Médecins Solidaires est une association française loi 1901, fondée en 2022, dont l’objectif est de lutter contre les déserts médicaux ruraux en organisant du « temps médical partagé » : des médecins généralistes volontaires se relaient chaque semaine au sein de centres de santé. Ces centres peuvent faire office de « médecin traitant », même si le patient voit un praticien différent à chaque visite.
Historique Le projet est issu d’initiatives menées en 2021 autour du « Tour de France des remplacements » du , qui s'est déplacé en zone rurale pour y remplacer des confrères pendant plusieurs semaines, et de rencontres avec Emmanuel et Christophe Brochot, les fondateurs de l’association Bouge ton Coq, qui met en place des solutions pour répondre aux besoins des territoires ruraux. La structure « Médecins Solidaires » est créée en 2022.
Le premier centre ouvre à Ajain (Creuse) le grâce à l'engagement de sept médecins pionniers.
Un second projet est annoncé à Bellegarde-en-Marche (Creuse) en .
Un troisième centre ouvre à Charenton-du-Cher (Cher) le ; la capacité y est doublée le avec l’arrivée d’un deuxième médecin hebdomadaire. En 2024, au total, quatre centres sont ouverts.
En , le président et cofondateur de l'association Martial Jardel est invité par le ministre de la santé, Yannick Neuder, à participer à des concertations sur le développement d'une « mission de solidarité territoriale » qui ressemblerait à l'initiative de Médecins Solidaires : deux jours par mois des médecins se rendraient dans un désert médical.
Modèle d’intervention Les centres fonctionnent selon un principe du « temps médical partagé » : un médecin généraliste différent exerce chaque semaine, l’association assurant la logistique (hébergement, véhicule, outils numériques, coordination) pour que le praticien « ne fasse que de la médecine ». Le centre de santé peut être déclaré « médecin traitant » pour ses patients ; il centralise les dossiers, organise la traçabilité et assure la continuité des soins malgré l’alternance des praticiens. L’activité s’appuie sur des coordinateurs/assistants médicaux et un réseau de correspondants (spécialistes, structures locales).
Par principe, un médecin donne une semaine par an pour l'association. En 2025, un médecin est rémunéré net pour sa semaine salariée, et ses frais sont couverts (transport depuis son domicile et sur place, logement). Selon Libération, ce revenu représente la moitié de ce que gagne en moyenne un généraliste.
Implantations et activité Ajain (Creuse) Centre pionnier, déménagement et agrandissement en ; au trimestre 2025, le site fait état d’environ cumulées et déclarés « médecin traitant » (dont 26 % en ALD) ; deux médecins par semaine depuis . Bellegarde-en-Marche (Creuse) Projet annoncé en 2023 comme duplication du modèle d’Ajain. Charenton-du-Cher (Cher) Ouvert le ; ~ et ~ déclarés « médecin traitant » en (dont environ un tiers en ALD) ; capacité doublée en . Autres communes L’association a développé d'autres centres de santé à Chantenay-Saint-Imbert (Nièvre), Arnac-la-Poste (Haute-Vienne), Ménigoute (Deux-Sèvres), Reuilly (Indre), Le Mas-d'Agenais (Lot-et-Garonne) et Bû (Eure-et-Loir).
En , France inter signale une estimation du président de l'association, qui permet de donner un éclairage sur les ambitions du projet : si 10 % des médecins généralistes français adhéraient au projet Médecins Solidaires, il serait possible d'ouvrir , soit un et demi par département.
En , ils étaient à avoir pu retrouver un médecin traitant grâce à Médecins Solidaires, et l'association compte huit centres de santé.
Gouvernance et collectif L’association se présente comme apolitique et asyndicale ; elle met en avant un collectif de médecins volontaires (généralistes remplaçants, libéraux, salariés, retraités actifs) et une équipe salariée (opérations, coordination, communication).
En , l’association indique « plus de 600 » médecins volontaires et un taux de satisfaction élevé parmi les participants.
En , selon Le Monde, l'association compte 750 médecins généralistes et huit centres de santé.
Dans chaque centre, deux salariés « coordinateurs » travaillent en permanence et assurent la bonne tenue des dossiers médicaux, une fonction indispensable puisqu'un patient n'est pas forcément reçu par le même médecin à chaque fois. Un centre peut devenir le « médecin traitant » d'un patient sans qu'il ait besoin d'être lié à un « médecin physique ».
Financement et partenariats Le déploiement s’effectue avec des soutiens d’acteurs publics (collectivités, ARS, CPAM) et de mécènes/entreprises ; des collectivités peuvent financer ou mettre à disposition des locaux. À Charenton-du-Cher, la commune rachète l’ancien cabinet et finance des travaux estimés autour de 205 000 € ; le département du Cher apporte également un soutien.
Réception et médiatisation Le projet fait l’objet de reportages en presse régionale et de documentaires (dont un film diffusé sur France 3 en 2024). Le Dr Martial Jardel est distingué « personnalité santé de l’année 2023 » par Le Quotidien du Médecin.
En , Le Quotidien du médecin affirme que les centres de santé de l'association « enregistrent un franc succès », mais signale que l'association essuie quelques critiques, notamment de la part des syndicats de médecins libéraux. Ces derniers interrogent le modèle économique du réseau de centres ainsi que son « rapport coût-efficacité ». Les frais d'ouvertures d'un centre sont d'environ à . Le président de l'association, Martial Jardel, répond que le projet deviendra viable lorsqu'il aura atteint une taille critique. Il déclare : « À partir de 21 centres ouverts, l’association devrait atteindre son point d’équilibre et pourra s’autofinancer. » Il est également noté par les critiques que le patient voit un médecin différent à chaque visite. Le docteur Alain Jallais, l'un des premiers à avoir rejoint Martial Jardel, déclare : « Au début, j’avais peur que les gens tiquent de ne jamais voir le même médecin. Mais ce n’est pas le cas, partout la population nous est reconnaissante. »
Notes et références
Liens externes
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