Michel Morange, né le à Limoges, est un biologiste, historien et philosophe des sciences, auteur de nombreux ouvrages traduits dans plusieurs langues.

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Il a travaillé dans les années 1980 dans le laboratoire de François Jacob, prix Nobel de médecine 1965. Il a dirigé le Centre Cavaillès d’histoire et de philosophie des sciences de l’ENS pendant plusieurs années avant sa retraite. Il est membre de l’Institut d’Histoire et de Philosophie des Sciences et des Techniques (IHPST)., Université Paris I. et de l'Académie royale de médecine de Belgiquehttps://www.google.com/search?q=acad%C3%A9mie+royale+de+m%C3%A9decine+de+Belgique&oq=acad%C3%A9mie+royale+de+m%C3%A9decine+de+Belgique&gs_lcrp=EgZjaHJvbWUyCQgAEEUYORiABDIICAEQABgWGB4yCAgCEAAYFhgeMgoIAxAAGAoYFhgeMgoIBBAAGAoYFhgeMgcIBRAAGO8FMgoIBhAAGIAEGKIEMgcIBxAAGO8F0gEKMjM0NDRqMGoxNagCCLACAfEFY_S8gTlE4dU&sourceid=chrome&ie=UTF-8.

Biographie

Formation Michel Morange a suivi sa scolarité à Paris, dans le arrondissement, d’abord à l’école primaire publique de la rue Hippolyte Lebas puis au lycée Jacques Decour de la sixième à la terminale. Le troisième prix du Concours général d’histoire lui est décerné en 1967..

Il poursuit ensuite ses études supérieures (1967-1971) à la Faculté des Sciences de Paris ; premier cycle de physique chimie, deuxième cycle licence et maîtrise de biochimie.

En 1971, il entre dans le laboratoire de physico-chimie des macromolécules biologiques de l’Institut Pasteur dirigé par Henri Buc pour travailler sur la régulation allostérique des enzymesLa régulation allostérique est un mécanisme clé par lequel l'activité enzymatique est modifiée en liant des molécules effectrices à un site différent du site actif de l'enzyme. Ce processus permet d'augmenter ou de diminuer l'activité de l'enzyme, jouant ainsi un rôle crucial dans le contrôle des voies métaboliques.. Il soutient sa thèse d’État sur ce sujet en , avec Henri Buc comme directeur de thèse : «Étude physicochimique en solution de l'interaction entre la phosphorylase b et les nucléotides. Tentative d'étude de cette interaction dans des conditions proches des conditions physiologiques»..

En , il soutient également une thèse de troisième cycle en philosophie sur « l’histoire et l’épistémologie de la biologie moléculaire», sous la direction de Jacques Merleau-Ponty, François Dagognet étant membre du jurysur savoirs.ens.fr (consulté le 9 septembre 2025).

Carrière Il devient assistant (1973) puis maître assistant (1977) en biochimie à l’Université Paris VII. Il entre en 1980 dans le laboratoire de François Jacob pour travailler sur le développement embryonnaire précoce de la souris. En collaboration avec Olivier Bensaude, il met en évidence une synthèse très précoce d’une famille de protéines, les protéines dites de choc thermique (les protéines chaperons), lors du développement embryonnairehttps://www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/1706/MS_2000_5_630.pdf?sequence=3&isAllowed=y... Après avoir été nommés en 1986 à la tête d’un groupe de recherche autonome au sein du département de biologie moléculaire de l’institut Pasteur, Michel Morange et Olivier Bensaude s’installent en 1990 dans le Département de biologie de l’École Normale Supérieure (Ulm) pour former un groupe de recherche sur ce thème, au sein de l’unité de génétique moléculaire. Les résultats obtenus sont présentés dans de nombreux congrès internationaux. Michel Morange poursuit ses recherches jusqu’en 2010, publiant plus d'une centaine d'articles dans des revues scientifiques.. Michel Morange est nommé professeur à l’Université Paris VI en 1985 puis en 2000, sur un poste de professeur donné par Paris VI à l’École Normale Supérieure. Il enseignera dans ces deux établissements jusqu’à sa retraite en 2018: en biochimie et en biologie du développement, histoire et philosophie des sciences. Il dirigera des thèses en biologie et en histoire et philosophie des sciences... En 2001-2002, il intervient par trois fois dans le séminaire d'introduction à l'histoire des sciences l'ENS.. En particulier, le , son exposé portera sur Les origines de l'École française de biologie moléculaire. En 2017, il intervient à l'IHES: The meanings of molecular revolution.. Michel Morange intervient dans plusieurs conférences.. Il intervient dans un séminaire au Collège de France en 2002. .Il donne une leçon au Collège de France en 2005..

Responsabités diverses Michel Morange prend la direction du Centre Cavaillès en 2003.. Il est membre étranger de l'Académie royale de médecine de Belgique..

«Il a été président de la Société d’histoire et d’épistémologie des sciences de la vie (2005-2009) et de l’International Society for the History, Philosophy, and Social Studies of Biology (2015-2017). Il est depuis 2006 membre correspondant de l’Académie internationale d’histoire des sciences.. Présentement, il est professeur émérite à l’Institut d’histoire et de philosophie des sciences et des techniques (IHPST) à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne.».

Distinctions Prix du livre scientifique décerné par le magazine Science et Vie en 1999

Prix de l’Académie des sciences en 2005https://www.academie-sciences.fr/pdf/documentation/prix2013/plaquette_2013.pdf P. 120.Prix Paul Doistau-Émile Blutet de l'information scientifique.

Quelques travaux de Michel Morange

Biologie Michel Morange a d'abord travaillé sur la propriété régulatrice (ou allostérique) de certains enzymes. Il poursuit ensuite ses recherches dans le domaine de la biologie du développement et les protéines de choc thermique ou HSP. À cette époque (les années 1980), l'approche génétique du développement est privilégiée: on recherche les gènes responsables du développement. Michel Morange va explorer une autre voie, voulant vérifier si l'activité enzymatique d'une protéine peut être impliquée dans le développement; il formule l'hypothèse que celui-ci pourrait être régulé par phosphorylation. On suppose que la phosphorylation des protéines serait l'un des mécanismes importants pour la régulation, chez les eucaryotes.C’est en recherchant des modifications de phosphorylation qu'il remarque un autre phénomène, l’expression très particulière des protéines de choc thermique au début du développement embryonnaire. Il s’agit donc d’une réorientation de la recherche. Olivier Bensaude et Michel Morange observent ensuite que l'expression des premières protéines à être fabriquées chez l'embryon de la souris sont des protéines de choc thermique.

Michel Morange a aussi beaucoup écrit sur le cancer.... Il suggère, en 1993, que le mot "cancer" prend des sens différents en sciences biologiques et en sciences médicales. Selon lui, l'interprétation du cancer évolue selon les progrès de la science: la théorie cellulaire, la théorie darwinienne, la biologie moléculaire. Il est ainsi amené à définir "le paradigme des oncogènes".. Michel Morange n'a pas effectué d'expériences en laboratoires, développant ici une approche historique et épistémologique.

Histoire de la biologie moléculaire

En 1994, Michel Morange publie Histoire de la biologie moléculaire , cet ouvrage sera plusieurs fois réédités et traduit dans plusieurs langues.. Selon Stéphane Tirard, dans cet ouvrage, Michel Morange mêle histoire des sciences et épistémologie, et approfondira cette approche dans la suite de ses travaux.. En 1993, Michel Morange propose une conférence au séminaire de philosophie et mathématiques Naissance de la biologie moléculaire.https://www.numdam.org/item/SPHM_1993___3_A1_0.pdf. Dans cet article, Michel Morange s'attache d'abord à définir la biologie moléculaire, et il distingue deux définitions possibles: soit on la considère comme l'étude au niveau moléculaire des organismes vivants, soit comme la génétique moléculaire. Il s'intéresse aux travaux de quelques physiciens: Max Delbrück, Erwin Schrödinger, George Gamow, etc. Puis il pose la question de savoir quelle a été l'influence réelle de ces travaux sur le développement de la biologie moléculaire. Mêlant à nouveau histoire et épistémologie, il conclut ainsi: «La biologie moléculaire s'est formée peu à peu, et les concepts de la physique ont joué un rôle essentiel, surtout dans la structuration de cette nouvelle discipline. Ces concepts ont constitué le moule dans lequel la nouvelle discipline a pu prendre forme.» ()http://loison.laurent.free.fr/pdf/Ordre-biologique-Lwoff-Loison.pdf. Dans son premier ouvrage d'histoire de la science, Michel Morange adopte une démarche qui le caractérisera ensuite parmi tous les auteurs d'hstoires de la science.. Strasser écrit: «Ce livre révèle déjà toute l’originalité de sa pensée et la place unique qu’il va occuper parmi les spécialistes de l’histoire des sciences.». (). Le livre sera édité en anglais en 1998 et en 2000 puis réédité (version revue par l'auteur) en 2020.https://pure.mpg.de/rest/items/item_3618695/component/file_3621708/content.

Une histoire de la biologie Une histoire de la biologie est un livre récent de Michel Morange qui s'adresse à un grand public mais aussi aux étudiants en biologie.. En lisant cet ouvrage, on entre dans une nouvelle perspective d’histoire et philosophie des sciences, qui s’intéresse au mouvement des idées. Michel Morange, avec un souci d’objectivité, propose une histoire de la biologie fondée sur une architecture originale. Pour chaque chapitre, il y a un découpage en trois sous-chapitres: (1) les faits (2) la mise en perspective (3) et pour nous aujourd’hui. Les historiens des sciences effectuent souvent des choix. Ils peuvent retenir le choix «biographique», c’est-à-dire résumer l’histoire des sciences à l’exposé de la vie des grands savants. Ils peuvent réinterpréter le passé sous l’éclairage du présent ou encore teinter de sociologie des sciences leurs exposés. Souvent l’accent est mis sur les «crises» plus que sur la science «normale». Chacune de ces options est intéressante mais trop partiale. L’histoire des sciences peut aussi se centrer sur l’impact des sciences dans la société (et c’est très courant pour l’histoire de la biologie moléculaire ou l’histoire de la mécanique quantique). Michel Morange, homme de laboratoire, a étudié l’histoire des sciences parallèlement à l’étude de la biochimie et de la biologie du développement. Il a donc lu les ouvrages des savants du passé, il a engagé une réflexion sur le mouvement des idées qui n’est presque jamais un mouvement linéaire et uniforme. Et, comme philosophe des sciences, il a fait l’effort de comprendre pourquoi tel concept s’impose à telle époque, souvent d’ailleurs avec une interprétation discutable (c’est le cas de la théorie de l’information en génétique). En lisant Une histoire de la biologie, on découvre une nouvelle approche de l’histoire des sciences, rigoureuse, avec de nombreuses références permettant au lecteur d'en savoir plus sur des questions particulières, car, comme l’écrit l’auteur: «cet ouvrage n’a pas la prétention de remplacer les nombreuses études spécialisées faites sur les périodes couvertes. Il est une porte d’entrée vers elles, et nous donnerons la bibliographie permettant d’y accéder, incluant des œuvres originales, des ouvrages de référence sur des périodes ou des questions, et des articles correspondant à des recherches historiques contemporaines» (). Michel Morange cite Braudel, Le Goff, Bloch…d’éminents historiens qu’il a lus et c’est en véritable historien qu’il a conçu son ouvrage..https://secteurpastoraldelyvette.fr/files/FCS/FCS-CR-09-11-2016.pdf.

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