L'accident de bus à El-Harrach est un accident de la route à Alger en Algérie survenu le vers , impliquant un minibus « surchargé » faisant 18 morts et 25 blessés.

À la suite de cet accident, le président de la République Abdelmadjid Tebboune ordonne l'interdiction de circulation des bus en fonction depuis plus de 30 ans et ce dans un délai de six mois. Puis il décide l'importation de pour remédier à la vétusté des bus algériens.

Accident Le minibus était en route vers le quartier La Glacière à Alger depuis le quartier de Mohammadia et, arrivé sur le pont au niveau de l'Oued El-Harrach, il percute la rambarde, la détruit, et se retrouve dans l'eau.

La Protection civile intervient avec vingt-cinq ambulances, seize plongeurs et le personnel de quatre bateaux pneumatiques. Face à l'importance de l'accident de nombreuses personnalités politiques viennent sur place s'enquérir de la situation : le directeur de Cabinet à la Présidence de la République, Boualem Boualem, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Brahim Merad, le ministre des Transports, Saïd Sayoud, le ministre de l’Hydraulique, Taha Derbal, le ministre-wali de la wilaya d’Alger, Mohamed Abdenour Rabehi, le directeur général de la Sûreté nationale, Ali Badaoui ainsi que le directeur général de la Protection civile, le colonel Boualem Bourelaf..

Les images de l'accident sont diffusées sur les réseaux sociaux, ce qui provoque . Des télévisions privées algériennes filment et diffusent elles aussi les images de l'accident mortel à des millions de téléspectateurs. Immédiatement quatre chaînes concernées (El Bilad TV, El Wataniya TV, El Hayat TV et Echorouk TV) sont suspendues de diffusion pendant deux jours pour avoir diffusé des .

Le président Abdelmadjid Tebboune, présent en Algérie mais en vacances annonce un jour de deuil national.

Enquête

Les premières constatations de l’enquête démontrent que l'autobus contenait 45 passagers, dépassant nettement sa capacité de 27 places assises. Il existait donc une charge supérieure à sa capacité normative, cette faute relève de la responsabilité du chauffeur et du receveur. Par ailleurs l'autobus circulait alors qu'il faisait l’objet d’une décision d’immobilisation provisoire décidée par la Direction des transports de la wilaya d'Alger. Son chauffeur n’avait pas les qualifications requises pour conduire un véhicule de transport en commun.

Des experts de l'Institut national de criminalistique et de criminologie de la Gendarmerie nationale interviennent pour réaliser une expertise mécanique de l'autobus. L'origine de l'accident est principalement d'ordre mécanique de par la vétusté du bus. Il s'agit du . Toutefois pour Saïd Sayoud, ministre des transports, 90 % des accidents de bus sont la conséquence de vitesse excessive.

Le , le procureur de la République du tribunal de Dar El Beïda à Alger annonce avoir placé en détention préventive quatre personnes. Elles sont accusées de . Il s'agit du chauffeur et du receveur du bus, du contrôleur technique du véhicule qui a rédigé un et du propriétaire du bus qui a utilisé ce procès-verbal de contrôle technique. Ils sont incarcérés dans la prison d'El-Harrach.

Le 29 mars 2026, le propriétaire du bus est condamné à une peine de cinq ans de prison, le chauffeur et le contrôleur technique à quatre ans de prison, le receveur du bus à deux ans de prison, dont un avec sursisDrame de l’Oued El Harrach : le tribunal d’Alger rend son verdict, site lematindalgerie.com, 29 mars 2026..

Conséquences politiques

À la suite de cet accident, le président de la République Abdelmadjid Tebboune ordonne l'interdiction de circulation des bus en fonction depuis plus de 30 ans et ce dans un délai de six moisSur instruction du président de la République, tous les bus de transport de voyageurs vétustes retirés du parc national, site aps.dz, 16 août 2025.. Selon le ministre des transports Saïd Sayoud plus de doivent être changés à terme..

Afin de juguler la problématique de vétusté des autobus algériens, le président Abdelmadjid Tebboune décide plusieurs mesures importantes dont l'importation immédiate de tous les types de pneus pour véhicules et l'importation de et ce sous l'autorité de Sifi Ghrieb, ministre de l'Industrie à l'époque.. Dans le cadre du budget 2026, deux mesures sont prises : d'une part le taux de TVA est réduit à 9 % sur les opérations de transport de voyageurs par bus et d'autre part il est prévu une exonération totale des droits et taxes sur l’importation et la vente de . Ces mesures ont pour objectif le renouvellement des véhicules et un soutien des entreprises dans ce secteur..

En , le ministre des transports Saïd Sayoud justifie le nouveau Code de la route en donnant comme exemple l'accident de bus à El-Harrach : . En effet, il est prévu dans le projet ..

Un an après l'accident de bus à El-Harrach et alors que les accidents de bus sont toujours d'actualité comme celui de Boumerdès le , avec 28 personnes mortes et une quarantaine de blessés, la Banque extérieure d'Algérie lance un crédit autobus pour favoriser l'achat d’un bus neuf et ainsi aider au renouvellement du parc..

Analyses

Pour les médias Le Monde et Jeune Afrique, cet accident révèle la vétusté des véhicules en Algérie. En effet selon des chiffres officiels, 70 % des engins sont vétustes. Ainsi en 2023, l’Algérie comptait plus de ..

Jeune Afrique attribue le limogeage de Nadir Larbaoui de son poste de premier ministre le , quelques jours après l'accident, à son effacement et ses difficultés de communication afin de mettre en avant les actions du gouvernement. Diplomate de carrière, il est resté dans une posture de technicien discret. Le drame d’El Harrach doublé de l’absence estivale du président Tebboune ont accentué cet aspect de sa gouvernance..

Notes et références

Articles connexes Transports en Algérie Autobus en Algérie

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