Tove Anita Skutnabb-Kangas, née le à Helsinki et morte le à Lund, est une linguiste et éducatrice finlandaise. Elle est connue pour avoir inventé le terme « linguisme » pour désigner la discrimination fondée sur la langue.

Biographie Tove Skutnabb-Kangas naît à Helsinki et ses langues maternelles sont le finnois et le suédois. Après avoir reçu sa formation dans des écoles non-mixtes visant à donner confiance aux femmes à Helsinki. En 1965, elle obtient un master à l'université d'Helsinki. Entre 1967 et 1968, elle suit son mari aux États-Unis, ce qui lui permet de collaborer avec le linguiste Einar Haugen, pionnier dans le multilinguisme, du département des langues nordiques d'Harvard.

Tove Skutnabb-Kangas enseigne ensuite brièvement à Helsinki. À partir de 1970, elle travaille comme scientifique dans des universités en Finlande et au Danemark et est consultant pour l'UNESCO. En 1976, elle obtient son premier doctorat (« Licentiate of Philosophy ») à Helsinki sur le bilinguisme. En 1987 elle est docteure de l'université de Roskilde, estimant que l'expérience de l'immigration est indispensable compte-tenu de ses sujets d'étude. Elle travaille ensuite à l'Académie d'Åbo. Elle participe à la rédaction de la Recommandations de La Haye concernant les droits des minorités nationales à l’éducation. Toute sa vie, Tove Skutnabb-Kangas a défendu les langues autochtones, tribales et la langue des signes. Elle a également pris position pour l'espéranto.

Elle est mariée au linguiste britannique Robert Phillipson et la belle-mère de l'acteur danois Caspar Phillipson. Tove Skutnabb-Kangas meurt à Lund, en Suède, le .

Travaux Les travaux de Tove Skutnabb-Kangas portent principalement sur l'étude des conditions du bilinguisme. Ses premières études portent sur l'éducation des enfants finnois dont les parents sont employés dans des usines suédoises et leurs besoins dans leur langue maternelle. Elle poursuit par des études au Danemark dont elle pointe la violence des politiques d'assimilation totale pour des populations dans la langues et la culture sont rejettés. Au début des années 1980, elle développe le concept de linguicisme, qui résume la discrimination vécue par les langues minoritaires. Elle critique la négligence des enfants dont la langue maternelle est étrangère à leur pays de résidence (par exemple les enfants turcs en Allemagne) ainsi que la dévalorisation du bilinguisme. Pour désigner la coupure volontaire de la jeunesse avec sa langue et sa culture d'origine, elle propose le terme de « génocide linguistique ». Tove Skutnabb-Kangas définit le linguicisme comme « les idéologies et les structures utilisées pour légitimer, mettre en œuvre et reproduire une répartition inégale du pouvoir et des ressources (matérielles et immatérielles) entre des groupes définis par la langue »Quoted in Skutnabb-Kangas, Tove, and Phillipson, Robert, "'Mother Tongue': The Theoretical and Sociopolitical Construction of a Concept." In Ammon, Ulrich (ed.) (1989). Status and Function of Languages and Language Varieties, . Berlin, New York: Walter de Gruyter & Co. .. Il s'agit pour elle d'une forme d'atteinte aux droits humains, qu'elle nomme droits humains linguistiques, et les prendre en compte est un facteur d'apaisement social et de paix.

Distinction En 2003, elle remporte, en même temps qu' le , décerné par Linguapax International pour son travail de préservation des langues.

Publications

(478 pages, Paperback).

Notes et références

Annexes Bibliographie

Liens externes

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