Le Gascogne est un navire baliseur océanique français, qui a été en service de 2006 à 2023 au sein de l’Armement des Phares et Balises (APB).
Conception Le Gascogne a une longueur hors tout de 52 mètres...... et une longueur entre perpendiculaires de 47,04 mètres, une largeur (maître-bau) de 12,50 mètres, un tirant d'eau minimal de 3,20 mètres et maximal de 4,15 mètres. Son déplacement est de 1047 tonnes, son port en lourd de 900 tonnes, sa jauge brute de 480 tonnes et sa jauge nette de 225 tonnes. Sa coque et ses superstructures sont en acier. Le navire dispose sur l'arrière d’un vaste pont de travail, d’une surface de , sur lequel il peut emporter 50 tonnes de matériel. Il peut embarquer deux conteneurs EVP (équivalent vingt pieds).
Le Gascogne est propulsé par un moteur Diesel principal Crépelle 8PSN3L à 4 temps 8 cylindres situé à l'arrière, d’une puissance de 1600 ch (1225 kW), auquel s’ajoute un propulseur d'étrave Crepelle 4PSN3L 4 temps 4 cylindres de 800 ch (589 kW), pouvant être utilisé pour un déplacement lent en cas d’avarie du moteur principal. Sa puissance totale installée est donc de 1814 kW (ou 1946 kW selon d’autres sources). Il dispose aussi d’un groupe électrogène de mouillage de 166 kVA. Sa vitesse maximale est de 11,2 nœuds et sa vitesse de service de 10 nœuds. Le navire consomme environ 1,5 tonne de carburant par journée de travail. Ses soutes ont une capacité de de carburant et d’eau douce, ce qui lui donne plusieurs semaines d’autonomie.
Le navire possède une grue hydraulique équipée de deux crocs. Le croc principal peut soulever 15 tonnes à une hauteur entre 3,2 et 8,8 mètres, 11 tonnes de 8,8 à 11,9 mètres, et 8 tonnes de 11,9 à 15 mètres. Le croc secondaire peut soulever 6 tonnes de 2,5 à 7,6 m. Il dispose aussi de deux treuils enrouleurs hydrauliques d’une puissance de 10 tonnes (10000 dAN) chacun et de bloqueurs de chaînes rétractables, associés à un rouleau de renvoi central. Chacune de ses ancres pèse 1,290 tonne.
Le Gascogne possède une vaste passerelle offrant une bonne visibilité et deux pupitres de commande (ou consoles de navigation). La principale est à l'avant et la secondaire, à l'arrière, est plus spécifiquement dédiée aux manœuvres d'appareillage ou d’accostage dans les ports, et surtout lors des opérations sur les bouées. Le navire dispose d’un système complet de navigation, incluant une table à cartes, une carte électronique, un système d'identification automatique (AIS), un sondeur bathymétrique et deux radars, parmi lesquels un ARPA de 15 kW. Il possède des équipements pour la lutte anti-pollution marine et la lutte contre l'incendie.
L’équipage normal est composé de 12 personnes, mais le navire dispose d’aménagements pour accueillir 17 personnes au maximum : cinq cabines simples pour les officiers et sept (dont cinq cabines doubles et deux simples) pour l’équipage. Deux coursives desservent les cabines. Il comporte deux carrés, un pour les officiers et l’autre pour l’équipage, une cuisine et des sanitaires. Les douze membres d'équipage se répartissent ainsi : sept « pont » (le commandant, le second, un assistant-pont ou bosco, quatre matelots), quatre « machines » (le chef mécanicien, le second mécanicien, un assistant ou maître-machines, un ouvrier mécanicien) et le cuisinier.
Historique Le navire a été construit en 1983. à Dieppe (Seine-Maritime) par les Ateliers et Chantiers de la Manche. sous le nom dAréthuse pour servir de navire de ravitaillement offshore (en anglais supply). Propriété de la Surf appartenant au groupe Bourbon, il assurait des missions de ravitaillement et d'assistance aux plates-formes pétrolières offshore des champs pétrolifères du Gabon.
En 2005, il a été racheté à la Surf par l'Armement des Phares et Balises (APB) et transformé en baliseur océanique par le chantier naval Socarenam à Boulogne-sur-Mer. Il a été débarrassé d'équipements devenus inutiles pour sa nouvelle fonction : treuils d'ancres, pompes à ciment, ballasts. Il a été doté d'une grue de balisage, de stoppeurs de chaînes et d'un rouleau de renvoi, associés à deux treuils existants, redisposés pour pouvoir remonter les chaînes de bouées. Des travaux de réaménagement partiel des locaux ont été faits, en particulier la pose de cloisons dans le dortoir pour en faire des cabines individuelles ou doubles. Les principaux organes mécaniques ont bénéficié d’une révision pour garantir leur fiabilité. Enfin, il a reçu une nouvelle peinture aux couleurs de la Direction des Affaires Maritimes pour lui donner l'identité visuelle des Phares et balises.
Le navire a effectué ses premiers essais en mer de balisage devant Boulogne le et a été mis en service comme baliseur océanique le . Il a été rebaptisé Gascogne à Bordeaux le .
Faisant partie des six baliseurs océaniques de l'Armement des Phares et Balises, avec lArmorique (basé à Brest), le Charles Babin (basé à Saint-Nazaire), le Chef de Caux (basé au Havre), le Hauts de France (basé à Dunkerque) et le Provence (basé à Marseille), le Gascogne a été affecté à la subdivision des Phares et Balises du Verdon-sur-Mer, sur la rive gauche de la Gironde. Son port d'attache était Port Bloc, situé à la pointe de Grave. La subdivision du Verdon gère l’ensemble des établissements de signalisation maritime (ESM) flottants et terrestres du département de la Gironde, en particulier ceux balisant le chenal d’accès au port de Bordeaux, ainsi que des bouées dans les départements de la Charente-Maritime, des Landes et des Pyrénées-Atlantiques, soit au total 257 ESM, dont 245 sur le territoire de la Gironde et 13 hors département.
Le Gascogne avait une zone de responsabilité allant de la frontière espagnole jusqu'au plateau de Rochebonne, l'île d'Yeu et La Rochelle. Il maintenait en bon état de fonctionnement un parc de 167 bouées réparties sur quelque 200 milles marins de littoral, principalement sur quatre sites : le plateau de Rochebone, au large de La Rochelle, l’estuaire de la Gironde, les passes du bassin d'Arcachon, et l’estuaire de l'Adour à Bayonne. Il assurait la mise en place et une maintenance préventive des bouées, avec des interventions cycliques et programmées. Localement, il était une des pièces maîtresses du plan anti-pollution « Polmar », assurant en priorité la protection des berges.
Le , deux marins du bord ont été blessés lors de la rupture d'un câble. Le Gascogne se trouve alors à 12 milles marins (environ 22 km) de la Rochelle. Il en a informé le Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) d'Étel. Une conférence téléphonique entre le Gascogne, le CROSS d'Etel et le Centre de consultation médicale maritime (CCMM) de Toulouse a abouti à la décision d'évacuer par hélicoptère le blessé le plus grave. Un hélicoptère Sud-Aviation SA365 Dauphin de la Marine nationale, basé à La Rochelle, est intervenu pour hélitreuiller le blessé et le déposer au centre hospitalier de La Rochelle, où il a été pris en charge par une équipe médicale de l'hôpital. Le Gascogne a ensuite mis le cap sur le Verdon-sur-Mer avec le second marin plus légèrement blessé. Celui-ci a été pris en charge par les pompiers dès l’arrivée à quai et transféré vers l'hôpital de Lesparre-Médoc..
Le Gascogne a été désarmé fin 2023.., puis vendu aux enchères. Il était alors le vétéran de la flotte des baliseurs océaniques de l’Armement des phares et balises. Il a été remplacé à la subdivision du Verdon-sur-Mer par le nouveau baliseur océanique Augustin Fresnel., construit au chantier naval Socarenam de Boulogne-sur-Mer et mis en service en 2025. De dimensions assez similaires au Gascogne, lAugustin Fresnel a été spécifiquement conçu pour des missions de balisage. Il sera partagé entre la subdivision du Verdon-sur-Mer et celle de Saint-Nazaire et remplacera aussi lAtlantique, qui a été retiré du service à la fin de l’année 2024.
Le Gascogne a été racheté par le groupe de lamanage et de services maritimes « Lamanage Huchet Desmars » (LHD), basé à Donges (Loire-Atlantique) qui l’a renommé JLD Gascogne. LHD l’a fait repeindre sous ses couleurs et prévoyait de le positionner sur le marché français et européen des navires de soutien des parcs éoliens en mer, mais le groupe l’a finalement revendu.
Capitaines François Jouison
Notes et références
Catégorie:Baliseur Catégorie:Navire construit à Dieppe Catégorie:Bateau lancé en 1983