Kattalin Aguirre, née Catherine Lamothe, le à Sare dans les Basses-Pyrénées et morte le à Ciboure, est une résistante basque française active dans plusieurs réseaux d’évasion et de renseignement durant la Seconde Guerre mondiale, notamment dans les réseaux Margot, Nana et Comète, qui permit à des centaines d'aviateurs alliés de rallier l'Angleterre.

Éléments biographiques Kattalin Aguirre, née Catherine Lamothe, le à Sare, dans les Basses-Pyrénées, est la quatrième d’une fratrie qui comptera huit enfants. Son père, Martin Lamothe, est laboureur ; sa mère, Joséphine Legasse, ménagère.

Vers 1910, âgée de treize ans, elle commence à se rendre utile dans l'hôtel familial tenu par sa cousineCatherine Dubarbège veuve Muruaga (Philippe Connart & Geoff Warren, 2022, pages non numérotées) et situé à environ de la gare de Saint-Jean-de-Luz - Ciboure. Elle y est engagée comme femme de ménage à seize ans.

Elle travaille ensuite à Paris en tant que domestique. En , elle épouse Pierre AguirreMartial Pierre Aguirre, né à Ciboure, le et mort, en cette même ville, le ., un marin pêcheur. Ils ont une fille, JoséphineJoséphine Philomène Anita Aguirre, née à Ciboure, le et morte, en cette même ville, le , elle épousera Clément Castet., dite « Fifine », née en . Pierre Aguirre, vétéran de la Grande Guerre grièvement atteint par les gazages subis au front meurt prématurément, en .

Kattalin Aguirre reprend son travail à l'Hôtel Eskualduna qui héberge dès 1936 des réfugiés Basques fuyant la guerre civile en Espagne. Parmi les locataires au long cours, on retrouve Florentino Goikoetxea, Alejandro Elizalde et d'autres passeurs basques. Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, Kattalin Aguirre est impliquée dans ce monde de passeurs et de résistants.

Seconde Guerre mondiale Désormais, des officiers Allemands logent à l'Hôtel Eskualduna, consciencieuse mais facétieuse, Kattalin cire leurs bottes impeccablement mais ne peut s'empêcher de saboter leurs talons. Ses oreilles attentives collectent des informations précieuses qu'elle transmet à la résistance.

Le premier véritable engagement "officiel" dans la résistance intérieure française, de , date cependant de début 1942, lorsque Marguerite de Corysande, comtesse de Gramont, la contacte. Elle est à la recherche d'un hébergement fiable pour , Kattalin se propose de les héberger, le réseau « Margot » était en train de naître. Au début, il s'agit de faire passer des officiers français qui tentent de rallier Londres mais on attend avec impatience les premiers aviateurs britanniques et américains. Kattalin souhaite s'impliquer davantage et rencontre Emile Meyran, « Milito », le responsable du réseau de renseignement « Nana » qui, basé à Pau, cherche un agent de liaison pour assurer la livraison des rapports de renseignement aux Américains de l'OSS via l'EspagneCe réseau restera actif jusqu'à la fin de la guerre contrairement à Margot qui sera démantelé par la Gestapo (Laulhé, 2015).. Son désormais « grand ami » Florentino lui sera d'une aide précieuse et c'est donc tout naturellement, lorsqu'en , Manuel Iturrioz, le passeur principal du réseau Comète, est arrêté par les Allemands et que Florentino Goikoetxea est appelé à lui succéder, que Kattalin Aguirre intègre le réseau. 250px|vignette|gauche|Florentino Goikoetxea, le « passeur basque de légende », son « grand ami », qui fit franchir les Pyrénées à environ 300 personnes. Kattalin Aguirre, fera également partie des réseaux « Mécano », « Perroquet » et « Démocratie ». Elle transporte ainsi des radios-émetteurs en plusieurs pièces détachées, transporte des fonds, et accomplit de nombreuses missions mais là où elle excelle, c'est dans l'hébergement et le ravitaillement de candidats à l'exfiltration.

Son implication dans le réseau Comète

Les candidats sont hébergés à Ciboure chez Kattalin Aguirre et sa fille « Fifine », âgée de en 1942, rue Docteur MicéÀ l'époque , aujourd'hui le , la maison s'appelle « Philo Baïta » (Philippe Connart & Geoff Warren, 2022, pages non numérotées). Kattalin est en lien étroit avec sa voisine et amie, Gracie Ladouce qui tient le central téléphonique de la mairie de Ciboure. Lorsque des messages sensibles doivent être transmis, c'est en basque qu'ils le font. Kattalin héberge ces aviateurs quelque temps et les emmène ensuite à Urrugne puis Biriatou. Le dernier relais avant la traversée des Pyrénées se fait à la ferme « Bidegain-Berri », chez Frantxia Usandizaga où ils sont confiés à Florentino Goikoetxea pour une traversée nocturne de accompagnés de Dedée De Jongh, la cheffe du réseau.

Mais en , trahis par un ancien valet de la ferme voisine, Andrée De Jongh, Frantxia et Juan Larburu sont arrêtés avec trois aviateurs. Ils avaient exceptionnellement décidé avec Florentino Goikoetxea de passer la nuit à « Bidegain-Berri » en raison du mauvais temps. Fort heureusement, Florentino était rentré chez lui en leur fixant rendez-vous au lendemain soir. Il échappe ainsi à son arrestation. Le bras-droit d'Andrée De Jongh, Jean-François Nothomb, « Franco », reprend alors la direction de la ligne et Kattalin et Florentino poursuivent leur action.

Kattalin Aguirre aide ainsi, durant toute la durée de la guerre, des centaines de personnes dont certaines lui voueront une éternelle reconnaissance comme George Duffee de la escadre qui volait sur bombardier Hallifax. Son avion avait été abattu au dessus des Pays-Bas lors d'un raid sur l'Allemagne en . Il se souvient avoir rencontré une femme « maternelle mais ferme » qui lui avait imposé de prendre un bon repas avant la traversée des Pyrénées. Il maintient un lien étroit avec elle après la guerre et veille même à son bien être « pour ses vieux jours ».

Kattalin Aguirre meurt à Ciboure, le , elle confie simplement sur son lit de mort : .

D'autres dirent d'elle :

Reconnaissances 200px|vignette|Rue Kattalin Aguirre à Urrugne. Kattalin Aguirre reçoit de nombreuses décorations, belges, britanniques et françaises. Vers la fin de sa vie, elle est invitée pour une réception sur une frégate de la Royal Navy faisant escale dans le Sud de la France. Les matelots sont intrigués par cette petite dame âgée toute de noir vêtue et sont stupéfaits lorsqu'ils découvrent, tandis que Kattalin cherche un mouchoir dans son sac, ses décorations.

Deux voieries portent son nom, l'une à Ciboure, l’avenue Kattalin Aguirre et la seconde à Urrugne, rue Kattalin Aguirre.

Décorations par décret du ; par décret du ; 50px Croix de guerre 1939-1945 (France) avec étoile de vermeil ;

(Belgique) ; 50px King's Medal for Courage in the Cause of Freedom.

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

Voir aussi Articles connexes Réseau Comète, le principal réseau d'exfiltration en Europe de l'Ouest. Florentino Goikoetxea, le principal passeur du réseau qui fit passer environ 300 personnes en Espagne. Andrée De Jongh, la cofondatrice et cheffe du réseau d' à . Elvire De Greef, la cheffe du réseau Sud basée à Anglet. Jean-François Nothomb, le chef du réseau de à .

Liens externes

Documentaire des années 1970 de la RTBF comportant l'interview de plusieurs acteurs du réseau Comète dont Florentino Goikoetxea et Kattalin Aguirre (de 43:35 à 45:56).

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