Émile Voigt, né le à Lille (Nord) et mort le à Montgaillard (Tarn-et-Garonne), est un coureur cycliste, joueur de cycle-ball, pilote automobile, pilote motocycliste, propriétaire de chevaux de course, membre de l'Automobile Club de France, membre de la Fédération nationale des automobiles Clubs de France, membre de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques, membre du Touring Club de France, membre du Yacht Club de France et industriel français.

Cycliste amateur de la fin du , il côtoie notamment, Georges Mauboussin, Étienne Giraud, Jules Dubois, Choppy Warburton, Dominique Lamberjack, Josef Fischer et Maurice Garin.

Pionnier français de la course automobile et de la construction automobile, il participe aux Jeux olympiques de 1900 en finissant troisième de la course de vitesse Paris-Toulouse-Paris puis fonde en 1902 avec Fernand Charron et Léonce Girardot la société Automobiles Charron-Girardot-Voigt (CGV).

En 1903, il participe avec d'autres pilotes tel que Charles Rolls, William Kissam Vanderbilt II, Foxhall Parker Keene, Vincenzo Lancia et Camille du Gast, à la course Paris-Madrid qui attire environ au départ et qui coûte la vie à plus d’une dizaine de personnes dont Marcel Renault cofondateur de l'empire industriel automobile Renault avec ses frères Louis et Fernand. Cette course marque profondément les esprits et entrainera l’interdiction des courses de ville à ville.

Biographie Émile Voigt est le fils d'Émile Joseph Chivas (1839-1900), loueur de voitures et de Marie Zoé Victorine Cazier (1847-1893)Le Vélo du 21 novembre 1893 (gallica.bnf.fr), sans profession, tous deux originaires de Valenciennes. Né Émile Cazier, il est légitimé par son père quelques années après la naissanceArchives du Nord (gallica.bnf.fr). Sa mère qui est rentière, se remarie le 23 janvier 1886 avec Carl Emil Voigt (Charles Émile Voigt) dit Émile Voigt (1837-1889), propriétaire de la filature Voigt et compagnie à Wasquehal depuis 1865 et originaire de Crimmitschau en AllemagneArchives de Paris (archives.paris.fr). Par décret du 24 juillet 1893, Émile Victor Chivas change de nom de famille pour Émile Victor Voigt du nom de son beau-père décédé le 21 décembre 1889 au Morley's Hotel à LondresBulletin des lois de la République française du 1er Janvier 1893 (gallica.bnf.fr). Émile Voigt a quatre sœurs, Hélène Eugénie (1885-1918), Elise Antoinette Ursule Chivas (1890-1894), Céline Aline Jeanne Chivas (1895-1992) et Andréa Georgette Chivas (1896-1980) issue du remariage de son père Émile Joseph Chivas avec Marie Geneviève Boudin (1867-1939) à Soissons le 15 novembre 1886.

Son beau-père qui a participé à exposition universelle de 1867Le Progrès du Nord du 4 octobre 1866 (gallica.bnf.fr) Moniteur de la teinture des apprêts et de l'impression des tissus du 15 janvier 1867 (gallica.bnf.fr) invente en 1869 un mode nouveau ou amélioré de filage de la laine cardée sur de petits fils prêts à être tissés English Patents of Inventions, Specifications - 1869 (google.fr) puis dépose un brevet de quinze ans pour un système de laine cardée, filée sur cannettesBulletin des lois de la République française du 1er Janvier 1873 (gallica.bnf.fr). Par un décret de 1875, son père jouit des mêmes droits que les citoyens françaisBulletin des lois de la République française du 1er Juillet 1875 (gallica.bnf.fr) et participe à l'exposition universelle de 1889 avec une collection de fils spéciaux demi-peigné pur laine et mélangés laine et coton, de cardé, filés à sec et en gras pour la fabrication de jersey en pur laine ou avec des mélanges de coton ou de soie. Son beau-père remporte la médaille d'argent en classe 30 dans la catégorie fils et tissus de cotonJournal de Roubaix du (bn-r.fr)Journal officiel de la République française du 29 septembre 1889 (gallica.bnf.fr).

En octobre 1889, Émile Voigt qui est membre du Cercle de la Pédale, entreprend un périple à pied et à vélo dans les Alpes suissesLe Véloce-sport du 17 octobre 1889 (gallica.bnf.fr) et en novembre 1889, il part pour l’Angleterre pour faire son service militaireLa Revue des sports du 20 novembre 1889 (gallica.bnf.fr) mais revient en France début 1890, suite au décès de son beau-pèreLa Revue des sports du 04 janvier 1890 (gallica.bnf.fr). En 1891, Émile Voigt est domicilié chez sa mère (gérante de la filature Voigt) au rue Pergolèse à ParisFiche Matricule d'Émile Voigt (archives.paris.fr). En avril 1892, il manque de mourir en vélo, en croisant à vive allure une voiture de blanchisseur. Il est arrivé tête baissée dedans et a eu l’extrême chance, grâce à sa vitesse, de passer sous la voiture sans se faire de malL'Entr'acte du 22 avril 1892 (gallica.bnf.fr).

En 1893, après le décès de sa mère, la filature Voigt devient la Filature Wippern, Faveur et Compagnie (puis Filature Théodore Wippern et Compagnie en 1900 suite au décès de François Faveur)Le Grand écho du Nord de la France du 8 avril 1899 (gallica.bnf.fr)Le Jacquard : Journal de L'industrie Lainière (google.fr), dirigée par Théodore Wippern (originaire de Crimmitschau) mais Émile Voigt reste actionnaire de la filature. La même année, en compagnie d'Étienne Giraud et de Frédéric L'Hoste, il participe à des observations météorologiques faites par Ernest Archdeacon à bord du ballon le PionnierLe Matin du 09 juin 1894 (gallica.bnf.fr)Le Figaro du 21 novembre 1893 (gallica.bnf.fr). En 1895 il participe avec Étienne Giraud, Fernand Charron, René de Knyff, Jean Roissard de Bellet et Le Roy d'Étiolles, au pavillon d'Armenonville, aux premières parties de cycle-ball en FranceLe Vélo du 2 décembre 1895 (gallica.bnf.fr). Il est membre du Touring Club de France en 1896Revue mensuelle / Touring-club de France du 1 janvier 1896 (gallica.bnf.fr). Membre de l'Union des yachts français depuis le 28 avril 1896 avec entre autres Lucien Napoléon Bonaparte-Wyse, Louis Renault et Gaston MenierUnion des yachts français du 1er janvier 1899 (gallica.bnf.fr)L'Auto-vélo du 23 octobre 1903 (gallica.bnf.fr)Le Figaro du 29 avril 1896 (gallica.bnf.fr) il finit de la petite série des régates d'ArcachonLe Mondain bordelais et du Sud-Ouest du 06 septembre 1896 (gallica.bnf.fr). En juin 1896, il devient membre de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiquesFigaro du 18 juin 1896 (gallica.bnf.fr).

En novembre 1897, Émile Voigt, alors rentierParis-adresses du 1er janvier 1898 (gallica.bnf.fr), fonde avec Fernand Charron, directeur pour la France de la marque cycliste anglaise HumberDictionnaire des termes usités en vélocipédie, °2 Dictionnaire des notabilités cyclistes, °3 Dictionnaire de la presse vélocipédique ... °4 Barêmes des pistes vélocipédiques et des multiplications par V. Donnevoi (google.fr) et Léonce Girardot, commerçant en bois des îles, l’Agence Générale des Automobiles. Cette société a pour but de but la vente, le garage, l'échange, les réparations de toutes les marques d'automobiles et de motocycles jour et nuit. La société possède son local situé au 2 rue Brunel, au coin de l'avenue de la Grande-Armée. Le local peut contenir de jusqu’à 100 voitures ou tricyclesLe Chauffeur du 10 octobre 1897 (gallica.bnf.fr)628-E8, récit d’Octave Mirbeau (gallica.bnf.fr). L’Agence Générale des Automobiles organise des enchères publiques de voitures de toutes marquesL'Auto-vélo du 19 décembre 1918 (gallica.bnf.fr).

Avec Étienne Giraud, il soutient en mars 1898 Maurice Lasserre candidat au poste de députéLe Vélo du 30 mars 1889 (gallica.bnf.fr). En février 1900, avec Fernand Charron et Léonce Girardot alors propriétaires de l’Agence Générale des Automobiles qui viennent d'ouvrir leur nouveau local au 45 et 47 de l'avenue de la Grande-Armée, passent une commande de voiture à la société Panhard et Levassor pour six millions de francsLe Matin du 8 février 1900 (gallica.bnf.fr). En 1898, il participe aux premières sorties touristiques en ballon avec ascensions en compagnie d'André Michelin, Abel Ballif et Georges BesançonRevue mensuelle du 15 avril 1898 (gallica.bnf.fr). Le 20 novembre 1900, il obtient son certificat pour la conduite de voiture Panhard et toute voiture à pétrole. En juin, il prend par aux manœuvres des cadres de corps d'armée qui se déroulent de Verdun, Saint-Dizier et Reims attaché eu général Oscar de NégrierLes Droits de l'homme du 7 juin 1899 (gallica.bnf.fr).

Émile Voigt est l'un des administrateurs de la Filature du Nord fondée en novembre 1901 à Verviers avec Georges Mauboussin, président du conseil d'administration de la société C.G.V et futur dirigeant de la Maison Mauboussin et Léon Lejeune filsL'Auto-Vélo du 20 avril 1907 (gallica.bnf.fr)Recueil financier : annuaire des valeurs cotées aux bourses de Paris et de Bruxelles (google.fr). Cette nouvelle société possède la Filature Théodore Wippern et Compagnie, fermée en 1901 Le Guetteur de Saint-Quentin et de l'Aisne du 29 mai 1901 (google.fr) qui est renommée Filature du Nord L’Égalité de Roubaix-Tourcoing du 13 mai 1905 (google.fr) puis la Filature d'Ouville-la-Rivière renommée aussi Filature du NordDalloz. Recueil hebdomadaire de jurisprudence en matière civile, commerciale, administrative et de droit public (gallica.bnf.fr). Sa société Automobiles Charron-Girardot-Voigt fabrique le moteur du ballon dirigeable Le Girardot qu'utilisera Léonce Girardot pour ses volsLa Locomotion automobile du 2 janvier 1902 (gallica.bnf.fr).

Avec ses deux associés Fernand Charron et Léonce Girardot, il fonde le 25 février 1902, la société Automobiles Charron-Girardot-Voigt (CGV) qui produit le châssis C. G. V. avec les bureaux au 45 de l'avenue de la Grande-Armée et dont la production se fait à Puteaux (les trois associés sont rejoints par Étienne Giraud, metteur au point, transfuge de Panhard & Levassor).

En février 1902, il se déplace à New York avec deux ingénieurs de la société Automobiles Charron-Girardot-Voigt (CGV) pour mettre en marche la fabrication de la nouvelle voiture de la société Rome Locomotive WorksLe Vélo du 13 février 1902 (gallica.bnf.fr).

En mars 1903, Émile Voigt emmène un exemplaire de la nouvelle voiture CGV à la demande de l'automobile club anglaisLe Vélo du 22 mars 1902 (gallica.bnf.fr) et en 1904, il est commissaire au fonction spéciale aux côtés d'Henri de Rothschild de la course nautique Calais-DouvresL'Auto-Vélo du 22 juillet 1904 (gallica.bnf.fr).

En juillet 1906, Émile Voigt lance une agence à New YorkCote de la Bourse et de la banque et le Messager de la Bourse réunis du 2 juillet 1902 (gallica.bnf.fr) et en novembre 1906, avec ses associés ils enregistrent à New York la cinquantième commande de châssis C. G. V. modèle 1907, bien que le salon ne doit ouvrir en Amérique que le premier décembre suivant. Ceci montre combien sont appréciées de l'autre côté de l'Atlantique les voitures Charron, Girardot et Voigt qui jouissent d'une incontestable réputation de robustesse, de silence et de suspension idéaleLe Figaro du 15 novembre 1906 (gallica.bnf.fr).

En 1905, alors qu'il habite New York au 244 west 69th street, il épouse Jeanne-Marie Schteng (1871-1946) le 5 avril. Dans son œuvre Will, Trimm & Co, roman comique de l'automobilisme paru la même année, Henry Kistemaeckers fils, nomme Émile Voigt Compagnie et le dépeint comme une personne sur qui retombaient toutes les gaffes car il n'était jamais chez lui et que les clients étaient désarmés devant cet insaisissableL'Auto-Vélo du 14 septembre 1922 (gallica.bnf.fr).