est un système informatique propriétaire destiné à l'arbitrage et réalisé par la société Hawk-Eye Innovations Ltd. Son nom fait référence à l'expression anglaise « hawk-eyed » utilisée pour parler de quelqu'un dont la vue est perçante (dont l'équivalent en français est « œil de lynx ») et fait aussi allusion à son inventeur Paul Hawkins. Il est utilisé sur les circuits professionnels de tennis WTA et ATP, ainsi que pour certains matchs de cricket ou de billard. C'est d'ailleurs au cours d'un match de cricket que Paul Hawkins, qui dans les années 1990 travaillait sur une thèse en intelligence artificielle, eut l'idée de créer un capable d'être plus performant qu'un arbitre humain. En effet, il avait eu la désagréable sensation d'avoir été victime d'une erreur d'arbitrage. Il a transformé sa frustration en innovation technologique.
Ce système est également utilisé en volley-ball lors de Jeux européens à Bakou en .
L'usage du pour le football (VAR Video Assistant Referee), à l'étude depuis 2008 pour régler les litiges liés à la ligne de but, est effectif dès la saison 2013-2014 en Premier League anglaise..
Ce système est utilisé depuis dans le championnat de football gaélique irlandais, exclusivement pour déterminer si le ballon est bel et bien passé entre les poteaux.
En , le système a été choisi par l'UEFA pour être utilisé lors des matches de l'Euro 2016..
Historique thumb|right|Une des caméras utiles au système .
Le système a été initialement développé en 1999 au sein de la société Roke Manor Research. Le projet a été dirigé par le Paul Hawkins www.smh.com.au et financé par la compagnie de télévision britannique The Television Corporation Hawkeye - Historique. Après de développement, le système est utilisé pour la première fois par la chaine britannique Channel 4 en 2001.
Au tennis, ce système a été inauguré à l'occasion du Masters ATP de Miami en 2006, à Key Biscayne par Jamea Jackson http://www.highbeam.com/doc/1P2-16023329.html. Le , un groupe d'investisseurs menés par le Wisden Group achète Hawk-Eye Innovations. et promeut son utilisation. Le premier investisseur du Wisden Group est Mark Getty.
Mardy Fish est le premier joueur à avoir fait appel, à tort, à l'arbitrage vidéo en Grand Chelem, le à l'US Open.
En France, et malgré l'opposition de l'arbitre Jacques Navarre qui prétendait « ne pas avoir besoin de ce truc pour juger des balles fautes », le Hawk-Eye a été officiellement utilisé pour la première fois lors du Masters de Paris-Bercy en 2006.
À ce jour, trois tournois de Grand Chelem utilisent le système (Wimbledon, l'Open d'Australie et l'US Open). Le tournoi de Roland-Garros, disputé sur terre battue, ne l'utilise pas pour l'arbitrage car la balle laisse une trace sur la terre battue, ce qui permet à l'arbitre de juger par lui-même si la balle est faute ou non lors d'un coup litigieux. Néanmoins, cela n'empêche pas les protestations, d'autant que sur terre battue il est fréquent que plusieurs traces soient proches. L'un des avantages du Hawk-Eye est qu'il met un terme aux contestations à répétition lors des rencontres dont l'enjeu est important.
. Le Hawk-Eye à Roland Garros est utilisé uniquement dans le cadre des retransmissions télévisées. Mais le résultat n'est connu que des téléspectateurs devant leur téléviseur et n'est pas retransmis sur les écrans géants.
"L'exception culturelle française" concernant Roland-Garros, seul tournoi du Grand Chelem à ne pas disposer du , suscite quelques railleries. C'est ainsi que début 2012, Eurosport, avec son émission Watts, ainsi que des sites Internet, ont diffusé un petit spot humoristique en noir et blanc, montrant des joueurs contestant une trace sur la terre battue. Le tout fait à la façon d'un film comique de Charlie Chaplin.
En , Mark Getty propose la société Hawk-Eye Innovations à la vente et en , Sony s'en porte acquéreur. pour d'euros.
Caractéristiques techniques et juridiques Le système comprend : un logiciel propriétaire Hawk-Eye est un logiciel propriétaire.. des composants matériels brevetés Le site officiel cite quatre brevets sur les composants de son système..
Hawk-Eye est également une marque déposée par la société Hawk-Eye Innovations Ltd et exploitée par sa filiale Hawk-Eye Sensors Ltd 'Hawk-Eye Sensors Ltd est une filiale de la société Hawk-Eye Innovations Ltd..
Applications Principe de l'arbitrage au tennis avec le Hawk-Eye Les joueurs peuvent contester une décision de l'arbitre (ou d'un juge de ligne) en faisant appel au système . Ils bénéficient de trois recours (challenges, dans la terminologie anglaise) à l'assistance-vidéo pour chaque set, et d'un recours supplémentaire en cas de jeu décisif (tie-break). Par conséquent, un joueur qui a conservé ses 3 challenges jusqu'à 6 jeux partout, a le droit d'utiliser 4 challenges durant le tie-break.
La réaction du joueur doit être immédiate. Il doit arrêter de jouer, annoncer distinctement et lever la main (ou sa raquette) de façon à être bien vu par l'arbitre de chaise. Celui-ci prononce alors en anglais (langue officielle internationale de l'arbitrage au tennis) une phrase qui indique que le joueur fait appel au challenge. Exemple : () (pour une balle annoncée faute) ou (pour une balle jugée bonne).
Il se peut qu'un joueur se ravise quelques secondes après avoir demandé le challenge. C'est ce qui s'est passé, par exemple, au tournoi ATP 1000 de Miami le , dans la rencontre qui opposait Rafael Nadal à Nicolas Mahut. Au début du second set, Nadal fait un ace, immédiatement contesté par Mahut. L'arbitre commence alors à annoncer l'appel à l'arbitrage vidéo. Au même moment Mahut lui signale que, finalement, il renonce à risquer un de ses challenges. Ce qui a donné : ().
Un joueur a même le droit de demander un challenge contre lui-même. C'est par exemple ce qui s'est produit le à Albertville, lors d'un match de coupe Davis, opposant le Français Adrian Mannarino au Néerlandais Robin Haase. Après avoir servi, Haase monte à la volée mais se fait passer par Mannarino. Immédiatement, Haase réclame le challenge, non pas pour le passing de Mannarino qui était retombé largement dans les limites du court, mais dans l'espoir que sa première balle de service soit faute et ainsi pouvoir jouer sa seconde balle et éviter la perte d'un point. Malheureusement pour le Néerlandais, son service était bien bon. Par conséquent, le point est resté acquis au Français.
Dès que les images ont montré l'impact de la balle (IN ou OUT), l'arbitre annonce le score. Puis il indique le nombre de challenges restants au joueur (à la joueuse ou à l'équipe) qui vient de faire appel à la vidéo. Si la contestation est confirmée par la machine (qui reproduit la trajectoire de la balle en image de synthèse et la diffuse sur deux grands écrans placés sur le court), le joueur conserve son capital de challenges. Ainsi, un joueur peut faire appel au challenge autant de fois qu'il le souhaite, du moment que la vidéo lui donne raison, il ne perd aucun de ses challenges. En revanche, chaque contestation infirmée par supprime une chance. À ce moment l'arbitre annonce : , qu'on pourrait traduire par : . Par conséquent, le joueur qui a contesté à tort l'annonce de l'arbitre perd le point plus un challenge. Lors du service, si une deuxième balle est annoncée faute (ce qui en théorie donne le point à l'adversaire, car il s'agirait d'une double faute), mais qu'après challenge elle était en réalité bonne, le serveur ne rejoue pas simplement sa seconde balle, mais il rejoue une première balle et il a donc droit à une seconde balle, si besoin est. S'il s'agit d'un ace annoncé faute par erreur, après challenge, le point va directement au serveur. Si au cours d'un échange qu'aucun des joueurs n'a perdu, la balle est annoncée faute alors qu'elle est bonne après challenge, on rejoue le point (sauf si manifestement le joueur était trop loin pour renvoyer la balle). Le serveur bénéficie alors de 2 balles, même si l'échange en question avait commencé sur sa seconde balle. L'arbitre annonce alors (). Il est avéré que l'arbitrage vidéo () ne peut pas être exigé en cas de panne partielle d'éclairage du terrain. Ce cas s'est produit le lors de la rencontre entre Roger Federer et Evgeny Donskoy en 1/8 de finale du tournoi ATP 500 de Dubaï. Les deux joueurs ont accepté de se passer de l'arbitrage vidéo et ont continué à jouer malgré la panne d'un des projecteurs. Si le demandé par un joueur ne peut pas être utilisé (défaillance technique, par exemple), c'est la décision de l'arbitre de chaise qui s'impose. Le a l'avantage d'offrir le même traitement aux joueurs qui en bénéficient. Et il ne viendrait à l'idée de personne de contester la décision d'un ordinateur. Par conséquent, le jugement est mieux accepté par le joueur, qui ne perd plus sa concentration (ni celle de son adversaire) en contestant une balle litigieuse.
Réactions à l'introduction du Hawk-Eye
Cet arbitrage électronique est critiqué pour de nombreux motifs : on lui reproche d'être réservé aux seuls courts principaux, et non pas aux courts annexes, générant un traitement inégalitaire entre les stars du circuit et les autres. Cette situation est inévitable, du fait des coûts élevés, environ la semaine (2010) et des contraintes matérielles engendrées (nécessité de l'installation d'écrans géants). Il est vrai que les joueurs moins bien classés sont, de ce point de vue, défavorisés car ils peuvent ne jamais bénéficier du Hawk-Eye durant leur carrière, à moins d'être programmé contre un joueur du top ten ( joueurs du monde) sur un court principal.
D'autres voix (notamment celles de Roger Federer et de Rafael Nadal) « Federer: Hawk-Eye must be scrapped » sur www.thisislondon.co.uk, 9 juillet 2007.. sur grandchelem.net, 2 mars 2007. ont remis en question la précision de la machine.
thumb|left|alt=Comparaison balle et impact|Comparaison balle / impact
On peut notamment reprocher à ce système de visualiser toujours le même impact, proche des dimensions de la balle (environ de diamètre) alors que même si celle-ci est déformée par l'impact, sa surface de contact avec le sol restera toujours nettement inférieure. À noter d'une part que la balle peut parfois glisser sur le sol (notamment sur terre battue et sur gazon) avec un contact de forme elliptique et d'autre part qu'une balle peut s'enfoncer plus ou moins dans le sol (en cas de smash notamment) donc avec une surface de contact bien plus importante que lors d'un contact avec une ligne. Sachant qu'une balle out peut parfois être considérée comme bonne par le Hawk-Eye, certains joueurs peuvent être tentés de faire appel à cet arbitrage en cas de décision de l'arbitre de chaise en leur défaveur.
Néanmoins, il est avéré que le système Hawk-Eye réduit les erreurs d'appréciation humaines, car la précision de la vidéo est estimée à , alors que celle de l'œil humain est de . Dans les premiers temps, les joueurs qui faisaient appel au challenge avaient raison dans 75 % des cas.
À terme, il est possible que la baisse des coûts liés à l'informatique et à la vidéo (2010) profite au Hawk-Eye. Cela permettrait de généraliser ou tout au moins d'étendre ce système à tous les courts des principaux tournois de tennis du circuit professionnel, ainsi qu'à d'autres sports.
En 2011, Nadal et Federer ont eu des propos plus favorables à l'égard du Hawk-Eye. L'impartialité du système vidéo semble être de plus en plus reconnue et admise.
Quel que soit le sport considéré, c'est souvent à la suite d'un incident d'arbitrage majeur et avéré que les autorités ou instances sportives dirigeantes ont pris la décision d'utiliser le Hawk-Eye ou au moins d'entamer une réflexion quant à son utilisation future.