L'église paroissiale de Saint-Julien-d'Arpaon est située sur la commune nouvelle de Cans et Cévennes en Lozère, dans l'ancienne commune de Saint Julien d'Arpaon. Elle n'est plus affectée au culte.
Localisation
L'église est bâtie au pied Sud-Ouest du Bougès, au lieu-dit Saint Julien le Haut, commune de Cans et Cévennes (Lozère).
Historique
Son origine et son époque de construction sont mal connus. L'étude de son architecture suggère une construction au Moyen Âge. Elle est citée en 1407 dans une bulle pontificale de Benoît XIII. La paroisse de St-Julien d'Arpaon fut supprimée lors du Concordat et rattachée à la paroisse de Barre des Cévennes, puis rétablie par ordonnance royale du . Le cimetière catholique situé à l’angle nord-ouest de l’église et attenant par ce côté à cette dernière, ne fut point désaffecté lors de la RévolutionRichard Thème. Notes sur l'église de Saint-Julien d'Arpaon, le Lien Bulletin d'information et d'échange Du CFD à La Ligne Verte n° 5 - mai 2013 http://ducfdalaligneverte.fr/images/documents/Le_Lien5Site.pdf. L'exercice du culte s'arrêta définitivement vers 1950.
La Guerre des Camisards
Du samedi 22 au dimanche , le sieur Durand, curé de la paroisse, accueille l’abbé du Chayla, inspecteur des missions en Cévennes. En provenance de la foire de Barre-des-Cévennes, l’abbé se dirige avec son escorte vers sa résidence administrative du Pont-de-Montvert. Les deux ecclésiastiques s’inquiètent de la montée en puissance du prophétisme dans la région et discourent de la meilleure façon d’y faire faceHenry Mouysset Les Premiers Camisards. Juillet 1702. Nouvelles presses du Languedoc 2010. Selon son hagiographie, l'abbé du Chayla aurait déclaré en chaire qu'il « s’estimerait heureux si tout son corps était déchiré pour la défense de la religion catholiqueLa vie spirituelle Ascétique et Mystique, avril - septembre 1926 tome XIV 1926 p 282. » . Il quitte son hôte très certainement en début d’après-midi, et rejoint le Pont-de-Montvert en traversant la montagne du Bougès. Son assassinat, dans la nuit du lundi au mardi, lors de la libération des prisonniers, marquera le début de la guerre des camisards. On peut donc affirmer que c’est dans l’église de Saint-Julien-d’Arpaon que l’abbé a prononcé son dernier sermon.
Dans la nuit du , la troupe camisarde commandée par Gédéon Laporte pille et brûle l’église, la cure ainsi que la maison du notaire Delapierre. Ce dernier est blessé au visage par un coup de pistolet alors que les camisards tuent Salomon Gardès, l’ancien secrétaire de l’abbé du Chayla, présent dans la maison du notable à ce moment-là. M. Delapierre peut s’enfuir après une rocambolesque traque. L'abbé Durand n’a d’autre solution que de fuir, et se réfugie dans son pays natal. Lorsque les troubles sont apaisés et le danger écarté, il reprend le service.
Description
Plan
L'église est bâtie sur un plan simple en forme de croix, comprenant une nef, deux chapelles latérales et un chœur formé d'un chevet carré. Elle est couverte de voutes en berceau comprenant des arcs en plein cintre entre la nef et le chevet et entre la nef et les chapelles latérales du transept. L' arc central, de courbure très inférieure aux voutes, et décalé par rapport à la génératrice des voutes, forme un arc triomphal. Le clocher mur en arcade est construit sur la nef. Une chapelle plus petite a été accolée au transept sud pour former une sacristie.
Matériaux
Bâtie directement sur le roc schisteux, taillé selon les besoins, les voutes, les murs le clocher et la couverture étaient en schiste, sans pierre d'angle. La fenêtre à l'extrémité du chevet est de forme typiquement préromane, étroite et haute, son encadrement mal dégrossi est en calcaire et kersantite (ou fraidonite). Le chœur est également percé d'une fenêtre de chaque côté. Chaque chapelle du transept possède une fenêtre au fond. La nef en est dépourvue. Le mur occidental est percé d'un oculus. Les linteaux de plusieurs fenêtres sont formés d'une unique pièce calcaire, taillée finement, en quart de cercle dans la partie inférieure et d'un angle droit dans la partie supérieure. Il s'agit probablement de pierres issues de linteaux en demi-cercle, pouvant provenir du château de Saint Julien d'Arpaon.
Modifications
Plusieurs modifications ont été apportées au bâtiment au cours des âges. Les fenêtres formées de pierres de récupération suggèrent qu'elles ont été percées ou agrandies tardivement. Des contreforts ont été ajoutés pour consolider la nef. Ils n'ont cependant pas permis d'éviter l'effondrement des voutes. Seules les voutes des chapelles et entre elles ont résisté aux épreuves du temps. Des travaux de rénovation datent de 1844, comme en témoigne la cloche, une inscription sur le crépi du clocher (qui comprend en outre la mention FT) et les fresques de la chapelle sud de style de l'époque Louis-Philippe. Depuis 2010, le bâtiment connaît de nouvelles transformation par la construction d'un arc en plein cintre entre la nef et le transept, la pose d'une charpente et d'une couverture en lauzes de schiste, rehaussée par rapport à la toiture d'origine, la suppression ou la réduction des contreforts et la réouverture et reconstruction de l'oculus de la nef et de la fenêtre du chevet. Des traces de détérioration par le feu de pierres de schistes datent probablement de 1702.
La construction adossée à l'église à gauche du porche, construite postérieurement, comporte une arbalétrière, ce qui suggère une construction au haut Moyen Âge. Des caractéristiques de la construction (chevet plat, plan en croix, voutes sur l’ensemble du bâti, fenêtres étroites, chœur et nef en continuité, séparation entre la nef et le chœur) ont également été décrites dans des églises d'époque préromane en Languedoc (VIII-)Durand Geneviève. Les églises rurales du premier âge roman dans le Rouergue méridional. In: Archéologie du Midi médiéval. Tome 7, 1989. pp. 3-42; doi : https://doi.org/10.3406/amime.1989.1187 https://www.persee.fr/doc/amime_0758-7708_1989_num_7_1_1187Élisabeth Astruc, « L’architecture religieuse rurale en Languedoc méditerranéen entre la fin du VIII e siècle et le début du XI e siècle (diocèses d’Agde, Béziers, Lodève, Maguelone et Narbonne) », Bulletin du centre d’études médiévales d’Auxerre | BUCEMA [En ligne], 21.1 | 2017, http://journals.openedition.org/cem/14703 ; https://doi.org/10.4000/cem.14703.
Galerie
Références
Liens externes
Saint-Julien-d'Arpaon