L'argot LGBT+ en langues des signes couvre les différentes variations sociolinguistiques des langues des signes introduites et utilisées par les personnes LGBT.
Étude Les premières recherches sur la linguistique en langue des signes, notamment sur la langue des signes américaine (ASL), datent des années 1960, tandis que celles sur des variations LGBT dans ces mêmes langues datent de la fin des années 1970. Le premier angle d’études, exploré par le sociolinguiste entendant James Woodward, est celui de la traduction et de l’interprétation de l’anglais vers l’ASL ; il note que les différences de niveaux de perception des mots (perçus comme plus ou moins évocateurs, forts ou insultants selon leur énonciateur et leur receveur) peuvent s’avérer préjudiciables, entre autres dans un contexte judiciaire. Woodward remarque également des lacunes dans la production en langue de signes de documentation sur la santé sexuelle, qu’il attribue à un cloisonnement des locuteurs hétérosexuels et LGBT de l’ASL. D’après ses observations, les locuteurs LGBT préfèrent ne pas partager ouvertement les mots relatifs à leur sexualité pour éviter qu’ils soient repris de façon péjorative ou insultantes par des personnes hors de la communauté LGBT sourde.
D’autres chercheurs pointent la nécessité d’étudier les communautés sourdes LGBT et leurs modes d’expression dans une perspective intersectionnelle pour prendre en compte les différents aspects menant à la différence sociolinguistique.
Langue des signes américaine (ASL) Woodward remarque notamment plusieurs signes coexistent pour les mots « gay » et « lesbien(ne) », perçus différement selon les participants à la conversation.
Rudner et Butowsky mettent en évidence en 1980 l’existence de signes spécifiquement LGBT que les locuteurs hétérosexuels ne connaissent pas et ne comprennent pas.
Langue des signes britannique (BSL) La variante LGBT de la langue des signes britannique se traduit par une utilisation plus large des expressions faciales, et une adaptation plus élaborée ou camp de certains signes : le signe pour « chaussure » sera par exemple adapté pour figurer des talons hauts.
Dans le cadre des études académiques, elle est souvent appelée (ou parfois , abrégé en GSV).
Langue des signes néerlandaise (NGT) Roland Pfau, Annemieke van Kampen et Menno Harterink notent en langue des signes néerlandaise aussi une coexistence de plusieurs signes pour les mots « gay » et « lesbien ». Une des fondatrices de l’association sourde et LGBT explique avoir intégré un nouveau signe pour « gay » (le geste initial consistait à triturer le lobe de l’oreille, il a évolué vers un signe du doigt le long du cou) afin de ne pas utiliser le signe prévu par la NGT, au sens péjoratif (assimilé à « pédé » par la communauté LGBT) et de plutôt faire référence à une façon de flirter discrètement. Le signe pour « lesbienne » proposé par l’association serait lui un emprunt à l’ASL. D’autres signes peuvent être utilisés, comme celui pour « pot » (pour une personne lesbienne) et celui pour « nièce » (pour un homme gay plutôt efféminé), par calque sur le néerlandais parlé, et avec les mêmes valeurs qu’en néerlandais parlé : politiquement incorrect mais acceptable dans un cadre humoristique.
Bibliographie
Notes et références
Voir aussi
Argot homosexuel
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