LAugustin Fresnel (II) était un navire baliseur français, en service jusqu’en 1994 au sein du service des phares et balises. Il a été coulé comme récif artificiel le au large de la Guadeloupe. Depuis, il est devenu un « spot » de plongée sous-marine très populaire.
Il a été nommé en hommage au physicien français Augustin Jean Fresnel (1788-1827) ingénieur du corps des ponts et chaussées (École polytechnique, promotion 1804)., connu pour ses recherches dans le domaine de l’optique.. C’est un des fondateurs de l'optique moderne. Il expliqua tous les phénomènes optiques dans le cadre de la théorie ondulatoire de la lumière. et inventa la lentille de Fresnel.
Il est le second navire de ce nom (d’où sa désignation parfois comme Augustin Fresnel II), après un premier baliseur construit en 1904 à Nantes et qui a servi à Granville jusqu’en 1933, puis à Saint-Malo à partir de 1937. Après lui, un troisième baliseur également nommé Augustin Fresnel a été lancé en 2024.
Conception LAugustin Fresnel II était de fabrication acier. Il avait une longueur hors tout de 51,3 mètres (quoique de nombreuses sources arrondissent par le haut à 53 m...., voire à 57 m., une largeur de 9,8 m (ici encore, de nombreuses sources arrondissent à 9 m) et une jauge brute de 660 tonneaux.. Il était propulsé par deux moteurs Diesel entraînant deux arbres d'hélice.
Historique Ce navire a été construit à la fin des années 1940 au Canada.. par Yarrows Ltd. à Esquimalt, en Colombie-Britannique. Sa date de lancement et de mise en service sont inconnues. Il avait trois sister-ships identiques, qui ont servi au Havre, à Dunkerque, au Sénégal et en Tunisie.
LAugustin Fresnel II a d'abord servi en mer Méditerranée pour le service des Phares et Balises. Il opérait principalement au large de Marseille et de la Corse, assurant l’entretien des bouées de signalisation maritime. Après plusieurs décennies de service en métropole, il est reconditionné en 1990 à Bordeaux, en partie par des marins de Pointe-à-Pitre, et affecté à la subdivision de Pointe-à-Pitre (préfecture de la Guadeloupe) pour assurer l'entretien du balisage de la zone Antilles-Guyane, en remplacement du baliseur Marius Moutet.
Après plus de 50 ans de service, il est désarmé en 1994 après une avarie sur sa propulsion. Il est remplacé en 2001 par le Kahouanne. Il a fait l’objet d’une dépollution totale., un chantier qui a mobilisé des experts et des compétences pluridisciplinaires, en collaboration avec les différents services de l'État. Les fluides polluants (hydrocarbures et fréon) ont été vidés. L'amiante a été stabilisée et enfermée dans un coffrage.
Après cela, il a été coulé volontairement comme récif artificiel le .. dans la mer des Caraïbes au large de Bouillante et la plage de Malendure, dans le sud de Basse-Terre, au sud des îlets Pigeon de la réserve Cousteau, sur la côte Ouest de la Guadeloupe. L’opération a d’ailleurs failli tourner à la catastrophe lorsque le remorqueur Pointe Vigie, chargé de son immersion, a lui-même été en grand danger de couler, malgré sa bonne tenue à la mer et sa stabilité. Les vannes de coque de lAugustin Fresnel II avaient été ouvertes, et le Pointe Vigie arrosait le navire avec son canon à eau pour accélérer le remplissage des parties hautes. Soudain, un effet de carène liquide a fait chavirer brusquement lAugustin Fresnel II, dont le sommet de la passerelle a accroché le plat-bord tribord du remorqueur, l’entraînant avec lui. Plusieurs marins du Pointe Vigie se sont retrouvés à la mer, et l’eau submergeait le pavois. Heureusement, celui-ci s’est déchiré in extremis, permettant au remorqueur de se redresser. Son équipage en a été quitte pour une grosse frayeur..
LAugustin Fresnel II est posé bien droit sur sa quille sur un fond de sable à une trentaine de mètres de profondeur. Selon les sources, la profondeur exacte varie de 28 à 29, 30 ou 31 mètres. Elle a pu varier dans le temps, car selon une source, la mer fortement agitée durant le cyclone Omar l'a fait glisser jusqu'à 31 m de profondeur. L'épave est en bon état, permettant aux plongeurs d’explorer sans problème les différentes parties des superstructures à l’arrière, les cales avec les treuils à l’avant, la poupe avec ses deux hélices et ses deux safrans, la cabine du grutier et la proue caractéristique d'un baliseur, le pont avant, la cuisine, la salle à manger et les 15 cabines.
La nature a repris ses droits sur l’épave, qui est devenue un excellent refuge pour la faune aquatique. On y voit de superbes éponges colorées, des centaines d'anthias et des sergents-majors, des bancs de carangues, des barracudas, de gros pagres, des poissons-anges français, des poissons-anges royaux et poissons-anges gris, entre autres. L’université des Antilles et de la Guyane a effectué un suivi de colonisation biologique tous les mois pendant deux ans. Le rapport qui a été publié montre que la colonisation a débuté par deux espèces (qui n'ont plus été observées par la suite), pour se stabiliser autour d'une quinzaine d’espèces en novembre-.
Notes et références
Catégorie:Baliseur Catégorie:Navire construit au Canada Catégorie:Navire coulé en 2003 Catégorie:Épave de l'océan Atlantique