Les démocrates du Sud sont les membres du Parti démocrate des États-Unis qui résident ou qui sont originaires du sud des États-Unis.
Avant la guerre de Sécession, les démocrates du Sud étaient généralement partisans du modèle « jacksonien » de la démocratie . Au , ils défendirent l'esclavage aux États-Unis et favorisèrent son expansion dans l'ouest des États-Unis contre l'opposition du Free Soil dans le nord des États-Unis. L' élection présidentielle américaine de 1860 officialisa la scission au sein du Parti démocrate entre nordistes et sudistes et déclencha finalement la guerre de Sécession. Après la fin de la Reconstruction à la fin des années 1870, les « rédempteurs » étaient des démocrates du Sud qui contrôlaient tous les États du Sud et restreingnaient les droits civiques des noirs.
Le monopole du Parti démocrate sur la majeure partie du Sud commença à s'effondrer en 1948, lorsque de nombreux démocrates blancs du Sud, mécontents des politiques de déségrégation mises en œuvre à partir de l'administration du président démocrate Harry Truman, firent scission en créant le Parti démocrate des droits des États . Ce nouveau parti, communément appelé « Dixiecrats », nomma le gouverneur de Caroline du Sud, Strom Thurmond comme candidat à la présidentielle. Ce parti s'effondra après la victoire inattendue de Truman à l' élection présidentielle américaine de 1948 .
Bien qu'il fût lui-même un démocrate sudiste, le président Johnson signa le la loi sur les droits civiques de 1964 ainsi que celle sur le droit de vote de 1965. Ces actions ont conduit à une forte opposition de la part des démocrates du Sud. De nombreux chercheurs ont déclaré que les Blancs du Sud se sont tournés vers le Parti républicain après ce changement de culture des droits civiques et en raison du conservatisme social à une époque ou le parti républicain s'orientait progressivement vers ces idées.
Le parti républicain a commencé par dominer les élections présidentielles dans le Sud, puis remporta la majorité des élections au poste de gouverneur et au Congrès du Sud à partir de la révolution républicaine de 1994. Après les élections de mi-mandat de 2010, le Parti républicain avait acquis un solide avantage sur le Parti démocrate dans la plupart des États du Sud.
Les démocrates du Sud du , tels que Jon Ossoff et Raphael Warnock, sont nettement plus progressistes que leurs prédécesseurs. A ce jour, aucun candidat du parti démocrate n'a été élu à la présidence sans avoir remporté au moins deux des onze anciens États confédérés, dont au moins un en Géorgie ou en Floride.
Histoire
1828–1861 Le titre de « démocrate » trouve son origine dans le Sud, avec la fondation du Parti démocrate-républicain en 1793 par Thomas Jefferson et James Madison . Ce parti adhérait aux principes d'un État aux compétences restreintes avec une certaine méfiance vis-à-vis du gouvernement fédéral. Après avoir dominé la politique américaine de 1801 à 1829, les démocrates-républicains se scindèrent en deux factions en 1828 : les républicains nationaux fédéralistes (futurs Whigs ) et les démocrates. Les démocrates et les whigs avaient un rapport de force équivalent dans les années 1830 et 1840, les Whigs se désintégrant cependant dans les années 1850. Les démocrates du Nord s'opposaient fermement aux démocrates du Sud sur la question de l'esclavage ; les démocrates du Nord, menés par Stephen Douglas, croyaient en la souveraineté populaire, permettant aux habitants des territoires de voter sur l'esclavage. Les démocrates du Sud, reflétant les vues de John Calhoun, insistaient sur le fait que l'esclavage était national.
Les Démocrates contrôlèrent le gouvernement fédéral de 1853 à 1861, les présidents Pierce et Buchanan étant favorables aux intérêts sudistes. Dans le Nord, le Parti républicain, récemment créé et antiesclavagiste, prit le pouvoir et domina le collège électoral. Lors de l' élection présidentielle de 1860, les Républicains désignèrent Abraham Lincoln, tandis que les divisions entre Démocrates conduisirent à la nomination de deux candidats : John Breckinridge, représentait les Démocrates du Sud, et Stephen A. Douglas, les Démocrates du Nord. Les Républicains obtinrent la majorité des voix électorales et Abraham Lincoln fut élu.
1861–1933 vignette|L'Arkansas a voté démocrate lors des 23 élections présidentielles de 1876 à 1964 ; les autres États n'étaient pas aussi solides mais ont généralement soutenu les démocrates à la présidence. Après l'élection de Lincoln, les démocrates sudiste menèrent la charge pour faire sécession et établir la confédération. Le Congrès des États-Unis était dominé par les républicains ; une exception notable fut le démocrate Andrew Johnson seul sénateur d'un État en rébellion à rejeter l'idée de sécession. Les États frontaliers du Kentucky, du Maryland et du Missouri, furent déchirés par des troubles politiques. Le Kentucky et le Missouri étaient tous deux gouvernés par des gouverneurs démocrates du Sud pro-sécessionnistes qui rejetèrent avec véhémence l'appel du président Lincoln des soldats . Les états du Kentucky et du Missouri tinrent tous deux des conventions de sécession, mais aucun ne déclara finalement la sécession, ce qui conduisit à la division des gouvernements unionistes et confédérés dans les deux cas. Les démocrates du Sud du Maryland affrontèrent le gouverneur unioniste Thomas Holliday Hicks et l'armée de l'Union. Fort de la suspension de l'habeas corpus et des troupes de l'Union, le gouverneur Hicks parvint à stopper le mouvement sécessionniste du Maryland. Le Maryland était le seul État au sud de la ligne Mason-Dixon dont le gouverneur confirmait l'appel du président à envoyer 75 000 soldats.
Après la sécession, le vote démocrate dans le Nord se divisa entre les Démocrates pro guerre et les Démocrates pro paix. Les pro guerre votèrent pour Lincoln lors des élections de 1864 dans le cadre de 'l'Union nationale" à ce titre le démocrate Andrew Johnson était candidat pour la vice présidence avec Lincoln.
Dans le Sud, pendant la Reconstruction, l'élément républicain blanc, appelé « Scalawags », perdit progressivement de son influence à mesure que de plus en plus de personnes rejoignaient les Démocrates. Dans le Nord, la plupart des Démocrates pro guerre revinrent chez eux, et lorsque la « Panique de 1873 » éclata, le Parti républicain fut accusé et les Démocrates prirent le contrôle de la Chambre des représentants en 1875. Les Démocrates soulignèrent que, depuis Jefferson et Jackson, ils étaient le parti des droits des États, ce qui renforça leur attrait dans la population blanche sudiste.
Au début du siècle, les Démocrates, menés par l'aile dominante du Sud, bénéficiaient d'une forte représentation au Congrès. Ils remportèrent les deux chambres en 1912 et élit Woodrow Wilson, universitaire du New Jersey profondément enraciné dans le Sud et fortement implanté dans la classe moyenne du Sud. Le Parti démocrate perdit le congrès au profit des républicains lors des élections de 1919. Les Démocrates du Sud occupèrent des positions importantes au Congrès sous l'administration Wilson. Une étude notait : « Bien qu'ils ne représentent qu'environ la moitié des sénateurs démocrates et un peu plus des deux cinquièmes des représentants démocrates, les Sudistes constituaient une large majorité des membres influents du parti dans les deux chambres. Ils exercèrent un poids considérable au sein des deux caucus démocrates et présidèrent la quasi-totalité des commissions importantes du Congrès. »
De 1896 à 1912 et de 1921 à 1931, les Démocrates furent relégués au second plan sur la scène politique nationale et ne contrôlèrent aucune branche du gouvernement fédéral, malgré leur domination universelle dans la majeure partie du « Sud uni ». En 1928, plusieurs États du Sud virent un vote important en faveur des républicains pour soutenir Herbert Hoover plutôt que le candidat démocrate catholique Al Smith, cependant cette attitude fut de courte durée, la crise de 1929 ramena les Républicains en disgrâce dans tout le Sud. À l'échelle nationale, les Républicains perdirent le Congrès en et la Maison-Blanche en par de fortes marges. À cette époque également, la direction du Parti démocrate commença à changer quelque peu de ton sur la politique raciale. Face à la Grande Dépression qui frappait le pays et aux bouleversements dans la vie de la plupart des Américains, le nouveau gouvernement considérait l'aide aux populations noires comme une nécessité.
1933–1981 Dans les années 1930, alors que le New Deal commençait à faire évoluer l'ensemble du parti démocrate vers la gauche en matière économique, les Démocrates du Sud y étaient majoritairement favorables avec toutefois le développement d'une faction conservatrice importante. Les deux factions soutenaient la politique étrangère du président Roosevelt. En 1948, la protection de la ségrégation conduisit les Démocrates du Sud profond à rejeter Truman et à faire scission avec le parti Dixiecrats qui présenta le candidat Thurmond à l' élection présidentielle américaine de 1948, celui ci remportant plusieurs états sudistes et rassemblant 39 voix de grands électeurs mais sans pour autant empêcher la victoire de Truman. Après 1964, les Démocrates du Sud perdirent des batailles majeures lors du mouvement des droits civiques avec la fin de la ségrégation et des restrictions du droit de vote dans les états sudistes.
Durant le mouvement des droits civiques, les démocrates du Sud votaient initialement pour leur parti de manière loyale. Après l'adoption de la loi sur les droits civiques, l'argument selon lequel les Blancs devaient se serrer les coudes pour empêcher l'adoption d'une loi sur les droits civiques perdit de sa force. Les Blancs sudistes se mirent donc progressivement au vote républicain, notamment dans les banlieues et les villes en pleine expansion. Les nouveaux arrivants du Nord étaient majoritairement républicains ; ils furent alors rejoints par les conservateurs et les Blancs aisés du Sud, tandis que les Blancs progressistes et les Blancs pauvres, notamment dans les zones rurales, restèrent fidèles au Parti démocrate.
Le programme du New Deal de Franklin Delano Roosevelt (FDR) a globalement uni les factions du parti pendant plus de trois décennies, car les Sudistes, comme les populations urbaines du Nord, ont été particulièrement touchés et ont généralement bénéficié du programme d'aide gouvernemental. Roosevelt parvenait à conserver son électorat sudiste tout en captant un électorat noir traditionnellement républicain. Le mouvement des droits civiques des années 1960 a catalysé la fin de cette coalition d'intérêts du Parti démocrate en magnétisant les électeurs noirs vers l'étiquette démocrate et en mettant simultanément fin au contrôle suprémaciste blanc de l'appareil du parti. Une série de décisions de justice, rendant les élections primaires publiques au lieu d'événements privés administrés par les partis, a essentiellement libéré la région du Sud pour évoluer davantage vers le comportement bipartite de la plupart du reste du pays.
Lors des élections présidentielles de 1952 et 1956, le candidat républicain Dwight D. Eisenhower, fort de son aura, remporta plusieurs États du Sud, éloignant ainsi certains sudistes blancs du parti démocrate . La position importante des membres du Congrès et des sénateurs du Sud, ainsi que la discipline de nombreux groupes impliquèrent que les initiatives en faveur des droits civiques eurent tendance à être freinées malgré le soutien populaire.