Kathrin Barboza Márquez, née en à Cochabamba, est une biologiste bolivienne spécialisée dans l'étude des mammifères. En 2006, avec sa collègue Aideé Vargas, elle redécouvre Lonchorhina aurita, une espèce de chauves-souris considérée comme éteinte en Bolivie. Grâce à plusieurs bourses, elle peut étudier les chauves-souris en Amérique latine et en Espagne jusqu'à son doctorat. Ses recherches sur les espèces de chauves-souris présentes, leur conservation et les méthodes d'inventaire, notamment par bioacoustique, sont récompensées de plusieurs prix.

Biographie Kathrin Marquez est née en 1983 et a grandi à Cochabamba. Passionnée de biologie, même si on lui prédit un avenir où elle mourra de faim en choisissant cette spécialité, elle fait ses études à l'universidad Mayor de San Simón. En 2003, Kathrin Márquez suit un cursus de biologie avec une spécialisation en conservation et souhaite se tourner vers la primatologie, mais il n'y a pas de spécialistes dans son entourage. Après avoir perdu un pari, elle doit assister à une conférence donnée par Luis Aguirre, expert en chauves-souris, un mammifère mal perçu en Bolivie. « J'y suis allée et j'ai été immédiatement captivée par tout ce que j'ai entendu » : elle se spécialise dans l'étude des chauves-souris. Elle se forme en bioacoustique sous la houlette de la scientifique et écologiste allemande .

Après la redécouverte d'une espèce de chauves-souris considérée comme éteinte en Bolivie, elle suit à distance un master en biologie et conservation des zones tropicales à l'université internationale Menéndez Pelayo.

Kathrin Marquez est également passionnée de pilates et donne des cours en parallèle de ses recherches.

Travaux Les recherches de Kathrin Marquez portent sur les chauves-souris en général, et leur conservation en Bolivie en particulier. Elle utilise la capture de chauves-souris pour les mesurer et faire des analyses génétiques et mobilise l'écoute des ultra-sons, la bioacoustique, pour savoir quelles espèces chassent et où, des techniques où elle apporte des innovations méthodologiques. vignette|Lonchorhina aurita. Alors qu'elle est étudiante elle met en place avec une collègue, Aideé Vargas, une expédition afin de retrouver la chauve-souris porte-épée, une espèce considérée comme éteinte en Bolivie depuis le début des années 1930 mais suspectée d'être présente dans le pays. Le terrain choisi est à la frontière entre la Bolivie et le Brésil, un lieu connu pour être une plaque tournante du narcotrafic : « c'était la première fois que je me demandais sérieusement si tout cela en valait la peine ». En 2006, elles retrouvent pour la première fois depuis Lonchorhina aurita. Elles parviennent à mettre en place un sanctuaire pour les protéger, la première zone dédiée à une espèce de chauves-souris en Amérique latine.

Grâce à une bourse obtenue en 2007 du Smithsonian Tropical Research Institute, elle mène des recherches sur l'île Barro Colorado au Panama. Son projet vise à comprendre les effets de la forêt et des frontières insulaires sur l'habitat de la population de chauves-souris de l'île. vignette|Exemple de radiopistage. À l'issue de ce travail elle remporte une bourse du National Geographic. Les fonds lui permettent de mener des recherches sur la bioacoustique et le radiopistage des chauves-souris dans la savane Beni, au nord de la Bolivie. Elle créé l'une des premières bibliothèques de fréquences d'écholocalisation pour les chauves-souris insectivores de Bolivie : « les écouter est une émotion indescriptible, il s'agit de rendre audible ce que personne ne peut entendre ». Le mode d'appel, la fréquence, la durée et les intervalles entre les impulsions sont enregistrés afin de déterminer si les chauves-souris communiquent ou cherchent de la nourriture. Ces enregistrements permettent également de déterminer quelles espèces vivent dans certaines zones. Elle mène ensuite avec d'autres scientifiques une étude sur les ectoparasites de la population de chauves-souris de la savane. L'équipe a catalogué plus de vingt morphotypes d’acariens et de tiques.

Dans le cadre de ses recherches de doctorat, elle étudie avec le Museo Nacional de Ciencias Naturales les espèces de chauves-souris à Madrid, l'Espagne ayant de chauves-souris classées comme vulnérables.

Une fois ses recherches à Madrid terminées, Kathrin Márquez retourne à Cochabamba pour terminer son doctorat et participer à des projets avec le projet de conservation des chauves-souris en Bolivie.

Kathrin Marquez est également connue pour la diffusion en Amérique latine des méthodes de bioacoustique sur les chauves-souris.

Engagement Kathrin Marquez s'est à plusieurs reprises engagée pour davantage de place donnée à la science dans son pays et sur la place des femmes dans les métiers scientifiques : « Être une femme scientifique est un véritable privilège, surtout dans mon pays », « j'ai été confrontée à des cas de machisme et j'ai réalisé à quel point nous le banalisons ou ne nous défendons pas. Il existe une discrimination non seulement parce que je suis une femme scientifique, mais aussi parce que je suis jeune. Mon mérite et la valeur de mon travail ont été remis en question à plusieurs reprises parce que je suis une jeune scientifique ».

Hommages et distinctions En 2007, elle obtient une bourse de recherche du Smithsonian Tropical Research Institute

En 2009, elle est lauréate du prix exploratrice du National Geographic.

En 2012, elle reçoit une bourse L'Oréal-UNESCO pour les femmes et la science, devenant ainsi la première Bolivienne à remporter ce prix.

En 2013, c'est l'une des dix femmes scientifiques les plus éminentes d'Amérique latine selon la BBC.

Notes et références Notes

Références

Liens externes

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