vignette|Roi Arthur dans l'illustration de William Henry Margetson pour Légendes du roi Arthur et de ses chevaliers (1914). La famille du roi Arthur, personnage légendaire, s'est agrandie au fil des siècles, au gré de la légende. Les différents auteurs n'hésitèrent pas à remodeler les liens entre ses différents membres, compliquant sa compréhension (l'exemple de Mordred, présenté plus bas, est flagrant). La plus ancienne tradition arthurienne galloise décrit Arthur comme doté d'un vaste réseau familial. Cette structure familiale complexe a été à la fois simplifiée et élargie dans les traditions communes des chroniques, romans et poèmes européens médiévaux, qui ont introduit de nouveaux personnages.

Tradition médiévale galloise gauche|vignette|244x244px|Uther serrant Ygraine après avoir tué son premier époux Gorlois.jpg

Uther Pendragon et Ygraine Dans la tradition galloise arthurienne pré-Galfridienne, c'est-à-dire antérieure à l'époque de lHistoria Regum Britanniae (Histoire des rois de Bretagne) de Geoffroy de Monmouth au , les sources galloises indiquent qu'Uther Pendragon était le père d'Arthur, et qu'il avait un frère () et un neveu ()Thomas Green, Concepts of Arthur (Stroud: Tempus, 2007), pp.145–51; Patrick Sims-Williams, "The Early Welsh Arthurian Poems" in Rachel Bromwich, Alfred Owen Hughes Jarman and Brynley Francis Roberts (edd.) The Arthur of the Welsh (Cardiff: University of Wales Press, 1991), pp. 53-4..

Les généalogies du Mostyn MS. 117 du affirment qu'Arthur est le fils d'Uthyr, le fils de Custennin (Constantin de Bretagne), le fils de Cynfawr, le fils de Tudwal, le fils de Morfawr, le fils d'Eudaf, le fils de Cadwr, le fils de Cynan, le fils de , le fils de Bran et le fils de .

La Vita Iltuti et le suggèrent que la propre mère d'Arthur s'appelait EigyrRachel Bromwich and Daniel Simon Evans, Culhwch and Olwen. An Edition and Study of the Oldest Arthurian Tale (Cardiff: University of Wales Press, 1992), pp. 44-5..

Fratrie vignette|179x179px|Gauvain et son épouse, la « dame répugnante »Arthur semble également avoir une sœur dans ce matériau gallois : Gwalchmei (Gauvain) fils de Gwyar est nommé comme son neveu dans Culhwch et Olwen, fils de sa sœur et cousine (il ne précise pas si Gwyar est son père ou la sœur d'Arthur par ailleurs inconnue). Culhwch et Olwen nomment le demi-frère d'Arthur comme étant Gormant, fils de la mère d'Arthur et de , le chef des anciens de Cornouailles. On constate un parallèle avec les histoires ultérieures de Gorlois, duc de Cornouailles.vignette|Guenièvre de WH Margetson (1914)|290x290px|gauche Guenièvre En ce qui concerne la propre famille d'Arthur, sa femme est systématiquement déclarée être Gwenhwyfar (Guenièvre), généralement la fille du roi Ogrfan Gawr (variante : « Gogrfan Gawr », « [G]Ogrfan le Géant »), et la sœur de Gwenhwyfach.

Famille éloignée vignette|226x226px|Culhwch et Olwen à la cour du père de ce dernier, Yspaddaden gauche|vignette|324x324px|Vitrail représentant saint Illtud. Outre cette famille immédiate, Arthur aurait eu une grande variété de parents éloignés. Outre son neveu Gauvain évoqué plus, citons dont des tantes, des oncles et des cousins maternels, ainsi qu'un grand-père nommé Anlawd (ou Amlawdd) Wledig (« Prince Anlawd »). Anlawd est le lien commun entre Arthur et nombre de ces personnages. Ainsi, la parenté de cousins germains, implicite ou affirmée, entre Arthur, Culhwch (l'époux d'Olwen), Illtud et repose sur le fait que toutes leurs mères étaient filles d'Anlawd. Anlawd semble finalement être une construction généalogique conçue pour permettre aux auteurs gallois médiévaux d'envisager de telles interrelations entre personnagesRachel Bromwich and Daniel Simon Evans, Culhwch and Olwen. An Edition and Study of the Oldest Arthurian Tale (Cardiff: University of Wales Press, 1992), pp.44-5.. Les oncles maternels d'Arthur à Culhwch et Olwen, dont Llygatrud Emys, Gwrbothu Hen, Gweir Gwrhyt Ennwir et Gweir Baladir Hir, semblent également provenir de cette parentéCes oncles maternels sont nommés sur les lignes 251-2, 288-90: Rachel Bromwich and Daniel Simon Evans, Culhwch and Olwen. An Edition and Study of the Oldest Arthurian Tale (Cardiff: University of Wales Press, 1992)..

Dans le conte Gereint et Enid (équivalent gallois de l'''Érec et Énide de Chrétien de Troyes), le roi reçoit la visite d'ambassadeurs qui déclarent : . Erbin est le père de Gereint (équivalent d'Érec, fils du roi Lac chez Chrétien), qui dans ce conte épouse Énide. Enfin, une des Triades galloises nous apprend que Gereint a un fils, Garwy, un des trois chevaliers de la cour du roi Arthur qui sont d'une grande courtoisieTriads of Britain, collectées par Iolo Morganwg (1823), traduit par William Probert, 119. (lire en ligne, en anglais)..

Littérature médiévale courante Relativement peu de membres de la famille d'Arthur, présents dans les documents gallois, sont repris dans les œuvres de Geoffroy de Monmouth et des chroniqueurs qui s'en sont inspirés. Le grand-père d'Arthur, Anlawd Wledic, ainsi que ses oncles, tantes et cousins maternels, n'y apparaissent pas, pas plus que sa famille paternelle ni aucun de ses fils. Seul le noyau familial semble avoir effectué la transition dans la version influente de Geoffroy : l'épouse d'Arthur, Gwenhwyfar (devenue Guenièvre), son père, Uthyr (Uther), sa mère, Eigyr (Igerna), et son neveu, Gwalchmei (Gauvain).

Fratrie gauche|vignette|189x189px|Gareth supplie sa mère Morgause de le laisser servir le roi Arthur dans Tales from Tennyson (appelée ici reine Bellicent), 1902 Dans le récit de Monmouth, la place de la mère de Gwalchmei, Gwyar, a été prise par Anna, l'épouse de Loth, tandis que Modredus (Mordred) est devenu son deuxième fils (un statut qu'il n'avait pas en tant que Medraut dans le matériau gallois)Brynley Francis Roberts, "Geoffrey of Monmouth, Historia Regum Britanniae and Brut Y Brenhinedd" in Rachel Bromwich, Alfred Owen Hughes Jarman and Brynley Francis Roberts (edd.) The Arthur of the Welsh (Cardiff: University of Wales Press, 1991), pp.98–116 at pp.112–3..vignette|Morgan la Fée de WH Margetson (1914)|220x220px Dans la branche du roman de chevalerie de cette tradition commune, Morgane devient la sœur d'Arthur, ce qui est précisé pour la première fois dans le roman Érec et Enide du trouvère français Chrétien de Troyes ()Arthurian Romances trans. W. Kibler and C. W. Carroll (Harmondsworth, Penguin, 1991). En effet, le roi guérit Érec en faisant apporter un onguent fabriqué par sa sœur « Morgain » pouvant guérir toutes les plaies. Le même roman, dans le passage présentant le mariage des héros, décrit la fée comme l'amie de Guilemer, seigneur de l'île d'Avalon, lui-même frère de Graislemier de Fine Poterne. Dans Yvain ou le Chevalier au lion du même auteur, un ermite guérit la folie d'Yvain grâce à un onguent que « Morgue la sage » lui donna, en lui disant qu'il n'existe nulle démence qu'il ne puisse guérir. Chez cet écrivain, Morgane est donc présentée comme une fée guérissant les chevaliers de la Table ronde. Ce n'est que plus tard qu'elle sera présentée comme un personnage maléfique (voir le Lancelot en prose)<ref>Note de la traduction dÉrec et Enide par Jean-Marie Fritz pour Le Livre de Poche (1992), page 101.</ref>.

L'autre sœur ou demi-sœur d'Arthur, connue sous plusieurs noms, dont Morgause et Morcade, une fille de Gorlois et d'Igerna (Igraine), a remplacé Anna dans les romans comme mère de Gauvain et de Mordred. Elle et Morgane peuvent également être rejointes par une troisième demi-sœur, aujourd'hui mieux connue sous le nom d'Élaine. S'appuyant sur des sources antérieures, mentionne une autre sœur issue d'Igraine et d'Uther, nommée Amy. Le nombre total de vignette|172x172px|Sir Keu montre l'épée mystique à Sir Ector, Howard Pyle, The Story of King Arthur and His Knights (1903) sœurs ou demi-sœurs d'Arthur varie selon les différents romans, allant d'une à cinq (auquel cas l'une d'entre elles peut mourir prématurément). Leurs noms et leurs rôles varient également, tout comme leurs maris (le plus souvent les rois britanniques Lot, Urien et Nentres, pouvant être interchangeables)Dans la Vulgate "Merlin", par exemple, la mère d'Arthur, Ygraine, « avait cinq filles, trois de son mari le duc et deux de son premier mari, dont l'une fut prise pour femme par le roi Lot, l'autre par le roi Neutres [c'est-à-dire Nentres], la troisième par le roi Urien, et Caradoc, qui était le père du roi Aguisant d'Écosse, la quatrième, décédée, tandis que la cinquième était à l'école à Logres »..

Une figure importante sans lien de sang réel avec Arthur est Ector, qui est présenté comme un père adoptif secret d'Arthur dans une grande partie de la tradition romanesque, avec le fils d'Ector, Keu (ou Kay), comme le frère adoptif du jeune Arthur. vignette|233x233px|Saint-Malo évêque guérit le seigneur Hoël

Famille éloignée Chez Geoffroy de Monmouth, Uther se voit attribuer une nouvelle famille, comprenant deux frères et leur pèreGeoffroy de Monmouth, Historia regum Britanniae, Livre 8, chap. I. (lire en ligne, en anglais)..

Le roi légendaire d'Armorique (actuelle Bretagne) Hoël est présenté comme le fils de la sœur d'Arthur et de DubriciusGeoffroy de Monmouth, Historia regum Britanniae, Livre 9, chap. II. (lire en ligne, en anglais).. C'est ce même Hoël qui est présenté comme le père d'Iseut aux blanches mains, l'épouse de Tristan, dans la légende de Tristan et Iseut. gauche|vignette|177x177px|« Sir Ewaine, chevalier de la fontaine », illustration de Howard Pyle tirée de The Story of Sir Launcelot and His Companions (1907) Grâce aux sœurs, Arthur reçoit d'autres neveux (le plus souvent Gauvain, Agravain, Gaheris et Gareth par Morgause ; Galessin par Élaine ; et Yvain par Morgan ou la quatrième sœur), qui deviennent tous membres de la Table Ronde. Les romans de différents auteurs mentionnent ou présentent d'Arthur d'autres neveux et des petits-neveux. Chez Chrétien de Troyes, dans Cligès, Soredamor est la sœur de Gauvain ; elle épouse Alexandre fils de l’empereur de Grèce et de Constantinople, avec qui elle a un fils Cligès (présenté comme le neveu préféré d'Arthur), lequel épouse Fénice, fille de l'empereur d'Allemagne. Dans Yvain ou le Chevalier au lion de Chrétien de Troyes, Yvain est présenté comme le cousin de Calogrenant. De plus, le seigneur du château menacé par le géant Harpin de la Montagne se présente comme étant l'époux de la sœur germaine de Gauvain (avec laquelle il a eu une fille et des fils). vignette|157x157px|Adoubement de Lancelot du Lac. Miniature d'Évrard d'Espinques tirée du Lancelot en prose, BNF, Fr.116, 1475 gauche|vignette|259x259px|Représentation imaginaire d'Ambrosius Aurelianus dans un ouvrage de Geoffroy de Monmouth, copie du siècle. Le poète allemand Wolfram von Eschenbach propose d'autres membres dans son Parzival. Enfin, Lancelot est présenté comme étant le fils de la sœur anonyme d'Arthur dans Lanzelet d'Ulrich von Zatzikhoven (mais nulle part ailleurs).

Le chef de guerre romano-britannique historique Ambrosius Aurelianus (ou Emrys Wledig) est transformé en frère d'Uther dans la tradition de Geoffroy, qui fait dériver la lignée d'Arthur de l'empereur romain d'Occident autoproclamé Constantin II de Bretagne, qui est présenté dans cette version de la légende comme le grand-père d'Arthur. La chronique fait également de Gorlois le père de Cador, qui est donc le demi-frère d'Arthur par Igraine ; le fils de Cador, Constantin III de Bretagne, succède à Arthur comme haut roi de Bretagne dans l'Historia de Geoffroy.

Descendance