La guerre de Gaza a des répercussions économiques importantes. Le nombre de Palestiniens vivant dans la pauvreté a fortement augmenté, avec 300 000 personnes supplémentaires tombées dans la pauvreté en . La guerre a provoqué une grave récession économique, l’emploi ayant chuté de 61 % dans la bande de Gaza et de 24 % en Cisjordanie entre octobre et . En , le taux de chômage dans les territoires palestiniens a grimpé à 57 %, entraînant la perte de 500 000 emplois.

L’infrastructure et l’économie de Gaza étaient déjà en difficulté avant le conflit, avec 61 % de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté. La guerre a aggravé ces conditions, causant d’importants dégâts aux habitations, aux hôpitaux, aux écoles, aux systèmes d’eau et d’assainissement, ainsi qu’à la sécurité alimentaire. Selon le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le conflit a fait reculer le développement humain à Gaza et en Cisjordanie de 11 à 16 ans. Fin , l’économie palestinienne a perdu 1,5 milliard de dollars, celle-ci s'étant contractée de 80 % au quatrième trimestre. En , 50 milliards de dollars d’investissements ont été anéantis, plongeant 1,8 million de personnes dans la pauvreté.

À la suite des attaques du 7 octobre, le gouvernement israélien a interdit à 100 000 travailleurs palestiniens d’entrer en Israël pour y travailler, affectant gravement leurs revenus. La présence militaire israélienne accrue et la violence des colons entrave également la mobilité et l’activité économique. La situation est encore aggravée par le gel par Israël des recettes fiscales, affectant le paiement de salaire d’environ 143 000 travailleurs entre octobre et . L’impact économique est particulièrement sévère dans la vieille ville d’Hébron, où 80 % des commerces ont fermé en raison des couvre-feux et des restrictions imposés par les forces de défense israéliennes (FDI). Le conflit et les mesures économiques ont eu des effets dévastateurs sur les moyens de subsistance et la stabilité des Palestiniens, tant à Gaza qu’en Cisjordanie.

Palestine Selon Abdallah Al Dardari, directeur du Bureau régional pour les États arabes du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le nombre de Palestiniens vivant dans la pauvreté a augmenté de 300 000 en . Entre octobre et , la guerre a entraîné une baisse de l’emploi de 61 % à Gaza et de 24 % en Cisjordanie. Le PIB palestinien aurait chuté d’environ 4,2 % au cours de la même période par rapport aux estimations précédentes, entraînant une perte d’environ 857 millions de dollars. Ce chiffre atteint environ 1,7 milliard de dollars en . En , l’Organisation internationale du travail (OIT) déclare que le taux de chômage a atteint 57 % au premier trimestre 2024, avec 507 000 pertes d’emploi dans les territoires palestiniens. Gaza connaît une grave crise financière à la suite des opérations militaires israéliennes, avec un accès à l’argent liquide extrêmement limité. Environ 85 % de la main-d'œuvre gazaouis est actuellement sans emploi, entraînant un net ralentissement des activités économiques. En conséquence, la région ne fonctionne qu’à 16 % de sa capacité maximale, provoquant une grave récession économique, selon la Banque mondiale.

Infrastructures et économie de Gaza La pauvreté à Gaza était déjà qualifiée de « sévère » avant la guerre en raison du blocus israélien en cours, avec 61 % de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté selon la Banque mondiale. Après seulement un mois de combats, ce pourcentage a augmenté d’environ 20 %, et il est prévu qu’il atteigne une hausse de 34 % au cours du second mois du conflit. Un an plus tard, selon l'organisme des Nations Unies pour le commerce et le développement, l'économie de Gaza est en « ruine totale » et qu’il faudrait 350 ans pour revenir aux niveaux d’avant le conflit.

La guerre cause des dégâts dévastateurs à l’infrastructure et à l’économie de Gaza. Elle provoque des bouleversements et une destruction d’une ampleur jamais vue auparavant dans l’enclave. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), plus de 41 000 habitations sont détruites et plus de 222 000 endommagées. La guerre affecte également les hôpitaux, les écoles, les systèmes d’eau et d’assainissement, ainsi que la sécurité alimentaire. Le PNUD indique qu’un recul de 11 à 16 ans est prévu dans l’indice de développement humain à Gaza et en Cisjordanie, et que ces chiffres pourront encore augmenter si la guerre se poursuit.

À la fin du mois de , l’économie palestinienne a perdu un total de 1,5 milliard de dollars américains depuis le début du conflit, annonce le Bureau central palestinien des statistiques. En , la Banque mondiale rapporte que l’économie de Gaza s’est contractée de 80 % au quatrième trimestre de 2023. En , selon le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), 50 milliards de dollars d’investissements ont été anéantis et 1,8 million de personnes sont tombées dans la pauvreté. En , Gaza connaît une crise de liquidités alors que toutes les banques ont cessé leurs activités.

Emploi à Gaza La guerre entraîne des pertes d’emplois considérables à Gaza. Au bout d’un mois de conflit, environ 61 % des emplois à Gaza — soit environ 182 000 postes — ont été perdus. En , le chômage atteint les 80 % selon l'Organisation internationale du travail.

Cisjordanie Peu après les attaques du , Israël restreint l’entrée sur son territoire à environ 100 000 travailleurs palestiniens vivant en Cisjordanie, invoquant des préoccupations sécuritaires. Ces travailleurs transfrontaliers représentent environ 5,5 milliards de dollars, soit environ un tiers de l’économie combinée de la Cisjordanie et de Gaza, selon la Banque mondiale. D’autres Palestiniens font part de leur réticence à se déplacer en raison de l’intensification de la présence militaire israélienne et de la violence des colons israéliens en Cisjordanie. Selon la secrétaire au Trésor des États-Unis de l’époque, Janet Yellen : « Empêcher les résidents de Cisjordanie de travailler en Israël a un effet très négatif sur les revenus en Cisjordanie ». Selon l’Organisation internationale du travail (OIT) en , environ 32 % des emplois — soit 276 000 postes — ont été perdus en Cisjordanie depuis le début de la guerre, entraînant une perte de 500 millions de dollars rien qu’en octobre et .

En , l'organisation B'Tselem rapporte qu’Israël a restreint l’accès des Palestiniens en Cisjordanie à leurs oliviers pour la récolte, déclarant : « La récolte de 2023 est particulièrement importante cette année, car l’économie palestinienne est déjà en difficulté en raison de la guerre de Gaza — notamment à cause de l’interdiction faite aux travailleurs d’entrer en Israël ».

La Cisjordanie est également gravement affectée par la décision d’Israël de retenir les recettes fiscales. Avant le déclenchement de la guerre, Israël et l’Autorité palestinienne étaient en conflit au sujet des sommes perçues par Israël pour la Cisjordanie et Gaza, ce qui a impacté le paiement des salaires d’environ 143 000 travailleurs entre octobre et . Le directeur du Comité de reconstruction d’Hébron déclare que 80 % des commerces de la vieille ville d’Hébron sont fermés en raison des couvre-feux et des fermetures imposés par Tsahal.

En selon l’Autorité palestinienne, le ministère israélien des Finances retient les recettes fiscales, les salaires du secteur public ne pouvant être versés que partiellement. La secrétaire au Trésor américaine Janet Yellen annonce être préoccupée par ces rapports. En , le gouvernement brésilien annonce adopter une politique de libre-échange avec l'Autorité palestinienne.

Israël Le coût économique de la guerre pourrait coûter à Israël environ 400 milliards de dollars en perte d'activité économique au cours de la prochaine décennie, menaçant ainsi l'avenir économique du pays. Pour Israël, 90 % du choc économique proviendra d'effets indirects : baisse des investissements, ralentissement de la croissance de la productivité et perturbations du marché du travail. Selon la Banque d’Israël, les coûts liés à la guerre pour Israël entre 2023 et 2025 pourraient atteindre 55,6 milliards de dollars, soit l’équivalent de 10 % de son économie. vignette|Femmes de Tsahal travaillant dans les champs en remplacement de la main-d'œuvre étrangère perdue. Photo datant de mars 2024. En raison de la suspension des permis de travail pour les Palestiniens, Israël recrute des travailleurs venus d’Inde et du Sri Lanka pour combler les postes vacants. Au dernier trimestre de 2023, l’économie israélienne s’est contractée de 20 %, en raison notamment de pénuries de main-d’œuvre dans le secteur de la construction et de la mobilisation de 300 000 réservistes. Bien qu’Israël ait enregistré une croissance économique de 2 %, celle-ci est en baisse par rapport à une croissance de 6,5 % l’année précédant la guerre. Parmi les autres conséquences du conflit, les dépenses de consommation ont chuté de 27 %, les importations ont diminué de 42 % et les exportations ont reculé de 18 %.

L'économie israélienne connaît un déclin plus important que prévu par les analystes du marché, marquant la plus forte contraction depuis près de quatre ans, selon la première évaluation du Bureau central des statistiques d’Israël. Ce ralentissement s’explique en partie par la diminution des activités commerciales liée à la mobilisation des travailleurs pour le service militaire et à la restriction de l’entrée des employés palestiniens en Israël. La consommation privée est le principal facteur de cette contraction économique, enregistrant une baisse significative de 26,9 %. De plus, l’investissement des entreprises a chuté de 67,8 %, tandis que les exportations et les importations ont diminué respectivement de 18,3 % et 42 %. Cependant, les dépenses publiques ont partiellement compensé ces pertes en augmentant de 88,1 %, principalement en raison des dépenses liées à la guerre. Selon le bureau des statistiques, l’économie israélienne connaît une croissance modeste de 2 % en 2023, mais elle reste inférieure aux 6,5 % enregistrés l’année précédente.

Israël s’est engagé à couvrir les dommages directs et indirects résultant de l’attaque du près d’Ashkelon, touchée par de nombreux missiles lancés par le Hamas. Cela inclut la compensation des entreprises pour le chiffre d’affaires perdu et l’assurance du paiement des salaires des employés concernés. Pour soutenir cet effort, le gouvernement a mis en place un fonds de prêts de 10 milliards de shekels (2,7 milliards de dollars) et accorde des subventions aux entreprises connaissant une forte baisse de leurs ventes. Prédire l’impact financier global du conflit est complexe compte tenu de l’incertitude entourant sa durée. Cependant, il est clair qu’Israël et la région dans son ensemble feront face à des temps économiques difficiles. Sa banque centrale a révisé ses prévisions de croissance pour 2024, de 3 % à 2 %, et prévoit que la reprise du PIB aux niveaux d’avant-guerre prendra plus d’un an. Malgré ces défis, les besoins en dépenses persistent. Le gouvernement a récemment augmenté le budget national d’environ 19 milliards de dollars et prévoit un déficit de 6,6 % pour l’année en cours, principalement en raison des dépenses liées à la guerre. En réponse à ces pressions économiques, les principales agences de notation de crédit telles que Fitch Ratings, Moody’s et S&P Global évaluent la notation A+ d’Israël en vue d’une possible dégradation. En , Fitch Ratings a effectivement abaissé la note de crédit d’Israël.

9 855 travailleurs thaïlandais dans le secteur agricole, 4 331 dans le secteur de la construction et 2 997 dans le secteur des soins infirmiers ont quitté Israël après les attaques du 7-Octobre. De plus, l’interdiction faite à 85 000 travailleurs palestiniens d’entrer en Israël a créé une pénurie d’environ 100 000 travailleurs étrangers et palestiniens.