que les pénuries se faisaient sentir à La Paz. Le gouvernement s’était engagé à ne pas criminaliser la protestation sociale mais dès le 24 juin le président Rodrigo Paz a demandé au ministère de la Justice d’agir contre « ceux qui ont fait du mal à la société », affirmant que « leur place est en prison » et que les revendications avaient été « infiltrées par une logique narcoterroriste ».
Rodrigo Paz apparait cependant fragilisé par ces manifestations. Celles-ci ont été conduites par les populations indigènes et organisations paysannes qui l'avaient porté au pouvoir mais qui ont rapidement été déçues par sa politique, marquée par des coupes budgétaires, des suppressions d’impôts pour les plus riches et la mise à l’écart des secteurs populaires dans les espaces de pouvoir.
Politique étrangère Rodrigo Paz se déplace fin , avant son investiture, à Washington afin de solliciter des aides financières auprès de l'administration Trump, ainsi qu'à la Banque mondiale, la Banque interaméricaine de développement et le Fonds monétaire international. Il s'est engagé à revoir les contrats sur le lithium avec des entreprises chinoises et russes, conformément à une demande du président américain.
Il refuse d'inviter à son investiture les pays qui n’ont pas « la démocratie pour principe », visant le Venezuela, le Nicaragua et Cuba. Cette décision entraine la suspension de la Bolivie de l'ALBA. Il annonce immédiatement la restauration des relations diplomatiques avec les États-Unis, qui avaient été rompues en 2008 lorsque l’ambassadeur nord-américain avait été expulsé au motif d’ingérences lors des troubles de 2008 en Bolivie. La DEA américaine est autorisée à reprendre ses activités en Bolivie et un accord est signé avec les États-Unis ouvrant la voie à l’implantation de Starlink dans le pays. Les relations avec Israël sont également rétablies après deux ans de rupture en protestation contre la guerre de Gaza.. Rodrigo Paz et Benyamin Netanyahou conviennent d'un rapprochement entre Israël et la Bolivie, notamment dans les domaines sécuritaires et touristiques. Le gouvernement bolivien lève les obligations de visa pour les ressortissants israéliens et américains.
Positions politiques