Les élections législatives irakiennes de 2025 ont lieu le afin d'élire les 329 membres du Conseil des représentants irakien.

Les conseillers élus doivent notamment élire un nouveau président de la République, étape préalable à la formation d'un nouveau gouvernement devant succéder à celui du Premier ministre sortant Mohammed Chia al-Soudani, à la tête du Parti Al Furatain et de la Coalition pour la reconstruction et le développement.

Contexte Élections précédentes Les élections législatives d'octobre 2021 voient arriver en tête le Mouvement sadriste dirigé par Moqtada al-Sadr. Grand vainqueur des élections, il cherche alors à former un gouvernement de coalition avec ses alliés, le Parti démocratique du Kurdistan de Massoud Barzani et le Parti du progrès de Mohamed Al-Halbousi ainsi que la plupart des formations sunnites irakiennes, dans le but affiché de rompre avec les formations liées au voisin chiite iranien. al-Sadr soutient par conséquent la candidature d'Hoshyar Zebari à l'élection présidentielle de ...

L'élection présidentielle se transforme cependant en une crise politique qui dure plus de huit mois, bloquant la formation d'un nouvel exécutif. Initialement prévu pour le , le scrutin est reporté à trois reprises du fait du boycott des sessions parlementaires par plus d'un tiers des députés, un quorum de participation des deux tiers des députés étant nécessaire à la tenue d'une élection présidentielle. Une partie des députés s'élèvent une première fois contre l'annulation par la Cour suprême de la candidature de Hoshyar Zebari... Après avoir relancé le processus électoral, le Mouvement sadriste et ses alliés décident de se reporter sur la candidature de Rebar Ahmed... Un second et troisième boycotts interviennent cependant à l'initiative des opposants au Mouvement sadriste les 26 et , tandis que la Cour suprême donne au Parlement jusqu'au pour élire un nouveau président. Cette date limite est cependant franchie sans que le scrutin n'ait lieu, plongeant le pays dans une crise constitutionnelle....

Après un nouveau boycott prolongé par le Mouvement sadriste et la menace d'élections législatives anticipées, ses 73 députés finissent par démissionner à la surprise générale en tandis que son dirigeant annonce son retrait de la vie politique. En son absence, la crise prend finalement fin début , permettant l'élection à la présidence d'Abdel Latif Rachid, membre comme le président sortant Barham Salih de l'Union patriotique du Kurdistan (UPK) mais bénéficiant pour sa candidature sans étiquette du soutien du Parti démocratique du Kurdistan (PDK). Candidat de consensus, il parvient à réunir les voix des sunnites comme des chiites, et est élu au second tour face à Barham Salih...

Gouvernement al-Soudani vignette|redresse=0.7|gauche|Mohammed Chia al-Soudani

La disparition du mouvement sadriste de l'échiquier politique s'opère au profit du Cadre de coordination, une large coalition informelle réunissant chiites, sunnites et kurdes. Cette dernière porte la candidature de l'ancien ministre des droits de l'homme Mohammed Chia al-Soudani, seul élu du Parti Al Furatain, au poste de Premier ministre...

Dés son investiture le , le nouveau président charge al-Soudani de former un gouvernement dans les trente jours... Celui-ci présente son gouvernement le et obtient la confiance du Parlement le jour même. Le nouveau gouvernement réunit ainsi le Parti du progrès (TAK), la Coalition de l'État de droit, le Parti démocratique du Kurdistan (PDK), l'Alliance Fatah, l'Union patriotique du Kurdistan (UPK), l'Alliance Azem, l'Alliance de la victoire et le Mouvement Babylone.

Al-Soudani gagne en popularité en étant notamment le premier Premier ministre irakien à ne pas jouir d’une seconde nationalité, et à avoir grandi et étudié en Irak. Il axe son mandat sur une politique de grands travaux, une mise à distance des groupes clientélisés par l’Iran, et la négociation du départ des dernières troupes américaines présentes dans le pays. Il annonce début novembre 2025 le retrait total des troupes étrangères encore présente sur le territoire irakien pour au plus tard.

Le gouvernement al-Soudani conduit notamment une réforme électorale, qui rétablit l'ancien système électoral en vigueur lors des élections législatives de 2018, qui avait été abandonné au profit du Vote unique non transférable en réponse au importantes manifestations ayant eu lieu de 2019 à 2021. Le vote unique non transférable mis en œuvre en 2021 cède ainsi la place à un retour au scrutin proportionnel plurinominal. Les élections sont fixées début au suivant. L'armée et les forces de sécurités, qui totalisent 1,3 millions de membres, votent de manière anticipée le dans 906 bureaux de votes, en même temps qu'environ 26 500 réfugiés.

Système électoral Le Conseil des représentants de l'Irak est la chambre basse du parlement bicaméral irakien. Elle est cependant de facto le seul pouvoir législatif, le Conseil de la fédération censé constituer la chambre haute ne s'étant encore jamais réuni depuis la mise en place de la constitution de 2005.

Le Conseil est composé de élus pour quatre ans au scrutin proportionnel plurinominal avec listes ouvertes dans dix huit circonscriptions de sept à trente quatre sièges correspondants aux gouvernorats de l'Irak. Les sièges sont répartis selon la méthode de Sainte-Laguë avec un quota de 25 % des sièges réservés aux femmes..

Sur les , 9 sont réservés aux minorités religieuses ou ethniques, à raison de cinq sièges pour les chrétiens et un chacun pour les Mandéens, Yézidis, Shabaks et Kurdes Feyli.

Conditions Le droit de vote s'acquiert à l'âge de . Seules peuvent être élues les personnes âgées d'au moins , diplômées de l'enseignement secondaire. Les membres actifs des forces armées ne peuvent se présenter comme candidats. Sont également exclues les personnes condamnées pour détournement de fonds publics ou pour crime d'honneur, ainsi que les anciens cadres du parti Baas.

Campagne Le scrutin doit à son tour être suivi de l'élection d'un nouveau président de la République, puis de la désignation d'un Premier ministre chargé de former un gouvernement. Le Premier ministre sortant, Mohamed Chia al-Soudani, est ainsi candidat à une reconduite à son poste, s'étant associé à des figures importantes de la vie politique et tribale irakienne pour former la Coalition pour la reconstruction et le développement...

La campagne électorale est marquée par un désintéressement de la population, qui estime l'issue des élections et doute de la capacité des élites politiques à répondre à leur besoin. L'Irak connait en effet un taux de pauvreté considérable, touchant près d'un tiers de la population. Les attentes des électeurs se focalisent par conséquent sur les questions sociales, telles que le manque de logement, en particulier dans la capitale, Bagdad, où il est estimé à trois millions de logements manquants.

La politique du gouvernement al-Soudani contribue à sa bonne image, ce dernier s'étant focalisé sur les investissements et le développement de projets économiques et culturels, en se maintenant le plus possible à l'écart des conflits régionaux, dans une région marquée par la guerre civile syrienne, le conflit Iran-Israël, la guerre de Gaza et la guerre civile yéménite. S'il se présente comme l'homme de la reconstruction en faisant campagne avec une grue pour emblème, le Premier ministre peine cependant à répondre aux besoins du tiers de population pauvre dont les grands projets immobiliers ne sont pas la cible.

En tant que chiite, al-Soudani fait également face au dossier épineux de la démilitarisation des milices chiites pro-iraniennes créées lors de la lutte contre l'État islamique, un sujet suivi de près à l'international par le voisin chiite iranien et l'ancienne puissance d'occupation américaine. La question intervient dans le contexte de la chute du régime Assad en Syrie, qui renforce alors le sentiment d' chez une population irakienne majoritairement chiite dont le gouvernement entretient un délicat équilibre en politique étrangère. Le pays entretient en effet des liens importants avec à la fois l'Iran et les États-Unis, deux pays pourtant ennemis. Le refus des milices de s'engager contre Israël dans la guerre à Gaza à l'instar du Hezbollah et des Houthis s'appuie alors sur le rejet par la population de toute reprise d'un conflit militaire après deux décennies de guerre et de guerre civile. Cette non-intervention encouragée par le Premier ministre al-Soudani est confortée par la défaite de Bachar al-Assad, celle du Hezbollah, ainsi que les frappes américaines sur les sites nucléaires iraniens, qui portent des coups durs à l' iranien. Soutenue par le président américain Donald Trump, la démilitarisation des milices et l'émancipation in fine de l'Irak de la tutelle iranienne finirait d'achever géopolitiquement l'Iran, qui s'appuie sur son voisin pour sa dissuasion militaire et le contournement de ses sanctions économiques. Le chef de la Force Al-Qods des Gardiens de la révolution se rend ainsi en Irak quelques jours avant le scrutin en vue de resserrer les liens avec ses alliés dans le pays..

Résultats +Résultats nationaux préliminaires .(dépouillés à 99,98 %)Fichier:Iraq Parliament 2025.svg Partis Voix % +/- Sièges +/- 11,7446 Parti démocratique du Kurdistan9,8126 Parti du progrès8,3727 Coalition de l'État de droit6,4929 Bloc Al-Sadiqoun6,1227 Organisation Badr4,9618 Union patriotique du Kurdistan4,8915 Alliance des forces de l'État national4,5718 Alliance Azem4,3115 Mouvement Emtidad Alliance du contrat national Mouvement nouvelle génération Alliance Tasmim Qadimun Alliance de l'approche nationale Mouvement Ishraq Kanoon Mouvement des droits Parti Eqtadar Watan Groupe de justice pour le Kurdistan Mouvement loyal irakien Notre peuple est notre identité Mouvement Babylone Parti des professionnels pour la reconstruction Parti national des masses Front turkmène d'Irak Projet national irakien Parti Al Furatain Parti du produit national Bloc indépendant Wasit Mouvement réforme décisive Coalition arabe de Kirkouk Bloc loyauté et changement Bloc de l'espoir national Parti de la nation Mouvement national Biladi Bloc de soutien national Parti yézidi du progrès Autres partis–– Indépendants Votes valides90,79 Votes blancs et nuls9,21 Total 100 – 329 Abstentions43,89 Inscrits / participation 56,11

Analyse et conséquences Le scrutin connait une hausse notable de la participation, avec environ 56 % des inscrits s'étant rendu aux urnes, contre 41 % en 2021.

Notes et références

Voir aussi

2025 Catégorie:2025 en Irak Irak Catégorie:Politique en novembre 2025 Catégorie:11 novembre