vignette|Le maître de la monnaie du 'jonker Batenburg' a été bouilli vivant dans de l’huile en ébullition dans cette bouilloire à Deventer en 1434. vignette|L'exécution d'Ishikawa Goemon et de son fils Goroichi, ukiyo-e d'Utagawa Kunisada.

La mort par ébouillantage (appelée aussi bouillage) est une ancienne méthode d'exécution. Elle était pratiquée essentiellement à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance, à l'aide d'eau ou d'huile bouillante ou encore de poix portée à température élevée. Selon les récits chrétiens de la persécution subie dans l'Empire romain, plusieurs personnes ont également été ébouillantées pour leur foi.

Présentation Ce châtiment consistait à plonger le condamné dans un grand chaudron où l'on a fait bouillir de l'eau ou de l'huile. L'exécution pouvait être plus ou moins longue selon la vitesse à laquelle le bourreau descendait le condamné et selon le liquide utilisé. Il faut cependant préciser que, vu le prix de l'huile à cette époque, il est probable que ce soit de l'eau qui ait été utilisée le plus souvent. La poix a sans doute été également utilisée (c'est de la poix qui était en général versée sur les assaillants lors d'une attaque de place forte). Il était aussi possible d'allumer le feu sous la marmite après avoir plongé le condamné dans le liquide, la mort était ainsi plus lente. Ce châtiment fut pratiqué au Moyen Âge, le plus souvent sur la place du marché et essentiellement contre les faux-monnayeurs. Mais d'autres crimes pouvaient être punis par cette peine, on retrouve par exemple, au château du Plessis-Bourré, une figurine représentant le supplice d'une mère et de son fils coupables d'inceste.

En France Au , à propos des faux monnayeurs, Henri de Suse dit : .

L'article 634 de la coutume de Bretagne, réformée en 1580, prévoyait que les faux monnayeurs fussent bouillis, puis pendus.

L'article 39 de la coutume de Loudun prévoyait que les faux monnayeurs fussent traînés, bouillis puis pendus.

Exemples Extraits de Comptes royaux (1285-1314), publié par R. Fawtier et F. Maillard, tome I, Comptes généraux, Paris 1953.

Pierre le Mesnagier de Saint Malô, bouilli en 1380 à Avranches   Christophe Turgis, coquillard, bouilli à Paris au Marché aux pourceaux en Nicolas Dussault, à Évreux en 1514 (échappe à la chaudière, mais est condamné à être essorillé et pendu) Jehan Ducouldray, maître orfèvre bouilli à l'eau place des Halles de Paris en Laurens Stelle, de Venise, bouilli à l'eau place des Halles de Paris en Pierre Riveron, hôtelier à Suet, condamné à être bouilli mais finalement pendu place des Halles de Paris en Jehan Thierry bouilli place des Halles de Paris en Louis Secrétain, orfèvre, bouilli dans l'eau, en réchappa, place principale de Tours en 1486 Hélye de la Garde, bouilli Xainctes en Poitou en 1311 Jehan Former, dit Jehan de Caors, artisan boutiquier, bouilli dans l'huile à Cahors en Rigal, bouilli dans l'huile à Cahors vers 1545 Bietremieu de Toskenne, bouilli à Valenciennes au Ghillain de Mellin, bouilli à Valenciennes en Jean Hasart bouilli à Anzin-lès-Valenciennes en Philippe Noton, échappant à la chaudière il fut finalement pendu, à Maubeuge en 1434 Nicolas Harache, étranglé, jeté dans l'huile bouillante, pendu à Gand en Institutions du droit Belgique Volume 1 page 345

Abolition La peine du Bouillir, bien que tombée en désuétude, ne fut abrogée que le , par article 35 du titre 1 de la du code pénal.

En Ouzbékistan Le , à l'époque d'Islam Karimov, aurait fait bouillir vivants des opposants politiques. Le département d'État américain écrit à ce sujet en 2004 : .

Exemples célèbres

Personnages de fiction Dans le conte Ali Baba et les quarante voleurs, Morgiane tue les voleurs en les ébouillantant à l'huile. Dans le manga One Piece, Oden Kozuki, ainsi que ses vassaux, sont condamnés à être ébouillantés dans de l'huile, mais Oden réussit à survivre une heure dans le bouillon tout en portant une planche en bois avec ses vassaux positionnés dessus. Tandis que les vassaux réussissent à s'enfuir grâce à Oden, ce dernier est néanmoins exécuté par balle par Kaido. Dans le roman Shogun de James Clavell, Pieterzoon est tranquillement ébouillanté dans un chaudron d'eau sur les ordres du daimyo Kasigi Yabu.

Références

Voir aussi

Articles connexes Méthodes d'exécution Peine de mort

Ebouillantage Catégorie:Peine d'Ancien Régime