La pièce de de dollar américain de 1913 est l'une des pièces de monnaie les plus rares et les plus célèbres de la numismatique américaine. Il n'en existe que cinq exemplaires connus, ce qui en fait un objet de grande convoitise pour les collectionneurs. Sa rareté et sa valeur sont accentuées par le mystère entourant sa création : en 1913, la Monnaie des États-Unis a officiellement remplacé le dessin par le nouveau motif Buffalo, et aucune pièce Liberty Head de ce millésime n'est censée être produite. L'existence de ces cinq pièces n'est révélée qu'en 1919, lorsqu'un ancien employé de la Monnaie, Samuel W. Brown, commence à les faire connaître. Aujourd'hui, ces pièces atteignent des prix de plusieurs millions de dollars lors des ventes aux enchères.

Contexte L'histoire de la pièce de de 1913 commence par une énigme, car personne ne sait avec certitude comment ni pourquoi les cinq exemplaires connus ont été produits. L'année 1913 marque un tournant pour la pièce de 5 cents américaine, avec l'abandon du dessin de Charles Barber, en circulation depuis 1883, au profit du dessin Buffalo de James Earle Fraser. Le gouvernement n'a jamais autorisé la production de pièces datées de 1913.

Pourtant, cinq spécimens ont fait surface. Les historiens numismates ne savent toujours pas exactement comment cela s'est produit, mais les spéculations convergent vers Samuel W. Brown, un ancien employé de la Monnaie de Philadelphie. La théorie la plus répandue est que les pièces ont été frappées illégalement par Brown, qui aurait pu se faire aider, peut-être même par le graveur George T. Morgan, connu pour avoir produit des raretés pour des collectionneurs. Une autre théorie suggère qu'il aurait été techniquement légal de produire ces pièces début , car les matrices avaient déjà été préparées et la production du nouveau nickel Buffalo n'a commencé qu'en février en raison de difficultés techniques. Dans ce cas, les pièces auraient pu être frappées comme des essais. Il est également supposé que Brown a attendu 1920 pour révéler l'existence des pièces, soit sept ans après leur frappe présumée, afin de bénéficier de l'expiration du délai de prescription pour un éventuel vol.

Découverte et premiers propriétaires L'existence des pièces de 1913 est restée inconnue jusqu'en , lorsque Samuel W. Brown publie une annonce dans la revue The Numismatist, offrant d'acheter tout exemplaire pour , une somme considérable à l'époque. Peu après, Brown révèle qu'il possède les cinq pièces, sans expliquer comment il les a obtenues. Cette annonce est souvent considérée comme une ruse pour créer un intérêt autour de la pièce ou pour se forger un alibi quant à sa possession.

La première présentation documentée d'un exemplaire a lieu lors d'une réunion du le , avant même que son annonce ne soit largement diffusée. Il expose ensuite une pièce lors de la convention de l'American Numismatic Association (ANA) à Chicago en , où elle est présentée avec une valeur de .

En 1924, les cinq pièces sont vendues par August Wagner, un marchand de Philadelphie. Elles sont passées entre plusieurs mains avant d'être toutes acquises par le célèbre et riche collectionneur, le colonel E.H.R. Green. Après la mort de Green en 1936, sa collection est dispersée. Le numismate Eric P. Newman, en partenariat avec le marchand Burdette Johnson, achète l'ensemble des cinq pièces en 1941. C'est au milieu des années 1940 qu'ils vendent les pièces individuellement, moment à partir duquel elles ont acquis les surnoms de leurs nouveaux propriétaires.

Cinq exemplaires connus Les cinq pièces de 1913 sont collectivement surnommées les et sont individuellement identifiées par le nom d'un de leurs premiers propriétaires célèbres. Deux d'entre elles se trouvent désormais dans des collections muséales permanentes, tandis que les trois autres sont entre des mains privées.

Spécimen McDermott/Bebee J.V. McDermott aimait porter sa pièce dans sa poche et la montrer dans les bars lors des conventions numismatiques. Après sa mort, la pièce est vendue aux enchères en 1967 à Aubrey et Adeline Bebee, qui en ont fait don au musée de la monnaie de l'American Numismatic Association en 1989. Il est classé PR-55 par . Spécimen Norweb Après être passé par les mains du roi Farouk d'Égypte, cet exemplaire est acquis par la famille Norweb. En 1978, il est donné à la Smithsonian Institution, où il se trouve aujourd'hui. Il est classé PR-60.

Spécimen Eliasberg Nommé d'après le financier Louis E. Eliasberg, qui l'achète en 1948, il est considéré comme le plus bel exemplaire connu, classé PR-66 par PCGS. Il est le seul à présenter une surface miroir scintillante. En 1996, il devient la première pièce à dépasser le million de dollars lors d'une vente aux enchères. Il est vendu pour de dollars en 2018. l'acquiert en 2021.

Spécimen Olsen

Classé PR-64 par NGC, il est le deuxième plus bel exemplaire. Il est également connu comme la car elle apparaît dans un épisode de la célèbre série télévisée en 1973. Ce spécimen est vendu de dollars en 2010 et en 2014. Spécimen Walton Cet exemplaire est célèbre pour son histoire rocambolesque. Son propriétaire, George O. Walton, est mort dans un accident de voiture en 1962 alors qu'il se rend à une exposition. La pièce est récupérée sur les lieux de l'accident, mais est ensuite déclarée contrefaite par des experts. La famille de Walton l'a conservée dans un placard pendant des décennies. En 2003, lors d'une convention de l'ANA, les héritiers présentent la pièce à une équipe d'experts qui confirme son authenticité. Elle est vendue aux enchères en 2013 pour de dollars et acquise par en 2022 pour de dollars.

Histoire des enchères et valeur Chaque apparition d'une pièce de cinq de 1913 aux enchères est un événement majeur dans le monde numismatique. Ces pièces figurent constamment parmi les plus chères du marché. Le spécimen Eliasberg est la première pièce à être vendue plus d'un million de dollars en 1996. Les prix ont depuis continué de grimper, atteignant des sommes de plusieurs millions de dollars pour les trois exemplaires en mains privées.

Le spécimen Olsen, vendu en 1944, puis en 1985, en 1993, de dollars en 2010, et de dollars en 2014 ; Le spécimen Eliasberg, vendu de dollars en 1996, puis de dollars lors d'une vente privée en 2007, et enfin de dollars aux enchères en 2018, un record pour ce type de pièce ; Le spécimen Walton, vendu de dollars en 2013 avant d'être acquis pour de dollars en 2022.

En l'espace de douze mois entre 2021 et 2022, les trois pièces en mains privées changent de propriétaire, un fait jugé exceptionnel par les experts qui estiment qu'il pourrait se passer des décennies avant qu'un autre exemplaire ne soit mis sur le marché. La société acquiert notamment les spécimens Eliasberg et Walton durant cette période.

Fascination populaire et postérité La pièce Liberty Head de 1913 est l'une des rares pièces dont la renommée dépasse le cercle des numismates. Cette notoriété est largement alimentée par le marchand de pièces texan B. Max Mehl, qui, à partir des années 1920, lance une vaste campagne publicitaire nationale offrant pour un exemplaire de cette pièce. Bien qu'il sache qu'aucune pièce n'est en circulation, ses annonces déclenchent une véritable chasse au trésor à travers les États-Unis, incitant des millions de personnes à vérifier leur monnaie. Cette campagne accroît considérablement la célébrité de la pièce tout en attirant de nombreux nouveaux collectionneurs vers la numismatique.

La pièce marque également la culture populaire, notamment avec l'apparition du spécimen Olsen dans un épisode de la série télévisée Hawaii police d'État, diffusé en 1973, consolidant ainsi son statut d'icône. Dans l'ouvrage de référence , la pièce de 1913 est classée numéro un, surpassant d'autres raretés légendaires comme le dollar en argent de 1804 ou la pièce de de 1894-S.

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

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Liens externes

Liberty Head