Delphide est un écrivain et orateur gallo-romain ayant vécu à Bordeaux au . Il est le fils du rhéteur Attius Patère et ancêtre de Hédibie, correspondante de Jérôme de Stridon vers 406-407.

Jeune, Delphide est renommé pour ses talents de poète, son éloquence le pousse à la carrière d'avocat. Il se fait de nombreux ennemis, qui le traînent en justice pour son opportunisme et sa corruption ; l'influence de Patère permet l'acquittement de son fils. À la suite de cela, il devient rhéteur sans passion et meurt après plusieurs années d'enseignement. On le connaît principalement par le biais du poète Ausone, qui écrit sa notice et celle de Patère dans ses Professores Burdigalenses.

Biographie

Jeunesse Le poète Ausone fait l'éloge de la famille de Delphide dans ses Professores Burdigalenses (« professeurs bordelais »). Patère, vieillard quand Ausone est un jeune homme, est d'origine Baïocasse et, , issu de druides au service d'un temple dédié à Belenos. Associé à Apollon par syncrétisme, Patère tient son surnom de l’appellation des ministres du culte et Delphide de la ville de Delphes, qui avait un important temple en l'honneur du dieu solaire. Son grand-père et oncle paternels mentionnés par Ausone ont le surnom de Phœbicius, dérivé de Phébus, un autre nom d'Apollon. Jeune, Delphide est déjà renommé à Bordeaux pour sa culture des belles-lettres et des Muses, ayant composé un mémorable poème dédié à Jupiter. Ausone raconte que la gloire du père rivalise avec celle du fils, dont il salue la ; son Ausone, Professores Burdigalenses, ..

Au début du , Jérôme de Stridon répond à la lettre de Hédibie, descendante de Delphide, en commençant ainsi : Jérôme de Stridon, Epistola CXX: ad Hedibiam, ..

Carrière d'avocat Delphide devient avocat et se fait des ennemis durant sa carrière. Par son talent oratoire, il sauve la réputation ou la vie de ses clients à de nombreuses reprises. Ammien Marcelin rapporte une anecdote fameuseAmmien Marcelin, Res Gestae a Fine Corneli Taciti, liv. XVIII, ch. I. : Numérius, gouverneur de la Gaule narbonnaise, est accusé de péculat par l'empereur Julien, qui estime l'affaire assez grave pour être jugée en sa présence. En raison des dénégations de Numérius et le manque de preuves pour confirmer sa culpabilité, Delphide s’agace et interpelle Julien :

Par la suite, Ausone reproche à Delphide ses ambitions pour s'élever socialement, prenant peut-être le parti d'un usurpateur romain, mais sa recherche effrénée des honneurs est peu concluante. Des accusations aboutissent à un procès ; il est acquitté par des juges ayant pitié de Patère, venu plaider la cause de son fils.

Fin de vie Après ce procès, il semble que Delphide abandonne et ouvre une école de rhétorique. N'ayant aucun goût pour l'enseignement, il déçoit de nombreux parents y ayant inscrit leurs enfants et meurt prématurément. Ausone conclu que c'est là une bénédiction divine, car il n'a .

Références

Articles connexes

Attius Patère Hédibie Ausone Bordeaux (Burdigala)

Catégorie:Bordeaux Catégorie:Écrivain romain du IVe siècle Catégorie:Orateur romain Catégorie:Avocat romain Catégorie:Écrivain de l'Antiquité tardive Catégorie:Orateur de l'Antiquité tardive Catégorie:Personnalité gallo-romaine du IVe siècle Catégorie:Juriste du IVe siècle