SG2, ou Société Générale de Service et de Gestion, est une entreprise française de service et d’ingénierie informatique (SSII), filiale de la Société Générale.

Créée en 1970, et après un développement en France comme à l’international, le groupe SG2 atteint en 1984 un effectif de la positionnant à la troisième place des plus importantes SSII françaises.

À partir de 1986, ses différentes activités ou filiales sont progressivement cédées et le groupe SG2 disparaît en 1998.

Historique

Origine SG2 est créée en France en 1970 par la Société générale, sous l’impulsion de Maurice Lauré, alors administrateur-directeur général du groupe bancaire. Il est fait appel à une équipe d’ingénieursJean-Pierre Bessac, Lucien Bourély, Marcel Cassou, Pierre Estève, Michèle Eyssautier, Patrick Lécuyer, Guy Lefrère, Robert Luginbuhl, Jean-Louis Moineau, Jean Oriou, Henri Pacé, Philippe Tournaud. issus de la SEREB, animée par Jean-Louis Moineau et placée sous la présidence de Pierre Lhermitte, alors directeur informatique et conseiller de Maurice Lauré.

L’objectif était à la fois de doter la banque française d’un appoint de ressources d’ingénierie informatique interne tout en contribuant à l’essor industriel du Plan Calcul dans les PME françaises.

À sa création, le , son actionnariat est constitué de la Société générale (79 %) et d'une société civile de participation INFORBIS (21 %) regroupant les douze fondateurs.

Développement De 1970 à 1980, la SG2 travaille pour les besoins de la Société générale tout en augmentant progressivement ses activités externes pour informatiser des entreprises françaises (Promodès, port de La Seyne-sur-Mer, Groupe Bayard, Casino, Maisons Phénix, Darty, Ciments Français, Groupe Saur…). À la fin 1973, le chiffre d’affaires de la société est ainsi réalisé à 25 % en dehors du groupe bancaire. Les effectifs passent de 45 à fin 1970 à près de à fin 1973Christian Bret, L'histoire des 40 premières années des SSII en France à travers leurs hommes et leurs activités, Entreprises et histoire 2005/3 , pages 9 à 14, ESKA..

En la SG2 s’établit au 12 avenue Vion-Whitcomb dans le de Paris, qui restera l’adresse du siège social du groupe jusqu’à sa disparition.

Dès 1971, la SG2 obtient des contrats à l’étranger (Luxembourg, Liban, Espagne, Algérie…), puis à partir de 1974, la SG2 crée ses propres filiales étrangères : Iran (Handad), Gabon, Côte d’Ivoire, Hongrie, Mexique, Brésil, Égypte, Espagne, Italie, Grèce, Allemagne, Tunisie, Argentine, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Portugal, Indonésie, Singapour, Taïwan, Maroc. En 1985, le groupe SG2 est ainsi présent dans avec un peu plus de en dehors de la FranceSource primaire : "Le groupe filiale SG2", Fonds des Informations institutionnelles et financières, Service des Archives historiques de Société Générale, boîte , art. , 1987..

Dans ses premières années (1970–1973), le seul métier de SG2 fut l’étude et le développement de programmes informatiques pour le compte de ses clients. À partir de 1974, les solutions de « service bureau » (externalisation de la saisie et du traitement informatisé) se développent et le groupe SG2 y participe en acquérant plusieurs centres de traitement en régions.

En parallèle, SG2 diversifie ses activités avec l’acquisition de structures dédiées. Dans la saisie de données (, ), dans le conseil en organisation (Orgaconseil, acquis en 1974), le conseil en fusion-acquisition (SFD, acquis en 1976), dans l’automatisme industriel, l’ingénierie, la formation ou la maintenance (Spectral).

Mais c’est dans la monétique que l’activité industrielle du groupe SG2 fut la plus importante en représentant jusqu'à 15 % du chiffre d’affaires du groupe en 1985. SG2 fut ainsi à l’origine des premières cartes magnétiques de paiement"L'Interopérabilité : séminaire de direction "Banque" / Convention Monétique 89" ; Revue Banque, Pais, 1989. https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb35045516v avec le projet « Point Rubis » (1983) qui, à Saint-Étienne, expérimenta des paiements entre les magasins du groupe Casino équipés de terminaux Dassault Systèmes, les clients disposant de cartes magnétiques SG2 et les établissements bancaires de la Société Générale et de la Lyonnaise de Banque. Cette activité conduisit également SG2 à fournir à France Télécom parmi les premières cartes prépayées de téléphonie publique (télécartes)Jacques Horaist, Les sociétés françaises de services et d'ingénierie en informatique, historique et perspectives, Économie & prévision , 1986-1. .. vignette|De gauche à droite : Jean-Louis Moineau (directeur général de SG2), Maurice Lauré (Président de la Société Générale), Pierre Lhermitte (Président de SG2) en 1980 Au , son chiffre d’affaires s’élevait à de Francs avec un effectif de , plaçant le groupe SG2 à la troisième place des SSII françaises"La diversification passe avant la spécialisation", 01 Hebdo, 25 juin 1984, ., derrière Cap Gemini Sogeti et la CISI. A son apogée, en 1984, le groupe SG2 disposait de plus de 90 filiales et participations minoritaires, dont plus de 20 à l’étranger pour un effectif total de 5260 collaborateurs (dont 1015 à l’étranger) et un chiffre d’affaires de de Francs. Son capital était réparti comme suit : 44,23 % à la Société Générale et 39,08 % pour INFORBIS (la SCP des personnels et des fondateurs), le reste du capital social étant réparti entre actionnaires minoritaires (ELF Erap, Rhône-Poulenc…)Ordinateurs, , 19 novembre 1984.. En 1985, le groupe est à la quatrième place des SSII européennes"Services informatiques : quatre français talonnent IBM en Europe", Le Monde, 13 août 1985., derrière IBM-INS, Cap Gemini Sogeti et la CISI. Une introduction à la Bourse de Paris est alors envisagée mais ne verra pas le jour"French software group SG2 eyes bourse listing", David Marsh, Financial Times, April 10, 1985..

Déclin et disparition Dès 1985, la nouvelle stratégie de la Société Générale, impulsée par Jacques Mayoux (Président depuis 1982) met progressivement fin aux contrats de sous-traitance entre SG2 et son actionnaire principal. Cette perte de chiffre d’affaires s’ajoute aux difficultés liées, d’une part au développement massif des progiciels et, d’autre part, aux effets d’une diversification stratégique et géographique jugée trop ambitieuse"Certaines entreprises leaders ont traversé une crise profonde : ainsi la CISI (filiale du CEA) et SG2 (groupe Société générale) ont plongé dans le rouge à la suite de diversifications stratégiques ou géographiques malheureuses", Le Monde, 10 octobre 1987..

Le groupe SG2 est alors contraint de se séparer de nombreuses activités entre 1985 et 1986 (Automatique Industrielle, Spectral, Sg2i, Ordinter, Ordintrans) ainsi que certaines filiales étrangères (Tunisie, Argentine, Allemagne, Mexique). De même, l’activité de centres de back-up (SG2 E, ex Telsys) fut cédée au groupement constitué de SITB et de Sitex, qui formera l’un des noyaux du futur ATOS.

Si les cessions permirent au groupe de retrouver l’équilibre à fin 1986, la Société Générale souhaita aller plus loin avec un fort recentrage sur les métiers bancaires"SG2 vise le leadership en informatique bancaire", Les Echos, 21 avril 1994. et la cession des filiales étrangères restantes. En parallèle, grâce à des augmentations de capital, le groupe bancaire dilua les autres actionnaires jusqu’à devenir propriétaire à 100 % au début des années 1990.

En 1996, l’activité d’intégration de systèmes de SG2 ( sur un effectif total qui n’est plus alors que de 1700) est cédée à Sopra"La taille critique par la spécialisation", L'Usine Nouvelle, 16 mai 1996..

En 1998, le reste du groupe SG2 est cédé au britannique Experian pour de FrancsLe Monde, 3 février 1998. (cette branche d’activité d’EXPERIAN sera elle-même cédée en 2000 à Steria). La marque "SG2" disparait.

En 2000, le cabinet Orgaconseil, seule ex filiale française de SG2 subsistante, est cédé également à Sopra"Sopra se renforce dans le conseil avec le rachat d'Orgaconseil", Les Échos, 28 mars 2000..

Activités vignette|Organigramme juridique du groupe SG2 en 1981. N’y figure pas : les sous-filiales régionales ni les filiales : Ordinter, Ordintrans, Ordis, SITB, Franlab, SG2 Indonésie, SG2 Iran. Au plus fort de son activité (début des années 1980), le groupe SG2 est actif dans les métiers suivants :

SG2 Études : Développement de logiciels et de progiciels Ingénierie de grands projets logiciels ou réseaux Conseil informatique et études techniques

SG2 Service Bureau : Sécurité-dépannage Énergie informatique (exploitation, banc de test…) Centres de traitements (infogérance, ateliers de traitements et de saisie) SG2 Activités spécialisées : Automatique industrielle, informatique scientifique, robotique, téléphonie, monétique Vente et maintenance de matériels Formation et recrutement

Dirigeants

De 1970 à 1974 : Pierre Lhermitte, Président-Directeur GénéralLa Correspondance économique, Année , , 26 janvier 1983.Marie-Aline De Roverato Rocquigny, L’informatique de gestion, entre technique pure et outil de gestion : une perspective historique à travers les discours des responsables informatiques de 1970 à 2000, Gestion et management, Université Paris Dauphine - Paris IX, 2015, et 413. De 1974 à 1982 : Jean-Louis Moineau1935-2025. Ingénieur ENSPG, fils de René Moineau, Directeur Général

De 1983 à 1986 : Jean-Louis Moineau, Président-Directeur Général De 1987 à 1994 : Jean Krautter1930-2025. Ingénieur ENSAM, Président du CIGREF de 1984 à 1987, Président-Directeur GénéralLe Monde, 16 août 1986. De 1995 à 1998 : Georges Grima, Président-Directeur Général"Les limites de l'externalisation", Le Monde, 24 octobre 1995.

Notes et références Notes

Références

Sources primaires

Pierre Lhermitte et l'équipe des informaticiens de la SG2, Comment conduire un projet informatique, Editions Dunod, 1976. Services des Archives historiques de Société Générale, en particulier le Fonds Maurice Lauré et le Fonds des Informations institutionnelles et financières.

Annexes

Liens externes

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